Le loup de retour en Belgique !

Photo Morgane Bricard

Après le Luxembourg il y a quelques mois, c’est au tour de la Belgique de revoir le loup, après plus d’un siècle de disparition. C’était le dernier pays d’Europe continentale sans aucun indice de présence de l’espèce.

L’animal a été détecté dans les Flandres, à Beringen, au nord-est de Bruxelles.

Il s’agit d’une femelle, nommée Naya et âgée d’environ 2 ans. Elle est originaire d’Allemagne (land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) où elle a été équipée d’un collier émetteur à l’âge de 6 mois. Elle a quitté sa meute en octobre 2016.

C’est l’association Landschap qui a annoncé la nouvelle.

La louve était présente aux Pays-Bas avant de franchir la frontière belge, au sud, le 3 janvier 2018. Elle a parcouru plus de 500 km en 10 jours.

C’est la première preuve formelle de la présence d’un loup en Belgique. Auparavant, plusieurs indices avaient suspecté le retour du loup mais sans aucune certitude, notamment en 2011, où des pièges-photo avaient photographié de nuit un animal ressemblant à un loup dans les Ardennes.

Toutes nos pensées à Baudouin de Menten qui attendait ce retour avec impatience…

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La Gazette des grands prédateurs n° 66 (décembre 2017)

Éditorial Gazette 66

Décembre 2017

Éditorial par Jean-François Darmstaedter, président de FERUS

2018, année du renouveau ? Pouvons-nous l’espérer ?

La nomination de Nicolas Hulot comme ministre de la transition écologique fut pour nous une «bouffée d’oxygène» et un réel espoir en des jours meilleurs pour les trois grands prédateurs présents dans notre pays. Après le passage catastrophique dans ce ministère de Ségolène Royal qui a mis en veilleuse le nécessaire renforcement de population d’ours, aggravé considérablement la situation du loup et qui est
restée indifférente à la condition du lynx, comment ne pas imaginer que l’homme qui représentait le respect de la biodiversité et du sauvage n’allait pas prendre toutes ces problématiques à bras le corps pour enfin dégager des solutions pérennes et cohérentes.
Sachant que la tâche était vraiment énorme, nous étions prêts à «lui laisser du temps» pour mettre en place sa politique, mais il nous apparaissait essentiel que des signaux soient donnés rapidement pour aller dans le sens d’une réelle prise en compte de la conservation des grands prédateurs. Au bout de sept mois, aucun signal, quel qu’il soit, n’a été envoyé par le ministre, et force est de constater que notre déception est à la hauteur des espoirs que nous avions eu au mois de mai.

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Les frontières contre-nature : une menace pour les grands prédateurs

Pris au piège des barbelés, des frontières contre-nature. Par Stéphane Nataf

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°62 (décembre 2016)

Lorsque la menace de la guerre froide s’est dissipée et que le rideau de fer est tombé au début des années 1990, un monde plus globalisé et sans frontières semblait se dessiner. En plus de permettre la circulation des personnes, des biens et des idées, cette nouvelle situation a permis à la faune, qui ne devrait connaître que les frontières naturelles, de s’affranchir aussi des frontières humaines. Une stratégie de coopération transfrontalière en matière de conservation de la faune commençait à se propager à travers l’Eurasie. L’idée était de profiter de ce nouvel esprit de liberté afin d’élaborer en commun des plans de sauvegarde et de travailler ensemble à la conservation de la faune. Cette période historique était symbolique d’un nouveau monde plus ouvert et a offert de nouvelles opportunités pour restaurer la connectivité de l’habitat à l’échelle continentale. Ce fut aussi une période d’une coopération régionale accrue.

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Catalogne : les dommages causés par les prédateurs réduits au minimum

Ours en Catalogne (Pallars Sobirà) en 2016

Les dégâts occasionnés par les ours, les vautours et autres espèces protégées se sont réduits pratiquement au minimum ces dernières années en Catalogne (Espagne) du fait essentiellement des mesures de protection et, dans une moindre mesure, du fait d’une meilleure attribution (des origines) des prétendues attaques. Si, en 2009, les pouvoirs publics catalans avaient payé 97 000 euros d’indemnisation pour 123 dommages, en 2015 (année la plus récente pour laquelle les chiffres sont disponibles), la somme s’est réduite à 2700 euros pour seulement 18 dommages.

