Nouveau plan loup : le loup à nouveau victime du manque de courage politique

Photo Roland Clerc

Le 19 février 2018

Communiqué des associations France Nature Environnement, FERUS, Humanité et Biodiversité, LPO, WWF

NOUVEAU PLAN LOUP : LE LOUP A NOUVEAU VICTIME DU MANQUE DE COURAGE POLITIQUE

On était en droit d’espérer que le gouvernement se démarque de ses prédécesseurs en faisant le choix de favoriser la coexistence entre élevage et prédateur. Malheureusement il n’en est rien : la publication du nouveau « Plan Loup » pour la période 2018-2023 est une nouvelle occasion manquée pour définir de nouvelles orientations d’une gestion intégrée.

 

Inefficacité des tirs de destruction aveugles

Comme l’a résumé le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), ce plan s’inscrit dans une volonté de « freinage, par régulation, de la croissance des populations de loups, allant bien au-delà des possibilités réglementaires de déroger à la protection de l’espèce ». D’autres instances scientifiques comme le MNHN et l’ONCFS avaient également souligné qu’une « gestion » du loup basée uniquement sur les tirs de destruction n’apporte pas de solution pérenne pour réduire les attaques sur les troupeaux.

Alors que l’État permet la destruction de 40 loups par an depuis 4 années déjà, il n’a fait procéder à aucune évaluation de l’efficacité de ces abattages pour réduire les attaques sur les troupeaux ovins. Et pour cause : le tir indifférencié de loups est plus qu’inefficace, contreproductif (éclatement des meutes, dispersion, absence d’apprentissage de la cohabitation…). Comme l’a souligné le CNPN, une telle évaluation aurait pourtant dû constituer un préalable à l’intensification des tirs de prélèvement.

Atteinte à l’état de conservation de l’espèce

Une expertise conjointe du MNHN et de l’ONCFS recommandait non seulement de limiter les tirs à la protection des troupeaux, mais également de ne pas détruire plus de 10% de l’effectif présent afin de ne pas porter atteinte à l’état de conservation de l’espèce.

Or l’État a permis la destruction de 12 % de la population présente ces dernières années, mais il s’apprête à augmenter encore cette proportion dans le seul but de calmer les acteurs d’une filière aux difficultés économiques sans commune mesure avec celles créées par le prédateur, totalement occultées dans le débat.

Une frilosité coupable

L’État est incapable de mettre en évidence les bénéfices attendus du retour des prédateurs. Ainsi rien n’est dit de l’opportunité de voir le loup s’installer dans les grands massifs forestiers, où sa présence limiterait les impacts des fortes populations d’ongulés.

Pire encore, avec ce nouveau plan loup et les deux arrêtés qui en découlent, il va même jusqu’à accepter des demandes illégitimes et sans doute illégales portées par les organisations agricoles. L’État montre ainsi qu’il est dans une position défensive et qu’au lieu d’assumer un objectif de coexistence, il n’a ni le courage de rappeler le cadre de la loi ni celui d’affirmer qu’il est nécessaire que l’élevage s’adapte à la présence de cette espèce protégée. C’est pourquoi les orientations du Plan d’actions national sont déséquilibrées, et les dispositions des projets d’arrêtés inacceptables.

Les ONG porte-voix de l’opinion publique favorable au retour du loup

Dans leur grande majorité, les Français ont eu l’occasion de rappeler à de multiples occasions leur attachement au retour du loup dans les meilleures conditions possibles.

Nos associations entendent utiliser les moyens disponibles pour rappeler le cadre juridique existant et favoriser une gestion plus rationnelle de ce dossier. Le loup ne saurait être le bouc émissaire d’une filière en crise et si son retour pose des questions concrètes, des solutions existent. Nos associations proposent de combiner :

  • Un renforcement des moyens de protection ;
  • Des expérimentations sur l’adaptation de la conduite des troupeaux en présence du loup pour réduire leur vulnérabilité ;
  • Le développement de recherches opérationnelles destinées à mieux prévenir les attaques.

Nos associations sont solidaires des éleveurs qui subissent des attaques malgré les mesures préventives mises en place. Conformément au statut du loup, espèce protégée au niveau international, les tirs doivent être réservés à des situations dérogatoires, aux fins de protection des élevages.

Force est de constater que, contrairement au problème du réchauffement climatique, le gouvernement n’a pas pris la mesure des enjeux en matière de reconquête de la biodiversité. Nos associations sauront rappeler ses obligations à un État souvent fuyant lorsqu’il s’agit de préserver le patrimoine naturel.

