Les loups, les lynx et Vadim

Le mâle Youri est venu visiter une tanière de loup 5 h avant notre passage ; d’autres photos de Vadim Sidorovich montrent que des lynx visitent des tanières de loup à la recherche des louveteaux. © Vadim Sidorovich

Les loups, les lynx et Vadim. Par Jean-Claude Génot et Annik Schnitzler

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°65 (septembre 2017)

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Dans la forêt des partisans

Suivre Vadim Sidorovich, spécialiste du loup en Biélorussie, pendant six jours à la recherche de tanières tient lieu à la fois de l’épreuve sportive et du rite initiatique pour partager les connaissances de ce professeur de zoologie atypique de l’Académie des Sciences. Une épreuve sportive qui demande un minimum de condition physique et de motivation. En effet, il s’agit durant 6 à 8 h par jour, de traverser inlassablement les forêts enchevêtrées d’arbres renversés, d’éviter dans les aulnaies marécageuses la chute dans les eaux noires de vase, et de franchir les canaux abandonnés en marchant soit sur les barrages branlants des castors, soit sur des troncs flottants. Et pas moyen de s’arrêter pour prendre une photographie sous peine de perdre Vadim qui avance d’un pas alerte et régulier sans se retourner. Vadim n’est pas un surhomme, mais sa robustesse lui est très utile pour franchir ces milieux sans

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La Gazette des grands prédateurs n° 69 (septembre 2018)

Septembre 2018

Éditorial par Sabine Matraire

Des ours et des loups en Béarn

« L’année de la biodiversité n’a, sans surprise, rien changé à la situation : de nous et de nous seuls dépend la suite, que les pouvoirs publics cessent de baisser la garde sur le loup et de succomber aux sirènes de ceux qui réclament sa « régulation » ; que les ours mâles isolés du Béarn soient rejoints par des femelles ; qu’enfin un plan national de sauvegarde soit adopté pour le lynx. » Gilbert Simon, Gazette des Grands Prédateurs n°38, décembre 2010.

Malgré la démission de Nicolas Hulot, je ne peux m’empêcher de continuer à croire au retour des ourses en Béarn. Au moment où vous lirez ces lignes, j’espère que les deux ourses promises auront été lâchées en Béarn. Cet éditorial est donc naturellement écrit en citant Gilbert Simon et Baudouin De Menten qui ont tant oeuvré pour que cet heureux événement arrive.

Ces lâchers en Béarn ne seront toutefois que le début du sauvetage de la population d’ours sur sa partie occidentale. Le loup revient également sur ce territoire mais, pour l’instant semble-t-il, sous sa forme « hybride » (voir actus loup p.14).

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Histoire et enjeux croisés autour de la forêt, des cervidés et des loups

Photo Rémy Jouhaud

Histoire et enjeux croisés autour de la forêt, des cervidés et des loups. Par Romain Ribière

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°64 (juin 2017)

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La disparition du loup en France est souvent présentée comme une singularité. L’aboutissement pour l’Homme d’ « une lutte acharnée contre une espèce qu’il a exécrée [ …] » traduite par « une politique d’extermination [qui] a abouti en quelques décennies au grand massacre des loups » (Moriceau 2010).

Cette lecture bénéficie à nos esprits contemporains d’un consensus assez large, où elle exprime avant tout une métaphore symbolique : le triomphe implacable de la civilisation occidentale sur le sauvage. Le retour de Canis Lupus sonne à cet égard comme un anachronisme qui alimente la controverse entre ses détracteurs et partisans.

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La Gazette des grands prédateurs n° 68 (juin 2018)

Juin 2018

Éditorial par Patrick Leyrissoux

Gérer, valeur ajoutée…

Ces termes de management d’entreprise ressortent de temps en temps au fil des conversations. Dans la rudesse des évènements, ou devant la sécheresse d’un compte d’exploitation qui conditionne l’existence d’une association, ils ont certes leur rôle, voire sont indispensables.

Mais seul(e) face à un versant de montagne glissant dans l’obscurité, et que l’on pressent confusément habité par une présence, ces termes n’ont plus guère de sens… C’est le rêve qui prend leur place, et qui nous habite in fine.

Jean-Jacques Camarra lui-même, qui est à l’origine de bien des choses, a écrit un livre de rêveur, rêveur dans l’action, avec « Boulevard des ours ». Rétrospectivement, il en ressort une profonde nostalgie, voire mélancolie, quand on songe au sort de cette population ursine. Je ne peux m’empêcher de penser que ceux qui ont présidé à cette disparition n’avaient que ces mots à la bouche : gérer, valeur ajoutée… mots aussi fréquemment usités dans le monde de la chasse.

Ils sont les chiens de garde d’un utilitarisme, parfois anthropocentrique, que nous évoquons parfois pour justifier l’existence de nos grands prédateurs. Espèce parapluie, économie nature, utilité pour les forestiers, etc. Certes, encore une fois il le faut peut-être, nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche. Mais ne perdons pas de vue que le fondement de nos motivations a des racines beaucoup plus profondes.

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Les bénévoles... ont la parole !

Parole de loup / Parole d’ours. Les bénévoles… ont la parole !

