Actus internationales | FERUS

Les loups tuent moins de proies en présence d’ours

ours loup europe

Photo Widstrand/Naturepl.com

Jusqu’à présent, on pensait que lorsque loups et ours partagent le même territoire, les loups étaient obligés de tuer plus de proies pour compenser la nourriture volée par les ours. Cette hypothèse venait notamment du fait que lynx et pumas abandonnent rapidement leurs proies aux ours charognards.

Une étude portant sur ces espèces en Scandinavie et en Amérique du Nord (Yellowstone) vient de montrer le contraire : en présence d’ours, les loups tuent moins souvent.

On ne sait pas bien encore pourquoi mais Aimee Tallian, biologiste de l’Université de l’Utah et principale auteure de l’étude, évoque quelques hypothèses.

Tout d’abord, en hiver, lorsque les loups tuent de grands animaux comme des orignaux, il y a assez de viande disponible sur la carcasse pour que la meute se permette d’attendre quelques jours que l’ours voleur ait fini de se servir, au lieu d’aller chasser une autre proie. Ils préfèrent attendre leur tour.

Ensuite au printemps, lorsque les ongulés mettent bas. Les nouveaux-nés sont des proies faciles pour les ours. Cette compétition sur une ressource finie pourrait rendre ainsi plus difficile la recherche et la chasse des jeunes ongulés par les loups, vu qu’il y en a moins.

C’est probablement une combinaison des deux, explique Aimee Tallian.

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Des ours au Liban après 60 ans de disparition ?

ours brun syrien

Un ours brun syrien dans le parc national de Lar (Iran). Photo Ali Sharifi

Fin décembre 2016, un groupe d’homme a filmé ce qui semble être une ourse et son petit marchant dans la neige au Liban, dans la vallée de Beqaa, dans l’est du pays, près de la frontière syrienne.

Pour la SPNL (Société pour la protection de la nature au Liban), il s’agit bien d’ours bruns. Des images historiques puisque l’espèce n’a pas été observée dans le pays depuis 1958 et que la population la plus proche se trouverait à plus de 500 km, en Turquie. D’autre part, ces images ont été tournées alors que les ours hivernent généralement pendant cette période.

L’ours brun syrien (Ursus arctos syriacus) vit dans les chaînes montagneuses du Moyen-Orient. Son statut de conservation est généralement considéré comme vulnérable en Iran, en Irak, en Turquie, en Azerbaïdjan, en Arménie, au Turkménistan et en Géorgie, mais la sous-espèce est officiellement éteinte au Liban, en Israël et, depuis 2009, en Syrie.

Pour la SNPL, rien n’indique que ces images traduisent un retour de l’espèce. Il s’agit peut être seulement d’ours de passage. L’observation réalisée en hiver suggère par ailleurs que les animaux ont peut-être fuit un danger : « Y’a-t-il vraiment des ours bruns syriens, vivant de fruits cultivés par l’homme et de genièvre sauvage, dans les collines de la frontière libano-syrienne ? Sont-ce des ours venant de Syrie ou même de Turquie ou d’Irak ? La guerre en Syrie a-t-elle poussé les ours à traverser la frontière ? ».

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Jour sombre pour le loup en Europe...

loup italie

Un loup en Italie

Mise à jour du 3 février : le plan national loup italien devait être voté hier. Vote reporté à l’unanimité à une date ultérieure non connue pour le moment. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Et si la mobilisation italienne (pétitions, manifestations etc.) contre ce programme d’abattage des loups faisait fléchir les autorités du pays ? A suivre…

Communiqué de presse de l’association FERUS, 31 janvier 2017

Le 2 février prochain, l’Italie votera un plan national loup comportant toute une série de mesures. La plus controversée est sans conteste la possibilité de pouvoir abattre des loups : 5 % de la population totale, estimée à environ 1500-1600 loups.

Alors que l’espèce est strictement protégée depuis 1971 dans le pays, L’Italie, pourtant exemplaire jusqu’à présent en matière de gestion de cette espèce, vient de faire un formidable bond en arrière, suivant le triste exemple de la France.

Pour le WWF Italie, qui qualifie le plan « d’arme de destruction massive », et pour les autres associations, cette décision est guidée par un choix purement politique, les autorités cédant comme chez nous aux lobbies les plus rétrogrades.

