
Mai 2012
Éditorial J.F.Darmstaedter
Adieu l’ami
Gilbert Simon, président de FERUS, nous a quittés. Lui qui était de tous nos combats, lui qui, bien souvent, nous donnait le bon cap, lui que rien n’arrêtait dans cette lutte constante pour le droit des grands prédateurs à vivre libres et sauvages dans notre pays, il aura perdu un combat qu’il ne fallait pas perdre, le combat contre la maladie. Nous n’entendrons plus retentir sa voix dans nos réunions, dans les manifs, dans nos discussions souvent interminables et passionnées, quelquefois ses « coups de gueule » quand l’injustice était trop forte.
Il nous a laissés sur la route, désemparés et, même si nous nous attendions à cette fatale issue, nous n’arrivons toujours pas à l’intégrer. Le 19 novembre 2011, affaibli et courageux, il a néanmoins présidé avec force et conviction notre dernier conseil d’administration. Ce seront les dernières images que je garderai de lui, celle de Gilbert parmi nous qui occupe l’espace par sa personnalité et celle de l’amitié qui nous unissait.
Par ton courage Gilbert, par la force de tes convictions jamais démenties, par tes compétences extraordinaires, par tes analyses aiguës de toutes les situations, par ta pugnacité à toujours aller de l’avant, tu nous encourages à continuer ce combat que nous menions ensemble, tous administrateurs confondus, au sein de notre CA.
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La couverture de la prochaine Gazette des grands prédateurs (parution mai 2012) sera consacrée au loup.
L’équipe de la Gazette a lancé un mini-concours pour trouver la plus belle photo.
Merci aux nombreux photographes (pro ou amateurs) qui nous ont envoyé leurs propositions.
Voici les 6 images sélectionnées.
C’est maintenant au tour des internautes de voter pour leur photo préférée !
Il suffit de laisser un commentaire en indiquant simplement le prénom de l’auteur de la photo qui a votre préférence.
Les votes seront clos le 3 avril 2012.
Merci !
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La couverture de la prochaine Gazette des grands prédateurs (parution mai 2012) sera consacrée au loup.
L’équipe de la Gazette lance un mini-concours afin de trouver cette photo de couverture. Envoyez-nous vos propositions à sandrine.andrieux@ferus.org avant le 14 mars. Aucun critère précis n’est demandé (loup captif ou sauvage, loup seul ou en groupe, loup adulte ou louveteau, loup gris, noir ou blanc, paysage enneigé ou non, etc) si ce n’est une qualité pour impression format A4 et en format vertical de préférence.
Ce sont ensuite les internautes via le site web de FERUS et Facebook qui choisiront la plus belle photo parmi une pré-sélection.
Merci pour votre contribution !
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Février 2012
Éditorial Hervé BOYAC
Diviser… pour plus d’efficacité
Ce slogan peut paraître bien démodé dans notre monde où prévalent trop souvent les notions de productivisme et centralisation à outrance. Les entreprises se restructurent pour supprimer du personnel, faire des économies pour, paraît-il, être plus compétitives. De même, les services publics fusionnent entre eux et se centralisent.
Et bien chez FERUS, notre doctrine est un peu à l’inverse de cette tendance ; nous nageons à contre-courant de ces pensées modernes et tentons d’exister aussi du mieux possible dans les campagnes. En effet, par la mise en place de nouveaux réseaux locaux, l’association se met à la portée de ses adhérents et sympathisants où qu’ils habitent. Les réseaux locaux sont des « antennes » décentralisées agissant sur un ou plusieurs départements, une ou plusieurs régions.
Les réseaux locaux sont un lien privilégié entre FERUS et ses adhérents qui dès lors peuvent y trouver une implication, et ne plus se contenter d’une simple adhésion.
Un réseau fonctionne en fait comme une mini association locale, dépendant de FERUS, mais autonome dans sa gestion. Chaque année il propose aux adhérents concernés un certain nombre d’informations ou d’activités (lettres, réunions, conférences, stands, sorties, voyages, etc). Un animateur chapeaute l’ensemble du réseau ; il organise son fonctionnement et représente habituellement FERUS dans les réunions officielles qui ont lieu dans son secteur. Il prend des contacts avec l’ONCFS, les collectivités locales, musées et autres associations.
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Hiver 2011
Editorial Daniel MADELEINE
ENTRE CHIENS ET LOUPS…
« Le premier art de l’homme a été l’éducation du chien et le fruit de cet art, la conquête paisible du monde » écrivait Buffon au XVIIIe siècle. Notre grand naturaliste semble bien s’être trompé. En effet, la domestication du loup n’avait pas pour but d’en faire un animal de compagnie, mais bien d’utiliser ses aptitudes naturelles de prédateur pour en faire un auxiliaire de chasse puis un animal de défense, d’attaque et même une machine de guerre. Dans sa mission de valet des chasseurs, le chien a même donné un sacré coup de main pour l’extermination de son ancêtre sauvage et naturel.
Aujourd’hui en France, la population des chiens serait de 8 millions d’individus, autant que la population des moutons français !
Si j’en crois diverses associations pro-pastorales, la cohabitation entre l’élevage et les grands prédateurs est impossible, ils aimeraient nous persuader que 8 millions de chiens font moins de dégâts en France que 150 loups, 20 ours et 150 lynx ! Comment croire que tous ces chiens capables d’échapper à la surveillance de leurs maîtres pour se rendre coupables de tant d’attaques sur des humains ne sont pas capables de faire encore plus de dégâts sur des populations animales domestiques et sauvages.
