La Coordination Rurale met-elle en place une triche à l’indemnisation ?

Photo Anthony Kohler

Communiqué de presse de CAP Loup (dont FERUS est membre fondateur) – 17 mai 2018

La Coordination Rurale incite officiellement les éleveurs à maquiller les dépouilles de leurs animaux pour s’assurer que les loups seront considérés comme responsables et être indemnisés. Face à tant de malhonnêteté, CAP Loup demande à Nicolas Hulot de réviser les dispositions du Plan loup basées sur la confiance aux éleveurs.

Dans une brochure officielle, le syndicat Coordination Rurale invite les éleveurs à enfoncer un stylo bille dans les plaies avant l’arrivée des agents chargés du constat de terrain pour « fermer la porte à l’habituelle réponse « Ce n’est pas un loup » » :

« À l’aide d’un scalpel ou d’une lame de rasoir, au niveau du cou, coupez soigneusement la peau sur 15-20 cm pour faire apparaitre clairement la morsure en veillant à ne pas compromettre la constatation officielle ; Présentez un stylo à bille dans un des trous laissés par les crocs, puis l’enfoncer jusqu’au fond (environ 2 phalanges) ».

Suivre cette procédure, susceptible d’élargir et d’approfondir les lésions, pourrait permettre de transformer une morsure quelconque sur un cadavre de brebis en morsure de loup, et d’ainsi duper les agents.

Dans sa bêtise, cette brochure a le mérite de faire apparaître au grand jour ce que prônent régulièrement tout bas certains éleveurs. Rappelons qu’en cas de prédation imputée au loup, ils sont indemnisés même s’ils ne protègent pas leurs troupeaux et même s’ils reçoivent déjà beaucoup d’argent public pour le faire (subvention des clôtures, des chiens de protection et leur nourriture, du salaire des bergers, des cabanes pastorales, etc.)

Les associations de CAP Loup, représentant 200 000 adhérents, ont écrit au ministre pour lui demander : 1/ d’appeler les agents de l’État au refus d’établir un constat si une telle manigance est observée, 2/ de retirer toute indemnisation et toute subvention aux auteurs de ces triches, 3/ de ne pas mettre en œuvre l’Action 3.2 du « Plan loup » visant à laisser aux éleveurs la possibilité de réaliser eux-mêmes les constats de prédation (!).

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