Le loup d'Ethiopie

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Photo Claude Barrau

Le loup d’Éthiopie : espèce emblématique d’un milieu original et canidé le plus rare du monde. Par Michel Clouet.

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°54 (novembre 2014)

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Les coussinets d’armoise donnent à la steppe une teinte bleutée. Une buse à queue rousse vient de se poser sur une lobélie géante. Entre les bouquets de kniphofias aux fleurs jaune et rouge, une foule de rongeurs s’active. Ce milieu si particulier est l’étage afro-alpin, le domaine du canidé le plus rare du monde, le loup d’Éthiopie (Canis simiensis). Espèce endémique de ces habitats montagnards les plus étendus du continent africain, il serait issu de l’évolution d’un ancêtre eurasiatique ayant colonisé cette partie orientale de l’Afrique au cours de l’une des dernières périodes glaciaires du Pléistocène, il y a environ 100 000 ans. À la même époque, émergeait sur ces hautes terres une riche communauté de rongeurs, avec une majorité d’espèces endémiques qui allaient devenir les proies quasi-exclusives de ce nouveau loup. Cet écosystème s’est ensuite fragmenté suite au réchauffement du climat, isolant des populations de loups dans des îlots montagnards au nord, au centre et au sud de l’Éthiopie, de part et d’autre de la grande faille du Rift est-africain. C’est dans les massifs méridionaux, entre 3000 et 4000 mètres d’altitude, dans les monts Balé, que les loups sont encore les plus nombreux. C’est là que nous les avions observés la première fois dans les années 90 lors de missions ornithologiques qui nous ont permis entre autres de découvrir une population relictuelle d’aigles royaux, témoin elle aussi des mouvements de la faune paléarctique vers l’Afrique lors des épisodes glaciaires.

Une histoire récente chaotique

Les effectifs actuels du loup d’Éthiopie sont estimés à moins de 450 individus répartis en six noyaux, alors que deux petites populations des massifs du nord ont disparu au cours des 20 dernières années suite à l’altération du milieu consécutif à la pénétration humaine. Peu étendu en superficie, l’habitat afro-alpin du loup est soumis à une forte pression anthropique qui ne cesse d’augmenter. Les espaces montagnards, y compris et surtout dans les zones protégées, sont colonisés par les cultivateurs et les éleveurs qui réduisent et surexploitent un milieu original riche en espèces endémiques.(…)

 

 

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