La gazette des grands prédateurs | FERUS

Vivre avec le loup en Lozère

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Un loup en Lozère. Photo Philippe Baffie.

Vivre avec le loup en Lozère. Par Rémi Destre, président de l’Association lozérienne pour l’étude et la protection de l’environnement.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°58 (décembre 2015)

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Le Loup est un élément de notre biodiversité, il appartient à notre patrimoine biologique naturel autant que culturel. C’est une espèce protégée par la loi, au niveau européen et national, parce qu’il a failli disparaître et parce qu’une volonté majoritaire de nos concitoyens aspire à préserver cet animal fascinant… Et, pour les grands équilibres écologiques comme pour l’équilibre psychique de notre société humaine, c’est tant mieux.

Le loup est un animal qui accompagne l’homme depuis la nuit des temps et qui est ancré dans l’inconscient collectif de tous les peuples de l’hémisphère nord. Personnage incontournable de notre littérature enfantine, il devient pour l’homme adulte objet de crainte ou de fascination… Mais il est là toujours dans les têtes… Et, après quelques courtes décennies d’absence de nos paysages ruraux, il réapparaît dans nos campagnes.

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Afrique du Sud : Le Karoo Predator Project

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Chacal à chabraque. Photo Marine Drouilly

Le Karoo Predator Project : prédateurs, élevage et biodiversité dans le Karoo sud-africain. Par Marine Drouilly

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°58 (décembre 2015)

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Les conflits entre éleveurs et prédateurs sont omniprésents sur la planète et en augmentation. Ils représentent une grande menace pour de nombreuses espèces de carnivores et demeurent un sujet sensible, souvent mal compris car beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et fréquemment soumis au sensationnalisme de médias mal informés.

En Afrique du Sud, comme en France, il existe un conflit d’intérêts entre éleveurs de petit bétail et prédateurs dont les premières mentions apparaissent dès 1652 dans les carnets du gouverneur Jan van Riebeeck, lorsque les premiers Européens s’établissent dans la Colonie du Cap. A l’époque, il s’agit surtout des lions et des hyènes qui menacent à la fois le bétail et les vies humaines. Quatre ans après ces premiers écrits, le gouverneur introduit un système de récompenses pour les peaux des prédateurs. Dès 1850, la plupart des grands carnivores sont éradiqués de la colonie du Cap.

Une des causes directes de cette extermination massive fut le passage au sommet du réseau alimentaire d

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Quel est l'impact du braconnage et des tirs de prélèvement sur la population de loups en France ?

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Louve tuée dans la Drôme en 2004. Photo ONCFS.

On tire, on dissimule, et on se tait : évaluation des impacts cumulés de la mortalité cryptique due au braconnage et aux tirs de prélèvements sur la dynamique de la population de loups en France. Par Fabrice Roda.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°62 (décembre 2016)

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Après être réapparu naturellement dans le Mercantour à la fin des années 1980*, le loup est aujourd’hui essentiellement présent dans les massifs montagneux de la moitié nord-est de la région PACA (Landry, 2006 ; Roda, 2016a). Les loups vivant en effectifs relativement réduits (ONCFS, 2007a ; Mech et Boitani, 2003), les populations sauvages sont particulièrement vulnérables à toutes causes de mortalité, en particulier le braconnage (Boitani, 2003a ; Liberg et al., 2011). Estimer et modéliser le braconnage en même temps que les autres sources de mortalité demeure un problème difficile à appréhender de manière scientifique, car les données ne sont pas facilement accessibles (Gavin et al., 2010 ; Vignon, 2009 ; Vignon, 2015a).

En France, les estimations sur le sujet sont surtout le fait de particuliers et d’associations (Vignon, 2009 ; Vignon, 2015a). La politique de gestion du loup (telle que définie par les responsables du programme loup à l’ONCFS et rapportée par Marescot, 2012) a pour objectif affiché de faire en sorte que la croissance moyenne de la population de loups soit d’environ 7,5% et n’excède pas 15%. Ce chiffre est à mettre en relation avec les nombreuses études qui montrent que le taux de croissance moyen des populations non persécutées de loups en phase de colonisation sont en général compris entre 20 et 30% (Fuller et al., 2003). Ainsi, en fonction des choix politiques retenus (= taux de croissance jugé acceptable par les autorités françaises), des plafonds de tirs sont décidés afin de parvenir à l’objectif fixé par le ministère de l’Environnement. L’année 2014 marque une nette inflexion dans la politique de gestion du loup, avec des prélèvements officiels passant de 3 en 2013 à 12 en 2014, puis 20 et 34 en 2015 et 2016.

