État de la population d'ours dans les Pyrénées : l'espèce toujours fragile

Le bilan 2018 concernant la population d’ours des Pyrénées vient d’être publié ( rapport annuel du réseau Ours brun (ROB)/ONCFS) ==>> ICI . Sans être alarmant, ce décompte 2018 rappelle toutefois que la population d’ours dans les Pyrénées reste fragile et que nous devons continuer à l’accompagner pour obtenir un bon état de conservation.

En 2018, 40 ours ont été détectés dans les Pyrénées, dont les deux ourses lâchées en Béarn à l’automne 2018 soit 38 seulement sur la population existante. Pour rappel, le nombre d’ours détectés en 2017 était de 43.

L’aire de répartition passe à 7400 km² avec donc une augmentation de 2400 km² par rapport à 2017. Désormais, les services de l’État considèrent qu’il y a une seule population d’ours (et non deux noyaux de population).

Côté dégâts en France, 313 attaques sur troupeaux pour 516 animaux tués ou blessés et 7 sur ruchers pour 20 ruches détruites. Pour rappel, sur un cheptel en estive de près de 600 000 brebis, la profession agricole admet chaque année une perte de 18 000 à 30 000 brebis sur le massif des Pyrénées toutes causes confondues ; les dégâts causés par la population d’ours dans les Pyrénées représentent environ 2 % des pertes.

Il convient d’attendre le bilan 2019 de la population d’ours dans les Pyrénées pour mesurer sa bonne santé ou non. En attendant, FERUS reste vigilant et est fort de propositions pour que la France honore son engagement de restaurer sur son territoire une population d’ours en bon état de conservation.

Aire de répartition

Répartition des ours en 20118 (carte Réseau Ours Brun – ONCFS)

L’aire de répartition passe à 7400 km² avec donc une augmentation de 2400 km² par rapport à 2017. La dispersion des deux femelles lâchées ont largement participé à l’augmentation de l’aire de répartition. Désormais, les services de l’État considèrent qu’il y a une seule population d’ours (et non deux noyaux de population) puisque suite aux déplacements de trois mâles, il y a une continuité de l’aire de présence entre les Pyrénées occidentales et les Pyrénées centro-orientales.

Ce bilan confirme aussi le retour de l’ours en Pyrénées orientales.

Des données intéressantes :

  • L’ours Néré est né en 1997 en Pyrénées centrales puis est parti vivre au début des années 2000 en Pyrénées occidentales aux côtés de l’ourse Cannelle dont il est le père du dernier ourson (Cannellito, 2004) ; en 2018, Néré est parti des Pyrénées-Atlantiques pour aller sur le secteur des femelles jusqu’en Ariège avant de revenir à l’automne en Pyrénées-Atlantiques.
  • L’arrivée possible d’un ours sur le secteur de l’ourse Sarrousse isolée des autres plantigrades depuis plusieurs années.
  • Deux ours dont Néré sont passés au Port de Campielh (Hautes-Pyrénées, 2596m) ; des plantigrades montagnards…

Les portées en 2018

En 2018, détection d’une cinquième portée de 2017 ; en effet, deux oursons nés en 2017 de l’ourse Caramelles ont été repérés pour la première fois en 2018.

L’ourse Caramelles et ses 2 oursons subadultes en 2018 (photo Pascal Boullenger – ROB)

Sur les 9 oursons nés en 2017, 5 ont été repérés vivants en 2018.

En 2018, seules deux portées pour 5 oursons ont été repérées ; aucune n’a été repérée côté espagnol. On note que 4 femelles adultes susceptibles d’avoir des oursons en 2018 n’ont pas été repérées donc nous aurons peut-être en 2019 de bonnes nouvelles, tout comme la faible production de fruits charnus de l’automne 2017 a pu avoir des conséquences.

