COP 21 : biodiversité, ça chauffe aussi !

illus-etude-impact-carnivore-ecosystemesTRIBUNE de l’association FERUS, Ours Loup Lynx Conservation, 3 décembre 2015.

COP 21 : biodiversité, ça chauffe aussi ! 

FERUS salue la mobilisation internationale autour de la COP 21 et espère comme tous les citoyens du Monde que des engagements ambitieux seront enfin pris avec obligation de résultats.

FERUS est doublement soucieux de voir une issue positive à cette COP 21 : nous sommes un groupement de citoyens, réunis par la cause des grands prédateurs, et notre but est la sauvegarde de la biodiversité en France.

Nous ne faisons pas d’angélisme, résoudre les conflits dans un sens favorable à la biodiversité, au climat et plus largement à la Terre fabrique souvent des mécontents, lesquels organisent la résistance, à commencer par celle du bulletin de vote. De belles notions théoriques se traduisent en définitive par des batailles féroces pour remplir une infime part des engagements pris.

De par notre expérience de la protection des grands prédateurs en France, FERUS est dubitatif sur la suite qui sera donnée en France, loin des postures officielles affichées à l’occasion de la COP 21.

Depuis 2012, et malgré les engagements internationaux pris pour la conservation de la biodiversité, le statut des espèces protégées est fréquemment oublié, malmené et balayé pour répondre aux demandes des lobbys ; cette course à la destruction de la biodiversité en France s’est accélérée depuis l’arrivée de Ségolène Royal au Ministère de l’Écologie.

Des exemples de décisions sous la Présidence de François Hollande :

  • lancement du plan loup 2013-2017 avec de nombreuses possibilités pour abattre les loups * « légalement » ;
  • destruction de 50 outardes canepetières à Marseille * ;
  • abattage de 197 bouquetins * du Bargy contre l’avis du CNPN et malgré l’avis mitigé de l’ANSES ;
  • non respect des engagements en matière de réduction des pesticides (engagement pris pour une baisse de 50% en 10 ans, augmentation de 9 % en 2013…).

Depuis la nomination de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie :

  • transformation d’une promesse de « plan ours » pour sauver l’ours dans les Pyrénées en un simulacre de tentative de sauvegarde de l’Ours brun en France ;
  • abattage de plus de 200 bouquetins du Bargy * contre l’avis du CNPN et de l’ANSES ;
  • braconnage des oies toléré ;
  • embauches de salariés « emplois avenir » pour tuer les loups * ;
  • demande de modification de la directive européenne dite « Habitat » (dernier rempart à la destruction de la biodiversité) ;
  • relance de l’aéroport Notre Dame des Landes avec destruction de 2000 hectares de zones humides (officiellement, la France lance des programmes pour la protection des zones humides…) ;
  • les éleveurs prennent en otage des responsables du Parc de la Vanoise. Réponse du ministère de l’Écologie : autorisation d’abattage de 6 loups * en Savoie.

* espèces protégées par la loi française

Des espèces protégées sont détruites sans recherche de solutions intermédiaires et uniquement pour répondre aux exigences de lobbys qui semblent tenir au garde à vous le gouvernement jusqu’au plus haut niveau. Comme l’écotaxe, Madame Ségolène Royal semble enterrer la biodiversité. C’est le bilan que nous pouvons dresser depuis 2012 et ce sont ces mêmes gouvernants qui s’impliquent actuellement dans la COP 21.

Extinction de l’ours en Pyrénées occidentales, disparition du lynx dans les Vosges, 27 loups tués en 4 mois… Espérons que Ségolène Royal, actuelle ministre de l’Écologie et garante de la biodiversité en France, n’appliquera pas les mêmes règles contre-productives aux suites à donner à la COP 21. Dans le cas contraire, il est vrai que la COP 21 à Paris n’est pas le fruit initial de cette Présidence puisque décidée en 2011, nous pouvons donc espérer que les successeurs seront plus à même d’appliquer les mesures nécessaires pour la sauvegarde de l’Humanité qui passe aussi par la sauvegarde de la Biodiversité.

Pour rappel : la biodiversité n’est pas simplement l’addition des espèces, c’est un tout formé des espèces, de leurs variations génétiques, de leur abondance relative et des écosystèmes dans lesquelles elles s’épanouissent.

Pour conserver la biodiversité, il faut :

– conserver la fonctionnalité des écosystèmes. Ce n’est pas facile, malgré la faveur de l’opinion, les conflits d’intérêts sont toujours considérables. Étalement de l’urbanisme (nos maisons), activités industrielles (nos emplois), agriculture intensive (notre budget nourriture), infrastructures (notre liberté d’aller et venir), tourisme… nous contribuons tous à détruire la biodiversité.

– conserver les espèces elles-mêmes. Leurs habitats disparaissent mais elles sont aussi victimes de nombreuses perturbations, de destruction en raison des conflits avec les activités humaines ou pour le commerce illégal.

Le réchauffement climatique s’ajoute aux facteurs précédents et les amplifiera mais il n’est pas pour le moment la principale cause d’érosion de la biodiversité. Nos gouvernants peuvent donc agir avec une garantie de résultats assurée, c’est juste une question de volonté et de courage politiques.

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