Un lynx dans les Corbières (Aude) !

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Photo Roland Clerc

En avril dernier, un lynx a été observé sur la commune de Fontjoncouse, dans les Corbières (département de l’Aude).

L’animal a été photographié de nuit dans les phares d’une voiture par le téléphone portable du conducteur. Pour l’ONCFS, il s’agit bien d’un lynx dont le « gabarit semble classique par rapport aux standards de type lynx d’Europe ».

Mais depuisavril, plus rien. Aucun indice de présence (poils, crottes, empreintes etc) n’a été recueilli par les agents de l’ONCFS qui ont pourtant inspecté le secteur.

Toutes les hypothèses sont envisagées :

  • Un lynx sauvage en dispersion depuis l’aire de répartition connue (Jura et Alpes du Nord étant les plus proches)
  • Un lynx captif échappé
  • Un lynx sauvage issu d’une population résiduelle pyrénéenne (le débat sur la présence du lynx dans les Pyrénées a toujours cours chez certains naturalistes ; pour l’ONCFS, l’espèce n’est pas présente si on exclut cette observation dans l’Aude).

Si l’information se confirme et s’il s’agit d’un animal sauvage, ce serait une formidable nouvelle pour l’espèce et les Pyrénées !

17 commentaires pour Un lynx dans les Corbières (Aude) !

  • didier

    C’est encourageant si cet animal est sauvage et en phase de recolonisation, un peu moins s’il est issu d’un laché clandestin.
    Mais ceci est quand même une bonne nouvelle, espérons qu’il ne soit pas seul !!!

  • bintein

    Des progrets déja le loup les ours et maintenant le lynx.
    pourvue que ca dure

  • christb64

    Toutes les hypothèses sont permises quant à la présence de ce lynx .

    Reste t-il des lynx dans les Pyrénées ?… On continue à en voir quelques fantômes souvent sans aucune preuve à la clé . Continuer, soi-disant , à en voir aura été un alibi pour ne rien faire alors que le lynx aurait depuis longtemps mérité que l’on consolide sa population défaillante . Dans toutes les autres régions où cet animal est sérieusement référencé on peut trouver de façon certaine des traces d’existence et parfois un cadavre… Ici,dans les Pyrénées ,il n’y a plus rien depuis longtemps qui puisse prouver la présence du lynx , si ce n’est quelques rumeurs … et cette photo !…

    Rappelons que ce félin était il y a quelques décennies encore recensé avec certitude comme appartenant à la biodiversité pyrénéenne . Le lynx avait naturellement sa place dans tous les ouvrages qui parlaient de la faune pyrénéenne …Qui s’en souvient ?

    On peut se demander pourquoi l’Etat Français et les politiques locales ont de façon irresponsable laissé disparaître le lynx de ces montagnes sans mettre en place des mesures de sauvegarde que le simple bon sens aurait exigé ?

    Quand donc les Associations vont-elles enfin prendre en compte le cas du lynx dans cette région et traiter ce sujet avec le sérieux qu’il mériterait d’avoir dans le cadre des engagements pris par la France ( natura 2000 , convention de Berne )… Il faut demander la réintroduction du lynx dans les Pyrénées! La présence de ce félin est légitime sur ce massif dont il n’aurait jamais dû disparaitre .
    Et si un reliquat de population existe , il serait bien temps de se porter à son secours ! Non ?

