La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était en déplacement au Sommet de l’élevage le 8 octobre dernier lorsqu’elle a annoncé une nouvelle augmentation du pourcentage du plafond de prélèvement de loups pour l’année 2026.
L’an dernier fixé à 19 %, il avait été relevé par un nouvel arrêté publié en février 2026 à 21 % de la population estimée à 1 082 individus, soit 227 loups. Ce dernier arrêté mentionne également une possible augmentation du plafond annuel « dans la limite de 2 % de l’effectif moyen de loups estimé annuellement » (soit 23 %) « lorsqu’est atteint, avant la fin de l’année civile, le seuil de 21 % ». Seul le préfet coordonnateur du Plan National d’Actions Loup et Activités d’Élevage peut en décider par arrêté. Cette nouvelle augmentation correspond à environ 22 loups supplémentaires pouvant être tués en 2026, sous couvert de protéger les troupeaux. Si nous avions encore un doute sur la stratégie de l’État, qui fait des tirs son principal outil de gestion de l’espèce, il est aujourd’hui impossible de la nier.
La ministre a précisé qu’il y aura tout de même des « conditions » pour ces autorisations de tirs supplémentaires « car si la barre de 23 % est atteinte trop tôt, plus personne n’aura le droit de tirer, et je veux éviter cela ». Une fois encore, l’État fait preuve d’un opportunisme et d’une démagogie écœurants. Contre tout avis scientifique sur l’état de conservation de l’espèce, contre les engagements pris auprès de l’Union Européenne et contre tout espoir de cohabitation apaisée entre les activités d’élevage et le grand prédateur, l’État choisit une fois encore les armes et la facilité.
Mais FERUS n’a pas l’intention de laisser faire : avec d’autres associations, nous avons déjà déposé un recours contre l’arrêté ministériel plafond (à 21 %) publié en début d’année pour mise en péril de la population de loup en France du fait des trop nombreux tirs qu’il autorise. Car l’augmentation du plafond de destructions de loup autorisées annuellement porte à 2/3 le risque de la faire diminuer, selon le rapport OFB/CEFE-CNRS[1] rendu au gouvernement en septembre 2025. Elle menace sans équivoque le bon état de conservation du loup, qui est une obligation européenne légale que la France doit respecter. À ce jour, la barre au-delà de laquelle la viabilité de la population de loups en France est fragilisée a été largement dépassée : 217 loups ont déjà été tués en 2026, alors même que le plafond n’a pas été augmenté à 23 %.
Comme si cela ne suffisait pas, se profile aussi une modification des deux arrêtés ministériels qui encadrent les tirs de loup actuellement en vigueur. Elles intègreraient notamment les nouvelles dispositions de la Loi d’Urgence Agricole votée cet été. Annie Genevard a également évoqué ces modifications lors de ce Sommet de l’élevage en ajoutant que « si le plafond de tir n’est pas atteint une année, les loups non éliminés pourront être additionnés au plafond de l’année suivante ». Là encore, nous agirons par tous les moyens possibles contre ces nouvelles dispositions dangereuses pour l’espèce et sa conservation en France.
[1] Duchamp, C. Milleret C., Gimenez, O. 2025. État de conservation du loup en France : mise à jour 2025 de la viabilité démographique de la population sous régime de tirs dérogatoires. Rapport de saisine interministérielle du 04.12.2024. OFB/CEFE-CNRS.
Depuis plus de 20 ans, FERUS agit pour la cohabitation entre le loup et les activités humaines au travers de ses programmes de bénévolat PastoraLoup et Parole de Loup. Rejoignez-nous !













