Actus internationales | FERUS

Un bébé lynx dans les Balkans, un espoir pour cette sous-espèce menacée

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Le petit de Maya. Photo Panajot Chorovski

mavrovoPour la première fois depuis une dizaine d’années, un bébé lynx a été photographié dans les Balkans. C’est un espoir pour cette sous-espèce qui ne compterait que moins d’une cinquantaine d’individus dans l’ouest des Balkans.

Depuis 2006, lorsqu’a débuté le programme transfrontalier du Balkan Lynx Recovery Programme, des centaines d’images ont pu être collectées grâce aux pièges photos mais aucune ne montrait un jeune lynx. La seule preuve de reproduction récente date d’il y a deux ans quand un bébé lynx a été tué par un berger dans les montagnes de Munella en Albanie.

Cette fois-ci, c’est dans un autre secteur que la découverte a été faite : le parc national de Mavrovo en Macédoine. La mère est Maya, capturée et équipée d’un collier émetteur en février dernier. La portée ne compte qu’un seul lynx.

C’est une bonne nouvelle car cela montre qu’il y a toujours de la reproduction dans cette population. Même si c’est un espoir, les chances de survie pour un jeune lynx sont réduites (moins de 50 %). Et plus largement, les perspectives pour le lynx des Balkans ne sont pas encore réjouissantes…

En novembre 2015, le lynx des Balkans a rejoint la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Les menaces majeures sont le braconnage, la raréfaction des proies sauvages et la destruction de l’habitat naturel.

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Lynx : première portée dans le Palatinat !

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Les petits lynx nés dans le Palatinat © SNU RLP / Alexander Sommer

Pfälzerwald-Vosges_du_NordC’est un heureux évènement et une bonne nouvelle pour le projet de réintroduction du lynx dans le Palatinat allemand, tout près des Vosges françaises.

Cet hiver, le mâle Lucky et la femelle Kaja, tous deux relâchés en juillet 2016, avaient été repérés dans le même secteur, laissant espérer une reproduction pour ce printemps. C’est désormais confirmé ! Kaja, 4 ans, a donné naissance à deux petits lynx. C’est la première fois que des lynx naissent dans le Palatinat, d’où l’espèce a disparu à la fin du XVIIIe siècle.

Les deux bébés lynx sont maintenant âgés de 4 semaines, pèsent 1 et 1,3 kg et sont en bonne santé. Ils ont été pesés et pucés par l’équipe du projet. Quelques gouttes de sang ont aussi été prélevées pour déterminer leur profil génétique, notamment leur sexe, difficile à distinguer à cet âge. L’examen vétérinaire a duré une vingtaine de minutes avant que les petits soient replacés dans leur tanière.

Pour Ulrike Höfken, ministre de l’Environnement du Land de Rhénanie-Palatinat, ces naissances sont une étape importante du projet. Elles mettent en évidence aussi « la capacité de la réserve de biosphère comme habitat pour ces espèces strictement protégées ».

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Chasse au loup à Yellowstone : un manque à gagner économique et scientifique

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Yellowstone, 2016. Photo Jim Peaco

En 1995-1996, 31 loups du Canada ont été relâchés à Yellowstone. Ils sont aujourd’hui une centaine, répartis en dix meutes. Pour les experts, c’est la capacité maximale du parc. De nombreux loups sortent désormais du parc et recolonisent les zones extérieures. On compte désormais environ 1700 loups dans l’ouest américain, dans les états du Wyoming, du Montana, de l’Idaho, de l’Oregon et de Washington. La prédation sur le bétail a augmenté ces dernières années, conduisant l’Idaho et le Montana à autoriser la chasse au loup. La chasse au loup dans le Wyoming devrait commencer cet automne.

Protégés dans le parc, les loups de Yellowstone sont peu farouches vis-à-vis des humains et sont souvent observables depuis les routes du parc. Ils attirent des milliers de touristes chaque année. « Yellowstone est le meilleur endroit au monde pour voir des loups » selon Doug Smith, biologiste du parc.

Pour Doug Smith et d’autres chercheurs, Yellowstone est par ailleurs un véritable laboratoire. Ils y conduisent une étude à long terme sur cette rare population de loups, rare car elle n’est ni chassée ni piégée.

