L’Union Européenne au secours du lynx

Photo Ole Anders

L’Union Européenne au secours du lynx. Par Jean-Claude Génot

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°67 (avril 2018)

Depuis la parution de cet article, le programme de réintroduction dans les Alpes dinariques a commencé (voir ICI) et le dix-septième lynx a été relâché dans le Palatinat allemand (voir ICI).

La situation du lynx en Europe n’est pas brillante. En dehors de la population des Carpates, de celle des pays Baltes en lien avec la Biélorussie et la Russie et de celle de la Suisse pour tout l’arc alpin, les autres populations sont toutes modestes et fragmentées. Il faut souligner que le lynx n’est pas un grand colonisateur et que de petites populations séparées par des habitats défavorables à l’espèce sur de grandes distances sont menacées d’extinction à moyen et à long terme si aucun échange génétique n’est possible. De plus, certaines opérations de réintroduction effectuées dans les années 1970 et 1980 ont conduit à des échecs comme en Italie, en Autriche, en Bavière (Allemagne), en République Tchèque, en Engadine (Suisse) et désormais dans les Vosges (France) et en Slovénie.

C’est sans doute cette situation critique du lynx dont le statut reste précaire qui a conduit l’Union Européenne à soutenir trois programmes Life ayant pour objectif la réintroduction ou le renforcement de population de lynx.

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Le loup qui s’est piégé tout seul

Le loup qui s’est piégé tout seul. Par Yves Bertrand, avec la collaboration de Françoise Savasta et Roger Mathieu 

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°67 (avril 2018)

Le 12 mai 2017 mon cousin Jean-Marc me téléphone : « Mon fils Julien qui est facteur a vu un loup ! ».

Depuis plus de trente ans, nous courons de pays en pays et de montagnes en montagnes pour observer les grands carnivores d’Europe : ours, loups, lynx, et voilà que Jean-Marc me signale une observation de loup juste à côté de chez nous !

Déjà, ces dernières années, le train en avait écrasé un dans la vallée et une voiture en avait tué un autre dans la périphérie de la grande ville voisine. Nous savions qu’ils étaient là, discrets recolonisateurs d’un monde qu’ils avaient perdu depuis moins de quatre-vingts ans. Mais qu’est ce, quatre-vingts ans, par rapport aux centaines de milliers d’années qui les ont vu vivre ici ?

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La Gazette des grands prédateurs n° 71 (mars 2019)

Mars 2019

Éditorial par Bertrand Sicard

Alerte sur le loup !

Alors que l’année 2018 fut déjà bien sanglante avec près de 51 spécimens abattus, l’année 2019 s’ouvre sous les plus mauvais auspices.

Si l’on en croit la dernière réunion du Groupe National Loup, l’Etat se prépare au pire en voulant officiellement réguler l’espèce en France au-dessus de 500 loups, propos fièrement confirmés par notre Président et, cerise sur le gâteau, lui interdire certaines zones géographiques.

L’Etat semble totalement pris au piège des lobbies agricoles qui en réclament toujours plus. Sa politique est une politique mortifère prioritairement axée autour de l’élimination physique du loup.

Il est désolant de voir l’Etat prendre des mesures toujours plus radicales alors que les conditions d’une protection efficace ne sont pas réunies.

A commencer par soumettre les indemnités de remboursement à la mise en place des moyens de protection, mesure que nous réclamons à cor et à cri depuis de nombreuses années et sans laquelle aucune politique de protection n’est mesurable.

Les tirs d’effarouchement doivent faire leur retour car eux seuls ont une vraie une valeur d’apprentissage pour l’espèce.

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La chasse en zone à ours dans les Pyrénées

Ours en Slovénie. Photo Sabine Matraire

La chasse en zone à ours dans les Pyrénées. Par Sabine Matraire

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°65 (septembre 2017)

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Cet article n’a pas pour objectif de rentrer dans le débat « pour ou contre la chasse » mais de dresser simplement un point sur la cohabitation entre la chasse (activité humaine) et la présence de l’ours. Nous tenterons d’expliciter les bases du travail mené à cet effet par notre association, avec ses partenaires, et d’ébaucher la réflexion pour l’avenir de la restauration de la population d’ours dans les Pyrénées.

Un peu d’histoire

Au début des années 1990, le dernier ours disparaît des Pyrénées centrales. Seuls sept à huit individus subsistent dans le noyau occidental et la disparition de l’ours des Pyrénées apparaît donc comme inéluctable.

En 1995, un partenariat, convenant du principe de réintroduction d’ours dans le cadre d’un programme LIFE, est formalisé entre l’ADET, l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), l’ONF (Office National des Forêts), ARTUS (devenu FERUS), la DIREN et les fédérations départementales de chasseurs de l’Ariège, de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées.

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La Gazette des grands prédateurs n° 70 (décembre 2018) / Spécial lynx

Décembre 2018

Éditorial par Jean-François Darmsteadter

FERUS, une association vivante

Le lynx aura la vedette dans ce numéro de fin d’année. Ce bel animal, fascinant à plus d’un titre, le mérite vraiment. Pouvons-nous espérer voir un jour une population française de lynx solidement installée dans notre pays ? Nous l’espérons et sommes prêts, en tous cas, à faire tout pour cela et, dans ce cadre, pouvoir enfin mettre en oeuvre en 2019 notre action de communication de terrain Parole de Lynx.