==>> L’avis de FERUS et les projets de plan loup 2018-2023 et des arrêtés 2018

 

Un nouveau lynx tué sur les routes jurassiennes

C’est une des causes de mortalité les plus fréquentes chez le lynx : les collisions routières. Jeudi 15 février au matin, un lynx de 20 kilos a été retrouvé mort sur la RD 1206, à hauteur du plateau de Léaz, dans l’Ain.

On compte environ une centaine de lynx dans le massif jurassien français, une population qui n’augmente pas.

Le lynx est toujours classé « en danger », d’après la dernière liste rouge de l’UICN France.

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Bientôt des ours en Béarn ? Pourquoi ces lâchers ?

L’ours Balou, relâché dans les Pyrénées en 2006. Photo Ministère de l’Écologie

Communiqué de FERUS, 12 février 2018

 Pourquoi lâcher des ourses en Béarn ?

Face à la prose, pour ne pas dire l’irresponsabilité, de certains élus/opposants et dans le respect de l’opinion des Français et des Pyrénéens largement favorables à la sauvegarde de l’ours dans les Pyrénées, FERUS souhaite faire un point sur les raisons de lâcher rapidement des ourses en Béarn.

Liste non exhaustive, tant les raisons de renforcer la population occidentale d’ours sont nombreuses :

– La fin de l’ours en Pyrénées occidentales est en train de se produire, il ne reste que 2 mâles ; la disparition de ce mammifère sur plus du tiers de son aire de répartition dans les Pyrénées entraînera sur ce grand secteur la perte d’une tradition de cohabitation (bergers, patous…) ;

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Plan loup 2018-2023 : les grosses réserves du CNPN

Loups dans les Alpes. DR

Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a rendu son avis concernant le projet de plan loup 2018-2023.

Le CNPN note des avancées positives quand à la protection des troupeaux, l’indemnisation des dégâts ou encore le suivi biologique du loup.

Concernant la mesure phare (et approuvée par le CNPN) de la conditionnalité des indemnisations à la mise en place des moyens de protection, le CNPN recommande toutefois la généralisation de cette mesure et que les moyens de contrôle soient mis en œuvre sur le terrain.

Sur le reste du plan, les réserves sont nombreuses.

Le CNPN regrette tout d’abord que le plan soit particulièrement orienté sur les activités d’élevage alors que la conservation d’une espèce dans le cadre d’un plan national d’action devrait s’inscrire dans une approche plus globale.

L’objectif de 500 loups marque une volonté de régulation de la part des pouvoirs publics et constitue un « manque d’ambition », dont le seul but est d’apaiser les conflits. Il occulte par ailleurs la possibilité de l’installation de l’espèce dans les nombreux endroits favorables non encore colonisés.

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Haute Chaîne du Jura : densité du lynx en baisse

Photo RNNHCJArticle de la Réserve Naturelle Nationale de la Haute Chaine du Jura, 22 janvier 2018

Piloté pour la première fois par la Réserve naturelle nationale de la Haute Chaîne du Jura en 2015, un suivi du lynx boréal, à l’aide de pièges photographiques, a été renouvelé entre février et mai 2017. Il a été réalisé sur la Haute Chaîne du Jura. Cette étude résulte d’un travail de collaboration entre la Réserve naturelle et l’unité Prédateurs de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).

Le suivi des lynx par pièges photographiques a pour objectifs d’obtenir des indications sur le nombre et la densité de lynx dans une région spécifique. Grâce à la coloration spécifique du pelage, les lynx peuvent être identifiés individuellement sur la base des photographies

26 pièges photographiques ont été installés dans 13 sites prédéfinis. Ces appareils sont restés actifs durant 85 jours et ont été relevés tous les 15 jours en moyenne par les agents de la Réserve naturelle, de la Communauté de communes du Pays de Gex, de l’ONCFS, de l’Office national des forêts, de la Fédération des chasseurs de l’Ain ainsi que par quelques bénévoles.

Les images de lynx réalisées ont été exploitées et comparées avec celles déjà présentes dans la base de données de l’ONCFS.

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Loups tués en France pour la période 2017-2018

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Louve abattue à Bouvantes dans la Drôme en 2004. C’est le premier loup tué par les pouvoirs publics en France. Photo ONCFS

loup cible MB noir et blancUn arrêté interministériel autorise le tir de 40 loups du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018. L’arrêté et notre réaction ==> ICI. A ce jour, 34 loups ont déjà été abattus + 2 cas de braconnage soit 36 loups décomptés du plafond.

Le projet de 40 nouveaux loups à abattre pour l’année 2018 est en cours de consultation publique : participez et dites  NON à ces nouveaux tirs inutiles ==>> ICI.

