La Gazette des grands prédateurs n° 68 (juin 2018)

Juin 2018

Éditorial par Patrick Leyrissoux

Gérer, valeur ajoutée…

Ces termes de management d’entreprise ressortent de temps en temps au fil des conversations. Dans la rudesse des évènements, ou devant la sécheresse d’un compte d’exploitation qui conditionne l’existence d’une association, ils ont certes leur rôle, voire sont indispensables.

Mais seul(e) face à un versant de montagne glissant dans l’obscurité, et que l’on pressent confusément habité par une présence, ces termes n’ont plus guère de sens… C’est le rêve qui prend leur place, et qui nous habite in fine.

Jean-Jacques Camarra lui-même, qui est à l’origine de bien des choses, a écrit un livre de rêveur, rêveur dans l’action, avec « Boulevard des ours ». Rétrospectivement, il en ressort une profonde nostalgie, voire mélancolie, quand on songe au sort de cette population ursine. Je ne peux m’empêcher de penser que ceux qui ont présidé à cette disparition n’avaient que ces mots à la bouche : gérer, valeur ajoutée… mots aussi fréquemment usités dans le monde de la chasse.

Ils sont les chiens de garde d’un utilitarisme, parfois anthropocentrique, que nous évoquons parfois pour justifier l’existence de nos grands prédateurs. Espèce parapluie, économie nature, utilité pour les forestiers, etc. Certes, encore une fois il le faut peut-être, nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche. Mais ne perdons pas de vue que le fondement de nos motivations a des racines beaucoup plus profondes.

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Urgent ! Recherche bénévoles dans les Alpes pour la cohabitation loup-élevage jusqu'en octobre

PastoraLoup est un programme de soutien bénévole au pastoralisme en zone à loups qui propose des stages de formation pour intervenir en estives et chez les éleveurs, pour des missions de surveillance des troupeaux. Nous réalisons aussi des parcs de pâturage qui ne nécessitent pas de stage préalable, simplement un minimum de pratique du travail manuel.

Lorsqu’il manque des bénévoles, comme c’est le cas actuellement, nous faisons parfois appel à des personnes qui n’ont pas suivi de stage pour les missions de surveillances. Il faut une certaine pratique du camping et de la marche en montagne pour pouvoir y participer, et être adhérent de FERUS. La surveillance nocturne consiste à rester à côté du troupeau (sous tente le plus souvent), prêt à intervenir s’il y des mouvements et des bruits inhabituels. Avec la surveillance diurne, il s’agit d’accompagner le troupeau en secondant le berger au niveau de la présence humaine, du matin jusqu’au soir. La nourriture est à la charge de l’éleveur, les déplacements peuvent être intégrés au crédit d’impôt. Les missions commencent en avril et durent jusqu’en décembre, principalement dans les Alpes-de-Haute-Provence et, dans une moindre mesure, dans les départements limitrophes.

Il nous manque du monde  :

  • du 1er au 10 août et du 7 au 15 septembre dans les Alpes-Maritimes
  • du 25 août au 10 septembre, du 1er au 23 septembre, et en octobre dans les Alpes-de-Haute-Provence

Renseignements : Eric, chargé de mission Pastoraloup 06 60 38 13 77  ou pastoraloup.ferus@ferus.org

En savoir plus sur PastoraLoup ==>> ICI

PastoraLoup est un programme de l’association FERUS.

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Venez vivre une journée exceptionnelle sur les traces de l'ours des Pyrénées !

Avec nos amis de Pays-de l’ours -ADET

Devenez le temps d’une journée un expert du suivi de terrain.
L’espèce emblématique des Pyrénées n’aura plus de secret pour vous !

Avec un accompagnateur en montagne membre du Réseau Ours Brun, venez découvrir la vallée des premiers lâchers d’ours dans les Pyrénées et participez à la recherche des indices de leur présence : traces, poils, photos, vidéos … sur le seul itinéraire de suivi accessible au public.

Vous suivrez notre expert au coeur de la forêt pyrénéenne pour la recherche et la collecte d’indices de présence d’ours le long d’un sentier spécialement équipé.

  •  Apprenez à identifier les indices de présence de la faune sauvage
  •  
Faites vous-mêmes les relevés scientifiques des traces, poils, crottes … d’ours, qui seront transmis au réseau de suivi officiel pour analyse
  •  Relevez les pièges photo et vidéo et visionnez les images sur place, en avant-première !
  •  Découvrez tous les secrets de l’Ours des Pyrénées et la richesse exceptionnelle de la biodiversité du massif.

