Hommage à Pascal Wick

Hommage à Pascal Wick

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C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Pascal Wick. Berger, nomade, très grand connaisseur des prédateurs, fervent défenseur des chiens de protection des troupeaux comme solution efficace pour la cohabitation, son engagement et son dévouement sont inestimables.

Il y a 30 ans, Pascal Wick était embauché comme chargé de mission par ARTUS, l’ancêtre ursin de FERUS, et initiait le renouveau des moyens de protection dans les Pyrénées lors des premiers lâchers d’ours. Commençant à placer des chiens de protection auprès des éleveurs pyrénéens volontaires, il fut ensuite relayé par Gilbert Guillet, de l’Association des Pâtres de Haute Montagne de l’Ariège, qui finit par fonder l’Association pour la Cohabitation Pastorale, devenue depuis la Pastorale Pyrénéenne.

Toute l’équipe de FERUS, salariés, administrateurs et bénévoles présente ses sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Nous souhaitions partager quelques mots pour lui rendre hommage :

« Pascal a rejoint l’étoile du berger, celle que sans nul doute il a largement méritée. Son dernier voyage il le fera en compagnie de Bébert son fidèle complice dont il était inséparable ces presque 14 dernières années et qui est parti quelques temps avant lui.

Né en 1941 en Haute-Savoie, il sera diplômé de 2 doctorats en économie dont l’un obtenu aux USA, il se définira comme nomade. Exploitant agricole, professeur et surtout berger expert en chiens de protection des troupeaux pendant une vingtaine d’années. Il a parcouru le monde de la France à la Colombie britannique, le Montana en passant par l’Andalousie, le Maghreb ou l’Afrique.

Sa passion pour les humains et les animaux était communicative, j’ai adoré voyager avec lui au travers de ses récits riches en anecdotes et aventures.

Expert en chiens de protection des troupeaux, bon nombre d’éleveurs ont trouvé de l’aide auprès de lui grâce à son analyse très fine des comportements canins.

La prédation, il l’avait côtoyée notamment lorsqu’il était berger dans un parc en limite du Yellowstone, ce n’était pas un petit millier de loups (ceux-là même qui nous font trembler en France) mais 8 fois plus, sans parler des grizzlys à qui il a souvent eu à faire, des ours bruns, des pumas et des coyotes. Il a tiré une grande fierté à réussir à garder sans tuer de prédateurs mais uniquement épaulé de quelques bons chiens, convaincu qu’une cohabitation est possible et repose sur des techniques dont la clef de voûte est l’introduction de chiens de protection de qualité.

En 2026 son expertise n’a pas pris une ride, il restera une figure emblématique et un grand ami pour moi, près duquel j’ai puisé tant de connaissances.

Il aimait vivre de pas grand-chose, refusant une société basée sur les besoins matériels, un minimum lui suffisait. 

Un personnage assurément optimiste et plein de gratitude envers la vie, il fut un grand Monsieur qui ne laissera jamais indifférent quiconque l’aura rencontré.

Merci Pascal. »

Catherine Bouteron
Animatrice Réseau Alpes-Sud

« Le berger nomade s’en est allé.

Pascal Wick a été un personnage clé dans le projet de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées. Sa connaissance du métier d’éleveur, son expérience de berger, son savoir sur les chiens en ont fait un partenaire essentiel dans la réalisation et le succès de cette entreprise.

Pascal avait travaillé dans les Pyrénées et, entre autres, deux hivers (1996-1997) à Melles, pour convaincre les éleveurs d’adopter la technique des chiens de protection, un des meilleurs moyens pour limiter la prédation, comme il l’avait lui-même expérimenté depuis plus de dix ans (et codifié dans le document « Le chien de protection sur troupeau ovin. Utilisation et méthode de mise en place » Éditions Artus, 1998).

Dans une longue lettre qu’il m’écrivait en 2001 suite à un moment passé ensemble dans les Pyrénées, après quelques riches réflexions sur la réintroduction, il mentionnait que « l’axiome éthique de base est fondé sur le respect »

C’est ce principe qui, me semble-t-il, a guidé sa vie.
Respect des humains, respect de tous les êtres vivants. 

Il suffit de se souvenir des récits (qui nous fascinaient) de ses séjours dans les montagnes du Montana où il gardait, seul avec ses chiens, plus de 2 000 moutons et de ses rencontres avec la grande faune sauvage (qu’il a ensuite évoquées dans son livre « Journal dun berger nomade » Seuil, 2009).

Il fallait aussi le voir agir avec ses chiens, sans jamais élever la voix, pour comprendre sa relation avec les autres vivants.
L’étendue de ses connaissances, son expertise, sa curiosité, son écoute nous ont été précieuses.
Pascal était un grand Monsieur. »

Michel Clouet
Administrateur associé
Ancien président d’ARTUS