Bilan 2019 de la population d'ours dans les Pyrénées : 52 ours, 5 portées, 10 oursons

Le rapport 2019 du Réseau Ours Brun – OFB est paru.

Aire de répartition de la population d’ours

L’aire de répartition passe à 10400 km² avec une augmentation de 3000 km² par rapport à 2018 et de 5400 km² par rapport à 2017. Depuis le bilan 2018, les services de l’État considèrent qu’il n’y a qu’une seule population d’ours (et non deux noyaux de population) puisque suite aux déplacements de trois mâles (Néré, Cannellito, Rodri), il y a une continuité de l’aire de présence entre les Pyrénées occidentales et les Pyrénées centro-orientales.

« Elle a particulièrement progressé vers l’est et l’ouest de la chaîne et confirmé son expansion amorcée en 2017 sur le sud des Pyrénées centrales. Néanmoins, l’ours Goiat est responsable en grande partie de cette forte progression, faisant augmenter à lui seul l’aire de répartition d’environ 2 000 km² par rapport à 2018, notamment vers le sud, à cheval entre la Catalogne et l’Aragon.

Sur la partie orientale, l’aire de répartition continue de progresser avec la présence d’au moins 2 mâles subadultes évoluant entre le massif de l’Aston en Ariège et le massif du Madre, limitrophe de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. L’individu présent le plus à l’est depuis 2017 a enfin pu être identifié par la génétique à la différence de celui présent sur l’Aston dont le génotype partiel permet seulement d’affirmer qu’il ne s’agit pas du même ours (voir § 4.2.1).

Sur la partie sud de la zone centrale, l’espèce est de nouveau détectée sur l’Alta Ribagorça en Catalogne où les premiers indices de présence d’ours avaient été relevés en 2017 et où l’ours mâle subadulte Sardo avait été identifié par la génétique fin 2018. Cet individu est également détecté en 2019 en Aragon non loin de la frontière avec la Catalogne.

Sur la partie occidentale, l’aire de répartition s’étend comme en 2018 jusqu’à la forêt d’Iraty où l’ourse Claverina a passé une partie du printemps, évoluant régulièrement de part et d’autre de la frontière franco-espagnole. Côté français, elle est aussi localisée plus au nord, pendant 4 jours, sur la commune d’Alçay-Alcabéhéty-Sunharette (64). » ( Rapport 2019 du Réseau Ours Brun – OFB)

A noter : quelques jours après son relâcher en septembre en Haute-Garonne, l’ourson Douillous « a franchi la crête frontière à plus de 3000 mètres d’altitude pour passer l’automne en Aragon où il a notamment trouvé une chênaie avec une grosse production de glands pour s’alimenter. Le collier GPS dont il était équipé s’est détachée comme prévu le 31 octobre afin de prévenir un potentiel problème de strangulation lié à la forte croissance à cet âge. Le signal VHF de sa marque auriculaire restante a été perdu début novembre, aussitôt après les premières chutes de neige et donc probablement après son entrée en tanière. Des recherches par télémétrie sont prévues au printemps 2020 afin de savoir si Douillous a survécu à son premier hiver en solitaire. »

Les portées en 2019

En 2019, cinq portées de deux oursons chacune ont été détectées.

– Sorita lâchée en octobre 2018 : deux oursons, ayant pour père un ours resté en Slovénie, ont disparu début mai.

– Isil : mère de Douillous retrouvé seul en juin et d’un autre ourson mâle, fils de Pépite.

– Caramelles, 22 ans, qui en est à sa dizième portée : deux oursons, un mâle et une femelle, de père le jeune mâle Flocon né en 2015. Il s’agit du 3ème jeune mâle qui assure sa descendance dès l’âge de 4 ans (accouplement à 3 ans), soit 2 ans avant l’âge théorique de la maturité sexuelle chez les mâles.

– Bambou, fille de Hvala et d’un mâle resté en Slovénie : 2 oursons.