Tarifs et réservations ==>> www.surlestracesdelours.fr

Vous avez découvert ce séjour par FERUS ? 10 % du séjour seront reversés à l’association pour ses actions de conservation ours / loup / lynx. Lors de votre inscription en ligne, il suffit d’indiquer « séjour connu par FERUS » dans la case « Comment avez-vous connu ce séjour ? ». Merci !

 

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Pyrénées : les images d'ours en juin avec des oursons et des mâles et femelles ensemble

Ourse et ses 2 oursons le 30 mai 2018 en Ariège

L’Écho des tanières n° 43 / juin 2018, le bulletin mensuel du Réseau Ours Brun, vient de paraître (à télécharger ICI) avec le bilan des activités de recherche sur le terrain, la cartographie et les informations diverses du mois de juin 2018.

Les photos et vidéos automatiques de juin 2018 viennent également d’être diffusées sur la chaîne Youtube de l’ONCFS (ci-dessous).

En bref :

Versant français, 172 indices de présence ont été collectés sur 5 départements (09, 31, 64, 65, 66) des Pyrénées françaises dont 92% dans les Pyrénées centro- orientales. Sur les vidéos-pièges photo, 6 mâles (Néré, Cannellito, Bonabé, Pépite, Boet et Rodri probables) ont été identifiés ainsi que  2 ourses indéterminées suivies d’1 mâle, 1 ourse suitée de 2 oursons d’un an et demi, 1 ou 2 ourses suitées de 2 et 3 oursons de l’année. La proximité géographique de ces dernières ne permet pas de certifier l’existence de 2 portées distinctes. Dans les Pyrénées occidentales, la présence d’au moins un individu de taille moyenne, probablement Rodri, a été confirmée.

 

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Pyrénées : l'ourson orphelin n'a pas survécu...

L’ourson le 5 juillet lors de son sauvetage. Photo : sapeurs-pompiers de Haute-Garonne

Triste nouvelle… FERUS salue les pouvoirs publics pour avoir tenté le maximum pour cet ourson, notamment pour qu’il puisse vivre sa vie d’ours en liberté.

Communiqué de la DREAL Occitanie / ONCFS

L’ourson en difficulté n’a pas survécu

L’ourson de 6 mois, découvert le 5 juillet dernier sur la commune de Fos (31), a été retrouvé mort le 23 juillet malgré le sauvetage, les soins et le suivi intensif dont il avait fait l’objet par les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et ses partenaires.
Depuis le relâcher de l’ourson en milieu naturel, l’animal était suivi par les agents de l’ONCFS qui pistaient ses déplacements grâce à un émetteur radio placé sur son oreille. Après plusieurs jours d’activité rassurante de l’ourson, cet émetteur a déclenché un signal d’alerte le 20 juillet, indiquant l’immobilité persistante de l’ourson.
Des recherches ont alors été programmées pour vérifier de visu la situation de l’animal.
Après plusieurs jours de recherches actives, rendues difficiles par la météo capricieuse et la topographie accidentée du terrain, les agents de l’ONCFS ont finalement retrouvé le cadavre de l’ourson le 23 juillet.
A ce stade, il est impossible de conclure sur les raisons de la mort du plantigrade.

Une autopsie sera prochainement réalisée pour tenter d’éclaircir les causes du décès, de même que des analyses toxicologiques seront effectuées dans le cadre du réseau de surveillance épidémiologique de la faune sauvage (SAGIR).

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Un ourson en difficulté : la poursuite du sauvetage

 Communiqué de presse de la Préfecture de la Région Occitanie, 16 juillet 2018

Un ourson en difficulté : la poursuite du sauvetage

L’ourson de 6 mois aperçu seul jeudi 5 juillet, près de la la commune de Fos (31), qui avait été pris en charge par les agents de l’Office de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), n’a pas retrouvé sa famille mais est toujours vivant.

Pour mémoire, l’ursidé avait dû être capturé et relâché dans un secteur où sa mère potentielle avait été localisée.

Afin de garantir des mesures de sécurité et ses chances de survie, l’ensemble du secteur avait été interdit à la promenade. Depuis, il avait été suivi par l’ONCFS grâce à un émetteur placé à son oreille ainsi que par un vétérinaire pour le suivi sanitaire.

Malgré ces mesures, l’ourson n’a donc pas retrouvé sa famille et s’est même déplacé vers des secteurs moins favorables à son alimentation. Son état et son comportement (apathie, désorientation, etc) sont restés préoccupants jusqu’au mardi 10 juillet dernier et ont nécessité une nouvelle prise en charge par les agents de l’ONCFS en l’aidant à se nourrir puis en le déplaçant à nouveau dans une zone d’altitude riche en alimentation. Désormais, il manifeste un comportement plus vif (il est par exemple monté dans un arbre). Ces éléments permettent désormais d’être plus confiants dans sa capacité à survivre seul en milieu naturel. Le suivi télémétrique et l’observation à distance avec jumelles par les agents de l’ONCFS sont maintenus le temps nécessaire pour s’en assurer.

