FERUS

40 nouveaux loups à tuer : les Français ont pourtant dit non une fois de plus

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Photo Morgane Bricard

Depuis juillet 2017, l’État français autorise de nouveau la possibilité d’abattre 40 loups (à ce jour, 22 loups ont déjà été tués). Auparavant, conformément à la législation, une consultation publique a été lancée pour recueillir les avis des Français. Les résultats de la consultation viennent d’être publiés. En l’espace de 3 semaines, 6047 avis ont été déposés, soit le double que pour la consultation du projet d’abattage 2016-2017. Une nouvelle fois, la très grande majorité (si ce n’est la quasi totalité) se sont exprimés contre le nouveau projet d’abattage : 98 % contre (en comparaison, 90 % étaient défavorables pour 2016-2017).

Les opposants au projet ont surtout mis en avant le statut de protection du loup, l’inutilité des tirs et l’insuffisance des mesures de protection.

Voir les résultats de la consultation ==>> ICI

Par ailleurs, vous pouvez consulter les motifs de la décision d’adoption du projet ICI. On notera la conclusion : « La dérogation à hauteur de 40 spécimens de loups ne nuira pas au maintien de l’état de conservation favorable de la population de loups en France, telle qu’elle est connue actuellement. » Il faut être vraiment clairvoyant pour en être certain, surtout que l’expertise collective du Muséum National d’Histoire Naturelle et de l’ONCFS (commandée par le ministère de l’Environnement) dit justement le contraire ! Mis à part 2017, les années précédentes ont d’ailleurs montré une stabilisation de la population, probablement dû, du moins en partie, à la hausse des tirs de loups.

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Face à face avec le lynx

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Photo Antoine Rezer

Face à face avec le lynx. Par Antoine Rezer

Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°61 (septembre 2016)

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Presque un an s’est écoulé depuis ma rencontre avec « Plume », une jeune femelle lynx. Je rejoins aujourd’hui, seul, une petite crête où passent souvent les lynx du secteur. Mais pas de neige cette année pour confirmer leurs passages récents. Le temps s’écoule, les averses de neige se succèdent mais elle ne tient pas au sol, je commence à avoir froid. Je me décide à bouger. Je cache une partie du matériel photographique et vais au dessus de la falaise des faucons pèlerins où j’observe la femelle. Trop tôt dans la journée pour y entendre le grand duc.

Je reviens finalement vers la crête. Le temps passe, je me mets à somnoler. Un craquement léger derrière moi me réveille. Je me retourne et il est là, le lynx si souvent invisible, à cinq mètres, peut­ être même moins ! C’est sans doute le mâle du secteur (confirmé depuis). Il est magnifique, majestueux.

L’animal fait un ou deux pas de plus vers moi et s’arrête. Il a l’air tout étonné de me voir sur son chemin. Moi aussi, même si je l’attendais ! La probabilité pour le voir est tellement faible. Le face à face ne dure qu’une dizaine de secondes, de longues secondes !

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Les anti-loup jamais contents malgré les tirs et les subventions

loups-sainte-croixCommuniqué de CAP-Loup (dont FERUS est membre fondateur), 9 octobre 2017

Refusant d’être incités à protéger leurs troupeaux en contrepartie d’aides financières massives, les éleveurs anti-loup manifestent aujourd’hui contre les minuscules avancées du prochain « plan loup » qui leur reste pourtant très favorable et très anti-loup.

Les travaux préparatoires au prochain « Plan national loup 2018-2023 », menés par l’État depuis le début de l’année, laissent clairement entendre que ce plan, en cours de finalisation, reprendra l’essentiel des mesures du précédent plan 2013-2017 : abattage massif de loups (avec pour seule limite de ne pas dépasser un seuil théorique garantissant la « viabilité » de l’espèce) ; subventions massives aux éleveurs pour la protection du bétail (salaire des bergers, clôtures, chiens de protection et leur nourriture, cabanes pastorales) ; indemnisation en cas de prédation imputée au « loup non exclu » (c’est-à-dire même par défaut en l’absence de preuve).

