Depuis plus de 30 ans, le plus grand félin d’Europe, le lynx boréal (Lynx lynx), arpente à nouveau les massifs forestiers de l’Est de la France. Le lynx boréal est une des 4 espèces actuelles connues du genre Lynx. Une autre est présente en Europe : le lynx pardelle (Lynx pardinus) en péninsule ibérique. Deux espèces vivent en Amérique du Nord : le lynx roux (Lynx rufus) et le lynx du Canada (Lynx canadensis). Voir aussi : Les lynx, essai de paléontologie et formes actuelles. Le lynx boréal est présent dans toute l’Eurasie, de la France à l’ouest jusqu’à l’océan Pacifique à l’est. Les noyaux de populations d’Europe Occidentale (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie, Suisse) sont issus de réintroductions, après la disparition de l’espèce entre le XVIIème et le XXème siècle.
Voir aussi :
- Le lynx dans les Alpes (2004)
- Le lynx : populations mondiales (2004)
Le lynx boréal fait partie intégrante de la faune autochtone française.
Le lynx boréal, anciennement appelé « loup-cervier », est un animal de taille moyenne, avec une hauteur au garrot comprise entre 50 et 75 centimètres et un poids variant entre 12 et 30 kg (en fonction du sexe et de l’âge). Des pattes larges et allongées, une petite tête, une très courte queue, des franges de poils très longs bordant la face (les favoris) et des pinceaux au sommet de ses oreilles : voici les principales caractéristiques morphologiques du lynx. Son épais pelage est gris à roux, plus ou moins tacheté. Malgré la légende populaire, le lynx a une vision plutôt faible, inférieure à celle de l’homme. Son ouïe est excellente. La durée de vie dans la nature d’un lynx boréal n’excède pas 17 ans.
Voir aussi : le lynx, fiche d’identité
Habitat et domaine vital
Le lynx boréal est avant tout un animal forestier, qui s’adapte à tous les types de peuplement. Bien que surtout présent dans les forêts de montagne aujourd’hui, le lynx occupe (en très faible nombre actuellement) des régions forestières de basse altitude, comme les collines de Haute-Saône, les premiers contreforts de la plaine de la Bresse ou les plateaux du nord du Var. Solitaire, le lynx vit sur un vaste domaine vital dont l’étendue est fonction de la densité de ses proies. Cependant, en règle générale dans nos régions, le domaine vital d’un mâle varie entre 200 et 450 km² et celui d’une femelle entre 100 et 150 km². Il y a peu de chevauchements entre les domaines d’animaux du même sexe. Par contre le domaine d’un mâle empiète souvent sur celui d’une ou plusieurs femelles.
Nourriture et techniques de chasse
Le lynx boréal est un spécialiste de la chasse aux ongulés de taille moyenne. Le chevreuil et le chamois représentent jusqu’à 90% des proies consommées. Le reste de son régime alimentaire est constitué de jeunes cerfs, de jeunes sangliers, de brebis, mais surtout d’animaux de petite taille, tels que renards, lièvres, marmottes, mustélidés, oiseaux… Le lynx chasse à l’approche ; c’est un sprinter. Il doit s’approcher le plus près possible de sa proie, en profitant du couvert végétal ou d’éléments de son milieu pour se cacher, pour pouvoir la capturer par surprise. S’il ne parvient pas à attraper sa victime du premier coup, il s’arrête immédiatement.
Reproduction
Mâles et femelles ne se rencontrent qu’à l’occasion du rut, qui a lieu entre fin février et mi avril. C’est à ce moment que l’on peut entendre le lynx, qui émet un hurlement rauque pour attirer un(e) partenaire. Après quelques jours passés ensemble, le mâle s’accouple avec la femelle, puis chacun reprend son existence solitaire. La femelle recherche ensuite un site isolé : une anfractuosité rocheuse, une grosse souche, un chablis… Après 10 semaines de gestation, elle y met bas généralement 2 ou 3 petits qu’elle élève seule. A l’âge de 9-11 mois, les jeunes lynx se dispersent. Après plusieurs semaines passées sur le domaine vital maternel, il est temps pour eux de trouver le leur. Cette dispersion entraîne un taux de mortalité très important chez les jeunes : malnutrition, maladie ou accident (collisions routières). Après quelques mois à quelques années d’errance, le jeune individu s’installe sur son domaine vital qu’il conservera à vie. Il s’agit généralement d’un espace vacant mais il arrive parfois qu’un jeune lynx chasse un vieil individu de son domaine vital pour se l’approprier. La maturité sexuelle est généralement atteinte après 2 ans pour les femelles et 3 ans pour les mâles, mais certains individus semblent plus précoces que d’autres.
Voir aussi : Amours et chatons
Comportement envers l’homme
Le lynx n’attaque pas l’homme. Aucun cas d’accident mortel n’a jamais été documenté. Depuis le retour de l’espèce en Europe Occidentale (Suisse, France), les rares cas d’ « attaques » sur des humains se sont révélés, après enquêtes, calomnieux. Se laissant rarement observer, le lynx passe pour un animal très farouche. En fait, il est juste très discret. Si vous avez la chance d’en apercevoir un jour dans la nature, il y a de très grandes chances pour qu’il ne s’enfuie pas. Sans peur ni agressivité, il prend généralement le temps d’observer, d’analyser la situation et de s’en aller tranquillement.
Le lynx en France : la plaquette de FERUS
Plaquette 16 pages éditée avec le financement de La Fondation Nature et Découvertes :
Voir aussi : le Bulletin du Réseau lynx (ONCFS)



