Les éleveurs voyous ont encore frappé

brebis blessée Briançon Annnie Lalanne

La brebis blessée à Briançon

Ce mardi 6 octobre, des éleveurs ont déposé des cadavres d’ovins et une brebis blessée à Briançon (Hautes-Alpes) devant le lieu de travail d’Annie Lalanne, présidente de l’association « Sauvons nos loups alpins ».

« Ils sont arrivés avec leurs véhicules de travail, ils ont jeté les bêtes. Les pattes de la brebis vivante étaient attachées, avant qu’ils ne la fassent rouler du camion. Ils m’ont tendu un couteau ensanglanté en me disant de la finir » explique Annie Lalanne.

FERUS apporte publiquement son soutien à Annie Lalanne et dénonce une fois de plus les exactions des éleveurs, qui agissent le plus souvent en toute impunité, et la politique de l’Etat français. Et que dire de certains médias qui semblent jeter de l’huile sur le feu ?

Préfecture des Hautes-Alpes murée, menace de blocage de la ville de Gap, séquestration du personnel du parc de la Vanoise (Savoie), tout y passe (FERUS a déjà de son côté reçu des menaces par lettre anonyme). Pourquoi les éleveurs s’en priveraient-ils puisqu’ils obtiennent tout ce qu’ils veulent : 6 loups à tuer suite à l’affaire de la Vanoise et  un arrêté ministériel qui autorise des tirs de défense et des tirs de prélèvement dans toutes les Hautes-Alpes avec la mise à disposition de 6000 chasseurs pour participer aux prélèvements de loups et 20 000 euros pour financer du matériel de pointe (lampes LED adaptées pour les armes de chasse, radios pour communiquer entre chasseurs, pièges-photos nocturnes pour repérer les loups et  lunettes à visée nocturne).

Cet extrémisme agricole est tout simplement encouragé par l’Etat qui cède immédiatement aux revendications des éleveurs en autorisant toujours davantage de tirs de loups. Rappelons que pour la saison 2015/2016, 36 loups peuvent être abattus (soit 50 % de plus que l’année dernière), alors que la population de loups en France a baissé et se traîne difficilement autour des 300 individus.

Quelques chiffres

Pourtant, les dégâts aux troupeaux domestiques ont baissé entre 2014 et 2015 (source), dans les Hautes-Alpes comme sur l’ensemble du territoire français. Rappelons également que 20 % des troupeaux des Hautes-Alpes ne bénéficiaient toujours d’aucun moyen de protection en 2014 (source) et que leurs pertes représentaient 38 % des pertes totales du département (pertes indemnisées grâce aux contribuables français). L’Etat ferait mieux d’obliger les éleveurs à protéger efficacement leurs troupeaux en conditionnant l’attribution d’indemnisations à la mise en place de moyens de protection (financés par l’Etat à hauteur de 80%).

La cohabitation passe uniquement par une vraie volonté de protection des troupeaux et en aucun cas par des tirs de loups à tout va, surtout lorsqu’ils sont déclenchés par des actes violents illégaux.

Un loup blessé dans le Dévoluy

Communiqué de la préfecture des Hautes-Alpes, 9 octobre 2015

Le 7 octobre 2015, un tir a été réalisé sur un loup sur la commune de La Cluse.

La recherche au sang effectuée le jour même et le lendemain, bien qu’approfondie, n’a pas permis de retrouver l’animal qui a reçu a priori une balle au ventre.

Au regard de ces éléments, l’individu a de fortes chances de ne pas survivre et est décompté du plafond de loups dont la destruction est autorisée pour la période 2015 – 2016.

C’est un chasseur, lors d’une battue au cerf et au sanglier, qui a tiré. C’est le 7 ème loup abattu sur ordre du gouvernement français pour la saison 2015-2016 et le 2ème pour les Hautes-Alpes. L’arrêté préfectoral de tir en prévoit un troisième mais nul doute qu’un nouvel arrêté de tir sera pris si ce troisième loup est abattu.

Le loup est une espèce protégée en France…

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