– Fadeta, comme sa mère Bambou, a été repérée uniquement par une observation directe dans le Val d’Aran : 2 oursons. Comme pour les oursons de Bambou, au vu des observations réalisées pendant le rut au printemps 2018, il est possible que Goiat ou Néré, voire Cachou (mort en 2020, unique descendant du mâle Balou lâché en 2006 et mort en 2014), puisse être leur père.

Combien d’ours ? Conclusions 2019

En 2019, l’effectif minimal détecté (EMD) est de 52.

L’effectif minimal retenu (EMR) de 2018 est revu à la hausse : 40 + 9 individus non repérés en 2018 nous fait un total de 49 ours pour 2018.

2 de ces 9 individus non détectés en 2018 (Gribouille qui avait été considéré disparu et New19-01, femelle de taille adulte identifiée pour la première fois en 2019) ne l’avaient également pas été en 2017. L’Effectif Minimal Retenu (EMR) de 2017 passe de 46 à 48 ours.

Entre 2006 et 2018, le taux d’accroissement moyen annuel calculé avec l’EMR est estimé à +10,37 % pour l’ensemble des Pyrénées.

New 19-01 (en attendant qu’un nom lui soit donné) : « cette femelle, jamais détectée jusqu’alors,

est la fille de Patoune et de Pélut. Les différents éléments de terrain permettent d’affirmer que cette

ourse est au minimum dans sa 3ème année de vie. L’ourse Patoune n’étant plus détectée depuis 2015, New19-01 pourrait potentiellement être née en 2015. Néanmoins, ce secteur du Val d’Aran n’étant pas couvert par le suivi systématique, il est possible que Patoune ait vécu plus longtemps et soit passée inaperçue. L’année de naissance retenue a minima pour New19-01 sera donc 2017. Il est aussi à noter qu’il s’agit ici de la première descendance connue du mâle Pélut. La détection de cette ourse a posteriori implique donc d’ajouter une portée en 2017 (voir graphe n°9, p.25), 1 ourson en 2017 et 1 subadulte en 2018 (voir graphe n°10, p.26)« .

6 ours non détectés en 2019 mais non considérés disparus car repérés en 2018 (détection

antérieure à 2 ans) :

– 1 femelle adulte : Aran,

– 5 subadultes dont 2 femelles : New18-11 et New18-13 et 3 mâles : New18-10, New18-15 et Nougat.

Considérés disparus ou morts :

– 1 femelle adulte : Hvala.

– 3 subadultes dont 1 femelle : New17-02 et 2 mâles : New18-03 et Fifonet.

– les 2 oursons de Sorita.

Les 52 ours détectés se répartissent en :

– 23 femelles (17 adultes, 5 subadultes, 1 ourson)

– 22 mâles (9 adultes, 10 subadultes, 3 oursons)

– 7 indéterminés (1 subadulte, 6 oursons).

Perspectives 2020

14 à 15 femelles en âge de se reproduire peuvent être potentiellement suitées.

A noter : « La diversité génétique est également un paramètre déterminant dans la conservation de la population. Depuis le renforcement de 2006, après Pyros (longtemps géniteur exclusif), au moins 5 autres mâles ont participé à la reproduction : Balou (1 descendant), Moonboots (7 descendants), Pépite (18 descendants à l’âge de 8 ans), Boet (1 descendant) et Flocon (2 descendants à l’âge de 4 ans). Néanmoins, 4 des 5 mâles reproducteurs sont des fils de Pyros. A ce jour, aucun descendant éventuel de l’ours Goiat, introduit en 2016, n’a été repéré. Les oursons de Bambou et de Fadeta non

identifiés par la génétique peuvent toutefois être les oursons issus de ce dernier tout comme potentiellement ceux de Néré voire même de Cachou. L’année 2020 devrait nous permettre d’avoir de plus amples renseignements à ce sujet.« 

Lire : Pyrénées : le cap des 50 ours est enfin franchi, mais ce n’est qu’une étape sur le long chemin de la restauration de la population

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