Une nouvelle consultation du public est ouverte du 8 au 29 juin concernant la modification de l’arrêté ministériel encadrant les effarouchements renforcés à l’encontre des ours.
Celui-ci généralise déjà les dispositions de l’arrêté préfectoral « expérimental » d’effarouchement renforcé sur l’estive d’Arréou, pour lequel le public a été consulté le mois dernier, et alors que ce dernier arrêté n’est même pas encore entré en vigueur !
Cette consultation démarre alors même que le CNPN n’a pas encore été consulté, ce qui montre le peu de cas que l’État accorde à ce dernier.
Mettre ainsi la charrue avant les bœufs montre un empressement dont on cherche en vain les ressorts techniques et qui semble plus destiné à complaire aux opposants les plus radicaux au plantigrade, qui ont montré ces derniers temps un certain activisme au plus haut sommet de l’État. Activisme qui semble porter ses fruits en court-circuitant l’instance officielle du GOPAM (Groupe Ours, Pastoralisme et Activités de Montagne) qui apparaît en la circonstance comme un simple « bac à sable » destiné à distraire les participants pouvant lui accorder un certain crédit démocratique.
Nous vous invitons à vous prononcer contre ce projet d’arrêté avec les précautions suivantes :
- Bien préciser dans le titre votre opposition.
- Ne pas reprendre les arguments proposés ci-après sous la forme de « copié-collé ».
Voici quelques remarques pour vous permettre de vous faire un avis argumenté. Nombreuses sont celles qui sont communes avec l’arrêté préfectoral d’effarouchement sur Arréou :
- Cet arrêté ministériel est trop laxiste concernant les moyens de protection devant être mis en place opérationnellement. Ainsi, comme présenté dans le bilan en pièce jointe de la consultation, 90% des troupeaux bénéficiant des effarouchements ces dernières années ne mettent pas en œuvre de parcs de regroupement nocturnes électrifiés, pourtant reconnus par une étude scientifique (rapport Bégou) comme le moyen le plus efficace pour diminuer les prédations ursines, et alors que leur utilisation est généralisée dans les Alpes contre le loup, se multiplie dans les Pyrénées, et est pratiquée depuis longtemps dans le Béarn. Cet arrêté ne peut donc pas affirmer qu’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes.
- Les effarouchements renforcés n’apportent aucune valeur ajoutée sur le plan de l’efficacité par rapport aux gardes nocturnes des bergers d’appui de la Pastorale Pyrénéenne.
- La population d’ours des Pyrénées est la deuxième plus petite en Europe, et se trouve dans un mauvais état de conservation. L’innocuité des effarouchements renforcés n’est pas démontrée, contrairement aux affirmations des services de l’État.
- La puissance sonore (120 dB) des cartouches à double détonation est au seuil de la douleur pour l’espèce humaine et nécessite des protections dans le cadre de la réglementation du travail. Ces protections sont encore plus indispensables dans le cas de détonations car l’oreille n’a pas le temps de mettre en œuvre des réactions naturelles de protection. L’audition étant un des 2 sens principaux de l’ours, meilleure que celle de l’homme, on peut suspecter d’autant plus des risques de dommages auditifs, notamment pour les oursons, avec un impact sur le taux de survie de ces derniers. L’affirmation du ministère d’absence de dommages auditifs ne se base sur aucune étude scientifique.
- Contrairement aux affirmations de l’État, une portée de 2 oursons non génotypés a disparu postérieurement à un effarouchement renforcé dans le Couserans le 15 juillet 2020, ayant mis en œuvre un record de 28 cartouches à double détonation par une visibilité de 15 mètres seulement.
- Le Conseil d’État avait déjà annulé la possibilité de réalisation des effarouchements renforcés par les éleveurs et bergers sans présence de l’OFB, pour des questions de conservation de l’espèce. Rappelons qu’un ours a été tué illégalement par balles dans une estive du Couserans en juin 2020, et que des armes prohibées ont été saisies en 2025 dans une autre estive ariégeoise et leurs propriétaires condamnés, opération très critiquée par la Chambre d’Agriculture. Rappelons aussi l’épisode de la vidéo des « encagoulés » armés, en 2017, appelant à la chasse illégale de l’ours : un des participants, condamné à cette occasion est membre de la Chambre d’Agriculture actuelle de l’Ariège. Cet arrêté présente un risque de multiplication des armes à feu en estive, et ajoute une brèche supplémentaire dans le statut de protection d’une espèce menacée.
Merci pour votre participation, l’avenir de l’ours en France en dépend !
FERUS agit pour l’ours au travers de ses programmes de bénévolat Parole d’Ours et Api’Ours. Rejoignez-nous !













