La gazette des grands prédateurs | FERUS

Russie : un centre pour réhabiliter les oursons orphelins

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Photo IFAW

Russie : un centre pour réhabiliter les oursons orphelins

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Le centre de sauvetage des oursons d’IFAW est situé à Bubonitsy, à 350 km au nord-ouest de Moscou. Ce projet est devenu un exemple mondial dans la réhabilitation des oursons orphelins. Interview avec Mila Danilova.

Depuis combien de temps le programme existe-t-il ?

Le Centre de réhabilitation des ours orphelins d’IFAW est né en 1995. A l’époque, IFAW avait eu vent d’un projet mené par un scientifique russe, Valentin Pazhetnov, qui avait étudié le développement d’oursons bruns pendant les premiers mois de leur vie grâce à des oursons orphelins qu’il avait élevés comme s’il était leur mère. En 1995, il est apparu très clairement à Valentin Pazhetnov qu’il était possible de relâcher ces ours en milieu sauvage et que ceux-ci pourraient non

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Le coût du loup

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Loup dans les Alpes. Photo Romain Ribière

Le coût du loup. Par Romain Ribière

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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« Le loup coûte cher », c’est en substance un des principaux arguments avancé par ses détracteurs. Sur son site internet, la Fédération Nationale Ovine communique d’ailleurs de manière détaillée sur cette question. Cette préoccupation est également exprimée par des élus locaux dans les régions concernées. Dans un pays qui vit au rythme des difficultés économiques, il semble légitime de s’interroger sur la question du « coût du loup »

L’argumentation, abondamment relayée à l’occasion de campagnes de presse nationale et locale, s’appuie essentiellement sur deux aspects :

- Le montant global, considéré comme excessif : 21,3 millions d’euros (1) en 2015.

- La légitimité philosophique : dépenser autant pour un animal reviendrait à de l’anti – humanisme. Un résumé de la FNO, souvent repris par ailleurs, l’exprime ainsi : « Les sommes engagées [...] pourraient être réemployées par nos ministères [...] pour soutenir l’économie dans les zones rurales en finançant des postes d’institutrices ou d’agent postal qui font tant défaut actuellement dans ces régions« .

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Chasse et protection de l’ours en Europe

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Un ours en Grèce. Photo Eric Dürr

Chasse et protection de l’ours. Par Jean Lauzet

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Durant des siècles, l’ours fut à la fois un gibier prestigieux pour les chasseurs en même temps qu’un nuisible pour les éleveurs et les cultivateurs qui détruisaient aussi l’animal. Lorsque la technologie toujours plus performante accrut les tableaux de chasse et l’efficacité des autres moyens de destruction, tout en permettant une anthropisation des milieux rendant ceux-ci plus inhospitaliers pour l’ours, les populations d’Ursus arctos ont rapidement atteint des seuils inquiétants un peu partout en Europe. La volonté de stopper ce déclin a conduit à prendre des mesures pour limiter ces trois causes de disparition. C’est ainsi que dans tous les pays, la chasse à l’ours fut interdite ou drastiquement limitée sur toute ou partie du territoire, sa destruction par tous autres moyens prohibée et certaines zones incluses dans des parcs nationaux ou des réserves.

Dans un grand nombre de cas, ces dispositions suffirent pour permettre l’augmentation des effectifs de manière satisfaisante. Dans les Carpates, l’exemple slovaque est caractéristique (1). Il restait environ 80 ours lorsque fut décidée en 1932 l’interdiction de le chasser. L’animal qui pouvait encore être tué par les

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La Gazette des grands prédateurs n° 63 (mars 2017)

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Éditorial par Yves Paccalet

Délires paranoïaques à soigner d’urgence

Les journalistes (je les connais, je pratique leur métier) reflètent la réalité de manière parfois bizarre. La plupart d’entre eux exercent leur profession avec le souci des faits et des preuves (ne parlons pas d’« objectivité », c’est un inaccessible rêve). Ils vont sur le terrain, questionnent, enquêtent, recoupent, argumentent. Certains de leurs collègues, détenteurs de la même carte de presse, propagent des nouvelles partielles ou partiales, bancales, infondées, fumeuses, imaginaires, mal (ou pas du tout) vérifiées. Ils vont trop vite – trop pressés ou trop mal payés. Ils se contentent d’un seul son de cloche. Ils cèdent au plaisir du titre cinglant, de la formule assassine, du raccourci percutant.