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Le chacal doré à la conquête de l’Europe !

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Chacal doré en Roumanie. Photo Miha Krofel

Mise à jour 12 janvier 2017. En juin 2015, un chacal doré a été photographié (piège-photo) pour la première fois en République Tchèque, à moins de 40 km de Prague. Le même animal a ensuite été photographié plus d’une cinquantaine de fois les mois qui ont suivi, en général le matin (entre 4 et 10h) ou le soir (entre 18h et minuit). Depuis le milieu des années 1990, le chacal doré est arrivé en République Tchèque mais jusqu’à présent, aucun individu n’avait été vu vivant (collisions routières notamment). Les images ICI.

Le chacal doré à la conquête de l’Europe ! Interview avec Nathan Ranc.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Le 27 décembre 2015, un chacal doré (Canis aureus) a été photographié par un piège-photo dans les Grisons, dans l’est de la Suisse. Quelques jours plus tard, un chacal doré a été abattu par un chasseur l’ayant confondu avec un renard ; le chasseur s’est aussitôt dénoncé auprès des autorités. On ne sait pas actuellement si le chacal abattu est celui qui a été photographié. En 2011, un chacal doré avait déjà été photographié à plusieurs reprises dans les cantons de Berne, Vaud, Fribourg, à l’ouest de la Suisse cette fois-ci. Jusqu’à présent, ce sont les données enregistrées les plus à l’ouest et les plus proches de la frontière française. Le chacal doré bientôt présent en France ? Faisons le point sur cette nouvelle espèce avec le spécialiste européen Nathan Ranc.

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La Gazette des grands prédateurs n° 62 (décembre 2016)

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Éditorial par Jean-François Darmstaedter

Que pouvons-nous espérer ?

L’année 2016 qui vient de s’écouler restera de triste mémoire pour tous ceux qui s’intéressent aux grands prédateurs dans notre pays.

Cette année de fin de règne ne nous aura rien épargné et le loup aura payé très cher la politique incohérente d’un l’Etat au service des lobbies du monde agricole et de la chasse. Alors que la seule solution est une protection correcte des troupeaux, c’est le fusil qui aura parlé, tuant le centième loup (voir actus loup), symbolisant le saccage d’une espèce protégée. Le loup est victime de l’intolérance et de la haine d’un monde de l’élevage pour qui il est le bouc émissaire idéal afin d’éviter de parler des vrais problèmes de cette filière en perdition économique et entièrement soutenue artificiellement par les subventions.

Il n’y a hélas pas que le loup qui paye cette politique de l’Etat, l’ours en étant également un symbole fort. Les autorités auront tout fait, utilisant subterfuges et reculades, maniant la mauvaise foi et les contre-vérités, pour repousser sine die un renforcement de population indispensable dans les Pyrénées, notamment pour le noyau occidental où il ne reste que deux mâles.

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Une sorte de loup ? Un loup-garou ? Le lycaon

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Lycaons. Photo Elsa Bussière

Une sorte de loup ? Un loup-garou ? Le lycaon. Par Elsa Bussière

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°57 (septembre 2015)

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Un casse-tête pour les naturalistes du 18è siècle

