Le loup et les troupeaux | FERUS

Le loup et les troupeaux

Même si le loup peut exploiter un peuplement diversifié et abondant de grands mammifères sauvages, cela ne permet pas d’éliminer totalement la prédation sur le cheptel, notamment lorsqu’il est abondant ou non gardé.

Chaque année en France, 3000-4000 animaux domestiques (principalement des ovins) sont victimes de la prédation attribuée au loup.

Les Pouvoirs Publics ont mis en place différents programmes de soutien pour accompagner le pastoralisme en zones à loups. Aujourd’hui, les animaux domestiques prédatés sont indemnisés et les différents moyens de protection financés par l’Etat.

Depuis le retour du loup, les méthodes d’élevage modernes sont remises en cause et la protection des troupeaux est redevenue une priorité. Plusieurs techniques de protection directes des troupeaux sont applicables : berger, aide-berger, chiens « patous », parc de regroupement, effaroucheurs…

pastoralisme © J.L. Borelli - FERUS

Photo FERUS

Associés à certaines modifications du système d’élevage, c’est la combinaison de ces différents « outils » qui permet de réduire les risques et dommages sur les troupeaux. On constate une diminution du nombre d’attaque et du nombre de victimes par attaques, même si le « risque zéro » de prédation n’existe pas.

Suivre l’évolution des mesures favorisant la cohabitation loup / élevage :

- Les rapports LIFE

- Quoi de Neuf, le bulletin du réseau loup(1998-2012)

La présence humaine

Les contraintes économiques ont entraîné une augmentation de la taille des troupeaux et une réduction du gardiennage. Un berger représente une charge financière trop importante pour un troupeau de moins de 1000 brebis. Pourtant, sa présence auprès du troupeau est essentielle pour assurer sa protection notamment en cas d’attaque, pour éviter les secteurs et les situations de vulnérabilité et assurer le regroupement nocturne. Les animaux domestiques sont des proies « faciles » pour les loups mais la présence d’un berger est dissuasive.

Les chiens de protection

L’utilisation des chiens de protection est une méthode traditionnelle et efficace pour réduire les attaques et les dommages liés aux attaques des grands carnivores

La majorité des chiens utilisés en France sont des Montagnes des Pyrénées, également nommés patous.

L’éducation du chien consiste à développer l’instinct de protection vis-à-vis d’un troupeau. Le chien de protection fait partie intégrante du troupeau, il développe un attachement affectif fort et ne le quitte jamais. En cas d’agression du troupeau, il s’interpose et aboie avec insistance sans chercher forcément l’affrontement. Sa corpulence et ses menaces suffisent généralement à détourner un chien, un loup, un lynx ou même un ours.

L’éducation des chiens dure au moins deux ans. A l’âge de 2 à 6 mois, ils sont introduits en bergerie avec un lot d’animaux jeunes et joueurs qui adopteront facilement ce drôle de compagnon. Ils doivent avoir un contact minimal avec le berger et maximal avec le troupeau. La réussite de l’éducation consiste à trouver le juste équilibre entre l’obéissance du chien et son attachement au troupeau.

Chiens de protection au troupeau. Photo FERUS

Chiens de protection au troupeau. Photo FERUS

Le nombre de chiens installés dans un troupeau dépend de nombreux critères relatifs au nombre de bêtes gardées et au type de pâturages exploités. Au-delà de 4-5 chiens, un effet « meute » peut se faire sentir avec un attachement moindre au troupeau.

Parmi les mesures de prévention, l’utilisation des chiens de protection est délicate à mettre en œuvre, c’est l’une des plus contraignantes pour les éleveurs et les bergers.

Le chien de protection, utilisation et mise en place

Film « les gardiens de nos troupeaux »

Plaquette BD : chiens de protection, quelques réflexes à adopter

Informations aux randonneurs en montagne pastorale

Le regroupement nocturne

Utilisé comme moyen de sécurisation, il est réalisé dans un parc de préférence à proximité des cabanes. Le troupeau forme une unité compacte moins vulnérable aux attaques et à la dispersion.

Dans les situations d’urgence, le parc a souvent été la première mesure mise en place. Le parc de contention nocturne ne doit pas être confondu avec les autres formes de parcs utilisés dans le pastoralisme (parc de pâturage, parc de fin de journée, clôtures…). Il peut être contre-indiqué en terrain trop accidenté.

Le parcage systématique du troupeau pour la nuit a des inconvénients :

  • limitation du temps de pâture des bêtes ;
  • augmentation du risque d’érosion de l’alpage à cause des allers-retours au parc
  • sous-pâturage des secteurs les plus éloignés et les plus vulnérables et surpâturage des espaces proches du parc ;
  • augmentation des problèmes sanitaires (piétin…) ;

Lorsque c’est possible, le parc doit être déplacé tous les 3 à 4 jours pour limiter ces inconvénients.

Depuis quelques années, avec l’expérience de la prédation, certains éleveurs et bergers ont repris confiance dans les couchades libres en n’établissant le parc de garde nocturne qu’en cas d’un besoin pressenti.

Les pratiques pastorales évoluent et s’adaptent à la présence du loup mais engendrent de nouvelles contraintes d’exploitation. Surcroît de travail et nouvel effort financier sont parfois difficiles à accepter et assumer pour les éleveurs et bergers.

PastoraLoup, programme associatif de soutien au pastoralisme en zones à loups

pastoraloup © J.L. Borelli - FERUS

Bénévole PastoraLoup en mission. Photo FERUS

Le retour du loup nécessite un accompagnement. La prévention des dommages aux troupeaux permet de rendre sa présence plus supportable pour ceux qui sont affectés par ses prédations, en particulier les éleveurs.

Consciente des difficultés rencontrées par l’élevage en zones de présence des grands prédateurs, l’association FERUS a mis en place, sur la problématique du loup, un programme de soutien appelé pastoraLoup.

Ce programme basé sur l’éco-citoyenneté propose une aide complémentaire aux éleveurs et bergers dans la protection de leurs troupeaux.

Afin de réduire les dommages et la vulnérabilité des animaux domestiques, il s’agit pour les personnes bénévoles sélectionnées de renforcer la présence humaine auprès du cheptel et participer aux divers travaux pastoraux nécessités par la présence du loup.

Infos et inscription PastoraLoup en ligne

Le loup en France : la plaquette de FERUS

Plaquette 16 pages éditée avec le financement de La Fondation Nature et Découvertes :

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Plaquette loup FERUS

Plaquette multi-associative : pour en finir avec les contre-vérités sur le pastoralisme et sur la chasse

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Loup chasse pastoralisme

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