Tirs de loups : la politique française ridiculisée par une étude | FERUS

Tirs de loups : la politique française ridiculisée par une étude

louve emporisonnée février 2013

Photo © Anthony Kohler

A l’heure où l’état français s’acharne encore et toujours à tuer des loups dans l’objectif de protéger les troupeaux, les résultats d’une étude remettent totalement en cause la pertinence d’une telle stratégie.

Tirs de prélèvement à gogo, brigade anti-loups à tout va, chasses en battue, utilisation détournée des opération de suivi pour mieux traquer les loups : l’arsenal juridique et humain mis en place par le gouvernement pour supprimer des loups est impressionnant. Sauf que, sauf que… cela ne sert à rien, c’est même plutôt contre-productif. Et ce n’est pas les associations de protection de la nature qui le disent mais des scientifiques internationaux.
L’étude «Predator control should not be a shot in the dark» a été menée par une équipe internationale de chercheurs provenant des Etats-Unis, de Slovénie et d’Afrique du Sud. Elle compile les résultats de différentes études déjà publiées. Ils sont éloquents : 
 
• Les méthodes létales (comme la chasse, les appâts empoisonnés ou les pièges) ont pour effet d’aggraver les problèmes existants : dans 43% des cas, les abattages n’ont aucune utilité, aucun impact. Et dans 29% supplémentaires, ils accroissent les attaques. Enfin dans les 29 % restants, ils les réduisent. L’abattage des loups fait augmenter ou reste sans effet sur le nombre d’attaques du bétail dans plus de 70% des cas.
• Les méthodes non létales (comme l’utilisation de chiens de protection des troupeaux et/ou de systèmes d’effarouchement visuels tels que les fladry) obtiennent de biens meilleurs résultats : dans 80% des cas étudiés, les pertes d’animaux d’élevage ont été nettement réduites.
 
Le détail de l’étude
 
Concernant le loup, les chercheurs ont synthétisé les résultats de six études. Dans quatre d’entre elles, des chiens de protection et des systèmes de type Fladry ont été utilisés, avec à la clé une réduction des attaques.
Dans deux autres, avec des méthodes létales, seule une, en Amérique du Nord, a amené à un résultat positif, avec moins d’animaux d’élevage tués. La seconde, conduite en Slovénie, n’a eu aucun effet sur la prédation. 
 
Bref, l’efficacité des tirs est loin d’être démontrée. Il est donc irresponsable et inutile de continuer à mener une telle politique. Souhaitons que Ségolène Royale en prenne acte !
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