Le bulletin du Réseau Lynx

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Photo © Anthony Kohler

couv-bull-lynx-20Bulletin d’information du Réseau Lynx n° 20 (1/12/2014 – 31/03/2015) / Edito

Une tendance géographique contrastée…

Cela fait désormais quatre ans que l’équipe d’animation du réseau a mis en œuvre une nouvelle méthode de cartographie de l’aire de présence du Lynx. Plus réactive en termes de mise à jour que les bilans triennaux réalisés auparavant, cette approche distingue, un peu comme pour le loup, les zones en présence dite « régulière » versus celle dite « occasionnelle ».

Pour mémoire, les mises à jour se font désormais sur une base annuelle, et reposent sur un principe d’estimation de l’aire  occupée qui concilie à la fois la nécessité d’avoir un bilan à pas de temps plus fréquent qu’autrefois, tout en gardant présent à l’esprit que dans les informations de terrain utilisées, il peut parfois y avoir des aléas de détection dont on doit tenir compte le mieux possible. Les spécialistes des méthodes adaptées au suivi des populations d’animaux parlent de faux négatifs (espèce non détectée alors qu’elle est présente) et de faux positifs (espèce déclarée présente à tort). Une simple cartographie annuelle de présence/absence serait par trop sensible à ces biais inhérents à tout système de suivi d’une espèce sauvage ; à l’opposé, une cartographie basée sur des pas de temps trop long (bilans pluriannuels) conduirait à lisser trop fortement les vrais changements d’aire de présence.

Tout est donc une question d’équilibre, ce que tente d’atteindre la méthode actuelle construite sur l’idée d’analyser la récurrence, plus ou moins prononcée, de détection du lynx par période biennales successives, et chevauchantes d’un an (2012-2013 ; 2013-2014…). Les variations observées doivent être interprétées surtout en terme de tendance de fond, plutôt qu’en se focalisant sur les éventuels écarts observés d’une année sur l’autre, et surtout sur l’évolution de l’aire de présence dite régulière.

Vous trouverez donc dans ce vingtième numéro du Bulletin la dernière carte produite à partir de vos données de terrain, ainsi qu’une estimation de l’aire de présence détectée par massif (vosgien, jurassien, alpin). Le bilan que vous découvrirez est contrasté : à l’échelle de l’ensemble de la population, la superficie avec présence régulièrement détectée semble se stabiliser ; mais quand on regarde les choses massif par massif, on réalise que l’hétérogénéité des tendances se confirme, notamment si on compare l’évolution dans le massif jurassien à celle observée en zone vosgienne. D’ailleurs, les données issues du piégeage photographique intensif, obtenues dans le cadre de partenariats techniques locaux (cf. Technique et Recherche, page 15), semblent encore et toujours confirmer les choses dans le même sens.

Quelles que soient les espèces considérées, mais encore plus lorsqu’on parle de grands carnivores vivant sur de vastes superficies, et à relativement faible densité, les populations à effectifs restreints et plus ou moins isolées sur le plan démographique ont souvent la vie dure. Raison de plus pour rester performant sur le terrain (vous !) et derrière les ordinateurs (nous !), de façon à ce que tous ensemble nous parvenions à renseigner aussi rigoureusement que possible le statut du « gros chat »…

L’équipe animatrice du Réseau

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Photo © Roland Clerc

Lire l’intégralité du dernier numéro (n° 20, 1/12/2014 – 31/03/2015) :

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Bulletin lynx 20

AU MENU :

Actualités

  • Le projet « Life Lynx » de réintroduction du félin sur le palatinat Allemand entre dans sa phase opérationnelle
  • Le Centre Athénas et sa cellule de veille « lynx en difficulté »
  • Point de situation 2015-2016 sur les indices de reproduction du lynx dans le département du Jura
  • Destin de lynx, trombinoscope insolite de lynx identifiés par piégeage photographique : Bingo ! Du massif jurassien aux Vosges, il n’y a qu’un pas… de lynx
  • Un projet à l’étude : l’analyse des relations prédateurs – proies entre lynx, chamois, chevreuils… et chasseurs

La vie du réseau

  • La gestion de la base de données photos : une transition difficile…

Technique et recherche

  • Suivi par piégeage photographique du Lynx boréal sur la Réserve Naturelle Nationale de la Haute Chaîne du Jura : session intensive 2015
  • Suivi par piégeage photographique du lynx dans le Massif des Vosges / Session intensive 2015 dans les Vosges du Nord

Paroles de correspondants

  • Mâle ou femelle, une détermination le plus souvent délicate…

Les données du réseau

  • Bilan national d’évolution de l’aire de présence détectée du lynx en 2014-2015
  • Dommages sur les troupeaux domestiques : une évolution quantitative peu marquée en 2014-2015

Pour en savoir plus

  • Le suivi intensif du lynx chez nos voisins helvètes
[ Le bulletin d’information du Réseau Lynx a été à sa création un document d’information et de liaison à destination des correspondants du Réseau. Au fil du temps, en conservant malgré tout son esprit initial, il est devenu le seul document d’information générale sur le suivi de l’espèce en France. Ce bulletin s’adresse donc à tous, qu’ils soient acteurs du dossier lynx ou simplement intéressés par l’espèce. ]

Tous les anciens numéros :


11 commentaires pour Le bulletin du Réseau Lynx

  • slider

    Le lynx existe sans doute dans les pyrénées pourquoi ne le précisent t’ils pas ?