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Les ours des Cantabriques (Espagne) seraient affamés

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Ours dans les Asturies. Photo FAPAS

Selon l’association espagnole FAPAS (Fonds pour la protection des animaux sauvages), les ours des Cantabriques seraient sous-alimentés, « certains étant extrêmement maigres, avec des signes évidents de cachexie ». Cette dénutrition serait due au manque de précipitations en 2016 dans le secteur, une situation qui a modifié certains cycles de vie de l’alimentation des ours.

L’été 2016, extrêmement sec, n’a ainsi pas favorisé l’alimentation naturelle des ours, basée habituellement sur les insectes et les fruits sauvages. La disponibilité en myrtilles, d’une grande valeur nutritive, a été de ce fait très inégale. Les cerises, quant à elles, sont arrivées tard à maturation.

Cette pénurie a conduit à une augmentation des dégâts d’ours sur les ruchers, non pas pour le miel mais pour les larves. Ce qui a entraîné la présence des ours dans des secteurs plus humanisés et les protestations des apiculteurs.

Le FAPAS  a donc demandé au gouvernement régional des Asturies de ne pas retirer les cadavres d’animaux domestiques morts dans les espaces naturels *. Les charognes sont très importantes dans le régime alimentaire des ours à certaines périodes, notamment pour les femelles accompagnées d’oursons.

Le FAPAS a remarqué l’état des ours grâce aux clichés réalisés avec les pièges-photos, disposés depuis une quinzaine d’années pour suivre la population d’ours.

* Depuis une dizaine d’années, l’Union Européenne oblige le ramassage des cadavres d’animaux domestiques mais des dérogations sont autorisées.

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La réintroduction du lynx au Royaume-Uni, c’est pour bientôt !

lynx suède Sergiy Gaschak

Lynx en Suède. Photo Sergiy Gaschak

kielder lynxAprès des années d’attente, ça sera bientôt l’aboutissement d’un projet de réintroduction du lynx au Royaume-Uni. Le site a été choisi. Il s’agit de Kielder, au nord de l’Angleterre, dans le comté de Northumberland, à la limite de la frontière avec l’Ecosse. L’espèce a disparu d’Angleterre il y a quelque 1300 ans.

Au lieu des 10 animaux prévus, ce sont finalement 4 femelles et 2 mâles qui devraient être relâchés dans quelques mois. Ils devraient être capturés en Suède, exempte de rage, ce qui permet de réduire au minimum la période de quarantaine nécessaire. D’autre part, les animaux seront déduits du quota de chasse en Suède donc destinés à être abattus initialement. Ils seront équipés de colliers émetteurs.

Actuellement, une consultation est en cours et des réunions locales ont lieu avec les habitants tout comme avec les agriculteurs. Ces derniers sont inquiets des éventuelles prédations du lynx sur leurs troupeaux. Un système de compensation permettra de rembourser les dommages.

Une augmentation d’espèces d’oiseaux qui sont les proies naturelles du lynx est prévue.

Le retour du lynx, bon pour le tourisme, permettra par ailleurs de réguler les populations de cervidés en surnombre qui commettent des dégâts importants aux forêts. La prédation du lynx sur les renards permettra aussi de diminuer le nombre de ces derniers et ainsi de reconstruire les populations d’oiseaux.

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Afrique du Sud : Le Karoo Predator Project

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Chacal à chabraque. Photo Marine Drouilly

Le Karoo Predator Project : prédateurs, élevage et biodiversité dans le Karoo sud-africain. Par Marine Drouilly

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°58 (décembre 2015)

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Les conflits entre éleveurs et prédateurs sont omniprésents sur la planète et en augmentation. Ils représentent une grande menace pour de nombreuses espèces de carnivores et demeurent un sujet sensible, souvent mal compris car beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et fréquemment soumis au sensationnalisme de médias mal informés.

En Afrique du Sud, comme en France, il existe un conflit d’intérêts entre éleveurs de petit bétail et prédateurs dont les premières mentions apparaissent dès 1652 dans les carnets du gouverneur Jan van Riebeeck, lorsque les premiers Européens s’établissent dans la Colonie du Cap. A l’époque, il s’agit surtout des lions et des hyènes qui menacent à la fois le bétail et les vies humaines. Quatre ans après ces premiers écrits, le gouverneur introduit un système de récompenses pour les peaux des prédateurs. Dès 1850, la plupart des grands carnivores sont éradiqués de la colonie du Cap.

