La gazette des Grands Prédateurs n° 31 (printemps 2009)

img-couv31

Printemps 2009. Parution mars-avril 2009.

Sommaire

Editorial par Roberto Hartasanchez

Actus ours « Perspectives très mitigées pour l’ours dans les Pyrénées »
par Sabine Matraire

FERUS siège dans les ateliers de travail du Groupe National Ours. Suite aux discussions en cours, on peut d’ores et déjà dire qu’il ne faut pas s’attendre à d’importantes améliorations du plan actuel de renforcement et de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle compte tenu que les avancées souhaitées par les inspecteurs généraux prévoyaient des zones d’exclusion pour les ours dans les Pyrénées. Mais pas non plus une bonne nouvelle car cela signifie qu’on s’en tiendra aux mesures actuelles dont les dernières années nous prouvent qu’elles ne sont pas satisfaisantes puisque la population d’ours dans les Pyrénées n’est toujours pas en voie de croissance.
FERUS a rapidement compris que le Groupe National Ours ne prendrait pas position sur la nécessité de renforcer la population d’ours dans les Pyrénées (il semble voué à gérer l’existant…) et que l’Etat ne semblait pas, ou ne voulait pas, prendre conscience qu’aujourd’hui l’ours est très mal protégé en France ; l’actualité nous montre qu’on peut déranger et tuer des ours en toute impunité.
La suite dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Résultats du suivi de la population d’ours Par Mathieu Krammer
L’ours occupe toujours le devant de la scène médiatique dans les Pyrénées.
Mais à l’heure où les ours sortent d’hibernation, il n’est pas inutile de se recentrer sur l’aspect purement bio – logique de la population d’ours des Pyrénées avec un bref bilan de ces deux dernières années (même à ce jour le bilan complet de 2008 n’est pas paru).

Actus loup « Avis de tempête en Haute-Savoie… » par Gilbert Simon et Sandrine Andrieux
Le 13 février, des témoignages alertent l’Office national de la chasse et de la faune sauvage dans le secteur du Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie). Un chasseur haut-savoyard, âgé d’une trentaine d’années, est placé en garde à vue et avoue avoir abattu un loup le 12 février puis l’avoir chargé dans sa voiture. Il indique aux enquêteurs l’endroit où se trouvent les restes. Selon le Dauphiné Libéré, « Il se serait senti obligé d’agir, après que le loup, accompagné de deux autres, eut été vu par des habitants attaquant un chamois ».
La suite dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Valloire : le loup malgré son absence est une fois de plus montré du doigt Par Thierry Dacko
Les grands prédateurs attaquent parfois les troupeaux domestiques et on comprend que ces attaques sont difficilement supportables pour les éleveurs qui les subissent. Mais en plus de ces dégâts réels aux troupeaux, les grands prédateurs sont accusés à tort de tout et n’importe quoi : ongulés sauvages décimés, filière ovine en crise, risques d’atta – ques sur les personnes humaines, avalanches, incendies et même inva – sions de sauterelles… Le plus étonnant, c’est qu’ils sont aussi soupçonnés quand ils sont …absents
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Suivi estival loup Par le Réseau Loup
En 2008 le nombre de secteurs prospectés est en augmentation à savoir 23 ZPP contre 18 en 2007. Le nombre de contacts est lui aussi à la hausse, puisque des animaux ont été détectés sur 19 de ces ZPP contre 11 en 2007. En ce qui concerne la réussite de la reproduction, au moins 12 meutes sont donc reproductrices en 2008 dont 10 en région PACA confirmant des résultats à la hausse (y compris les meutes transfrontalières du Queyras et de Clarée Bardonnecchia localisées en Italie). Pour la 2ème année, des éleveurs et des bergers ont participé à ces opérations améliorant ainsi les contacts et les échanges. Les conditions déjà relevées l’année dernière en Rhône- Alpes, liées à une météo peu clémente mais aussi au déplacement, voire à la déstructuration de meutes connues ne permettent que la découverte de 2 meutes reproductrices en 2008. Enfin l’opération menée dans le Carlit (66) n’a pas permis de contacter de loup mais a constitué un test dont l’issue positive va permettre la mise en place d’un dispositif opérationnel à une échelle transfrontalière avec les équipes espagnoles.