Mais les vraies vedettes de cette année 2018 auront été sans conteste Sorita et Claverina, ces deux ourses en provenance de Slovénie qui viennent apporter du sang neuf dans les Pyrénées et nous ne pouvons que nous réjouir de la pugnacité des autorités qui, pour une fois, ont tenu bon jusqu’au bout et permettent ainsi une note réelle d’espoir pour l’avenir. Même si, nous l’avons dit plusieurs fois, ce renforcement est insuffisant, c’est un vrai nouveau pas vers une population ursine pérenne en France.

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Les loups, les lynx et Vadim

Le mâle Youri est venu visiter une tanière de loup 5 h avant notre passage ; d’autres photos de Vadim Sidorovich montrent que des lynx visitent des tanières de loup à la recherche des louveteaux. © Vadim Sidorovich

Les loups, les lynx et Vadim. Par Jean-Claude Génot et Annik Schnitzler

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°65 (septembre 2017)

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Dans la forêt des partisans

Suivre Vadim Sidorovich, spécialiste du loup en Biélorussie, pendant six jours à la recherche de tanières tient lieu à la fois de l’épreuve sportive et du rite initiatique pour partager les connaissances de ce professeur de zoologie atypique de l’Académie des Sciences. Une épreuve sportive qui demande un minimum de condition physique et de motivation. En effet, il s’agit durant 6 à 8 h par jour, de traverser inlassablement les forêts enchevêtrées d’arbres renversés, d’éviter dans les aulnaies marécageuses la chute dans les eaux noires de vase, et de franchir les canaux abandonnés en marchant soit sur les barrages branlants des castors, soit sur des troncs flottants. Et pas moyen de s’arrêter pour prendre une photographie sous peine de perdre Vadim qui avance d’un pas alerte et régulier sans se retourner. Vadim n’est pas un surhomme, mais sa robustesse lui est très utile pour franchir ces milieux sans

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La Gazette des grands prédateurs n° 69 (septembre 2018)

Septembre 2018

Éditorial par Sabine Matraire

Des ours et des loups en Béarn

« L’année de la biodiversité n’a, sans surprise, rien changé à la situation : de nous et de nous seuls dépend la suite, que les pouvoirs publics cessent de baisser la garde sur le loup et de succomber aux sirènes de ceux qui réclament sa « régulation » ; que les ours mâles isolés du Béarn soient rejoints par des femelles ; qu’enfin un plan national de sauvegarde soit adopté pour le lynx. » Gilbert Simon, Gazette des Grands Prédateurs n°38, décembre 2010.

Malgré la démission de Nicolas Hulot, je ne peux m’empêcher de continuer à croire au retour des ourses en Béarn. Au moment où vous lirez ces lignes, j’espère que les deux ourses promises auront été lâchées en Béarn. Cet éditorial est donc naturellement écrit en citant Gilbert Simon et Baudouin De Menten qui ont tant oeuvré pour que cet heureux événement arrive.

Ces lâchers en Béarn ne seront toutefois que le début du sauvetage de la population d’ours sur sa partie occidentale. Le loup revient également sur ce territoire mais, pour l’instant semble-t-il, sous sa forme « hybride » (voir actus loup p.14).

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Histoire et enjeux croisés autour de la forêt, des cervidés et des loups

Photo Rémy Jouhaud

Histoire et enjeux croisés autour de la forêt, des cervidés et des loups. Par Romain Ribière

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°64 (juin 2017)

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La disparition du loup en France est souvent présentée comme une singularité. L’aboutissement pour l’Homme d’ « une lutte acharnée contre une espèce qu’il a exécrée [ …] » traduite par « une politique d’extermination [qui] a abouti en quelques décennies au grand massacre des loups » (Moriceau 2010).

Cette lecture bénéficie à nos esprits contemporains d’un consensus assez large, où elle exprime avant tout une métaphore symbolique : le triomphe implacable de la civilisation occidentale sur le sauvage. Le retour de Canis Lupus sonne à cet égard comme un anachronisme qui alimente la controverse entre ses détracteurs et partisans.

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La Gazette des grands prédateurs n° 68 (juin 2018)

Juin 2018

Éditorial par Patrick Leyrissoux

Gérer, valeur ajoutée…

Ces termes de management d’entreprise ressortent de temps en temps au fil des conversations. Dans la rudesse des évènements, ou devant la sécheresse d’un compte d’exploitation qui conditionne l’existence d’une association, ils ont certes leur rôle, voire sont indispensables.

Mais seul(e) face à un versant de montagne glissant dans l’obscurité, et que l’on pressent confusément habité par une présence, ces termes n’ont plus guère de sens… C’est le rêve qui prend leur place, et qui nous habite in fine.

Jean-Jacques Camarra lui-même, qui est à l’origine de bien des choses, a écrit un livre de rêveur, rêveur dans l’action, avec « Boulevard des ours ». Rétrospectivement, il en ressort une profonde nostalgie, voire mélancolie, quand on songe au sort de cette population ursine. Je ne peux m’empêcher de penser que ceux qui ont présidé à cette disparition n’avaient que ces mots à la bouche : gérer, valeur ajoutée… mots aussi fréquemment usités dans le monde de la chasse.

Ils sont les chiens de garde d’un utilitarisme, parfois anthropocentrique, que nous évoquons parfois pour justifier l’existence de nos grands prédateurs. Espèce parapluie, économie nature, utilité pour les forestiers, etc. Certes, encore une fois il le faut peut-être, nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche. Mais ne perdons pas de vue que le fondement de nos motivations a des racines beaucoup plus profondes.

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