Rassemblement pour l’ours dans le Béarn : un succès !

Communiqué de presse FERUS

28 novembre 2004

FERUS se réjouit de la mobilisation massive des Pyrénéens pour la « Marche pour l’ours », rassemblement organisé le 28 novembre 2004 à Oloron-Sainte-Marie par trois associations pyrénéennes. Preuve qu’il y a une vraie demande des Pyrénéens pour le renforcement de la population d’ours brun dans les Pyrénées.

À plusieurs reprises au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, mais aussi à Matignon, FERUS a eu l’occasion d’insister sur la nécessité d’un plan de restauration durable sur toute la chaîne pyrénéenne (au moins 15 individus dans le cadre d’un plan pluriannuel établi qui ne doit pas dépasser 5 ans).

L’abattage de l’ourse « Cannelle », dernière femelle de souche pyrénéenne, a été pour FERUS l’occasion d’alerter une nouvelle fois l’État français sur l’inefficacité de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB).

Ce syndicat mixte existe depuis dix ans et, aujourd’hui, son bilan en matière de protection de l’ours est honteusement négatif.

FERUS dénonce cet échec apparent et prévisible depuis plusieurs années. Cette institution a profité du manque de rigueur, pour ne pas dire du laxisme de l’État sur ce dossier. L’IPHB a perçu un apport financier très important du ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, prélevé sur le budget des espèces protégées. Certes des négociations avec les éleveurs et avec les communes forestières ont eu lieu, mais le contrat passé avec l’Etat ne se bornait pas au soutien d’un syndicat intercommunal comme les autres. C’eût d’ailleurs été anormal et illégitime sur ces crédits qui ont tant manqué à des espèces en danger. L’objectif premier était bien de restaurer une population d’ours viable en Béarn.

Au cours de cette période, le nombre d’ours (5 à 6 ours en 1994 année de création de l’IPHB) en Béarn n’a cessé de chuter dramatiquement et, aujourd’hui, les Pyrénées-Atlantiques ne comptent AUCUNE femelle, seulement un à deux ours mâles autochtones, un ourson mâle (pyrénéo-slovène) de dix mois privé de sa mère et un ours mâle issu des réintroductions qui ont eu lieu dans les Pyrénées centrales en 1996 et 1997. La démonstration de la supériorité des méthodes inspirées par les chantres de la « gestion patrimoniale » n’a pas été faite, c’est le moins qu’on puisse dire, d’autant plus que dans le même temps les ours passaient de zéro à 15 dans les Pyrénées Centrales.

FERUS demande des résultats immédiats se traduisant par l’apport de nouvelles femelles en 2005, dans le Béarn comme ailleurs dans les Pyrénées. En outre FERUS demande que l’IPHB s’engage fermement dans un plan de restauration présentant des garanties sérieuses (délibérations favorables des communes, mise en réserves de territoires vitaux préalablement aux réintroductions, gel d’exploitations forestières, etc.).

FERUS prend acte avec intérêt de l’annonce par le président de l’IPHB d’un possible lâcher de deux femelles dans le Béarn en 2005. Si cette initiative était confirmée, FERUS ne pourrait que s’en réjouir. Ce serait le début d’une contribution positive au plan de restauration d’une grande population d’ours sur l’ensemble de la chaîne que FERUS appelle de ses voeux.

Cependant, FERUS estime que le renforcement probable de deux femelles en Béarn en 2005 ne changera pas la stratégie du président de l’IPHB fondée sur l’instrumentalisation de l’ours et sur l’exacerbation permanente des rapports de forces. Ce comportement est pathétique aux yeux de nombreux valléens de plus en plus conscients que leur député dessert leur cause et celle de leur belle région. FERUS demande que d’autres territoires pour les futures réintroductions soient recherchés dans les Pyrénées-occidentales (de la Haute Soule à la Bigorre), en s’appuyant sur la démarche de Pays de l’Ours-ADET dans les Pyrénées centrales.

FERUS regrette enfin les propos de Bernard Placé (Président de la Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques) qui prétend que l’ours n’avait jamais été connu à l’endroit où Cannelle a été abattue (un sentier appelé le Pas de l’Ours traverse le secteur). En outre Bernard Placé prétend que l’ourse et son petit avaient été décantonnés par des photographes ou des cinéastes (bref des amis de l’ours). C’est une honte, car c’est justement la commission ours de l’IPHB qui a demandé aux membres du « réseau ours » (et les chasseurs des Pyrénées-atlantiques y sont associés) de partir à la recherche des couches d’ours brun, et d’y récolter des poils pour analyse d’ADN.

Le renforcement de la population d’ours bruns dans les Pyrénées ne fera jamais l’unanimité des Pyrénéens, mais aujourd’hui le contexte apparaît favorable. L’heure de la renaissance de l’ours est venue.

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