Loups tués par tirs dans le cadre d’autorisations préfectorales :

  • 1er décembre (Alpes-de-Haute-Provence) : un loup abattu en tir de défense à Bayons. 34
  • 9 novembre (Hautes-Alpes) : un loup mâle adulte abattu en tir de défense à Châteauroux. 33
  • 1er novembre (Hautes-Alpes) : une louve adulte abattue par un chasseur en tir de défense à Cervières. 32
  • Nuit du 25 au 26 octobre (Alpes-Maritimes) : 1 loup mâle adulte abattu dans le cadre d’un tir de défense renforcé par la brigade loup à Isola. 31

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Le chacal doré est arrivé en France !

Chacal doré en Haute-Savoie en automne 2017. Photo FDC 74

Mise à jour du 29 janvier 2018 : le chacal doré est toujours en France, de nouvelles photos dévoilées ==>> Dauphiné Libéré

Article du 15 décembre 2017 :

C’est une bonne nouvelle pour les amoureux d’une nature riche et diversifiée. Cet automne, les pièges-photos de la Fédération de chasse de Haute-Savoie ont photographié à deux reprises dans le Chablais… un chacal doré (Canis aureus) ! Le lieu exact n’a pas été révélé. L’identité de l’animal a été confirmée par l’Université de Genève. Nous attendons la confirmation par l’ONCFS. C’est la première preuve formelle de présence de l’espèce en France. Cette arrivée, suite à une expansion naturelle, était attendue et souligne les mouvements de colonisation spontanée de la faune partout dans le monde, la France n’échappant pas à la règle. Ces dernières années, l’espèce avait été observée dans plusieurs pays d’Europe de l’ouest, notamment en Suisse, fournissant les données les plus à l’ouest et les plus proches de la frontière française.

Le chacal doré est une espèce de canidé dont l’aire de distribution s’étend du sud-est de l’Asie à l’Europe, en passant par le Moyen-Orient. En Europe, sa population la plus importante se situe en Bulgarie (quelques dizaines de milliers d’individus). L’espèce était initialement décrite en Afrique de l’Est et du Nord. Cependant, les dernières études génétiques suggèrent que ces populations africaines appartiennent à une autre espèce, Canis anthus, plus apparenté au loup gris (Canis lupus) qu’au chacal doré. L’origine du chacal doré en Europe est ancienne et l’espèce ne peut donc pas être qualifiée d’espèce envahissante.

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Consultations publiques sur le nouveau plan loup : la contribution de FERUS

Photo Anthony Kohler

Jusqu’au 29 janvier 2018, les Français sont appelés à donner leur avis et participer à deux consultations publiques sur le loup :

Ne nous leurrons pas, les pouvoirs publics ne prendront pas vos avis en compte. Mais il est PRIMORDIAL que vous continuiez à vous exprimer en faveur du loup pour montrer que les Français sont toujours très majoritairement contre les tirs de loups. Sans vous, la situation serait et sera encore pire. D’autant plus que les messages anti-loup sont plus nombreux cette année.

Votre avis est essentiel, même en quelques lignes. Vous pouvez reprendre tout ou partie de nos arguments ci-dessous. Merci

 

NOUS COMPTONS SUR VOUS !

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La lettre d'information InfoLoup n° 19

Tous les deux mois, la DREAL Auvergne Rhône-Alpes publie une lettre d’information sur le loup destinée aux services de l’État et aux acteurs concernés par le loup afin d’apporter un éclairage sur les dispositifs ou les points d’actualité relatifs à ce sujet. Cette lettre est diffusée par les pouvoirs publics et ne reflète en aucun cas les positions de l’association FERUS.

Le dernier numéro, n°19 (novembre / décembre 2017), est paru ==>> ICI

Au sommaire :

  • Lancement la la consultation publique (nouveau plan loup et 40 loups à abattre pour 2018, participez avant le 29 janvier ! ==>> ICI).
  • Orientations du nouveau plan loup 2018-2023
  • Données sur les dommages (commentaire de FERUS : les dommages augmentent malgré les tirs de loups ==> les tirs de loups sont donc inutiles)
  • Bilan des loups abattus, braconnés ou retrouvés morts
  • Point sur la protection des troupeaux
  • Zoom sur l’aide « chiens de protection des troupeaux »
  • L’hybridation du loup en France (commentaire de FERUS : merci aux pouvoirs publics de revenir une nouvelle fois sur le sujet pour contrer les arguments fallacieux des anti-loups)
  • Suivi de la population de loups (bilan estival 2017)
  • Lectures

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