La gazette des grands prédateurs | FERUS

Expansion du loup en Europe : une proximité accrue vers les villes et les hommes

loup Roumanie ©V.Vignon

Loup en Roumanie ©V.Vignon

Expansion du loup en Europe : une proximité accrue vers les villes et les hommes. Par Vincent Vignon

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°64 (juin 2017)

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Les exceptionnelles capacités de dispersion du loup, couplées à sa fécondité élevée, en font l’espèce terrestre la plus douée pour recoloniser l’Europe. C’est d’ailleurs la seule espèce qui illustre les continuités écologiques à l’échelle des massifs européens malgré les nombreux obstacles à franchir, y compris dans les territoires marqués par les infrastructures et l’étalement urbain.

Une recolonisation européenne amorcée il y a 40 ans

Le loup est l’un des prédateurs dont l’aire de répartition mondiale était la plus étendue. Historiquement, il occupait l’ensemble des continents de l’hémisphère Nord (sauf la frange côtière de l’Asie du Sud-Est) auquel s’ajoute l’Afrique du Nord.

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Des bergers d'Anatolie dans le Queyras

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Henri et ses chiens auprès du troupeau. Photo Marc Linarès

Rencontre. Des bergers d’Anatolie dans le Queyras

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°60 (juin 2016)

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Henri Cotton est issu d’une famille de paysans, éleveurs d’ovins. Depuis l’âge de 18 ans, il est berger salarié. Il achète son premier troupeau en 1990 puis s’installe, à partir de 1992, dans la vallée du Jabron. Il gère 1600 bêtes : béliers, brebis, agneaux et chèvres. L’été, il estive dans le parc national régional du Queyras, à Ceillac (Hautes-Alpes), et le reste de l’année, il garde à la limite de la Drôme, des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, zones de présence permanente du loup.

La Gazette l’a interviewé.

Propos recueillis par Daniel Madeleine.

Depuis quand avez-vous des chiens pour protéger votre troupeau ?

Avant le retour du loup en France, à l’époque où j’étais berger salarié, mon principal problème était les chiens divagants. J’étais obligé de dormir avec mes bêtes que je tenais en filet ou en couchade libre pour assurer leur protection. Il m’arrivait même d’avoir le fusil avec moi !

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Le chacal doré à la conquête de l’Europe !

Golden jackal in the grassland in Eastern Romania

Chacal doré en Roumanie. Photo Miha Krofel

chacal doré st gall

Chacal doré en juillet 2017 en Suisse (St-Gall)

Mise à jour 19 juillet 2017. Le 13 juillet 207, un chacal doré a été photographié par un ornithologue (photo ci-contre à droite) dans la Vallée de la Linth, dans le canton de St-Gall (Suisse). Depuis 2011, l’espèce a été observée à plusieurs reprises dans le pays (voir article ci-dessous). Le chacal doré continue son expansion vers l’ouest. Source Kora

Mise à jour 12 janvier 2017. En juin 2015, un chacal doré a été photographié (piège-photo) pour la première fois en République Tchèque, à moins de 40 km de Prague. Le même animal a ensuite été photographié plus d’une cinquantaine de fois les mois qui ont suivi, en général le matin (entre 4 et 10h) ou le soir (entre 18h et minuit). Depuis le milieu des années 1990, le chacal doré est arrivé en République Tchèque mais jusqu’à présent, aucun individu n’avait été vu vivant (collisions routières notamment). Les images ICI.

Le chacal doré à la conquête de l’Europe ! Interview avec Nathan Ranc.

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Carnivores et risques sanitaires

joel brunet renard FERUS

Les destructions de renards, encouragées pendant des années, n’ont eu aucun effet, voire des effets contraires au but recherché : maîtriser la rage. Photo Joël Brunet

Carnivores et risques sanitaires. Par François Moutou, docteur vétérinaire, épidémiologiste

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°60 (juin 2016)

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Comme tous les mammifères, les carnivores hébergent un certain nombre de micro-organismes dont certains peuvent devenir pathogènes, qu’il s’agisse de virus, de bactéries ou de champignons. Les propriétaires de chiens et de chats le savent déjà. Un minimum de règles d’hygiène est nécessaire pour s’assurer d’une bonne cohabitation, saine et sereine ! Les morsures, même affectueuses, de son meilleur compagnon peuvent déclencher quelques infections bactériennes locales de type pasteurelloses, jamais très agréables. Or la présence de pasteurelles dans la cavité buccale des carnivores est d’une grande banalité. Il suffit donc d’éviter de mettre ses mains dans leur gueule et d’éviter de se faire mordre même en jouant. Bien sûr, les relations avec les grands carnivores sauvages ne sont pas tout à fait identiques mais le principe reste comparable : apprendre à partager les espaces en bonne intelligence. Voici donc quelques risques sanitaires associés à ces espèces dans un contexte européen. La référence régulière aux carnivores domestiques permet de les relativiser.

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Alpes Dinariques, loups et chiens en héritage

DSC_1298Alpes Dinariques, loups et chiens en héritage. Par Nikola Mandic

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°60 (juin 2016)

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Il y a bientôt 12 ans, à l’occasion d’un voyage en Croatie, un cousin fermier tend à Nikola Mandic une petite boule de poils blanche et marron, sale, pleine de foin et avec des gouttelettes d’eau congelées accrochées aux poils. C’était une petite chienne, Luna, âgée de quelques semaines, appartenant à l’une des races de chiens de protection les plus anciennes en Europe, le Tornjak.