  • Sandrine Ferus

    parce qu’aucune preuve formelle n’a encore été apportée (comme tu le sais sans doute déjà) : cadavre, poils, crottes….. s’il y a du lynx dans les Pyrénées, tant mieux mais ça reste à confirmer de façon certaine

  • slider

    pourtant un piege photographique en a prit un il ya 3 ans en vallée d’osseau.mais peut etre qu’il est au point de disparaitre.On le voyait quelque fois il y a 50 ou 100ans

  • Mathieu Krammer (FERUS)

    Bonjour,

    Cette photographie est très intéressante. Je suis très intéressé pour la voir.

    Concernant la présence du lynx dans les Pyrénées, c’est un débat toujours ouvert entre les scientifiques chargés du suivi de l’espèce (Réseau Lynx de l’ONCFS) et certains naturalistes pyrénéens.

    Mais si l’ONCFS – chargé du suivi de l’espèce en France par le Ministère de l’Environnement, via le Réseau Lynx – ne dispose d’aucune bille (comme cette photo par exemple), il n’est pas étonnant qu’ils ne reconnaissent pas la présence de l’espèce dans le massif…

  • colin

    bonjour slider ,je penses comme toi que tout est reuni dans les pyrennèes pour qu une population de lynx soit viable mais par securitè il vaut mieux pour lui que tout le monde doutent de son eventuelle presence car sinon les affollès de la gachette lui ferons aucun cadeaux alors meme si un de nous sait quelques choses il ne faut surtout pas en parler sauvons lui la vie.

  • Luc

    D’après le bulletin, la situation du lynx en Vosges est très préoccupant. En Vosges du Nord et de l’Ouest il n’a plus d’indices. De l’autre coté en Allemagne (Rheinland Pfalz) on constate la même chose. Fin des années 90, il y avait plusieurs lynx probablement de provenance de France. Maintenant il n’y a plus. Peut-être 1 ou 2.
    Il faudra réagir.
    Article allemand de 2007:
    http://www.swr.de/im-gruenen-rp/-/id=100810/nid=100810/did=3988744/uy9dy1/index.html

  • E.M.

    Comme précisé par la webmestre et par M.K., nous n’avons pour l’instant jamais reçu d’indice de présence fiablement attribuable à la présence du lynx dans les Pyrénées … celà changera peut-être, et nous n’avons pas de position de principe sur le sujet de la présence du lynx là ou ailleurs (e.g. Massif Central). Nous nous cantonnons aux indices correctement renseignés et interprétables … que nous recevons. Pour l’instant nous n’en n’avons pas de ces zones. Les aires de présence documentées sont évidemment des aires de présence minimales, mais comme expliqué dans le Bulletin du Réseau Lynx, nous préférons nous tromper en déclarant à tort l’absence de l’espèce d’une zone donnée, plutôt que de nous tromper en déclarant à tort sa présence. C’est ce qu’on appelle une démarche conservatoire et précautionneuse. Nous ne somme pas dans une approche du style faire à tout prix « la coche » d’une nouvelle espèce à un nouvel endroit pour reprendre une terminologie ornythologique 😉 Dès que des infos fiables de présence de lynx – ou de loup – nous parviennent de nouvelles zones de présence, nous n’hésitons jamais à les rendre publiques … la transparence est la règle d’or en matière de gestion des informations relatives aux grands carnivores … et l’illusion « pour vivre heureux vivons cachés » ne dure jamais longtemps avec ces espèces si particulières.

  • didier Breuillé

    pourquoi ne sanctionnent t’on pas plus sévèrement tout individu qui tue illégalement une espèce protégée en france que ce soit les grands prédateurs (ours, lynx et loups) ou autre. Cela inciterait probablement les autres a plus de retenues.Si des mesures ne sont pas prises rapidement je crains que ces animaux ne puissent colonniser d’autres régions francaises. Ils devraient a ce jour (loups, lynx ), avoir déja parcouru au moins une bonne moitier de la france, et au contraire les effectifs sont, semble t’il en diminution dans bons nombres d’endroits. Comment peut on aujourd’hui tolérer ces attitudes irresponsables? Je pense que ces animaux gènent tout simplement les chasseurs qui voient en eux des concurrents et il leur est insupportable de penser que des prédateurs tuent LEUR gibier. Comment vont ils faire pour assouvir leur soif de meutre legal, pour rentabiliser leur permis de chasse si il n’y a plus assez de gibier pour eux?
    Je ne suis pas contre tous les chasseurs mais simplement contre certains tueurs irracibles sans fois ni lois.

  • turcan

    bravo d’abord à ferus pour son sérieux et son implication! pour réponse à didier breuillé, je crois en ce qui concerne les chasseurs au système EDUCATION-REPRESSION: beaucoup d’éducation! ils ne comprennent pas le role important des prédateurs car ils se sont auto-persuadés qu’ils peuvent les remplacer et malheureusement les pouvoirs publics par leur immobilisme les ont conforter dans ce système de pensée… je n’ai jamais cru que les chasseurs les voient comme des concurrents car ils savent très bien qu’il y a assez de gibiers pour tous dans les zones concernées pour créer des souches viables de prédateurs:je crois juste qu’ils en ont peur parce que tout simplement ils ne les connaissent pas, le cas de l’ourse cannelle est très parlant: ce pauvre bougre a simplement eu peur: j’agresse pour ne pas etre agréssé: celui que je ne connais pas est l’intrus…cordialement.

  • Jacques

    Eh ! EM, faudrait voir à pas confondre les zornithologues avec les zornythorinques -:))