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°63 (mars 2017)

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Vous aussi, rejoignez nous cet été ! Tous nos programmes de bénévolat ==>> ICI.

Cet été, les bénévoles de nos programmes Parole de loup / Parole d’ours partiront de nouveau en mission et iront à la rencontre des habitants et des touristes des Pyrénées et des Alpes. L’objectif ? Distribuer de la documentation mais aussi et surtout dialoguer, répondre aux questions et aux inquiétudes, et recueillir le sentiment de chacun. Le tout afin de permettre une meilleure acceptation de nos grands prédateurs. Les bénévoles des précédentes éditions répondent à quelques questions pour la Gazette.

Pourquoi avoir participé à Parole de loup / Parole d’ours ?

« Je suis fascinée par les loups depuis mon plus jeune âge, donc, quand l’occasion de défendre bénévolement leur cause s’est présentée, je n’ai pas hésité. La chance de pouvoir passer deux semaines dans les Alpes-de-Haute-Provence avec d’autres personnes partageant les mêmes convictions que moi était trop belle pour la manquer! »

Clémence C., Paris

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Ariège : « L’image de l’ours est un atout »

Ariège : « L’image de l’ours est un atout ». Interview avec le maire de Massat

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°63 (mars 2017)

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Léon-Pierre Galy-Gasparrou est le maire (Gauche Radicale) de Massat, en Ariège, depuis 2001. Nous l’avons interrogé sur l’ours.

Quel est le climat aujourd’hui vis-à-vis de l’ours sur votre commune ?

Dans la Haute Vallée de l’Arac, territoire à forte identité culturelle, la présence historique de l’ours n’a jamais été contestée par les populations résidentes. Lorsqu’il restait des ours pyrénéens, leur biotope était respecté, le nombre d’incidents mémorisé reste ici très faible.

Lorsque la décision fut prise de renforcer la population d’ours bruns, les seules objections sont venues d’organisations corporatistes, notamment agricoles, au demeurant fort peu représentées localement.

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Loup : « l’exception française »

Loup : « l’exception française ». Par Giovanni-Michel Del Franco

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°63 (mars 2017)

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Si la France rechigne à accepter la présence de l’ours ou du loup, l’Europe paraît globalement favorable aux grands prédateurs. Selon une étude relayée dans Le Figaro, le vieux continent abriterait 12 000 loups (deux fois plus qu’aux États-Unis sur une surface deux fois moins grande), essentiellement dans les pays de l’Est, mais aussi 17 000 ours, 9 000 lynx et 1 250 gloutons. En juin 2016, la Commission européenne a mis en place une plate-forme européenne regroupant agriculteurs, chasseurs, défenseurs de l’environnement et scientifiques pour assurer la conservation de la faune sauvage.

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La Gazette des grands prédateurs n° 67 (avril 2018)

Edito Gazette 67

Edito Gazette 67

Avril 2018

Éditorial par Hervé Boyac

Le loup, un nouveau défi français

L’année 2018 sera déterminante pour tous les Français soucieux de l’avenir du loup, qu’ils soient naturalistes chevronnés ou simples passionnés. De nombreux défis nous attendent avec l’arrivée du nouveau plan loup, qu’on nous avait annoncé réfléchi et loyal mais finalement contestable. Pendant ce temps là, l’Europe est muette et accepte les dérives : si la population de loups ne baisse pas, elle ne voit rien à redire aux tirs de loups toujours plus nombreux.

On peut comprendre la désapprobation du loup par les éleveurs, les premiers exposés par les prédations. Mais les dirigeants agricoles n’ont pas recherché de solutions satisfaisantes et durables pour renouer avec la rentabilité de l’élevage ovin dans la tourmente, submergé par la mondialisation. Suite à de mauvais choix, les gouvernements successifs n’ont rien solutionné au fil du temps ; ils se sont contentés de verser des subsides. Quant au monde de la chasse, il tire avantageusement les marrons du feu tout en essayant de se faire valoir. Réalité moins compréhensible, une catégorie de personnes est hostile au loup,

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Les dégâts d’ours liés aux systèmes de compensation, pas au nombre d’ours

Un ours dans les Tatras, en Slovaquie. Photo Eric Durr

Les dégâts d’ours liés aux systèmes de compensation, pas au nombre d’ours. Par Eugène Reinberger

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°62 (décembre 2016)

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Synthèse de l’Etude internationale sur les dégâts d’ours en Europe (participation de l’ONCFS Equipe Ours pour la France) : Patterns and correlates of claims for brown bear damage on a continental scale, Journal of Applied Ecology, juin 2016.  

Cette étude montre que le nombre moyen de dégâts indemnisés par ours varie de 0,05 en Estonie à 8,5 en Norvège et que ces variations sont dues aux différences de méthodes de compensation, à la nourriture disponible et la proportion de terres agricoles. Les variations ne sont pas reliées au nombre d’ours.

Il est important que les politiques de gestion de l’ours prennent en compte ces conclusions pour gagner en efficacité pour réduire la prédation. Il faut ainsi mettre l’accent sur la prévention et conditionner les compensations à la mise en place effectives des mesures de protection.

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