Mais les choses pourraient changer si la chasse est de plus en plus permise aux alentours du parc. Une étude en cours examine cette question. Doug Smith et d’autres scientifiques ont constaté que les observations de loups dans les parcs de Denali et Yellowstone ont « considérablement diminué, de 45%, à cause de la chasse et du piégeage. Si les loups sont moins visibles, cela pourrait diminuer l’afflux de visiteurs dans le parc. Le « wolf watching » (l’observation de loups) à Yellowstone génère à lui seul 35 millions de dollars pour l’économie régionale.

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Suisse : le retour de l’ours dans le canton de Berne

ours eriz canton de berne

L’ours photographié dans le canton de Berne, 26 mai 2017

suisseAprès près de deux siècles d’absence, l’ours a fait son retour dans le canton de Berne (Suisse) dont l’emblème du drapeau est justement… un ours !

C’est probablement un jeune mâle, venu du Trentin italien voisin. L’animal, au comportement normal et discret, a été photographié dans la région d’Eriz, près de Thoune.

« C’est un moment historique », a déclaré l’inspecteur bernois de la chasse Niklaus Blatter.

Le retour de l’ours en Suisse date de 2005 lorsqu’un individu en provenance d’Italie a été repéré dans les Grisons. Depuis, plusieurs ours italiens ont atteint la Suisse. Toutefois, la présence de l’espèce reste erratique et aucune reproduction n’a été constatée.

En 2016, il y avait probablement trois ours différents en Suisse, dans les Grisons. L’un d’eux s’est déplacé jusque dans les cantons de Schwytz et d’Uri, en Suisse centrale.

Le dernier ours connu dans le canton de Berne a été vu en 1823.

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Les différentes espèces d’ours s’échangent leurs gènes

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Un pizzly, hybride entre un ours brun et un ours polaire

Les chercheurs du Senckenberg Research Institute and Natural History Museum (Allemagne) viennent de séquencer les génomes entiers de quatre espèces d’ours, rendant désormais possible d’analyser leur évolution. Avec ces nouvelles données sur l’ours malais, l’ours à lunettes, l’ours lippu et l’ours à collier, les génomes de toutes les espèces d’ours sont dorénavant disponibles. Leur étude a été publiée dans Scientific Reports.

Ce séquençage a révélé que les échanges de gènes par l’hybridation étaient possibles entre la plupart des espèces d’ours, pas seulement entre l’ours polaire et l’ours brun.

Grolar et pizzly sont les noms communs données aux oursons dont les parents sont un ours polaire (Ursus maritimus) et un ours brun ou grizzly (Ursus arctos). D’après Axel Janke, l’un des chercheurs, « ces hybrides parmi les ours ne sont pas aussi rares que ce que nous avions supposé jusqu’à présent ». On supposait que l’augmentation des hybrides ours polaires / ours bruns était due au changement climatique, les ours bruns remontant vers le nord et les ours polaires se déplaçant sur la mer de glace plus tard que d’habitude. Mais les nouveaux résultats montrent que les échanges de gènes entre les différentes espèces d’ours étaient déjà importants dans le passé. L’hybridation n’est donc pas nécessairement liée au changement climatique.

Les ours peuvent s’hybrider de différentes manières comme on a pu le voir dans les zoos. A l’état sauvage, jusqu’ici, ça n’a été observé qu’entre ours polaires et ours bruns et entre ours à collier et ours malais. Les nouvelles données montrent aussi un échange de gènes entre ours polaires et ours malais. Cependant, ces deux espèces vivent dans des régions géographiques complètement distinctes et ne peuvent pas se rencontrer. Les chercheurs peuvent expliquer cette contradiction en suggérant un « hôte intermédiaire », l’ours brun étant le candidat

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Des louveteaux cette année au Danemark ?

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La louve photographiée au Danemark. Photo Naturhistorisk Museum Aarhus

Disparus au début du XIXe siècle*, les loups sont revenus au Danemark en 2012, depuis l’Allemagne.

Cette fois-ci, les analyses ADN ont révélé pour la première fois la présence d’une femelle. Et qui dit femelle, dit une éventuelle reproduction dès cette année.

Le profil génétique de quatre mâles a également été établi.

Les animaux ont été localisés dans le nord-ouest du pays, une région agricole, la moins densément peuplée du Danemark. La localisation exacte n’a pas été révélée pour protéger les animaux des braconniers. Le profil génétique de la femelle a révélé qu’il s’agissait de GW675f, originaire d’une meute située à 25 km au sud de Berlin, soit à plus de 500 km. Elle est entrée au Danemark l’été dernier.

Des pièges photos ont aussi montré deux individus ensemble.

Le loup est aujourd’hui une espèce protégée au Danemark.

