L'ours : biologie | FERUS

L'ours : biologie

Description

L’ours brun (Ursus arctos) vit dans en Eurasie et en Amérique du Nord. Originaire d’Asie, il a colonisé l’Europe il y a 250 000 ans environ. L’ensemble des ours bruns européens appartiennent à  la même sous-espèce : Ursus arctos arctos. Des études génétiques ont montré que les ours européens étaient divisés en 3 lignées : une lignée orientale (Russie, Carpates), une lignée occidentale balkanique (Balkans, Alpes) et une lignée occidentale ibérique (Cantabriques et Pyrénées notamment). Les deux dernières lignées sont très proches génétiquement.

L’ours brun est le plus grand mammifère sauvage terrestre de notre pays. Dans le sud de l’Europe, un mâle pèse en moyenne entre 80 et 230 kg, contre 70 à 170 kg pour une femelle. Le poids varie évidemment beaucoup en fonction de l’âge, du sexe, des saisons (à l’automne, l’ours grossit de près de 30 % par rapport à son poids habituel) et de l’alimentation. Debout sur ses deux pattes arrière, l’ours atteint 1,70 à 2 mètres, alors qu’il mesure 0,90 à 1,20 mètre au garrot. Le pelage brun de l’ours varie beaucoup en fonction des individus, de l’âge et de la saison, allant du beige clair au noir. Sa vue est médiocre, mais son ouïe et son odorat sont très développés. Dans la nature, un ours vit entre 25 et 30 ans. Papillon, qui fut longtemps le doyen des ours pyrénéens, s’est éteint en 2004 à l’âge de 29 ans.

FERUS Roland Clerc ours

Photo Roland Clerc

Habitat et domaine vital

Dans les Pyrénées, l’ours occupe une large gamme de milieux selon les saisons, entre les fonds de vallées à moins de 600 mètres d’altitude et les alpages à plus de 2000 mètres d’altitude. Son milieu de prédilection est la forêt, principalement la hêtraie-sapinière dans les Pyrénées. Contrairement à une idée reçue, l’ours n’habite pas forcément les forêts les plus hautes et difficiles d’accès, mais les forêts les plus riches en ressources alimentaires qui, selon les saisons, peuvent se trouver à moyenne voire basse altitude.

L’Ours brun est un animal territorial et solitaire : les deux sexes ne se rencontrent qu’au moment du rut. Son domaine vital est très vaste (de 200 à 1000 km² pour un mâle et 70 à 300 pour une femelle). Il est composé d’une zone dite refuge, de faible superficie, occupée de manière régulière et où il est très sensible aux dérangements de toutes sortes, et de plusieurs  zones de présence plus occasionnelles, où il n’est que de passage ou présent seulement à certaines saisons.

Régime alimentaire

L’ours est un animal omnivore opportuniste, à nette dominante végétivore. Son régime est constitué à 75 à 80 % de végétaux (fruits secs et charnus, végétaux herbacés, tubercules) et 20 à 25 % d’aliments d’origine animale (ongulés sauvages ou domestiques, micromammifères, amphibiens, insectes et autres invertébrés). Le choix des aliments est très variable selon les individus, les opportunités, les ressources du milieu et les saisons. Les différentes études conduites récemment dans les Pyrénées ont montré que les ours bruns de souche slovène ont un comportement alimentaire semblable à celui des ours autochtones.

regime alimentaire ours pyrénées slovénie

Comparaison régime alimentaire ours brun souche slovène / ours brun pyrénéen. Copyright Pays de l'ours-ADET

L’ours slovène n’est pas plus prédateur que l’ours pyrénéen !

Les opposants à l’ours ne cessent de crier à l’ours slovène, qui serait plus prédateur sur les estives que l’ours pyrénéen. Qu’en est-il en réalité ? Les études effectuées depuis 1996 ont montré que les ours d’origine slovène ont sensiblement le même régime alimentaire que les ours autochtones (Quenette, 2000) Graphique Fannie Contrairement à une idée reçue, l’ours slovène n’est pas plus carnassier que l’ours d’origine pyrénéenne. Dans les Pyrénées, ce n’est pas l’origine des ours qui conditionnent les dégâts aux troupeaux, mais la différence de mode de gardiennage. Plusieurs exemples montrent cela :

- De mai 2000 à mai 2001, un jeune ours d’origine slovène (Néré) a causé des dégâts en Bigorre où les troupeaux ne sont pas protégés. Durant l’été 2001, il s’installe en Haut Béarn (région où les troupeaux sont protégés). Les dégâts de la zone n’augmentent pas et Néré prélève aussi peu de brebis que les ours autochtones.

- Inversement, dès juin 2001, de nouveaux dégâts sont enregistrés en Bigorre. Tout le monde pense au retour d’un nouvel ours slovène. Suite à la capture de cet individu pour l’équiper d’un émetteur au printemps 2004, on découvre qu’il s’agit en fait du vieux mâle autochtone Papillon, habituellement présent et si tranquille en Haut Béarn.

FERUS - Eric Durr Ours reproductionReproduction

La période de rut s’étend de fin-avril à mi-juin. A l’instar d’autres espèces, l’ourse possède une gestation différée, c’est-à-dire que la durée réelle de gestation est très courte (8 à 10 semaines seulement). La femelle met ainsi bas 1 à 3 oursons de très petite taille (300-400 grammes environ), dans la tanière d’hibernation, au cœur de l’hiver. La mortalité est très forte chez les oursons (accidents, malnutrition, prédation, infanticide par les mâles adultes), surtout lors de la première année. Ainsi, moins de 50 % des oursons atteignent l’âge adulte. Après un à trois ans d’élevage, les ours s’émancipent. Habituellement, on estime qu’une ourse obtient sa première portée à l’âge de 5-6 ans. Toutefois, dans les Alpes italiennes, une ourse a donné naissance à des oursons, pour la première fois, à l’âge de 3 ans. Elle s’est donc accouplée avec succès à l’âge de 2 ans (photo ci contre : Eric DURR).

Sommeil hivernal

Durant l’hiver, l’ours entre en dormance hivernale dans une cavité ou une petite grotte. Il ne s’agit pas d’hibernation stricte comme chez le loir ou la marmotte, mais d’une période de repos. Ainsi, l’ours peut se réveiller lorsqu’il fait beau et doux et même effectuer de courts déplacements autour de sa tanière. La durée de la période d’hibernation varie beaucoup (entre 1 et 7 mois) selon l’individu (sexe, âge, statut reproducteur), la région, la rigueur hivernale… Un mâle adulte restera le moins de temps possible en tanière, alors qu’une ourse qui vient de mettre bas restera le plus longtemps possible. Ainsi, dans les Pyrénées, la dormance hivernale débute en novembre pour les femelles pleines et en décembre pour les mâles et se termine entre fin mars pour les mâles et fin avril pour les femelles suitées.

L’ours en France : la plaquette de FERUS

Plaquette 16 pages éditée avec le financement de La Fondation Nature et Découvertes :

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Plaquette ours

Liens divers

- L’ours brun : fiche d’identité

- Le cycle reproductif de l’ours brun

- La réintroduction de l’ours brun dans le Trentin

- La gestion de l’ours brun en Croatie

- L’ours brun en Espagne

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