Le Chasseur français de septembre 2001 dans un article intitulé « Le fléau des chiens errants » explique que chaque année, c’est plus de 1% du cheptel national, ovins et caprins, qui est décimé par les chiens, soit prés de 100 000 animaux. Les statistiques sont très variables et très floues selon les sources et vont de 0,25% du cheptel national victime des chiens à 5%. La vérité se situe certainement entre ces 2 chiffres.
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Automne 2011
Editorial François Arcangeli
Béarn, encore une occasion manquée…
La restauration de la population d’ours dans les Pyrénées n’est décidément pas un long fleuve tranquille… Cette année n’a pas dérogé à la règle avec son lot de péripéties et de polémiques.
La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi renoncé à respecter l’engagement du gouvernement de lâcher une femelle dans le Béarn. Déjà, alors que tout le monde attendait un véritable plan de restauration, la décision de Chantal Jouanno en juillet 2010 de ne lâcher qu’une seule ourse avait été un recul.
Pour autant, nous pouvions espérer que, même peu glorieux, ce chemin aurait permis d’atténuer les tensions tout en assumant notre devoir de restaurer notre biodiversité pyrénéenne. C’est incontestablement un échec pour nos associations.
De leur côté, les opposants auraient tort de se réjouir. Ils n’ont pas su saisir cette opportunité de montrer qu’ils pouvaient travailler sérieusement sur ce dossier et accepter un compromis. Après avoir salué l’annonce ministérielle, ils ont finalement préféré céder à la démagogie, rester dans la radicalité et s’opposer à ce lâcher.
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La Gazette des grands prédateurs a décidé, pour fêter les vingt ans du retour officiel du loup dans le Mercantour, de regarder plutôt… vers le futur. Jusqu’au printemps de 2012, nous consacrerons dans chaque numéro de notre revue une page au « loup dans dix ans » avec la publication de trois scénarios; d’abord le scénario « tendanciel», paru dans le numéro d’été, celui de la prolongation sans surprises des tendances observées depuis des années. Ensuite, le scénario « pessimiste », celui qui comblerait quelques éleveurs et chasseurs. Puis à l’inverse le scénario « optimiste » dont rêvent peut-être bien des amis du loup.
Pour le numéro d’automne, la Gazette des grands prédateurs lance un mini-concours de rédaction et publiera le meilleur scénario pessimiste de la présence du loup en France dans dix ans. Merci d’envoyer vos contributions à sandrine.andrieux@ferus.org avant le 10 août 2011.
Écrivains en herbe ou confirmés, à vos plumes !
Voir aussi la page consacrée à la gazette des grands prédateurs et tout le détail du dernier numéro.
Été 2011
Editorial de Jacques Carriat
Le Parc National du Mercantour déborde sur l’Ubaye tout au nord-ouest de la Tinée. C’est le bassin le plus riche en espèces et en densité d’ongulés sauvages des Alpes internes du Sud. En 1996, les premiers loups franchissaient les crêtes au sud et à l’est… Il y a maintenant trois couples reproducteurs qui occupent le terrain. On peut penser que la densité maximum des couples reproducteurs de loups est presque atteinte en Ubaye.
Malheureusement, les loups occupent aussi les esprits, de manière très négative pour certains éleveurs. J’habite en Ubaye et les campagnes contre le Loup prennent de l’ampleur, avec des propos alarmistes bien relayés par la presse locale ; sans parler des élus populistes qui dévoilent leur incapacité à rester rationnels dans les vagues de la polémique.
Accompagnateur en Montagne, je suis tout nouveau au Conseil d’administration de FERUS et je suis de la chapelle de ceux qui pensent que les super-prédateurs sont indispensables, non seulement pour la biodiversité de nos régions, mais aussi pour l’avenir de nos petits enfants… Nous avons trop vite oublié que sans cette biodiversité, nos ancêtres du Paléolithique n’auraient pas évolués aussi rapidement. L’Homme est une espèce issue de la biodiversité. J’affirme que nous ne pourrons pas vivre sans les superprédateurs. En France, de vastes contrées peu habitées, restent des déserts exsangues à cause des activités agressives pour la faune sauvage. Le retour du Loup dans ces déserts biologiques est une bonne opportunité de discussion pour le changement global de notre gestion du milieu naturel.
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Printemps 2011
Editorial par Thierry de Noblens
Le Loup dans les Pyrénées : Une réalité pour l’instant discrète. Et aussi un mal-aimé parmi beaucoup d’autres.
Les lecteurs de La Gazette des Grands Prédateurs ont pour la plupart suivi la progression du Loup venant d’Italie à travers les Alpes, le Massif Central et maintenant les Pyrénées : massif des Madres et du Carlit en Pyrénées-Orientales, versant espagnol de la Catalogne et récemment la Haute-Ariège, puisqu’un loup aurait peut-être tué une brebis dans ce département. L’affaire a été traitée le 16 novembre 2010 et indemnisée au bénéfice du doute en Commission d’Indemnisation des Dégâts d’Ours.
Je ne veux pas m’étendre sur la nécessaire protection des troupeaux en montagne, tout ayant déjà été dit (et pour partie seulement mis en place), suite à la réintroduction des huit ours slovènes de 1996 à 2006. Seul détail d’importance, cette protection devra se développer fortement, le loup étant contrairement à l’ours un carnivore pur et un chasseur en meute.
Il faudra cependant attendre plusieurs années, peut-être une décennie ou deux pour qu’il occupe à nouveau l’ensemble de la chaîne pyrénéenne. Des individus venant de l’ouest peuvent aussi déjouer les prévisions, s’ils arrivent à franchir le Pays Basque espagnol.
Mais je voudrais surtout mettre l’accent sur la mauvaise réputation du loup en général, et auprès des éleveurs en particulier, qui fantasment sur le coté « prédateur impitoyable, destructeur de troupeaux », que l’on a déjà attribué auparavant à nos ours d’« origine slovène ».
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