L’affection qu’il a développée au fil des années pour cette race autochtone des Alpes Dinariques, dont ses parents sont originaires, l’a poussé à aller toujours plus loin dans ses recherches. Il a d’abord fréquenté les éleveurs « conventionnels » de beauté, en Croatie, puis est remonté à la « source », en partant à la rencontre des bergers et des éleveurs des montagnes d’Herzégovine.

Nikola nous raconte ici ses expériences et rencontres au cœur du monde pastoral dinarique, de ses méthodes de travail proches de celles utilisées il y a des siècles à la sélection, dure mais efficace, des chiens Tornjak.

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La Gazette des grands prédateurs n° 64 (juin 2017)

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Éditorial 64

couv gazette 64 FERUSJuin 2017

Éditorial par Patrick Leyrissoux

Le gouffre, le parapluie et le bipède

Nous sommes au bord d’un gouffre.

D’après le WWF, les effectifs des vertébrés ont fondu de 58% depuis 1970. Les scientifiques montrent que le rythme de disparition des espèces est 100 à 1000 fois plus rapide que la normale, et que nous avons entamé la 6ème grande crise d’extinction massive depuis 540 millions d’années.

Face à ce constat désespérant, la protection de nos grands prédateurs est une résistance indispensable.

Mais certains nous diront « oui mais pourquoi les grands prédateurs, alors qu’il y a tant d’espèces à protéger ? ».

Justement, ils sont parmi les plus menacés dans le monde de part leurs effectifs et leur prolificité naturellement plus faible que les herbivores, et du fait des conflits avec nos sociétés humaines.

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Russie : un centre pour réhabiliter les oursons orphelins

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Photo IFAW

Russie : un centre pour réhabiliter les oursons orphelins

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Le centre de sauvetage des oursons d’IFAW est situé à Bubonitsy, à 350 km au nord-ouest de Moscou. Ce projet est devenu un exemple mondial dans la réhabilitation des oursons orphelins. Interview avec Mila Danilova.

Depuis combien de temps le programme existe-t-il ?

Le Centre de réhabilitation des ours orphelins d’IFAW est né en 1995. A l’époque, IFAW avait eu vent d’un projet mené par un scientifique russe, Valentin Pazhetnov, qui avait étudié le développement d’oursons bruns pendant les premiers mois de leur vie grâce à des oursons orphelins qu’il avait élevés comme s’il était leur mère. En 1995, il est apparu très clairement à Valentin Pazhetnov qu’il était possible de relâcher ces ours en milieu sauvage et que ceux-ci pourraient non

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Le coût du loup

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Loup dans les Alpes. Photo Romain Ribière

Le coût du loup. Par Romain Ribière

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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« Le loup coûte cher », c’est en substance un des principaux arguments avancé par ses détracteurs. Sur son site internet, la Fédération Nationale Ovine communique d’ailleurs de manière détaillée sur cette question. Cette préoccupation est également exprimée par des élus locaux dans les régions concernées. Dans un pays qui vit au rythme des difficultés économiques, il semble légitime de s’interroger sur la question du « coût du loup »

L’argumentation, abondamment relayée à l’occasion de campagnes de presse nationale et locale, s’appuie essentiellement sur deux aspects :

- Le montant global, considéré comme excessif : 21,3 millions d’euros (1) en 2015.

- La légitimité philosophique : dépenser autant pour un animal reviendrait à de l’anti – humanisme. Un résumé de la FNO, souvent repris par ailleurs, l’exprime ainsi : « Les sommes engagées [...] pourraient être réemployées par nos ministères [...] pour soutenir l’économie dans les zones rurales en finançant des postes d’institutrices ou d’agent postal qui font tant défaut actuellement dans ces régions« .

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Chasse et protection de l’ours en Europe

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Un ours en Grèce. Photo Eric Dürr

Chasse et protection de l’ours. Par Jean Lauzet

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°59 (mars 2016)

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Durant des siècles, l’ours fut à la fois un gibier prestigieux pour les chasseurs en même temps qu’un nuisible pour les éleveurs et les cultivateurs qui détruisaient aussi l’animal. Lorsque la technologie toujours plus performante accrut les tableaux de chasse et l’efficacité des autres moyens de destruction, tout en permettant une anthropisation des milieux rendant ceux-ci plus inhospitaliers pour l’ours, les populations d’Ursus arctos ont rapidement atteint des seuils inquiétants un peu partout en Europe. La volonté de stopper ce déclin a conduit à prendre des mesures pour limiter ces trois causes de disparition. C’est ainsi que dans tous les pays, la chasse à l’ours fut interdite ou drastiquement limitée sur toute ou partie du territoire, sa destruction par tous autres moyens prohibée et certaines zones incluses dans des parcs nationaux ou des réserves.

Dans un grand nombre de cas, ces dispositions suffirent pour permettre l’augmentation des effectifs de manière satisfaisante. Dans les Carpates, l’exemple slovaque est caractéristique (1). Il restait environ 80 ours lorsque fut décidée en 1932 l’interdiction de le chasser. L’animal qui pouvait encore être tué par les

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