La Gazette des grands prédateurs n° 33

img-couv33Automne 2009. Parution septembre 2009.

Sommaire

Editorial par Farid Benhammou

Actus ours – « A quoi joue l’Etat français ? »
Par Sabine Matraire

Extrait :
« Les Pastoralies » ou le meeting anti-ours déguisé en fête pastorale pour attirer les touristes fut un véritable flop en 2009. Cependant, ce meeting organisé par l’association anti-ours ASPAP, avec au micro toute la journée le discours de l’ASPAP repassant en boucle, aurait bénéficié de financements de « Etat commission des finances », « Région Midi-Pyrénées », « Conseil Général de l’Ariège », « Communautés de communes du Pays Couserans », « Chambre d’agriculture » et du « Crédit Agricole ».
Beaucoup d’argent pour un meeting allant à l’encontre des engagements de la France et que l’Etat et ses annexes soutiennent financièrement …
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Actus loup – « Nouveaux terrains de prospection pour le loup, nouvelles missions pour Ferus »
Par Mathieu Krammer et Pierre Peyret

Extrait :
A noter que le département des Alpes-de-Haute-Provence est à ce jour le département français abritant le plus grand nombre de zones de présence permanente (…)
Trois parlementaires du département : Daniel Spagnou (député UMP), Jean-Louis Bianco (député PS) et Claude Domeizel (sénateur PS) en ont profité pour communiquer, estimant que « l’activité pastorale doit passer avant le loup » et que « pour retrouver l’harmonie dans nos montagnes, il faut exclure le loup des zones où il occasionne des dégâts et aider le pastoralisme à se maintenir et à se moderniser ».
FERUS prône depuis toujours la cohabitation loup / élevage. Au lieu de vouloir l’exclusion de l’un (le loup) ou de l’autre (l’élevage), nous assurons notre appui au monde de l’élevage. D’ailleurs, même si la saison est loin d’être terminée, notre programme d’écobénévolat a d’ores et déjà de nombreuses missions à son actif cette année. Tout en maintenant notre activité sur des zones historiques de présence du loup, nous avons été sollicités sur plusieurs nouveaux secteurs pour de la surveillance nocturne des troupeaux ou la mise en place de clôtures de protection ou contention.
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Parole d’ours 2009. Souvenirs d’un court passage dans les Pyrénées
Par Hervé Boyac

Extrait :
Le questionnaire pour le sondage des habitants et des gens de passage. Il comprenait 3 questions principales à choix multiples ; la quatrième concernant la typologie des personnes sondées. Les pourcentages mentionnés sont le reflet des réponses recueillies pendant mon séjour au sein de « Parole d’ours ». Les chiffres précis seront communiqués dans le bilan en fin d’été.
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Récit d’une capture bien particulière…
par Gérard Caratti

Extrait :
L’animal a été capturé le 13 juillet vers 01h15 dans la haute vallée de la Tinée. Le piège était du type Belisle. Hébergés dans une cabane sur le site de piégeage, nous sommes arrivés seulement 20 mn après que l’alarme nous ait réveillés. Il s’agit d’une alarme originale de type radio qui s’appuie sur notre réseau de communication privé et nos portatifs. Malgré notre préparation l’impression a été forte. Personnellement, j’étais fatigué par de nombreuses nuits précaires et des journées sans pause. Mais l’animal tant désiré était là et il n’y avait pas de temps à perdre en jérémiades, il fallait passer à l’acte.
En ligne !

Procès-verbal de l’Assemblée Générale (21 mars 2009), partie II

Loups de Russie
Par Laetitia Becker

Extrait :
L’un de ces biologistes, Vladimir Bologov, a alors décidé d’agir à sa manière. En 1993, il débute un programme de réhabilitation de louveteaux orphelins provenant des chasseurs. Son projet sert de mesure provisoire en attendant l’interdiction de la chasse aux louveteaux et peut se résumer ainsi : rendre à la nature ce que l’homme lui a enlevé. Le centre se trouve à la Station Biologique « Chisty Les », qui signifie « forêt propre » en russe. Et pour cause ! Nous sommes à 450km au nord-ouest de Moscou (région de Tver, district de Toropets), perdue au milieu de la taïga. Environ 80% de la surface est couverte de forêt intacte, avec peu de routes. Avec la chute de l’Union Soviétique, les campagnes russes se sont vidées de leurs habitants. Ici, la densité ne dépasse pas 5 habitants par km².
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38 minutes avec un lynx
Par Rodg

Extrait :
Je voulais, ce dimanche soir, « faire la tombée de la nuit » à Entrecôtes (département du Jura, ndlr). Depuis quelques temps, mes sorties naturalistes étaient plutôt « vides », mais c’est là une règle du jeu que j’ai toujours acceptée… Mon histoire commença dans la simplicité. Au col, une petite route forestière franchit le crêt de la Haute-Joux pour accéder à la vallée- la Combe -d’Entrecôtes. J’arrive, je fais mon demi-tour, je me gare (il est 18h55), j’échafaude mon plan de tombée de nuit (affût ou marche lente, direction à prendre)… et avant même d’avoir fermé la bagnole, j’aperçois le Matou qui débarque, peinard ! Il est descendu sur la route, m’a regardé quelques secondes, il était à 25 mètres – j’ai vérifié après – puis m’a tourné le dos pour grimper de l’autre côté.
La suite dans la Gazette des Grands Prédateurs n° 33

Voyage naturaliste au pays des quatre prédateurs : la Finlande ou ballade en rut majeur
Par Daniel Madeleine

