Lettre ouverte à Claire Bouchet, députée des Hautes-Alpes

Photo Nathalie Masson

La Provence, 9 novembre 2020

Suite à une parution dans la Provence du 9 novembre, FERUS réagit.

Le 13 novembre 2020

Madame la députée,

Dans l’interview publiée dans « La Provence » du 9 novembre dernier, vous déclarez : « Il faut retirer le loup de la convention de Berne ». Dans ce même article, vous n’hésitez pas, de fait, à attribuer au loup les avalanches, la disparition d’une plante endémique, la disparition de la biodiversité, chevreuils et chamois en tête, et vous voyez là une dérégulation, rien de moins !

Il faut revoir vos notes, Madame la députée ! Il va falloir que vous nous expliquiez en quoi le loup serait responsable de ce que vous affirmez.

Bien au contraire, le loup est le symbole d’une biodiversité retrouvée, régulateur de ses proies sauvages, bien souvent en trop grand nombre, contrairement à ce que vous prétendez. Un simple contact avec la Fédération des chasseurs des Hautes-Alpes vous apprendrait que les populations d’ongulés sauvages dans le département sont globalement stables à un niveau élevé depuis plusieurs années

Comme vous prétendez aussi que, sur votre territoire, il n’y a plus de brebis, sachez que c’est dans le Sud-Est, principale zone de présence du loup, que l’érosion de l’élevage ovin – constante en France depuis de nombreuses années – est la plus faible.

Vous dites que vous ne savez pas ce qu’il faudrait faire. Vous êtes députée ?

– Commencez par demander qu’une protection efficace des troupeaux  soit mise en œuvre et contrôlée, ce qui éliminerait une grande partie de la prédation éventuelle de la part des loups mais aussi des chiens divagants ;

– Demandez à ce que les filets ne soient pas symboliques (ce qui encourage les louves à les sauter d’après vous) mais de vrais filets de protection d’au moins 1,20 m de hauteur qui, justement, les empêcheront de les sauter ;

– Venez donc voir les bénévoles de FERUS qui, par l’action PastoraLoup, sont présents cinq mois par an sur les estives de votre région auprès des éleveurs et démontrent qu’un troupeau bien protégé n’est pas attaqué.

Enfin, pour ne pas être en reste,  vous terminez votre propos en parlant des vautours qui « sont capables de manger les médailles des bêtes » ! Mais où allons nous ainsi ? Alors que le vautour est le « nettoyeur » naturel et reconnu des cadavres de nos montagnes, soulageant les éleveurs des difficultés du transport à l’équarrissage en alpages.

 

 

 

 

 

 

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