Bientôt 500 loups en France ? Et alors ?

Photo Morgane Bricard

Note de FERUS  :

Bientôt 500 loups en France ? Et alors ? Ce chiffre reste bien faible pour une espèce en voie de colonisation dont le retour a débuté il y a près de 30 ans. Et toujours aucune reproduction constatée en dehors du noyau alpin / méditerranéen, ce qui n’est pas normal. D’autre part, si le plan loup de l’État français a pour but d’atteindre « un seuil de viabilité de la population fixé à 500 spécimens »,  l’expertise collective commandée par les pouvoirs publics français indiquent : « 500 a longtemps été considéré nécessaire pour préserver le potentiel évolutif et réduire suffisamment les problèmes de dépression de consanguinité. Les généticiens considèrent aujourd’hui qu’il s’agit d’une sous-estimation, et recommandent des tailles efficaces de l’ordre de 1000-5000 ». Ou encore « pour permettre à la population de s’adapter aux changements futurs et ainsi assurer sa viabilité sur le long terme, un effectif de 2500 à 5000 individus adultes constitue le minimum nécessaire. »

Le loup reste donc toujours vulnérable en France. Et ce ne sont pas les tirs de loups toujours plus nombreux autorisés par l’État qui vont arranger la situation.

FERUS reste vigilant quant au ré-examen du dispositif de gestion (comprenez les tirs de loups) déjà annoncé par les pouvoirs publics si ce seuil de 500 loups est atteint…

Communiqué de l’ONCFS, 6 décembre 2012 : « Croissance de la population de loup : un premier seuil de viabilité en passe d’être atteint

Le réseau Loup-lynx de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) vient de publier les résultats de son suivi estival, ainsi que la carte de présence communale , tous deux éléments riches de nombreux enseignements. Pour rappel, le ministère en charge de l’Ecologie a chargé l’établissement public d’assurer le suivi de l’espèce concernée (Canis lupus), et de publier régulièrement des indicateurs de tendance démographiques vérifiés et fiables. Il importe en effet de connaître au mieux l’évolution temporelle de la répartition du loup sur le territoire français afin d’évaluer son état de conservation et de fournir aux pouvoirs publics et aux acteurs les éléments nécessaires à la prise des décisions de gestion.

Ainsi, le réseau Loup-lynx de l’ONCFS fournit trois indicateurs complémentaires :

  • La structuration des meutes et des zones de présence permanente (sous la forme d’une carte nationale) ;
  • Une carte de présence de l’espèce à l’échelle communale ;
  • Une estimation des effectifs en sortie d’hiver.

 

Cet été, le nombre de zones de présence permanente demeure sur une tendance croissante confirmant les éléments issus du suivi hivernal. En effet l’expansion démographique se poursuit avec 85 zones de présence permanente, ZPP, dont 72 meutes (le dernier bilan hivernal faisait état de 74 ZPP dont 57 meutes). Cette croissance de la population se traduit en premier lieu par un renforcement de la population dans le secteur alpin et provençal via le comblement des interstices entre les meutes présentes. Dans le même temps, la population explore de nouveaux territoires, comme l’illustre la carte communale. Il est à souligner le caractère opérationnel et réactif du réseau. En effet, l’arrivée du loup dans un nouveau territoire est particulièrement sensible au regard des atteintes potentielles à l’élevage. A chaque fois que le réseau Loup-lynx identifie de nouveaux indices de présence, les autorités en sont averties. Elles informent les parties prenantes afin que les mesures de prévention et d’accompagnement soient mises en place.

L’ONCFS est sous double tutelle des ministères en charge de l’Ecologie et de l’Agriculture
Au sortir de l’hiver 2019, on en saura plus sur l’estimation des effectifs. Comme pour toutes les espèces, au cours d’une année, les effectifs de loups varient : au printemps et à l’été, il y a les naissances, mais seule une partie des juvéniles survit à l’hiver. C’est l’estimation des effectifs en sortie d’hiver qui est prise comme référence pour évaluer le taux de croissance ou de décroissance de la population lupine.

Au vu de l’évolution des données issues du suivi hivernal (2017/2018) et du suivi estival 2018, il est probable que l’estimation de l’effectif en sortie d’hiver 2018/2019 dépasse les 500 loups. Ce chiffre correspond à un premier seuil de viabilité de la population (seuil de viabilité démographique). Pour mémoire le gouvernement s’était fixé comme objectif d’atteindre ce seuil de 500 loups à l’échéance du présent plan loup, soit 2023 et a pris l’engagement de réexaminer le dispositif de gestion une fois l’objectif atteint. L’ONCFS travaille d’ores et déjà pour être en mesure de nourrir les réflexions pour la révision des modalités de gestion si cette évolution se poursuit cet hiver. « 

Les commentaires sont fermés.