Déjà adopté il y a plus d’une semaine par les députés de l’Assemblée nationale, le projet de loi d’urgence agricole sera bientôt soumis au vote des sénateurs. Parmi ses nombreuses mesures écocides et contre-productives, le loup est particulièrement visé par ce nouveau texte, qui occulte par la même occasion les difficultés réelles et structurelles affectant profondément le monde agricole. Une fois encore, il est plus facile de désigner le loup comme responsable que de remettre en question des décisions politiques défaillantes.
Sous prétexte de vouloir améliorer la protection des troupeaux et dans le sillage du déclassement du loup par l’UE, ce texte prévoit « un cadre spécifique sur le statut du loup », « distinct et moins strict que le régime général des espèces protégées ». Une telle évolution entraînera inévitablement une facilitation des tirs, jusqu’à leur autorisation dans les réserves naturelles nationales (RNN).
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Parmi les autres mesures les plus préoccupantes pour la survie de l’espèce figurent l’abandon de l’autorisation préalable pour effectuer des tirs de défense lors de prédations sur des bovins (comme c’est déjà le cas pour les ovins depuis peu), l’introduction de la notion de « présomption de tir de défense légitime » en cas « d’attaque imminente », ainsi que l’autorisation de l’utilisation de lunettes de tir à visée nocturne ou thermique.
Cette loi et ses nouvelles dispositions constituent un affaiblissement sans précédent de la protection des loups en France. L’État ne prend même plus la peine de dissimuler sa volonté d’éradication de l’espèce.
Par ailleurs, le texte ne mentionne jamais la protection des troupeaux ni l’accompagnement des éleveurs dans leurs démarches de prévention de la prédation. La gestion de l’espèce semble désormais se résumer aux différents dispositifs de tirs et de « destruction ». Pour rappel, les tirs de loups n’ont jamais prouvé leur efficacité face à la prédation, contrairement aux moyens de protection tels que les clôtures électriques, la présence humaine ou les chiens de protection.
Ces mesures ne feront que fragiliser davantage une population lupine encore très vulnérable, qui stagne depuis 2022 autour de 1 000 individus. Un chiffre qui risque de décroître rapidement dans de telles conditions. Le Conseil européen[1] et l’OFB-CEFE[2] alertent sur le risque réel de baisse de la population en cas d’augmentation du nombre de destructions de loup autorisées annuellement.
Ce texte doit encore être examiné par le Sénat. FERUS ne laissera pas le loup devenir le bouc émissaire d’un problème structurel de la profession agricole. La voie de la cohabitation est possible, comme le prouvent chaque jour nos actions.
[1] Évaluation de l’état de conservation du loup (Canis lupus) en Europe, Conseil européen, T-PVS/Inf(2022)45
[2] État de conservation du loup en France, CEFE-OFB, 2025
Depuis plus de 20 ans, FERUS agit pour la cohabitation entre le loup et les activités humaines au travers de ses programmes de bénévolat PastoraLoup et Parole de Loup. Rejoignez-nous !