Extrait :
Nous avons continué notre périple par la région de Vartius où se trouve le centre Wild Brown Bear de Ari Sääski où Sabrina nous a donné rendez-vous. Là, à un kilomètre du lieu d’hébergement, il a installé toute une zone d’affût, grandes et petites cabanes sur une zone assez ouverte en bordure de la forêt et de la frontière russe. Cette zone est apparemment fréquentée par huit ours différents mais bien qu’ayant passé plus de trente heures d’affût dans deux cabanes sous la neige, nous n’avons eu droit qu’à un renard, des mouettes et des goélands attirés par les appâts. On peut dire que notre enthousiasme du début avait suivi la courbe des températures, à ce moment là proche de zéro ! Ce vendredi matin est précisément le jour ou Philippe Orsini, lui aussi dans la région, nous laisse un message téléphonique pour nous annoncer qu’il a vu beaucoup d’ours à Martinselkonen. Et après une petite négociation avec Sabrina, nous partons pour tenter notre chance dans ce que la publicité nous vante comme le meilleur endroit de Finlande pour voir l’ours ; sur les cinq dernières années, il n’y aurait eu que deux nuits sans l’ours.
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Et ailleurs ? Les modèles de cohabitation dans le reste du monde
Par Farid Benhammou et Caroline Dangléant

Extrait :
Par exemple, la Suisse, pourtant soumise à la Convention de Berne, cherche systématiquement à se retirer de cette Convention. Quelle ironie alors que Berne est justement en Suisse ! Dans les faits, le petit État fédéral procède à l’élimination de loups de manière systématique bien que l’espèce soit protégée. Résultat, les canidés ont peu de chance de s’installer, car le pouvoir des cantons réussit presque toujours à obtenir des abattages. Et la Suisse ne semble pas très affectée par les condamnations du Conseil de l’Europe, suite aux actions intentées par l’association WWF.
De même, la Norvège limite sa petite population de loups en autorisant régulièrement des tirs.
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Galerie Finlande

Et toujours, les rubriques Brèves, vie associative, la vie des réseaux …

Editorial par Farid Benhammou, géographe, docteur de l’ENGREF-Agro Paris Tech

Parler de la nature en la méprisant

Dans le dossier des prédateurs, et surtout de l’ours, l’usage d’un discours environnemental pour faire exactement le contraire est fréquent. L’Institution patrimoniale du Haut Béarn prétendant sauver les ours pyrénéens en est la plus belle illustration. Hélas, les autorités en sont les premiers complices, bon gré mal gré, comme l’illustre à l’été 2009 la nomination par le préfet des Hautes-Pyrénées, donc l’État, de la présidente anti-ours de l’ASPP 65 , au siège du Conseil d’administration du Parc national des Pyrénées dévolu aux associations de protection de la nature. Pourtant, elle y était déjà au titre de la Chambre d’agriculture. Face au tollé (relatif) suscité, le préfet est revenu sur cette décision, mais le mal était fait. Quelle lisibilité les pouvoirs publics veulent-ils donner en matière de protection de l’ours et de l’environnement ? Le Figaro a relayé l’information au plan national et l’ASPP 65 a pu communiquer triomphalement : « cela vient briser des décennies d’un monopole où il n’y avait qu’eux pour parler des petits oiseaux, des fleurs et se gargariser de « faire » de la biodiversité en transplantant dans les Pyrénées des ours venus de Slovénie. Cela vient perturber le fonds de commerce de ces associations nombreuses et variées mangeant à la « gamelle » de l’ours sous prétexte de biodiversité à bon compte ». Ce propos méprisant va de pair avec une dénonciation des vautours et d’autres espèces sauvages, belle association pour défendre la protection de la nature ! Ce type d’organisation, comptant peu de membres, est le reflet de l’idéologie poujadiste et populiste anti-environnementale de certains élus ruraux notables. Ces élus cherchent systématiquement à dénier la légitimité environnementale des protecteurs de la nature, défouloir facile des maux complexes des zones rurales. En pseudo-humanistes, ils recentrent la « vraie protection de la nature » sur l’Homme, alors qu’il s’agit plutôt de défendre les intérêts de certains groupes humains. Voir le débat simplifié sur le pastoralisme « traditionnel » comme seul garant de la biodiversité de montagne, alors que cet élevage n’a plus rien de traditionnel depuis des décennies. Or par un processus de pouvoirs périphériques, ces derniers ont une grande influence sur les préfets, censés appliquer la loi de la République. Ainsi, celle-ci se retrouve modifiée voire contraire à l’esprit initial. Le nouveau plan loup, en donnant l’initiative du tir aux préfets, au lieu de gagner en souplesse, va davantage le soumettre aux pressions des lobbies locaux. Sans parler de l’élevage, le lobby de la chasse de plus en plus ouvertement anti-loup et anti-ours a véritablement le vent en poupe. L’absorption de CPNT par l’UMP, peu étonnante, annonce une poursuite du recul de la protection de la biodiversité, remplacée de nouveau par la notion de nuisible dès que celle-ci gène un peu. Il est triste que les autorités censées défendre les intérêts environnementaux généraux soient si perméables à ces tendances. Certes, les pouvoirs publics ne sont pas monolithiques, des agents et administrations oeuvrent sincèrement pour faire progresser la prise en compte de la nature par les intérêts humains. Les associations, chercheurs, experts et citoyens ont intérêt à œuvrer dans ce sens. Cette coalition des « faibles » finira peut-être par donner du contenu à la protection de la nature présente dans tous les discours, y compris les plus rétrogrades.

1 La présidente de l’ASPP, Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen

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