Dossier Spécial Cantabriques

Originalité de la cordillère Cantabrique Par Vincent Vignon
Extrait :
Les habitats du nord-ouest de la péninsule ibérique comme ceux de la péninsule italienne figurent parmi les plus productifs d’Europe. C’est un des facteurs qui peut expliquer la subsistance des grands carnivores dans ces deux régions du sud de l’Europe où la pro – ductivité primaire (végétale) a toujours été si abondante. Productivité végétale indirectement favorable au loup via l’abondance des ongulés – herbivores et directement favorable à l’ours au régime mixte carnivore et végétarien.
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Le loup : ami ou ennemi Par Roberto Hartasanchez
Je ne me pose pas la question de savoir si le loup est un ami ou un ennemi des personnes : le loup est le loup, espèce de la faune européenne qui occupe le territoire depuis des milliers d’années, entrant en compétition avec d’autres espèces sauvages, et, depuis finalement relativement peu de temps, peut-être pas plus de 3 ou 4000 ans, avec l’hom – me, qui comme espèce sauvage, s’est accaparé un territoire qui historiquement ne lui appartenait pas, mais, qu’en usant de sa supériorité intellectuelle, il s’est arrogé.
Ce qui se produit maintenant, c’est que la « figure » du loup, sa présence dans le paysage, en fait ou un ami ou un ennemi, et, évidemment, impliqué dans une situation si conflictuelle, il est logique que cet animal soit au centre d’une sérieuse polémique. Mais pour quelle raison déteste-t-on ou vénère-t-on le loup ? La réponse n’est pas simple puisque cette ambiguïté est arrivée jusqu’à nos jours comme le prolon – gement d’une bataille qui dure depuis des siècles.
La suite dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Histoire de l’utilisation des pièges photos Par Vincent Vignon
Extrait :
Nous avions des photos des ongulés et des petits carnivores. Nous avons enfin pris nos premiers loups en juin 1997. En avril 1998, un enneigement important nous a contraint à laisser un piège photo sur le terrain. Je l’ai confié à Alfonso qui l’a récupéré à la fonte de la neige et l’a ensuite utilisé en continu. Dès le mois suivant, il prenait son premier ours, un mâle très reconnaissable. Cet ours est mort quelques jours plus tard des suites d’une blessure occasionnée par une tentative de capture. Il s’agissait du premier programme scientifique visant à suivre des ours par télémétrie a Somiedo.
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