Les syndicats agricoles rejettent la principale nouvelle mesure consistant à n’indemniser que les éleveurs qui ont théoriquement mis en place des moyens de protection de leur troupeau. Jusqu’alors, les éleveurs sont indemnisés sans aucune condition, même s’ils ont laissé leur troupeau sans protection (la loi n’impose ces moyens qu’avant d’autoriser l’abattage des loups, sans que ceci soit vérifié sur le terrain). De quoi les anti-loup ont-ils peur ? Ils répètent pourtant depuis le début qu’ils font tout pour protéger leur bétail… Rien ne garantit toutefois que cette mesure de bon sens, que nous réclamions depuis longtemps, sera mise en œuvre efficacement, car l’État dit ne pas vouloir contrôler sur le terrain le bon déploiement des moyens de protection subventionnés.

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La Gazette des grands prédateurs n° 65 (septembre 2017)

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Éditorial 65

couvgazette65Septembre 2017

Éditorial par Bertrand Sicard, vice-président de FERUS

Un été chaud, beaucoup de questions et une forte attente…

C’est moins de la température dont je parle que des multiples altercations et violences dont sont victimes les protecteurs de la nature qui ont eu lieu cet été. Nous pourrions citer l’agression de notre ami Pierre Rigaux, violemment pris à partie par des éleveurs en Aveyron, les agents de l’ONCFS accueillis à coups de fusil lors d’un constat sur troupeau dans les Pyrénées ou la violence inouïe des débats sur les réseaux sociaux qui interdisent les filtres de l’écoute et de la courtoisie.

Nous dénonçons ces actes, mais nous sommes en droit de nous interroger sur cette brusque poussée de violence. La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique en serait-elle la cause ? Ou serait-ce plutôt les atermoiements répétés de l’Etat qui renforcent la détermination et le sentiment d’impunité des antis-nature ? Car l’Etat ne cesse de tergiverser : pour les grands prédateurs, point de stratégie, point d’attention, point de considération.

A l’automne dernier, tout était prêt pour relâcher une ourse en Béarn, les acteurs locaux y étaient favorables. Mais la ministre de l’Ecologie en personne a fait échouer le projet au dernier moment. Après une kyrielle de rendez-vous qui semblaient prometteurs au ministère à propos de l’inquiétante disparition du lynx dans les Vosges, rien n’a jamais été fait. Et pour le loup, c’est bien pire : après deux ans de travaux en collaboration avec le ministère en vue de proposer les meilleures mesures à appliquer pour une cohabitation bien vécue, il nous a été annoncé que tout serait remis à plat. Nous sommes revenus à la case départ. Nous, amoureux et défenseurs de la nature, avons le sentiment d’être menés en bateau.

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Premiers louveteaux près de Rome depuis plus d’un siècle

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Les deux louveteaux photographiés à Castel di Guido. Photo LIPU

Ce 24 septembre, les pièges photos installés par la Ligue italienne pour la protection des oiseaux (LIPU) dans la réserve naturelle de Castel di Guido ont révélé la bonne nouvelle tant attendue : au moins deux louveteaux sont nés, à seulement quelques kilomètres à l’ouest de Rome.

Ça fait plus d‘un siècle qu’aucune naissance de louveteaux n’avait été enregistrée sur le territoire de la municipalité de la capitale italienne.

C’est en 2013 que le suivi de l’espèce a commencé dans la réserve et ses environs lorsque des excréments et des pièges photos ont montré la présence d’un premier loup qui a été alors baptisé Romulus.

Il a vite disparu mais un autre loup est arrivé en 2014 (Numa) puis une louve en 2016 (Aurelia). Ces deux animaux étaient ensemble durant l’été 2016 et, cet été 2017, la femelle avait été photographiée les mamelles bien visibles, preuve d’une reproduction.

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Les humains et le changement climatique ont conduit au déclin de l’ours brun durant l’Holocène

ours réchauffement climatiqueLes ours bruns ont largement disparu d’Europe durant ces 12 000 dernières années. D’après une étude publiée en septembre 2017 dans Nature, c’est à la fois l’action de l’homme et le changement climatique qui ont fait régresser l’espèce.

D’après les restes de 38 populations d’ours, les chercheurs ont mis en évidence que les hivers plus chauds avaient été un facteur clé de réduction du taux de reproduction chez l’ours brun. Paradoxalement, les ourses ont en effet dépensé plus d’énergie corporelle lors de leur sommeil hivernal, hibernant moins profondément et réduisant ainsi leur succès reproductif.

Dans le même temps, le réchauffement climatique a permis aux humains l’utilisation de terres au climat auparavant inadapté, accélérant ainsi la chasse et la perte d’habitat des ours.