Ricard Casanovas, chef du service de la faune et la flore, a souligné que ces résultats ont été obtenus alors que les populations d’ours et de vautours ont notablement augmenté. Ces deux espèces monopolisent la quasi totalité des dégâts indemnisés par la Généralité de Catalogne entre 2009 et 2015. On estime qu’il y a actuellement 40 ours sur les deux versants des Pyrénées centrales et plus d’un millier de couples de vautours.

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Chasse aux loups en Norvège : le WWF attaque le gouvernement

© WWF Verdens naturfond/Erik Frøystein

Mise à jour du 21 novembre : Le WWF Norvège a obtenu gain de cause ! La chasse a été suspendue par le tribunal d’Oslo. Le jugement doit se faire sur le fond maintenant. Source : WWF Norvège

Article du 20 novembre 2017 : Le WWF Norvège, soutenu par d’autres ONG, vient d’attaquer en justice le gouvernement norvégien devant la cour d’Oslo. Il estime que la chasse aux loups dans le pays est illégale au vu des lois internationale (Convention de Berne) et nationale. Il exige que l’espèce soit maintenant effectivement protégée dans les faits et pas uniquement sur le papier. Le loup est classé « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge norvégienne des espèces menacées. D’autre part, le WWF Norvège demande l’arrêt de la chasse actuellement en cours.

Pour Ingrid Lomelde, du WWF Norvège : « Stop, nous avons tout essayé. L’abattage des loups est illégal et doit être arrêté avant qu’il ne soit trop tard. L’espèce est menacée d’extinction dans le pays ». Chaque année, c’est la même chose. Les autorités norvégiennes autorisent la chasse aux loups et les ONG doivent se battre. « Nous ne pouvons pas tenir de cette façon, nous devons avoir une gestion durable du loup qui assure la sauvegarde à long terme, et en même temps mettre en œuvre de meilleures mesures pour réduire les conflits avec l’animal » ajoute Ingrid Lomelde.

Cet hiver, les Autorités Régionales de gestion de la faune Norvégienne (NRMA) ont autorisé l’abattage de 50 loups soit 90 % de la population de loups en Norvège ! Depuis le 1er octobre, 6 loups ont été tués.

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Un rare loup du Mexique abattu par l’administration Trump

loup du mexiqueEn août, un loup du Mexique a été abattu aux USA, dans l’est de l’Arizona, par des agents du Département de l’Agriculture. C’est la première fois en 10 ans que le gouvernement américain fait abattre un loup du Mexique suite à des prédations sur du bétail.

Pour le Center for biological diversity, qui a toujours promu le retour du loup du Mexique, l’administration Trump a agit ainsi pour des considérations politiques vis-à-vis de l’industrie de l’élevage. Pour l’ONG, c’est un recul inutile. Elle plaide pour davantage de mesures de protection des troupeaux et pour que les éleveurs ne laissent plus dans la nature les animaux morts qui attirent les loups. Elle indique par ailleurs que de plus en plus de recherches montrent que les tirs de loups ne résolvent pas la prédation sur les troupeaux sur le long terme.

Le tir du loup a été tenu secret les premiers temps avant que certains agents ne le dénoncent.

Si le Département s’est défendu en indiquant qu’il suivait le plan de gestion du loup actuel et qu’il n’avait reçu aucune nouvelle direction de l’administration Trump, il est vrai qu’aucun loup n’a été abattu pour cause de prédation pendant les mandats de Barack Obama (2 loups ont toutefois été abattus pour comportement trop familier).

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Premiers louveteaux près de Rome depuis plus d’un siècle

rome louveteaux lipu

Les deux louveteaux photographiés à Castel di Guido. Photo LIPU

Ce 24 septembre, les pièges photos installés par la Ligue italienne pour la protection des oiseaux (LIPU) dans la réserve naturelle de Castel di Guido ont révélé la bonne nouvelle tant attendue : au moins deux louveteaux sont nés, à seulement quelques kilomètres à l’ouest de Rome.

