Bientôt des ours en Béarn ? Pourquoi ces lâchers ?

L’ours Balou, relâché dans les Pyrénées en 2006. Photo Ministère de l’Écologie

Communiqué de FERUS, 12 février 2018

 Pourquoi lâcher des ourses en Béarn ?

Face à la prose, pour ne pas dire l’irresponsabilité, de certains élus/opposants et dans le respect de l’opinion des Français et des Pyrénéens largement favorables à la sauvegarde de l’ours dans les Pyrénées, FERUS souhaite faire un point sur les raisons de lâcher rapidement des ourses en Béarn.

Liste non exhaustive, tant les raisons de renforcer la population occidentale d’ours sont nombreuses :

– La fin de l’ours en Pyrénées occidentales est en train de se produire, il ne reste que 2 mâles ; la disparition de ce mammifère sur plus du tiers de son aire de répartition dans les Pyrénées entraînera sur ce grand secteur la perte d’une tradition de cohabitation (bergers, patous…) ;

– L’ours n’a jamais disparu de ce secteur. Les dernières femelles sont mortes de causes humaines. L’Homme se doit de réparer son préjudice ;

– Plus largement, en 2017, l’Union Internationale de la Conservation de la Nature réaffirme que l’ours en France est en danger critique d’extinction. En 2013, la dernière expertise scientifique, commandée par le gouvernement et menée par le Muséum national d’histoire naturelle, aboutit à la nécessité absolue de renforcer la population d’ours en Pyrénées occidentales et en Pyrénées centrales par le lâcher de plusieurs femelles ;

– Par an, les dégâts du fait de l’ours sont de l’ordre de 200 ovins sur 18 000 à 30 000 pertes estivales d’ovins toutes causes dans les Pyrénées ;

– Les contraintes liées à l’ours sont plus que compensées par le programme d’accompagnement associé (le plus complet du monde) : transport de matériel par muletage et héliportage pour les cabanes isolées, prêt de téléphones, financement de plusieurs centaines de postes de bergers, de restauration des cabanes, de clôtures de protection, de chiens de protection, intervention de bergers d’appui compétents et expérimentés… Toutes ces mesures ont été mises en place pour organiser la cohabitation homme-ours, et leurs bénéfices dépassent très largement les contraintes générées par la présence de l’ours ;

– Chaque été, nous sommes sur le terrain au plus près de la population. Au delà de l’acceptation de l’ours que nous savons majoritairement favorable, un autre aspect finalement assez lié se confirme depuis quelques années : l’appropriation !

Ce sentiment est grandissant : les Pyrénéens s’approprient les ours. Des naissances ont lieu chaque hiver en Pyrénées centrales et les gens en entendent parler via les médias. Quand le mot « ours » est prononcé, les Pyrénéens parlent spontanément de ces naissances, et très souvent ils s’en réjouissent. Nombreux Pyrénéens connaissent même les noms de quelques ours vivant actuellement dans les Pyrénées.

Les ours et leurs descendances issus des lâchers en Pyrénées centrales de 1996/1997 et 2006 font désormais partie intégrante du patrimoine naturel des Pyrénées. L’ours était et reste pour la plupart, et même pour des opposants au renforcement, un animal emblématique des Pyrénées.

« Les Pyrénées, sans ours, ne seraient plus les Pyrénées !»

Tout semble réuni pour poursuivre la restauration de la population d’ours dans les Pyrénées, grâce à de nouveaux lâchers, avec une urgence en Béarn.

FERUS invite le gouvernement, qui étudie la possibilité de lâcher des ourses en Béarn, à ne pas céder à la pression d’une minorité et à agir rapidement. La restauration d’une population d’ours viable dans les Pyrénées sera un indicateur de la réalité de la transition écologique promise et souhaitée par une très grande majorité de Français.

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