Ariège : des anti-ours toujours dans la violence

Photo Serge Montagnon

Note : FERUS était présent lors de cette journée.

Communiqué de presse des Associations et Collectifs organisateurs de la journée du 5 mai

Samedi 5 mai à La Bastide de Sérou, une quinzaine d’associations et collectifs de protection de la nature et de la qualité de vie en Ariège, organisaient une journée pour dresser un état des lieux de l’environnement de notre département. Or l’ASPAP, la fédération de chasse, les syndicats professionnels agricoles ont choisi d’appeler leurs adhérents à une « contre-manifestation » sur les mêmes lieux qui s’est avérée extrêmement violente à la fois physiquement et dans les propos tenus.

Programmée de longue date, cette journée se proposait de réunir les associations qui œuvrent pour d’autres perspectives qu’un avenir programmé d’effondrements biologiques, de pollutions généralisées, de projets anachroniques, d’exposition à un changement climatique aggravé dont les causes se situent souvent au-delà du monde rural. Cet événement qui n’était pas une manifestation, s’affirmait ouvert, pacifique et constructif.

Pourtant le motif invoqué par « les contre-manifestants » a été une prétendue provocation des associations qui ont commis le crime d’inclure dans cette journée, des groupes partisans de la cohabitation avec les grands prédateurs, du bien être animal et du passage à une agriculture affranchie des produits toxiques. Hurlements, menaces de mort en présence de Mme la Préfète, slogans xénophobes, mannequin pendu, voilà ce à quoi les associatifs ont eu affaire comme réflexion et dialogue de la part de gens qui se prétendent les seuls à « faire vivre le territoire » ! Et, malgré l’importante présence des forces de police, des personnes ont été pourchassées, agressées jusque dans leur véhicule qui a été fortement endommagé. Un grand nombre de gens qui venaient assister à la journée ont été empêchés de se rendre dans la salle…

Pourquoi les syndicats agricoles et les pratiquants du loisir chasse retombent – ils ainsi dans des pratiques qui rappellent les pires moments des milices, pour exprimer ce qu’ils appellent eux-mêmes « leur mal-être » ? Nous sommes sûrs que tous les agriculteurs ariégeois n’approuvent pas ces discours de haine et division, révélateurs d’intérêts et de potentats qui manipulent les désarrois, détournent le sens des interrogations et des propos revendicatifs d’un milieu en difficulté. En témoignent les agriculteurs présents dans la salle qui rendaient compte de leurs efforts à adopter des modes d’agriculture devenus nécessaires, plus respectueux de l’environnement.

Il n’est pas concevable que puisse se reproduire dans ce département ce genre de pression, insupportable en démocratie. L’intention et l’attitude pacifistes des environnementalistes ne permettaient en rien de justifier la menace qui a été lourdement proférée contre eux samedi par les « contre-manifestants » : nous vous empêcherons de vous réunir !… On peut imaginer ce qu’aurait donné cette tentative d’intimidation si Mme la Préfète n’était pas personnellement intervenue pour organiser la sécurité des personnes venues au rendez-vous associatif. Nos associations assurent les personnes agressées de leur entière solidarité et donneront les suites qui s’imposent à ces comportements indignes.

Malgré cette violence, nous avons accepté de recevoir les trois représentants des manifestants qui ont voulu nous rencontrer, et leur avons proposé un dialogue apaisé.

Les associations et collectifs organisateurs de la journée du 5 mai

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