Un plan national censé protéger le loup mais qui permet d’en tuer plus : c’est inacceptable !

Un plan national censé protéger le loup mais qui permet d’en tuer plus : c’est inacceptable !

photo Kewo Photography
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L’État annonce un nouveau Plan National d’Action “soucieux de la préservation de l’élevage extensif et pastoral” et facilite les tirs de loups.

Lors de sa présentation en septembre dernier, les APNE (FERUS, WWF, LPO, FNE, ASPAS, Humanité & Biodiversité) avaient alerté l’État sur le déséquilibre du Plan national d’actions 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage (PNA). Malgré notre alerte, malgré les travaux du Groupe National Loup et malgré les avis négatifs du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) et du Conseil Scientifique, l’État a lancé la consultation publique sur ce PNA et celle fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus).

Le dépôt de plus de 13 000 avis, à plus de 90 % défavorables, a montré un vaste attachement à la publication d’un PNA permettant d’assurer la coexistence du loup en tant qu’espèce strictement protégée et des activités d’élevage.

Tout ceci pour aboutir à l’annonce d’un nouveau PNA renforcé par la simplification du protocole de tirs dans le but de mieux réguler la population de loups ! (arrêté du 21 février 2024)

L’État n’a donc tenu aucun compte des avis scientifiques et a ignoré les conclusions des 2 consultations publiques. Au contraire, ce plan contient des affirmations mensongères ainsi que de nombreuses inexactitudes, en particulier sur l’état de conservation de l’espèce en France, le bilan des dommages et les difficultés de l’élevage et du pastoralisme.

FERUS regrette l’absence totale d’évaluation du PNA précédent (2018-2023) et d’analyse de l’évolution de la situation en termes de dommages, de développement de la population de loups, de valorisation des expériences de terrain favorisant la coexistence, ou de baisse du nombre d’animaux d’élevage tués par rapport au nombre de loups présents.

Le gouvernement fait aussi le choix délibéré d’utiliser les dérogations juridiquement prévues dans le statut de protection pour organiser sans l’assumer une véritable régulation du loup. Pour cela, il simplifie les procédures d’abattage, empêche le rétablissement d’une population viable de l’espèce sur son aire naturelle de répartition, décrète des zones de non-protégeabilité sans étude préalable et facilite les tirs de loups sans la mise en place de moyens de protection !

FERUS condamne fermement les principaux points d’engagement de l’État concernant la modification du statut du loup et son déclassement d’espèce strictement protégée, la facilitation des autorisations et modalités de tirs, aboutissant à une augmentation des destructions de loups à proximité d’élevages subissant très peu d’attaques. Alors que ce PNA devrait garantir la bonne conservation de l’espèce en France tout en assurant le soutien et l’accompagnement du pastoralisme, il n’est fait mention que des impacts négatifs de la présence du loup et pas des bénéfices qu’elle apporte, notamment en ce qui concerne la régulation des populations de grands ongulés nécessaire au bon fonctionnement des écosystèmes forestiers.

Le gouvernement s’obstine dans cette voie court-termiste de régulation du loup qui ne répondra pas aux difficultés des éleveurs. L’anticipation et l’accompagnement des éleveurs pour mettre en œuvre le triptyque de protection qui fait ses preuves (présence humaine auprès des troupeaux, chiens de protection et clôtures) doit se poursuivre en privilégiant les moyens d’effarouchement.

Plus de 30 ans après son retour, il est temps d’admettre que le loup a repris sa place au sein de la faune française et va continuer à gagner de nouveaux territoires.


Communiqué de presse de FERUS – le 23 février 2024