Communiqué de presse interassociatif

Face aux déclarations alarmistes et aux contre vérités scientifiques martelées lors de la 41ᵉ Rencontre nationale du pastoralisme à Ax-les-Thermes, les associations signataires tiennent à rétablir les faits et à mettre en garde contre les dérives rhétoriques qui compromettent l’avenir des montagnes pyrénéennes.
1. La vérité sur les chiffres : Non, il n’y a pas « 1 ours tous les 7 km² » en Ariège !
La Fédération pastorale de l’Ariège affirme qu’il y a désormais « un ours tous les 7 km² ». Même en réduisant le périmètre aux seules surfaces d’estives ariégeoises (environ 1 100 km²), ce ratio signifierait que plus de 150 ours occupent les hauts pâturages du département…
On en est loin : L’effectif total compte environ 130 ours sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne (France, Espagne et Andorre compris). Selon le dernier rapport de l’OFB, 57 ours auraient fréquenté l’Ariège en 2025, sans tous s’y cantonner. Soit au maximum un ours pour 19 km² d’estive, alors que l’ours ne s’y limite pas …
Agiter une telle surenchère sert à fabriquer un sentiment d’encerclement imaginaire pour éviter d’aborder sereinement la cohabitation et la protection des troupeaux.
2. Le mythe du « végétarien » : instrumentalisation d’une contre-vérité scientifique
Prétendre qu’on aurait promis un ours « invisible et végétarien » est un pur mensonge. Aucun biologiste, aucune association, aucun programme officiel n’a jamais qualifié l’ours brun de végétarien. Comme le démontre encore une thèse récente, dans les Pyrénées, l’ours est un omnivore opportuniste à dominante herbivore (80 % de son régime alimentaire).
Les éleveurs le savent, les scientifiques le documentent depuis toujours. Faire croire qu’on a « trompé » la profession vise encore à esquiver le sujet central des mesures de protection.
3. La « robustesse » dévoyée : un mot à la mode pour masquer les vieilles recettes du productivisme
Les représentants agricoles appellent à viser la « robustesse » par la « régularité » et la « maîtrise des coûts ». C’est un détournement sémantique total.
Selon les travaux du biologiste Olivier Hamant, la robustesse désigne la capacité d’un système à rester stable malgré les fluctuations, en intégrant la (bio)diversité, les erreurs, la redondance et la flexibilité.
Ce que réclament ces responsables agricoles sous le mot « robustesse », c’est exactement l’inverse : l’optimisation productiviste (rentabilité, baisse des coûts, élimination des aléas naturels). Un système optimisé, figé et refusant le moindre risque est par définition extrêmement fragile et donc ni durable ni robuste.
Le pastoralisme a besoin de vraie robustesse : diversification des pratiques, présence humaine renforcée, troupeaux protégés et acceptation de la complexité de la montagne, y compris dans sa composante sauvage.
Pour un pastoralisme d’avenir, réellement robuste
La cohabitation avec les grands prédateurs n’est pas la cause de la crise du pastoralisme, elle en est le révélateur. Le véritable « plan social » de l’agriculture dénoncé par les syndicats est le fruit du modèle économique globalisé qu’ils prônent, pas des ours qui arpentent le massif.
Les associations signataires réaffirment leur engagement et leur soutien aux éleveurs qui font le choix de la protection des troupeaux, de la valorisation de leurs produits et d’un pastoralisme réellement robuste, seul capable de s’adapter aux réalités écologiques du XXIᵉ siècle.
Associations signataires :
Pays de l’Ours – Adet, FERUS, FNE Occitanie – Pyrénées, Comité Ecologique Ariégeois, FIEP Groupe Ours Pyrénées, Nature Comminges, SEPANSO Pyrénées-Atlantiques, Animal Cross, Vétérinaires pour la Biodiversité, Société Nationale de Protection de la Nature.
CONTACT PRESSE FERUS :
Patrick Leyrissoux, coordinateur Ours : patrick.leyrissoux.ferus@gmail.com / 06 06 45 69 81
FERUS agit pour l’ours au travers de ses programmes de bénévolat Parole d’Ours et Api’Ours. Rejoignez-nous !