Pour rappel, extrait de L’Écho des tanières n° 39, le bulletin mensuel du Réseau Ours Brun, octobre 2017 : « Le contenu des crottes trouvées confirme la faible production (et donc consommation) de fruits charnus (myrtilles, framboises, sorbes, …) constatée cette année sur l’ensemble des Pyrénées, alors que les ours les consomment généralement en abondance à cette époque. Il semble que les fruits secs (glands, faînes et noisettes) soient également rares en montagne cet automne sur l’ensemble des Pyrénées, alors qu’ils constituent habituellement une ressource alimentaire très prisée et importante pour les ours en cette période d’hyperphagie. L’étude du succès reproducteur des femelles et du taux de survie des jeunes en 2018 devrait nous permettre de vérifier si cette rareté automnale en fruits secs aura pu avoir un impact sur la dynamique de la population l’année suivante, ou si les ours auront réussi à compenser ce manque et constituer ainsi convenablement leurs réserves de graisse avant l’entrée en tanière, en diversifiant leur régime alimentaire (herbe, larves d’insectes, charognes…). »

Combien d’ours ? Conclusions 2018

Evolution de l’Effectifs Minimal Retenus (EMR)

En 2018, l’effectif minimal détecté est de 40 dont 1 mort (ourson « Melloux »/ »Mellous », juillet 2018) et les 2 ourses lâchées.

L’effectif minimal retenu de 2017 est revu à la hausse : 43 + 2 oursons de Caramelles + Cachou (ours mâle, seul descendance de l’ours Balou lâché en 2006 et mort en 2014) repéré en 2018 et non en 2017 = 46

Donc réactualisation pour 2017 : on passe de 43 annoncés à 46 dont 1 portée de plus.

Il est fréquent que l’EMR permette une petite augmentation des effectifs dont une ou deux portées.

C’est probablement ce que nous sommes en mesure d’espérer pour 2018.

Notons toutefois que chaque année, on peut considérer que l’estimation est au plus près de la réalité.

* Deux portées avec 5 oursons détectés (dont 1 mort) : 3 mâles fils de pépite (portée de l’ourse Nheu), 1 femelle décédée (Mellous) et 1 indéterminé (portée de l’ourse Châtaigne).

* La première reproduction de l’ours Boet âgé de 4 ans ; il s’est donc reproduit à 3 ans comme l’ours Pépite en 2014. Il est le père de Mellous.

* Parmi les 43 ours détectés en 2017, 11 ne l’ont pas été en 2018 dont 4 femelles adultes (Hvala, Bulle, Gaïa, Isil) et 7 subadultes (Beret, Fifonet, New17-02, New 18-03, New 18-04, New 18-05, New 18-06, Tuc et le jeune d’Isil né en 2017).

* Depuis la mort de Pyros, supposée au printemps 2017 (il avait 29 ans donc était en effet à la limite d’âge), on note l’arrivée et les déplacements de nombreux mâles adultes sur les secteurs des femelles. Par suite, on peut supposer soit une dispersion plus lointaine soit une attitude très discrète des femelles suitées de l’année et des subadultes d’où leur non détection que nous espérons temporaire.

* Considérés disparus ou morts :

  • Gribouille non repéré depuis 2016 ;
  • Pyros non repéré depuis 2017 ;
  • Ourson de Châtaigne né et disparu en 2017.

* L’ours Pépite, fils de Pyros et Hvala, né en 2011 est déjà le père de 15 oursons.

* Les 40 ours détectés se répartissent en : 15 femelles adultes, 7 mâles adultes, 4 femelles subadultes, 9 mâles subadultes, 5 oursons de l’année (3 mâles, 1 femelle décédée, 1 indéterminé).

Les ours détectés en 2018 (ONCFS)

Carte des ours identifiés en 2018

* A partir de 2018, une courbe démographique unique, plus de distinction entre les Pyrénées occidentales et les Pyrénées centro-orientales.

Arbre généalogique des ours (Réseau Ours Brun)

Perspectives 2019

13 à 17 femelles en âge de se reproduire peuvent être potentiellement suitées.

A l’issue de 2018, on note que la population d’ours dans les Pyrénées est une population relativement jeune avec pas mal de femelles donc destinée à croître.

Sans être alarmant, ce décompte 2018 rappelle toutefois que la population d’ours dans les Pyrénées reste fragile.

Le rapport du Réseau Ours Brun 2018 ==>>  ICI

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