  • chodorge jean-yves

    Certes, il peut s’agir d’un animal échappé de captivité, ou d’un lâcher clandestin. Mais il a toujours subsisté un gros doute sur la survie du lynx dans les Pyrénées, surtout dans leur partie orientale. Les indices, jamais confirmés (jusqu’à cette photo), s’accumulaient. Et du côté espagnol, c’est pareil, au point que la prédation par des lynx est maintenant indemnisable en Cerdagne, même si le cas ne s’est pas produit.
    Bon, l’Aude, ce n’est pas tout à fait les Pyrénées, mais ce n’est pas loin, et l’ours Balou est récemment venu s’y promener… De plus, l’enneigement y est bien moindre. C’est justement l’absence (ou la quasi absence) de traces de lynx relevées dans la neige des Pyrénées qui constitue le principal argument de ceux qui sont persuadés de la disparition locale de l’espèce. Et en Italie, il a bien fallu admettre tardivement que le lynx n’avait jamais disparu des Apennins. En Haute Provence, autour du Verdon, les indices de présence du lynx (parfois anciens) sont maintenant incontestés, bien que là aussi sans preuve tangible. Mais on voit assez mal comment la jonction a pu se faire avec les lynx des Alpes du nord, issus des réintroductions en Suisse (et, peut-être, d’une possible population relictuelle vers le mont Viso, entre France et Italie). Le lynx, dans certains secteurs, est un animal d’une extrême discrétion. La récente prolifération des ongulés sauvages, particulièrement en forêt, favorise les grands prédateurs comme le loup… et le lynx. Pour le loup, les individus revenus naturellement n’ont pas rencontré (de peu, semble-t-il) de congénères survivants en France. Pour le lynx, c’est certainement plus compliqué.
    En tout cas, voilà une photo qui va relancer un vieux et passionné débat parmi les naturalistes!

  • slider

    si ce lynx est sauvage ,il vient vraisemblablement des pyrenees.mais alors pour les pyrenees!?

  • Henry Spont

    C’est mon chat !!!

  • wilki

    ce n’est pas pour décevoir, mais il se peut aussi que la photo soit prise ailleurs. Je n’ai pas encore vu de papier de l’ONCFS. Pour une dispersion ça me parait un peu loin. Quant à la survivance du lynx dans les Pyrénées je n’y crois pas une seconde.

  • Jean-Yves

    Et hop ! Le débat est relancé ! Effectivement, la photo a pu être prise ailleurs, et on serait dans ce cas en présence… d’un bobard de plus. Il n’en demeure pas moins que les populations relictuelles de lynx sont extraordinairement discrètes. Le cas des Apennins est là pour le démontrer, avec une population de lynx officiellement disparue de mémoire d’homme (mais avec des indices invérifiables récurrents). Et puis une photo, une autre, et même une vidéo… Entre autres exemples (Balkans…), en Espagne aussi, un petit noyau totalement insoupçonné de lynx pardelle a été retrouvé en Castille. C’est moins probant que le cas italien, mais cela fait quand même une présence insoupçonnée pendant 40 ou 50 ans… Dans le cas espagnol (et certainement en Italie aussi), une réintroduction dissimulée est à exclure, à la différence de ce qui s’est probablement passé en Allemagne, dans l’Eifel. En tout état de cause, une dynamique positive existe en France pour les grands prédateurs (enfin, pour l’ours, c’est moins évident…), parce que le milieu naturel leur redevient favorable, et parce que (mais si !) les mentalités évoluent. Qui aurait parié, voici trente ans, sur la présence actuelle du loup dans une bonne douzaine de départements? Et il n’a pas l’air de vouloir s’en tenir là, le bougre !
    Pour le lynx, il n’est pas question de tomber dans la cryptozoologie. Je ne connais que par des lectures l' »état des lieux » dans les Pyrénées. Mais je connais bien la Haute Provence, et ce j’ai pu y apprendre sur le lynx par un faisceau de témoignages directs concernant des cas récents ou anciens m’a véritablement interpelé.
    Je pense que les analyses génétiques nous éclaireront un jour sur la provenance des lynx du sud-est de la France, et, sait-on jamais, du sud-ouest aussi. Mais en attendant, « wait and see ».

  • franck

    La persistance du lynx dans les Pyrénées, certes à de très faibles densité, ne m’étonnerait absolument pas. A vrai c’est son extinction de ce massif montagneux énorme, encore relativement sauvage au relief complexe et de ce fait idéal pour offrir un ultime refuge aux espèces éteintes en zones non montagneuses. De plus l’étagement de la végétation dans les Pyrénées permet aux bêtes sauvages de trouver refuges à des altitudes supérieures à ce qu’il est possible dans les Alpes.