Ça fait plus d‘un siècle qu’aucune naissance de louveteaux n’avait été enregistrée sur le territoire de la municipalité de la capitale italienne.

C’est en 2013 que le suivi de l’espèce a commencé dans la réserve et ses environs lorsque des excréments et des pièges photos ont montré la présence d’un premier loup qui a été alors baptisé Romulus.

Il a vite disparu mais un autre loup est arrivé en 2014 (Numa) puis une louve en 2016 (Aurelia). Ces deux animaux étaient ensemble durant l’été 2016 et, cet été 2017, la femelle avait été photographiée les mamelles bien visibles, preuve d’une reproduction.

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Les humains et le changement climatique ont conduit au déclin de l’ours brun durant l’Holocène

ours réchauffement climatiqueLes ours bruns ont largement disparu d’Europe durant ces 12 000 dernières années. D’après une étude publiée en septembre 2017 dans Nature, c’est à la fois l’action de l’homme et le changement climatique qui ont fait régresser l’espèce.

D’après les restes de 38 populations d’ours, les chercheurs ont mis en évidence que les hivers plus chauds avaient été un facteur clé de réduction du taux de reproduction chez l’ours brun. Paradoxalement, les ourses ont en effet dépensé plus d’énergie corporelle lors de leur sommeil hivernal, hibernant moins profondément et réduisant ainsi leur succès reproductif.

Dans le même temps, le réchauffement climatique a permis aux humains l’utilisation de terres au climat auparavant inadapté, accélérant ainsi la chasse et la perte d’habitat des ours.

Les premières extinctions locales se sont produites dans le sud-ouest de l’Europe il y a 5000 à 7000 ans. Mais c’est pendant l’Empire romain que les extinctions à grande échelle ont commencé, il y a 2000 ans, ce qui suggère l’impact complexe des humains et du réchauffement climatique.

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La chasse aux loups sans limite est lancée dans les Asturies (pétition)

loup ibérique getty

Loup ibérique. Getty images

asturiesDepuis ce 15 septembre 2017, dans un tiers de la communauté autonome des Asturies (Espagne), les loups peuvent être tués par les chasseurs sans aucun quota, tout au long de l’année et sans aucun contrôle. Les louveteaux et les femelles gestantes peuvent aussi être tirés.

Cette zone d’environ 3300 km², au nord-est de la principauté, est dorénavant classée « zone sans gestion spécifique ». Le but du gouvernement asturien est de créer une zone sans loups, une mesure totalement injustifiable vu que la prédation des loups sur les troupeaux domestiques a baissé de 40 % cette année et ne touchent même pas 1 % du cheptel domestique régional selon les chiffres diffusés par le WWF Espagne. Ces dernières années, le nombre d’exploitations affectées est d’environ 5 % et le montant des dégâts est de moins de 0.4 % du revenu agricole régional.

Si le loup est classé « gibier » dans la communauté de Castille-Léon, ce n’est pas le cas dans celle des Asturies où l’espèce est protégée. Jusqu’à présent, seuls les agents assermentés pouvaient ponctuellement tuer des loups.

C’est notamment pour cette raison que cette chasse aux loups indiscriminée est jugée illégale par le WWF Espagne qui a dénoncé l’affaire devant le Bureau de l’Environnement. Ce dernier vient d’ouvrir une enquête.

Le WWF Espagne a lancé une pétition (près de 40 000 signatures à ce jour) à l’intention de M. Javier Fernández, président du gouvernement des Asturies.

Dans les champs marqués d’un astérisque, indiquer votre prénom (nombre), votre nom (apellidos), votre email, votre ville ou code postal (dni) et Francia pour le champ « pais ». Puis cliquez sur « actua ». Merci pour votre participation !

Signez la pétition !

carte asturies zonage

En rayée, la zone décrétée « zone sans gestion spécifique »