10 ans de suivi photographique Par Daniel Madeleine
Extrait :
C’est aussi grâce à des photos d’un ourson très maigre qu’ils se sont rendu compte que, très certainement, le dérangement excessif provoqué par le débardage de bois en forêt était à l’origine de cette sous-alimentation. Cette prise de conscience les a incités à apporter des solutions aux problèmes rencontrés :
• alerte des autorités compétentes pour le braconnage
• mise en place de points de nourrissage ponctuels
• plantations d’arbres fruitiers et installation de ruchers pour en assurer la pollinisation.
Cette énorme masse de clichés a aussi permis d’identifier un certain nombre d’individus grâce à des différences mor – phologiques, le plus souvent liées à des différences de coloration du pelage, et avoir ainsi un suivi individualisé année après année.
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Affûts à l’ours. Moment choisis Par Jean-Paul Thévenin
Extrait :
Lors d’un autre séjour, quelques années plus tard, j’avais réussi à me hisser, avec mon barda, au voisinage d’un col dominé par des pentes vertigineuses. Estives juteuses et myrtilles en abondance d’un côté, éboulis et arbustes chétifs de l’autre. Une semaine en parenthèse avec pour seule musique le bruit de l’eau claire au fond d’une gorge invisible et les clarines des asturiennes* sur les versants. Au matin du troisième jour, vers 8 heures, un jeune ours a dégringolé l’estive ensoleillée. Rapidement, son allure inhabituelle a attiré mon attention. Il lui manquait la main gauche ! Son habilité et sa rapidité n’en semblaient pas affectées. Après un dessert succinct dans les myrtilles il est venu se rembucher au fond de la gorge du torrent. Le télescope me l’a livré suffisamment proche pour que je puisse apercevoir sa salive mousser sur les babines et observer comment il recrachait une partie des feuilles des arbustes. Je l’ai revu les deux jours suivants, toujours le matin, descendant le même versant, en provenance d’une vallée voisine.
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Compte-rendu du séjour de Ferus dans les Asturies. D’après « Compte-rendu du séjour de Ferus en Asturies- 11 au 15 février 2008 » de Stéphan Carbonnaux et Denis Bouissou pour Ferus. Résumé et adaptation par Sandrine Andrieux
Extrait :
La finca que nous visitons maintenant comporte aussi une grange qui avait été visitée par l’ours attiré par des ruches. Roberto raconte qu’il a vu ici en plein jour une femelle et ses deux oursons qui le regardaient. « C’est un animal très tranquille », et d’ajouter qu’un jeune volontaire allemand s’est retrouvé nez à nez avec un ours couché près d’un abreuvoir, sans que la bête ne se montre agressive.
Là aussi, le FAPAS dépose des cadavres d’animaux domestiques. Et pour bien illustrer la nécessité de leur action, il nous raconte l’histoire de la femelle du coin. Un matin de juillet 2005, il y avait trois ours dans l’enclos de Paca et Tola. On a immédiatement pensé à un mâle en rut qui avait pu escalader le grillage pourtant impressionnant. C’était en réalité une ourse très faible (60 kilogrammes), blessée à une patte par un collet, qui venait se nourrir. Libérée, on la donnait condamnée à brève échéance. C’était alors la seule femelle reproductrice de la vallée. Une charogne fut déposée près de la grange, l’année suivante elle avait deux oursons !
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Abruzzes : aidez nous à sauver nos ours Par Cinzia Sulli
Extrait :
Ces dernières années, une information s’est répandue dans le monde du tourisme naturaliste : pour voir l’ours dans les Abruzzes, il suffit d’y aller en août ou en septembre, au moment où les fruits d’un petit arbuste, le nerprun ou rhamnus, sont mûrs et là, en parcourant les zones sommitales des montagnes, on peut facilement apercevoir les ours qui sont très friands de ces fruits. Cette année, pour lutter contre un dérangement excessif des ours, nous avons dû fermer l’accès des sentiers, à partir de la limite supérieure de la forêt permettant de se déplacer sur les lignes de crêtes qui surplombent les zones à rhamnus.
L’article complet dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 31

Et toujours, les rubriques « Brèves », « vie associative », « la vie des réseaux » …

Editorial par Roberto Hartasanchez, président du FAPAS

Editorial gazette 31

Editorial gazette 31

Les clés pour sauvegarder l’ours dans les Cantabriques La possibilité de sauvegarder une espèce sauvage gravement menacée dans le territoire hautement humanisé qu’est la Cordillère Cantabriques, comme l’ours brun, dépend de plusieurs facteurs. L’un d’eux, peut être le plus important, fait référence à la conception que les spécialistes ont de l’espèce et vont appliquer pour assurer sa conservation.
Pendant des années, un concept très répandu pour conserver l’ours préconisait que le territoire où il habite devait retrouver un certain niveau de naturalité, sans intervention de l’homme si possible. L’autre alternative pour conserver une population d’ours comme celle des Cantabriques a été justement de travailler en tenant compte de tous les facteurs qui influencent un territoire comprenant la contribution des activités humaines.
Si nous nous tenions à la première option, les territoires ayant la capacité d’accueillir des ours seraient très restreints, dans des espaces fragmentés qui ont conservé des caractéristiques assez naturelles, ou bien ces territoires devraient retrouver un niveau de naturalité après une lente évolution naturelle de dizaines d’années. A contrario, l’expérience Cantabrique du Fapas commence à avoir un certain succès considérant qu’à chaque fois qu’il y a une présence ursine importante, il y a également une activité humaine qui se maintient sur le même territoire. Sous cet éclairage, les possibilités de maintenir une population d’ours sont importantes. Dans les Pyrénées, il apparaît que pendant des années, les concepts de qualité de l’habitat ont primé d’où un maigre résultat après des années de travail scientifique et technique.
Modifier cette stratégie, tenir compte de l’habitat et des activités humaines en cherchant des solutions ou des alternatives à des problèmes ponctuels pourrait porter davantage d’espoir dans un massif montagneux où il ne serait pas anormal qu’il abrite une population d’ours supérieure à 500 animaux, sans tomber dans l’erreur de croire qu’il n’y a que quelques espaces naturels pour seulement quelques ours.

Roberto Hartasánchez
Président du FAPAS
(Fonds asturien pour la protection des animaux sauvages)

Les commentaires sont fermés.