Loup dans le Vaucluse : stop à la surenchère des tirs ! Les associations déposent un recours

Mise à jour du 9 octobre 2020  : ce 9 octobre, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté  le recours en référé de la LPO PACA et de l’association FERUS qui demandaient l’annulation de l’arrêté préfectoral.

  • FERUS et la LPO PACA actent de la décision du tribunal mais  nous ne baissons pas les bras, la procédure se poursuit sur le fond. Nous espérons qu’avec plus de temps de réflexion, le tribunal administratif nous donnera raison.
  • Nous espérons qu’il n’y aura pas de deuxième arrêté si les tirs échouent. En effet, les troupeaux quittent les estives.
  • Les tirs de prélèvements doivent rester une exception et non une option de facilité. L’arrêté cadre ministériel, prévu pour 2020 mais pas encore paru, renforce d’ailleurs les conditions pour déclencher ce type de tir (« Limitation du tir de prélèvement aux cas de dommages exceptionnels, après avis du préfet coordonnateur, en cas d’échec de deux tirs de défense renforcée (art. 22). En lien avec le caractère exceptionnel de ce type de tir, l’envoi au préfet du bilan de chaque opération sera exigé à l’issue de celle-ci et non plus en fin d’année (art. 29). »)

Communiqué de la LPO PACA et FERUS, 6 octobre 2020

Ce 28 septembre, le préfet du Vaucluse a signé un arrêté de tir de prélèvement pour abattre deux loups dans le Ventoux, arrêté modifié le 30 septembre. Les tirs de prélèvement permettent de tuer des loups, loin des troupeaux et hors action de prédation.

Pourquoi une telle décision alors que dans les autres départements, davantage concernés par la présence et la prédation du loup, ce genre d’autorisation est devenu rarissime ?

Si nous comprenons parfaitement les réelles difficultés des éleveurs pour s’adapter à la présence du loup, dans un contexte économique lourd, nous ne pouvons rester inactifs face à cette surenchère destructrice et inutile. Tuer des loups au hasard, loin des troupeaux, risque de déstructurer une meute et amener les loups survivants à privilégier la prédation d’animaux domestiques, plus facile d’accès pour des individus isolés. Moins de loups et plus d’attaques, une logique insensée, qui ne profite ni aux éleveurs, ni à la nature !

Par ailleurs, début septembre, le préfet du Vaucluse a déjà signé un arrêté de tir de défense renforcée dont le but est d’abattre un loup à proximité d’un troupeau. Cet arrêté est encore en cours et ce genre de tir s’est révélé redoutablement efficace*. Pour les associations, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt réel de cette nouvelle autorisation de tir de prélèvement alors que les troupeaux vont quitter les estives. La préfecture a-t-elle cédé à d’autres pressions que celles des éleveurs ? Veut-elle empêcher l’installation naturelle de l’espèce dans le secteur ?

Face à cette réponse surdimensionnée, inutile et contre-productive, la LPO PACA et FERUS vont déposer un recours au Tribunal administratif de Nîmes.

Le loup est un maillon indispensable de la bonne santé des espaces naturels, en particulier forestiers. Si la cohabitation avec l’homme peut être difficile, tout doit être mise en œuvre pour la faciliter.

* En 2020, 79 loups ont déjà été abattus dont une majorité en tir de défense renforcée (quelques autres en tir de défense simple). Il n’y a que deux arrêtés de tirs de prélèvement actuellement actifs en France (dans le Var).

 

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