Ce vendredi 9 janvier lors d’une conférence de presse à Paris, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, entre autres, l’augmentation du plafond autorisé de tirs de loups de 10 %. Cela revient à annoncer vouloir autoriser la destruction d’une part toujours plus importante de la population lupine et de glisser vers un « régime de régulation de l’espèce », qui risque de mettre l’espèce en grave danger. Nous condamnons fermement cette annonce : l’augmentation des tirs létaux ne règle pas les défis du monde de l’élevage et risque, au contraire, d’aggraver la situation.
Les tirs ne sont pas une solution !
Le loup est une espèce protégée sur le plan national et européen. Malgré cela, l’État français ne cesse d’assouplir les cadres légaux de destruction, autorisant chaque année des prélèvements importants de loups. Mais multiplier les tirs létaux ne réduit pas les risques de déprédations sur les troupeaux domestiques : la destruction des meutes peut, au contraire, perturber l’organisation des loups et conduire à plus de dégâts. Une telle politique envoie un message inquiétant sur la valeur que l’État accorde à la Nature et sa protection, au mépris des engagements internationaux de la France (Convention de Berne, Directive Habitats) qui exigent de maintenir un état de conservation favorable de l’espèce.
Nous réclamons :
- Une gestion équilibrée, fondée sur la prévention et la protection des troupeaux, plutôt que sur la multiplication de tirs qui a de grandes chances de marquer un coup d’arrêt dans le développement de la population lupine, selon plusieurs études ;
- La prise en compte systématique des données scientifiques les plus récentes sur l’évolution de la population lupine française et européenne ;
- Le renforcement des sanctions en cas de destruction illégale ou d’incitation à destruction ;
- L’obligation à effectuer des tirs d’effarouchement, comme prévu dans le Plan National Loup et activités d’élevage, avant tout tir létal ;
- De stopper les tirs létaux systématiques, en particulier dans les départements de présence nouvelle de l’espèce, afin d’y privilégier les moyens de protection des troupeaux et l’effarouchement ;
- De mettre en place l’expérimentation de nouvelles techniques d’effarouchement ;
- Le retour à l’autorisation des tirs létaux seulement si des moyens de protection qui ont fait leurs preuves sont mis en place par les éleveurs : clôtures électriques, chiens de protection et présence humaine ;
- De mettre en place un véritable accompagnement anticipé et renforcé des éleveurs d’ovins, caprins, mais également bovins et équins dans les nouveaux territoires de présence du loup, seule solution pour prévenir efficacement les dommages, comme nous le réclamons depuis longtemps ;
- De favoriser le développement et le financement de programmes de cohabitation entre les éleveurs et le grand prédateur ;
- De prendre des mesures concrètes pour protéger les loups et assurer une meilleure coexistence avec l’élevage en France ;
Agissez dès maintenant !
Le débat sur le loup ne se résume pas à une opposition binaire et stérile entre agriculteurs et associations de protection de la Nature, mais il engage aussi toute la société civile sur notre capacité à vivre avec les grands prédateurs, dans le respect de la biodiversité, des activités humaines et du bien commun.
Signez la pétition « Non à l’abattage du loup en France ! » qui demande au gouvernement de revenir sur les autorisations des tirs qui se libéralisent dangereusement et de favoriser une gestion équilibrée, scientifique et respectueuse de la faune sauvage.
➡️ Signez la pétition en cliquant ici
Depuis plus de 20 ans, FERUS agit pour la coexistence entre le loup et les activités humaines au travers des ses programmes de bénévolat PastoraLoup et Parole de Loup. Rejoignez-nous !













