Les derniers chiffres tant attendus de la population d’ours brun pyrénéenne viennent de sortir, publiés par le Réseau Ours Brun de l’OFB.
Comme prévu, on constate une augmentation croissante de 11 % de la population avec 108 individus effectivement détectés. Il faut prendre en compte que tous les ours ne peuvent pas être détectés chaque année, c’est pourquoi l’équipe ours de l’OFB utilise, en plus du relevé systématique d’indices, un outil statistique qui évalue à environ 130 individus la population réelle. Lorsque l’on parle de population pyrénéenne, il s’agit de tout le massif, avec 29 % de la population qui est basée en Espagne et en Andorre et 41 % basée uniquement en France. La population s’étend sur 7 000 km2 et a tendance à s’étaler vers le Sud en Catalogne et vers l’Est en France avec toujours un espace sans ours notable entre les deux noyaux (Pyrénées centrales et Béarn).
Au niveau reproduction, le taux de survie des oursons de 2024 est étonnamment excellent avec 22 oursons sur 24 ayant survécu. En revanche, pour l’année 2025 la reproduction a été étonnamment faible puisque seulement 6 portées avec 8 oursons ont été dénombrées, peut-être la cause d’un automne 2024 pauvre en ressources alimentaires ayant provoqué des avortements. Petit espoir, on peut noter la première reproduction de Claverina depuis sa réintroduction en 2018, accompagnée par celle de Sorita toutes deux dans le noyau béarnais.
On peut se demander si le faible nombre de portées et d’oursons est lié au taux de consanguinité croissant dans la population. En effet, l’écrasante majorité de la population de plantigrade est issue de 6 individus fondateurs avec en tête notre mâle reproducteur Pyros à l’origine de 33 reproductions, sans compter les 28 de son fils Pépite et les 19 de son fils Flocon. Un article récent d’une thèse encadrée par l’OFB (Auclair et al. 2025) démontre que la consanguinité de la population d’ours des Pyrénées a un impact négatif sur :
- La taille de la protée ;
- La distance de dispersion des subadultes ;
- La survie des oursons ;
- Le succès reproductif.
Nous suivrons attentivement cette année l’évolution de la population et les rendus scientifiques sur l’impact de la consanguinité et les préconisations pour y faire face. Pays de l’Ours – Adet a notamment rendu publique une étude prospective sur ce sujet :
- La population d’ours devrait atteindre la capacité de charge du massif d’ici 2050.
- Mais sans nouveaux lâchers la consanguinité devrait atteindre des niveaux très importants (=0,4) et la population efficace baisser de 10 à 3 ou 4.
- Il faudrait lâcher 30 ours en 10 ans pour stabiliser la population efficace et la consanguinité à 0,3.
Il s’agit donc d’effectuer des actions urgentes afin de limiter la casse.
FERUS agit pour l’ours au travers de ses programmes de bénévolat Parole d’Ours et Api’Ours. Rejoignez-nous !
















