Loups équipés de GPS : quand le Gouvernement perd contact avec la réalité du terrain

Loups équipés de GPS : quand le Gouvernement perd contact avec la réalité du terrain

© Roland Clerc
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Communiqué de presse de FERUS

Équiper les loups de colliers GPS pour alerter les éleveurs de leur présence : voilà la nouvelle idée avancée par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 16 septembre 2026 pour tenter de répondre aux difficultés liées à la prédation.

Cette proposition pourrait prêter à sourire si elle ne révélait pas un décalage extrêmement préoccupant entre les annonces politiques et la réalité du terrain. Avant d’annoncer de nouvelles solutions technologiques irréalistes, peut-être faudrait-il commencer par tirer les enseignements de celles qui existent déjà ? Nous ne sommes pas dupes, cette annonce choc est parfaitement alignée avec la libéralisation de la politique de tirs défendue par l’État. Alerter les éleveurs de la présence d’un loup revient à proposer tacitement de mieux le repérer pour le tuer. Un troupeau bien protégé, quant à lui, l’est tout le temps.

Car une protection des troupeaux efficace et réaliste repose sur trois grands piliers déjà éprouvés lorsqu’ils sont mis en place correctement : clôtures électriques adaptées au loup, chiens de protection et présence humaine.

Par ailleurs, des loups sont déjà suivis par GPS en France dans le cadre de programmes scientifiques afin de mieux comprendre leurs déplacements et d’expérimenter des solutions de cohabitation. Que s’est-il passé ? Certains loups équipés de colliers GPS ont tout simplement été abattus cet été dans le cadre de tirs autorisés. N’est-il pas particulièrement absurde de constater que l’État finance ces programmes de recherches tout en autorisant leur sabotage ?

Le GPS est un outil scientifique utile mais il ne constitue ni une protection des troupeaux, ni une politique de prévention, encore moins une solution miracle. Il ne remplacera jamais les moyens humains et matériels nécessaires à la protection des troupeaux, ni l’accompagnement réel des éleveurs confrontés à la présence du loup.

À force de multiplier les annonces censées apporter des réponses miracles, le Gouvernement donne surtout le sentiment de jouer aux apprentis sorciers plutôt que de regarder ce qui fonctionne réellement sur le terrain. Nous appelons à sortir des effets d’annonce et à investir dans ce qui permet concrètement la cohabitation : protection des troupeaux, présence humaine, accompagnement des éleveurs et expérimentation de dispositifs adaptés aux réalités de chaque territoire.

Alors que l’État verbiage, FERUS agit. Au travers de notre programme de bénévolat PastoraLoup, nous proposons un soutien réel, gratuit et efficace pour les éleveurs confrontés à la prédation du loup. Nos bénévoles préalablement formés interviennent directement sur le terrain pour renforcer la présence humaine auprès des troupeaux vulnérables ou pour aider à la mise en place de moyens de protection des troupeaux.

Les éleveurs méritent mieux que des annonces absurdes. Le loup aussi. Et la cohabitation ne se construira certainement pas à coups de GPS.

Depuis plus de 20 ans, FERUS agit pour la cohabitation entre le loup et les activités humaines au travers de ses programmes de bénévolat PastoraLoup et Parole de Loup. Rejoignez-nous !