Les premières extinctions locales se sont produites dans le sud-ouest de l’Europe il y a 5000 à 7000 ans. Mais c’est pendant l’Empire romain que les extinctions à grande échelle ont commencé, il y a 2000 ans, ce qui suggère l’impact complexe des humains et du réchauffement climatique.

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La chasse aux loups sans limite est lancée dans les Asturies (pétition)

loup ibérique getty

Loup ibérique. Getty images

asturiesDepuis ce 15 septembre 2017, dans un tiers de la communauté autonome des Asturies (Espagne), les loups peuvent être tués par les chasseurs sans aucun quota, tout au long de l’année et sans aucun contrôle. Les louveteaux et les femelles gestantes peuvent aussi être tirés.

Cette zone d’environ 3300 km², au nord-est de la principauté, est dorénavant classée « zone sans gestion spécifique ». Le but du gouvernement asturien est de créer une zone sans loups, une mesure totalement injustifiable vu que la prédation des loups sur les troupeaux domestiques a baissé de 40 % cette année et ne touchent même pas 1 % du cheptel domestique régional selon les chiffres diffusés par le WWF Espagne. Ces dernières années, le nombre d’exploitations affectées est d’environ 5 % et le montant des dégâts est de moins de 0.4 % du revenu agricole régional.

Si le loup est classé « gibier » dans la communauté de Castille-Léon, ce n’est pas le cas dans celle des Asturies où l’espèce est protégée. Jusqu’à présent, seuls les agents assermentés pouvaient ponctuellement tuer des loups.

C’est notamment pour cette raison que cette chasse aux loups indiscriminée est jugée illégale par le WWF Espagne qui a dénoncé l’affaire devant le Bureau de l’Environnement. Ce dernier vient d’ouvrir une enquête.

Le WWF Espagne a lancé une pétition (près de 40 000 signatures à ce jour) à l’intention de M. Javier Fernández, président du gouvernement des Asturies.

Dans les champs marqués d’un astérisque, indiquer votre prénom (nombre), votre nom (apellidos), votre email, votre ville ou code postal (dni) et Francia pour le champ « pais ». Puis cliquez sur « actua ». Merci pour votre participation !

Signez la pétition !

carte asturies zonage

En rayée, la zone décrétée « zone sans gestion spécifique »

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Le pastoralisme est-il bon pour la montagne ?

Pâturage Dévoluy Alpes

Brebis dans le massif du Devoluy (Hautes-Alpes) © Pierre Rigaux

Article de Pierre Rigaux publié en septembre 2016 sur le blog « Défi Écologique ».

« Les moutons entretiennent les montagnes ». L’image est ancrée aussi solidement que le Mont Bego dans le Mercantour. Mais le pastoralisme est-il vraiment aux petits soins des reliefs ? Quels sont les impacts de l’élevage ovin sur les écosystèmes alpins ?

Le pastoralisme, de quoi parle-t-on ?

Le pastoralisme est un mode de production de viande, de lait ou autres « produits animaux », grâce à l’élevage d’un bétail envoyé paître dans la nature. Étymologiquement, ces bêtes sont gardées par un pasteur, un berger. Leur alimentation est en partie offerte par le fourrage spontané des espaces dits naturels ou pastoraux. Le code rural précise que l’utilisation de ces espaces est « extensive et saisonnière ». A d’autres périodes de l’année, le bétail peut être engraissé dans des prairies cultivées ou dans des bâtiments.

Lire la suite –> ICI.

 

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Table ronde pastoralisme : Ferus apporte des précisions

troupeau ariège mouton

Troupeau en Ariège © Sabine Matraire

Communiqué FERUS, 26 septembre 2017.

TABLE RONDE SUR LA SAISON D’ESTIVE 2017 BOYCOTTÉE

Le monde de l’élevage ne doit pas se dérober

12 points et 22 témoignages

Ces dernières semaines, certaines branches du pastoralisme ariégeois semblent avoir perdu la mesure de la situation. Un dérochement sur troupeau, non protégé 20 ans après le retour de l’ours, a été monté en épingle tout l’été comme si le glas du pastoralisme ariégeois avait sonné.

Quand l’élevage pyrénéen perd chaque année en estives, en dehors de tout ours, 18 à 30 000 ovins sur 570 000, est-il sérieux de ne retenir que ces 209 victimes soit moins de 1% pour déclarer le pastoralisme ariégeois en danger de mort ? 1000 brebis meurent chaque semaine dans les Pyrénées françaises en dehors de la présence de tout ours ! (enquête Pays de l’ours ADET avril 2016)

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