Le lynx et l’élevage
Le retour du lynx dans notre pays a mis en avant le problème de la prédation sur le cheptel domestique. Les attaques sur les troupeaux sont enregistrées essentiellement dans le Jura. Le nombre d’attaques dans ce massif varie aujourd’hui entre 50 et 100 chaque année. Les attaques sont concentrées sur des zones de très faible superficie, appelées « foyers », dont la formation est essentiellement due à la proximité entre la forêt et les prairies pâturées. Les exploitations à risque sont celles qui sont enclavées dans un ensemble forestier ou très proches. Il n’y a aucune préférence pour les moutons. Des lynx vont chasser des proies domestiques, tandis que d’autres y resteront complètement indifférents. On note aussi que ces individus qui capturent régulièrement des moutons acquièrent de l’expérience et deviennent des lynx dits « spécialisés » dans cette capture. Dans les foyers d’attaques, l’utilisation de mesures de protection adéquates (chiens de protection, abris nocturnes, clôtures électriques) constitue la principale arme contre les attaques de lynx. Quant aux lynx dits « spécialisés », une procédure d’élimination a été mise en place dans les départements de l’Ain et du Jura. Elle prévoit qu’un félin peut être prélevé, après 10 attaques par an et dans un même massif forestier, à raison d’un animal par an et par département. Mais ces éliminations ne sont efficaces qu’à court terme, puisque les attaques peuvent reprendre les années suivantes, si le nouvel individu qui s’installe sur le territoire en question s’intéresse lui aussi aux moutons.
Voir aussi : Le chien de protection, utilisation et mise en place
Lynx et chasse
La relation entre les chasseurs et le lynx est globalement meilleure dans le Jura que dans les Vosges. Dans ces deux massifs, elle évolue parfois négativement face à une baisse des effectifs de chevreuils que certains attribuent volontiers au félin. Mais cette tendance conjoncturelle à la baisse s’observe partout, y compris dans des endroits où le lynx est absent.
Tout d’abord, il convient de rappeler un principe de base : une espèce prédatrice ne peut pas mettre en péril la survie des populations de ses proies, auquel cas elle disparaîtrait elle-même. Pour se faire une idée de l’impact réel du félin, une étude réalisée en Suisse dans les années 1990 a montré que la centaine de lynx présents dans le pays prélèverait 6 à 9% de la population de chevreuil et 2 à 3% de la population de chamois soit 6000 ongulés par an. Dans le même temps, la chasse en tuait 40 000 et les voitures 15 000. Le lynx s’autorégule. En période de dynamique positive, le lynx va augmenter son aire de répartition mais pas sa densité au sein d’un territoire déjà colonisé. Une population de lynx ne « pullulera » jamais ! Pour s’opposer à la présence du lynx, certains laissent penser qu’il pourrait faire disparaître les dernières populations de grand tétras. Pourtant, dans nos régions, l’impact du lynx reste anecdotique. Sur 617 proies de lynx relevées dans le Jura suisse entre 1988 à 1998, un seul grand tétras y a été recensé. Le lynx prélève un nombre non négligeable d’ongulés sur son domaine vital. Mais compte tenu des autres causes de mortalité de ses proies, il n’est qu’un facteur de régulation parmi bien d’autres.
Le lynx en France : la plaquette de FERUS
Plaquette 16 pages éditée avec le financement de La Fondation Nature et Découvertes :
Voir aussi : le bulletin du Réseau Lynx