Lorsqu’on parle des loups, des ours, des lynx, des renards, ailleurs des requins, des tigres ou des lions, bref des grands prédateurs, tous les dérapages semblent se jeter
sous la plume ou sous la langue des plumitifs à la déontologie intermittente. Le chapitre des grands animaux, quand de surcroît ils ont de fortes dents ou des griffes puissantes, est propice aux fantasmes, aux exagérations, à l’allumage des peurs. Comme disent certains rédacteurs en chef ou patrons de presse : « C’est ce qui fait vendre, coco ! »

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Vivre avec le loup en Lozère

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Un loup en Lozère. Photo Philippe Baffie.

Vivre avec le loup en Lozère. Par Rémi Destre, président de l’Association lozérienne pour l’étude et la protection de l’environnement.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°58 (décembre 2015)

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Le Loup est un élément de notre biodiversité, il appartient à notre patrimoine biologique naturel autant que culturel. C’est une espèce protégée par la loi, au niveau européen et national, parce qu’il a failli disparaître et parce qu’une volonté majoritaire de nos concitoyens aspire à préserver cet animal fascinant… Et, pour les grands équilibres écologiques comme pour l’équilibre psychique de notre société humaine, c’est tant mieux.

Le loup est un animal qui accompagne l’homme depuis la nuit des temps et qui est ancré dans l’inconscient collectif de tous les peuples de l’hémisphère nord. Personnage incontournable de notre littérature enfantine, il devient pour l’homme adulte objet de crainte ou de fascination… Mais il est là toujours dans les têtes… Et, après quelques courtes décennies d’absence de nos paysages ruraux, il réapparaît dans nos campagnes.

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Afrique du Sud : Le Karoo Predator Project

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Chacal à chabraque. Photo Marine Drouilly

Le Karoo Predator Project : prédateurs, élevage et biodiversité dans le Karoo sud-africain. Par Marine Drouilly

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°58 (décembre 2015)

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Les conflits entre éleveurs et prédateurs sont omniprésents sur la planète et en augmentation. Ils représentent une grande menace pour de nombreuses espèces de carnivores et demeurent un sujet sensible, souvent mal compris car beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et fréquemment soumis au sensationnalisme de médias mal informés.

En Afrique du Sud, comme en France, il existe un conflit d’intérêts entre éleveurs de petit bétail et prédateurs dont les premières mentions apparaissent dès 1652 dans les carnets du gouverneur Jan van Riebeeck, lorsque les premiers Européens s’établissent dans la Colonie du Cap. A l’époque, il s’agit surtout des lions et des hyènes qui menacent à la fois le bétail et les vies humaines. Quatre ans après ces premiers écrits, le gouverneur introduit un système de récompenses pour les peaux des prédateurs. Dès 1850, la plupart des grands carnivores sont éradiqués de la colonie du Cap.

Une des causes directes de cette extermination massive fut le passage au sommet du réseau alimentaire d

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Quel est l'impact du braconnage et des tirs de prélèvement sur la population de loups en France ?

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Louve tuée dans la Drôme en 2004. Photo ONCFS.

On tire, on dissimule, et on se tait : évaluation des impacts cumulés de la mortalité cryptique due au braconnage et aux tirs de prélèvements sur la dynamique de la population de loups en France. Par Fabrice Roda.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°62 (décembre 2016)

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Après être réapparu naturellement dans le Mercantour à la fin des années 1980*, le loup est aujourd’hui essentiellement présent dans les massifs montagneux de la moitié nord-est de la région PACA (Landry, 2006 ; Roda, 2016a). Les loups vivant en effectifs relativement réduits (ONCFS, 2007a ; Mech et Boitani, 2003), les populations sauvages sont particulièrement vulnérables à toutes causes de mortalité, en particulier le braconnage (Boitani, 2003a ; Liberg et al., 2011). Estimer et modéliser le braconnage en même temps que les autres sources de mortalité demeure un problème difficile à appréhender de manière scientifique, car les données ne sont pas facilement accessibles (Gavin et al., 2010 ; Vignon, 2009 ; Vignon, 2015a).