  • Fernex Michel

    Les populations rélictuelles peuvent demeurer cahcées. Robert Hainard me disait il y a 45 ans, qu’un piègeur de Haute Savoie avait touvé des poils d lynx dans un de ses pièges ,.
    Pour l’ours en Haute Savoie, il y a la découverte dans une grotte d’un cadavre d’ours. Des prélèvements envoyés au Mseum d’histoire Naturelle de Genève ont conduit à des insultes: « Ne nous adressez pas des morceaux d’ours de zoo: cette viande est fraiche. » Il a été très difficile de convaincre le musée qu’il s’agisait bien d’un ours mort dans une grotte et on avait retrouvé sur la paroi, les traces des griffes de l’animal qui tentait de sortir de cette grotte.
    Après avoir étudié la température et les degré d’hmidité dans la grotte, on a conclu que la mort de l’animal ne pouvait certainement pas remonter à plus de queles années. C’était un siècle après les dernières observations de l’espèce dans ce secteur.
    Le musée de Genève à la route de Malagnou pourrait vous fournir des documents, si vous ne les avez plus.

  • Louve Bleue

    Voici « 20 ans » mon papa affirmait que des lynx survivaient, qu’il y en avait dans le Morvan. Je veux bien croire que les disparitions ne sont pas forcément totales, surtout avec des animaux aussi discrets. Et je veux penser que c’est itou pour le loup. Y’en a sans doute plus que recensés. Et si c’est vrai, c’est tant mieux ! La nature serait plus forte que l’humanité.C’est rassurant quelque part, non ?

  • Gaud Chauvin

    Ce serait effectivement une heureuse nouvelle si ce magnifique lynx était en voie de recolonisation dans les Pyrénées.
    Mais surtout : pourvu qu’il ne se fasse pas tuer par les anti-ours, anti-loups, anti tout ce qui vient de la nature sauvage

  • polgen01

    Super si le lynx pouvais reprendre territoire dans les Pyrénées, et ailleurs, dans les endroits qui lui sont favorables.

  • Louve Bleue

    Dites voir ? J’avais entendu que les lynx réintroduits par chez nous étaient des lynx différents de ceux d’origine…Donc, pour celui des Pyrenées ? On pourrait savoir s’il est venu de l’est donc issu de nos réintroductions, ou bien vraiment d’origine non disparue d’Europe de l’ouest ? Je dis des bêtises ? Une photo ne suffira pas ?

  • Jean-yves

    Bonjour, Louve Bleue, bonjour, tous.
    Il arrive fréquemment que des divergences génétiques mineures se constituent en quelques siècles dans des petits groupes isolées. Mais en principe, l’espèce est le lynx boréal (lynx lynx). Le débat sur une population rélictuelle dans les Pyrénées se doublait d’une discussion sur la race de ces hypothétiques lynx survivants (lynx boréal, ou lynx pardelle, l’espèce particulière à l’Espagne). C’est sans doute pourquoi l’ONCFS, dans ses conclusions sur la photo qui aurait été prise dans l’Aude, semble insister sur l’appartenance à l’espèce « lynx boréal » de l’animal en question.

  • Jean-Yves

    Re-
    La différenciation entre sous-espèces est affaire de spécialistes. Mais pour préciser un peu, tous les lynx réintroduits en Europe occidentale (sauf Espagne) sont des lynx des Carpates, les préférés des zoos, parce qu’un peu plus gros, et surtout moins farouches, que le « lynx lynx lynx » autrefois présent chez nous.

  • Jacquemard Alain

    C’est vrai que ce lynx dans les Corbières suscite beaucoup de commentaires ! Je pense que les représentants de l’état sont en mesure de vérifier la position réelle du portable si celui-ci était en fonctionnement lors de la prise de vue . S’il y a doute …… l’information serait un canular . Le massif des Corbières est en limite de la chaine des Pyrénées , beaucoup de zones calcaires avec la présence du buis sont impénétrables . Les gorges de l’Aude , du Rébenty , de la Frau , présentent des dénivelées quasi verticales de plusieurs centaines de mètres . Des isards et chèvres sauvages sont présents . Et contrairement à ce que certains pensent , le massif du Madres , en limite avec les P.O. (66) culmine à + de 2400m , avec des populations de mouflons et de cerfs , en particulier sur le versant Sud . Je reste convaincu , sur des reliefs aussi difficiles , qu’une petite population de Lynx a pu subsister sur les départements 11 – 66 – 09 . Lors de ma période active , j’ai régulièrement observé des chats forestiers sur le plateau de Sault , alors pourquoi pas le lynx .