* C’est en 1813 que le dernier loup a été abattu.

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Hurlements provoqués : quel impact sur les loups ?

loup montmorency quebec

Loup de la Forêt Montmorency. Photo Forêt Montmorency / Université Laval

Les hurlements provoqués (hurler aux loups et attendre leur réponse) sont régulièrement utilisés de par le monde, que ce soit dans le cadre d’activités écotouristiques ou par les gestionnaires de la faune sauvage – pour situer les meutes notamment. Il en va de même en France depuis le retour du loup : on hurle aux loups lors de randonnées et c’est également un moyen pour les agents de l’ONCFS ou des parcs nationaux pour détecter la reproduction au sein des meutes, les hurlements des louveteaux en été étant caractéristiques par rapport à celui des adultes.

Mais quel impact sur la dynamique des meutes et leurs territoires ? Les hurlements étrangers peuvent en effet être perçus comme venant de loups étrangers et le loup est une espèce très territoriale.

Jusqu’à présent, les études se focalisaient surtout sur les taux de réponse des loups alors que les autres aspects écologiques (déplacements, cohésion de la meute) étaient largement ignorés.

Une étude, dirigée par Mathieu Leblond du Département de biologie et Centre d’études nordiques (Québec, Canada) et parue en janvier dernier dans la Revue canadienne de zoologie, a évalué l’utilisation de l’espace par les loups en réponse à des hurlements provoqués. Vingt-deux loups de la Forêt Montmorency au Québec ont été équipés de colliers GPS entre 2005 et 2008 mais seulement quatre loups étaient toujours présents dans l’aire d’étude lorsque les sessions d’hurlements provoqués ont été conduites, de juillet à octobre 2008. La distance et l’orientation des loups, leurs taux de déplacement et leur distance moyenne par rapport aux autres membres de la meute (utilisée comme indice de cohésion de la meute) ont été mesurés.

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Un cinquième lynx relâché en Allemagne : bienvenue à Bell !

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Le relâcher de Bell. Photo F. Grandon

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Mise à jour du 2 mai 2017 : des nouvelles de la femelle Luna !

On n’avait plus de nouvelles de la femelle lynx Luna depuis décembre dernier. C’était juste le collier émetteur qui était en panne. Luna a été relâchée dans le Palatinat en juillet 2016. Le communiqué ICI

Article du 6 avril 2017 :

Hier mercredi 5 avril, la femelle lynx Bell, 18 kilos, a été relâchée dans la forêt du Palatinat en Allemagne.

Après les trois lynx slovaques Luna, Kaja et Lucky en juillet 2016 et le lynx suisse Arcos le 7 mars dernier, Bell est le cinquième lynx relâché dans le cadre d’un programme qui prévoit la réintroduction de 20 lynx sur cinq ans.

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Isle Royale (USA) : plus que deux loups et une population d’élans qui explose

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Isle Royale, 2008. La chasse se soldera par un échec pour les loups. Photo Michigan Tech University, John Vucetich

Le parc national de l’Isle Royale, situé sur le Lac supérieur et appartenant à l’état du Michigan (Etats-Unis) est une île de 72 km de longueur. Il constitue depuis des décennies un laboratoire à ciel ouvert pour les scientifiques étudiant les rapports prédateurs / proies dans un environnement fermé.

Il y a quelques jours, les chercheurs de la Michigan Technological University ont indiqué dans le dernier rapport annuel que la population d’élans de l’île a augmenté par rapport à 2016 et qu’elle est aujourd’hui estimée à 1600 animaux. Une population qui pourrait doubler dans les 3-4 ans, exposant les élans à une famine généralisée. Des signes montrent en effet que les sapins baumier du parc sont surconsommés ; une plante aquatique, encore abondante il y a seulement six ans, ne se trouve plus aujourd’hui que dans des zones où les élans ne sont pas.

Cette explosion du nombre d’élans est notamment due à la quasi-extinction des loups qui ne sont plus qu’au nombre de deux : un mâle, et une femelle qui est la fille mais aussi la demi-sœur du mâle.

Si le nombre d’élans double comme prévu, on atteindra un record jamais observé depuis 60 ans d’observation.

Les élans sont arrivés les premiers sur l’Isle Royale au début des années 1900, croissant rapidement dans un environnement vide de prédateurs. A la fin des années 1940, profitant d’un pont de glace reliant l’île à l’Ontario (Canada), quelques loups se sont installés sur l’île. Depuis, la population d’élans fluctue de 700 à 1200 individus.

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