Parole d’ours 2016 : des lâchers d'ours fortement plébiscités

PO 2016 - Fete du fromage d'Etsaut - photo Ferus (5)

Parole d’ours en action – Fête du fromage d’Etsaut

Communiqué de presse de l’association FERUS, 30 novembre 2016

Parole d’ours 2016 : des lâchers d’ours fortement plébiscités

A l’occasion du programme Parole d’ours 2016, la parole était de nouveau donnée à la population dans les Pyrénées et 714 personnes ont ainsi été interrogées via une question ouverte : « Qu’avez-vous envie de dire aux élus investis en faveur du retour de l’ours en Pyrénées centrales ? » ou une version adaptée pour le Béarn. (Cf. Bilan complet sur www.ferus.org).

Les messages adressés aux élus sont très variés mais les tendances qui se dessinent sont sans équivoque. La légitimité de l’ours dans les Pyrénées arrive très naturellement dans les conversations. Pour Paul, 69 ans, maire adjoint en Ariège, qui encourage les élus à poursuivre, « L’ours a toujours fait partie de notre environnement. Ne rien faire c’est comme enlever les lions de la savane ». David, 46 ans de Bedous (64), pense qu’il « faut prendre conscience que l’ours fait partie du patrimoine Pyrénéen ».

L’enquête a permis de constater que tout le monde n’a pas connaissance des mesures d’accompagnement à l’élevage, rendant pourtant possible la cohabitation ours/hommes. Les sondés sont très étonnés de savoir que les mesures de prévention (chiens de protection, clôtures électriques, bergers…) et les indemnisations font de ce système le meilleur en Europe. Il est même arrivé que nos bénévoles apprennent à des éleveurs ou bergers qu’ils pouvaient bénéficier de ces aides en zone à ours. Pour Sylvie, 44 ans de Vallet (44), « Il faut que les agriculteurs des Pyrénées centrales témoignent de la cohabitation auprès de ceux des Pyrénées occidentales ».

Pour une grande majorité, « poursuivre ce qui a été commencé par les élus en Pyrénées centrales, sur l’ensemble du massif » est primordial. C’est comme si tout ce travail impulsé par les associations de protection de la nature, et porté par les élus, était inachevé, resté en suspens. Pour Vincent, 44 ans de Outrean (62), « Maintenant que la réintroduction a été commencée, il faut aller au bout des choses, avoir un peu de courage politique ». Elisabeth, 46 ans, de Latour (31) va plus loin. Pour elle, « Il ne faut pas céder aux lobbies ».

Tous les sondages officiels (et associatifs) prouvent que l’opinion publique est majoritairement favorable à l’ours dans les Pyrénées. Les gens en ont désormais conscience, et se méfient de plus en plus des « on-dit » et des médias. Henri, 57 ans, maire de Bedous (64) s’est exprimé officiellement en faveur de la réintroduction. Il affirme que « la population est globalement pour, à part un tout petit nombre d’irréductibles ».

La situation de la population occidentale d’ours, où il ne reste que deux ours mâles, ne laisse personne indifférent. L’urgence biologique est désormais une notion acquise par le grand public : sans femelle, les mâles isolés sont voués à disparaître. Pour Damien, 69 ans de Luchon (31), « Il faut lâcher d’autres ours ». Pour Anne, 55 ans originaire de la vallée d’Aspe « Il y a toujours eu l’ours, c’est pourquoi il faut le maintenir dans la vallée d’Aspe, maintenir la biodiversité ».

D’ailleurs, les gens ne comprennent pas bien pourquoi ce qui a été entrepris en Pyrénées centrales ne l’a pas été sur la population occidentale d’ours. Catherine, 66 ans, de St Martin de Prat (24), demande aux élus des Pyrénées occidentales « d’utiliser les expériences positives qui ont fait leurs preuves en Pyrénées centrales et adopter une politique courageuse pour la biodiversité ». Certains invitent également les élus à s’inspirer de ce qui est fait à l’étranger.

En Espagne, les élus locaux ont en effet su utiliser l’image de l’ours pour valoriser l’activité économique locale et œuvrer ainsi de manière indirecte à la protection de l’ours. Pour Ignacio, 58 ans, de Madrid en Espagne, « L’ours est un symbole iconique des Pyrénées et une vraie ressource économique. Il faut exploiter l’image de l’ours comme les Monts Cantabriques l’ont fait ». Pour les sondés qui abordent le sujet du tourisme, il leur apparaît évident que l’ours est bon pour le « tourisme vert ». Pour Christine, 45 ans, de Marseille, « la réintroduction de l’ours est un vrai plus en terme d’attractivité (tourisme). Même si on ne le voit jamais, il est là. Et ça, c’est important ».

Qu’à cela ne tienne, tout est réuni ou presque pour poursuivre le sauvetage de l’ours dans les Pyrénées, grâce à de nouveaux lâchers. Seule une vraie volonté politique, aussi bien au niveau local que national, manque et pourrait indéniablement faire toute la différence. Maintenant ce que les gens plébiscitent de nouveau, c’est de l’action !

En 2016, Parole d’ours c’est :

  • 2 mois de programme et 17 bénévoles mobilisés ;

  • Près de 100 000 plaquettes d’information diffusées, 18 000 autocollants, 500 affichettes « Bienvenue au Pays de l’ours » ;

  • plus de 230 communes et localités visitées sur 6 départements ;

  • près de 2000 commerces et structures impliqués dans la diffusion d’informations ;

  • 350 posters de qualité (FERUS) diffusés durablement (donc encore en place pour la plupart) depuis 5 ans, (2012-2016) ;

  • 30 marchés différents et 714 personnes interrogées.

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