Une des causes directes de cette extermination massive fut le passage au sommet du réseau alimentaire d

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Slovénie : 93 ours et 10 loups à abattre

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Ours en Slovénie. Photo Sabine Matraire

Le gouvernement slovène vient d’approuver le plan de chasse pour 93 ours bruns et 10 loups. En 2016, ce sont 83 ours et 4 loups qui ont été abattus par les chasseurs.

Pour les biologistes, l’ours et le loup sont menacés dans le pays. Mais pour les autorités, leur nombre a augmenté et ils peuvent constituer un danger pour les personnes.

L’occasion de rappeler que les ours slovènes qui sont relâchés en France sont déduits des quotas de chasse annuels en Slovénie. Malgré le climat anti-ours provenant d’une minorité de personnes dans les Pyrénées, les ours slovènes relâchés en France ont donc toutes les chances de vivre une vie longue et pleine d’oursons, comme Pyros réintroduit en 1997 et toujours vivant à l’heure actuelle. En Slovénie, ces ours sont destinés à être abattus à coup sûr.

En Slovénie, la population d’ours est estimée à 450 individus environ.

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Le chacal doré à la conquête de l’Europe !

Golden jackal in the grassland in Eastern Romania

Chacal doré en Roumanie. Photo Miha Krofel

Mise à jour 12 janvier 2017. En juin 2015, un chacal doré a été photographié (piège-photo) pour la première fois en République Tchèque, à moins de 40 km de Prague. Le même animal a ensuite été photographié plus d’une cinquantaine de fois les mois qui ont suivi, en général le matin (entre 4 et 10h) ou le soir (entre 18h et minuit). Depuis le milieu des années 1990, le chacal doré est arrivé en République Tchèque mais jusqu’à présent, aucun individu n’avait été vu vivant (collisions routières notamment). Les images ICI.

Le chacal doré à la conquête de l’Europe ! Interview avec Nathan Ranc.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Le 27 décembre 2015, un chacal doré (Canis aureus) a été photographié par un piège-photo dans les Grisons, dans l’est de la Suisse. Quelques jours plus tard, un chacal doré a été abattu par un chasseur l’ayant confondu avec un renard ; le chasseur s’est aussitôt dénoncé auprès des autorités. On ne sait pas actuellement si le chacal abattu est celui qui a été photographié. En 2011, un chacal doré avait déjà été photographié à plusieurs reprises dans les cantons de Berne, Vaud, Fribourg, à l’ouest de la Suisse cette fois-ci. Jusqu’à présent, ce sont les données enregistrées les plus à l’ouest et les plus proches de la frontière française. Le chacal doré bientôt présent en France ? Faisons le point sur cette nouvelle espèce avec le spécialiste européen Nathan Ranc.

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Espagne : les ours des Cantabriques de plus en plus connectés génétiquement

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Ours dans les Cantabriques. Photo Fundacion Oso Pardo

Les deux noyaux de population d’ours de la cordillère cantabrique, le noyau occidental (ouest de Léon, Asturies et Galice) et le noyau oriental (Cantabrie, Palencia et l’est des Asturies et de Léon), sont de plus en plus connectés. Ils sont davantage reliés aujourd’hui qu’à n’importe quel moment de ces 100 dernières années, d’après un rapport de la Fundación Oso Pardo (FOP, Fondation Ours Brun), paru dans la revue Quercus.

La population totale des ours dans les Cantabriques est maintenant estimée à environ 250 individus, dont plus de 200 dans le noyau occidental et environ 40 à l’est. En 2009, les experts avaient alerté du danger d’extinction qui pesait sur le noyau oriental, vu le trop petit nombre de femelles accompagnées d’oursons. Mais depuis 2013, ce chiffre a cessé de stagner et est à la hausse. Comme l’explique Guillermo Palomero, président de la FOP : « le nombre de femelles suitées dans le noyau oriental est en augmentation, comparé aux suivis effectués depuis 1989. Jamais auparavant nous n’avions eu autant d’ourses avec oursons ».

A la fin du XXe, on comptait une moyenne annuelle de 1,2 femelles avec oursons dans l’est. En 2014, on comptait six ourses suitées et six autres en 2015. En 2016, « nous en avions cinq », indique Guillermo Palomero. Puisque les femelles se reproduisent généralement tous les deux ans, on estime qu’il y a au moins 12 femelles reproductrices dans le noyau oriental. « C’est un chiffre modeste » explique Guillermo Palomero mais une grande avancée vu la situation d’il y a 20 ans.

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