En France, les estimations sur le sujet sont surtout le fait de particuliers et d’associations (Vignon, 2009 ; Vignon, 2015a). La politique de gestion du loup (telle que définie par les responsables du programme loup à l’ONCFS et rapportée par Marescot, 2012) a pour objectif affiché de faire en sorte que la croissance moyenne de la population de loups soit d’environ 7,5% et n’excède pas 15%. Ce chiffre est à mettre en relation avec les nombreuses études qui montrent que le taux de croissance moyen des populations non persécutées de loups en phase de colonisation sont en général compris entre 20 et 30% (Fuller et al., 2003). Ainsi, en fonction des choix politiques retenus (= taux de croissance jugé acceptable par les autorités françaises), des plafonds de tirs sont décidés afin de parvenir à l’objectif fixé par le ministère de l’Environnement. L’année 2014 marque une nette inflexion dans la politique de gestion du loup, avec des prélèvements officiels passant de 3 en 2013 à 12 en 2014, puis 20 et 34 en 2015 et 2016.

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Le chacal doré à la conquête de l’Europe !

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Chacal doré en Roumanie. Photo Miha Krofel

Mise à jour 12 janvier 2017. En juin 2015, un chacal doré a été photographié (piège-photo) pour la première fois en République Tchèque, à moins de 40 km de Prague. Le même animal a ensuite été photographié plus d’une cinquantaine de fois les mois qui ont suivi, en général le matin (entre 4 et 10h) ou le soir (entre 18h et minuit). Depuis le milieu des années 1990, le chacal doré est arrivé en République Tchèque mais jusqu’à présent, aucun individu n’avait été vu vivant (collisions routières notamment). Les images ICI.

Le chacal doré à la conquête de l’Europe ! Interview avec Nathan Ranc.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Le 27 décembre 2015, un chacal doré (Canis aureus) a été photographié par un piège-photo dans les Grisons, dans l’est de la Suisse. Quelques jours plus tard, un chacal doré a été abattu par un chasseur l’ayant confondu avec un renard ; le chasseur s’est aussitôt dénoncé auprès des autorités. On ne sait pas actuellement si le chacal abattu est celui qui a été photographié. En 2011, un chacal doré avait déjà été photographié à plusieurs reprises dans les cantons de Berne, Vaud, Fribourg, à l’ouest de la Suisse cette fois-ci. Jusqu’à présent, ce sont les données enregistrées les plus à l’ouest et les plus proches de la frontière française. Le chacal doré bientôt présent en France ? Faisons le point sur cette nouvelle espèce avec le spécialiste européen Nathan Ranc.

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La Gazette des grands prédateurs n° 62 (décembre 2016)

couv gazette FERUS 360 édito gazette ferus logoDécembre 2016

Éditorial par Jean-François Darmstaedter

Que pouvons-nous espérer ?

L’année 2016 qui vient de s’écouler restera de triste mémoire pour tous ceux qui s’intéressent aux grands prédateurs dans notre pays.

Cette année de fin de règne ne nous aura rien épargné et le loup aura payé très cher la politique incohérente d’un Etat au service des lobbies du monde agricole et de la chasse. Alors que la seule solution est une protection correcte des troupeaux, c’est le fusil qui aura parlé, tuant le centième loup (voir actus loup), symbolisant le saccage d’une espèce protégée. Le loup est victime de l’intolérance et de la haine d’un monde de l’élevage pour qui il est le bouc émissaire idéal afin d’éviter de parler des vrais problèmes de cette filière en perdition économique et entièrement soutenue artificiellement par les subventions.

Il n’y a hélas pas que le loup qui paye cette politique de l’Etat, l’ours en étant également un symbole fort. Les autorités auront tout fait, utilisant subterfuges et reculades, maniant la mauvaise foi et les contre-vérités, pour repousser sine die un renforcement de population indispensable dans les Pyrénées, notamment pour le noyau occidental où il ne reste que deux mâles.

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