1820, aux Pays Bas. Coenraad Jacob Temminck, aristocrate et zoologiste hollandais, reçoit à son cabinet la dépouille d’un animal africain fort mystérieux. Il avait déjà eu la chance d’en observer un, vivant, chez William John Burchell, un voyageur et naturaliste anglais qui, à l’orée du dix-neuvième siècle, parcourait les immensités brûlantes de la colonie du Cap à l’extrémité de l’Afrique, pour y collecter des espèces animales et végétales encore inconnues. Mais cette fois-ci, Temminck se voit offrir une opportunité extraordinaire, celle d’étudier un grand prédateur encore jamais décrit par la communauté scientifique et naturaliste. Mais voilà, ce nouveau spécimen est un casse-tête, est-ce une hyène, un loup ou bien un chien sauvage ? Temminck décrit l’animal avec précision et dénomme cette nouvelle espèce Hyaena picta, l’hyène peinte. Il écrit : « l’animal […] avait seulement quatre doigts aux pieds de devant […], caractère qui, joint à la denture et à la poche glanduleuse observées dans mon individu, ne laissait aucun doute que le carnassier en question ne pouvait [pas] appartenir au genre Canis ».

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La Gazette des grands prédateurs est une revue spécialisée de l’association FERUS, première association nationale pour la conservation de l’ours, du loup et du lynx en France. FERUS milite pour la cohabitation prédateurs/élevage depuis plus de 20 ans.
Nos lecteurs sont des ruraux et des citadins, des protecteurs de la faune sauvage, des passionnés de la nature ou d’animaux, des randonneurs, des naturalistes,des amateurs comme des professionnels.
Notre lectorat est spécifique. La nature, son observation, sa protection et son respect leur sont chers. Nous ciblons ainsi des annonceurs spécialisés autour de ces thèmes, nos lecteurs seront donc forcément attentifs à vos propositions !

  • Gazette des grands prédateurs : tirage 2000-2200 exemplaires soit environ 6000 lecteurs potentiels
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sandrine.andrieux@ferus.org

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Plaidoyer pour la région du Grand Ours

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Ours Kermode. Photo Florent Nicolas

Plaidoyer pour la région du Grand Ours. Par Florent Nicolas

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°57 (septembre 2015)

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Encore un réveil aux aurores, au cœur de la région du Grand Ours. Je me lance une fois de plus dans le canoë. Durant l’automne, les saumons remontent les rivières pour se reproduire mais viennent rapidement se heurter à une difficulté majeure : ours et loups attendent patiemment leur met favori. Comme tout passionné de nature, je sais que rencontrer de tels animaux sauvages et non habitués au contact de l´homme relève de la chance et de la patience… L´attente est longue mais je me dois de rester caché derrière ce grand épicéa qui s´est couché durant la dernière tempête. Les ours sont régulièrement observés et une meute de loups évolue aux alentours de cette rivière. Après avoir entendu des centaines d’histoires racontant des rencontres incroyables, mon tour viendra… Patience.

La côte de la Colombie-Britannique, province canadienne qui borde l’océan Pacifique, est constituée de nombreuses îles et bras de mer qui viennent s´engouffrer le long de grandes montagnes dans le continent nord-américain. Au nord de cette province, la région pluviale du Grand Ours est unique en son genre : sa forêt tempérée côtière, l’une des plus intactes de la planète

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La gazette des grands prédateurs n°61 (septembre 2016)

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Éditorial par Pierre Jouventin

CAR LE MONDE ET LES TEMPS CHANGENT (chanson de Bob Dylan)

En France, les dernières réintroductions de lynx ont eu lieu dans les années 1980-90, alors que l’Allemagne vient de relâcher trois animaux cet été. Notre population d’ours des Pyrénées occidentales ne compte plus que des mâles depuis près de douze ans et aucun renforcement ne vient sauver cette situation. Chaque année, la ministre de l’écologie augmente les autorisations d’abattage de loups, constituant dans ce but une équipe d’emplois-jeunes, ceci malgré des sondages à 80% en faveur du loup et contre l’avis des scientifiques du Conseil national de protection de la nature (CNPN). Dans son dépliant de campagne, le président de la région PACA, Christian Estrosi est allé quant à lui jusqu’à promettre des drones pour éradiquer les loups et a accusé les gardes du parc national du Mercantour de les avoir introduits… Pourtant, les analyses ADN à partir de poils ont prouvé que les loups sont bien venus d’Italie où ils ont toujours cohabité avec les bergers. Nos politiques se disputent les voix des 2% de chasseurs alors que 90% de la population souhaite le dimanche sans chasse pour randonner sans danger. Bref, l’avenir parait sombre.

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