Rappel aux randonneurs et usagers de la montagne :

L’Ours brun est par nature discret, surtout vis-à-vis de l’homme. Il possède une bonne ouïe, un très bon odorat et une vue moyenne. De façon générale, il repère les marcheurs de loin et s’éloigne pour éviter le contact. En cas de rencontre avec un ours à courte distance (moins de 50 m), il convient de l’aider à nous identifier, de se manifester calmement en se montrant, en bougeant et en lui parlant. S’éloigner progressivement en s’écartant du trajet qu’il pourrait emprunter dans sa fuite. Ne pas courir.

Si un ours se dresse sur ses pattes arrières, ce n’est pas un signe d’agressivité. Il est curieux, il cherche à reconnaître les odeurs et à mieux voir.
Il faut également toujours garder son chien à proximité, ne pas le laisser divaguer, car il pourrait provoquer l’ours.

http://www.occitanie.gouv.fr/communiques

Trois oursons de l'année repérés en Ariège

Flash Info ONCFS / Équipe Ours, 29 Juin 2018, numéro 2

Détection d’une ourse suitée de 3 oursons sur la commune de Sentein, Ariège, France

Le 29 juin 2018, l’Equipe Ours de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a relevé une série de photos automatiques montrant une ourse suitée de 3 oursons âgés d’environ 5 mois. Ces images ont été prises le 26 juin 2018 à 0h39 sur la commune de Sentein en Ariège.

Pour l’instant, aucun indice biologique n’a pu être relevé sur le site où ont été obtenues les photos automatiques. Des prospections sont en cours afin d’essayer de récolter des excréments ou des poils provenant de cette portée qui permettront par analyse génétique de déterminer le sexe des oursons et l’identité des parents. Cela permettra en outre, de vérifier si cette portée est différente de celle comprenant 2 oursons détectée par vidéos automatiques le 30 mai 2018 à 20h17 sur la commune de Bonac-Irazein en Ariège et de celle de 2 oursons détectée par observation visuelle le 21 mai 2018 et confirmée par des photos d’empreintes sur la commune de Melles en Haute-Garonne (voir Flash-Info du 13 Juin 2018, numéro 1).

N’oubliez pas de participer à la consultation publique pour le lâcher de deux ourses cet automne ! ==>> ICI.

 

Des hybrides à gogo... pour les gogos

Photo Anthony Kohler

Nous connaissons désormais les résultats de l’analyse génétique du loup tué à Bayons (Alpes-de-Haute-Provence) le 1er décembre 2017 ==>> communiqué de l’ONCFS, 3 juillet 2018

Pas de surprise. Le loup est de souche italienne, autant balte que Marcello Mastroianni. Et autant hybridé que peut l’être le Roquefort AOC avec un fromage hollandais.

C’est donc un vent de folie qui souffle dans certaines chaumières des Alpes françaises, tourbillonne entre les parois du Vercors et du Mont Aiguille, pour aller s’échouer dans les courriers d’élus de la République les plus haut placés, prêts à gober n’importe quoi pour aller glaner les électeurs les moins recommandables.

Que se passe-t-il ? Les pseudo loups hybridés russes ou baltes seraient-ils les nouveaux avatars de « l’espion venu du froid », ou de « l’oeil noir de Moscou »?

Des sbires de Poutine pour annexer les alpages français ?

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Hausse de la population de loups en France, hausse des tirs...

Loup en Lozère. Photo P. Baffie

Le dernier bilan du suivi hivernal de la population de loups vient de paraître. La population de  loups en France est estimée à 430 individus à la sortie de l’hiver 2017-2018. Une population en hausse par rapport à l’année dernière (360 loups à la sortie d’hiver 2016-2017). Malgré le braconnage et les tirs de prélèvement autorisés par les pouvoirs publics, ça reste une bonne nouvelle. Mais une augmentation sur une ou deux années ne doit pas faire oublier que l’espèce reste vulnérable en France. Par comparaison, il y a 2000 loups en Espagne et 1000-1500 loups en Italie. Le (pauvre) seuil de viabilité de 500 loups donné par le plan loup 2018-2023 n’est donc pas atteint*. Pourtant, le gouvernement français, profitant de cette augmentation, vient de revoir à la hausse le nombre de loups pouvant être abattus, passant de 40 à 43 animaux. La France régule le loup et ne s’en cache plus depuis longtemps. Ces tirs restent inutiles vu que la prédation sur les troupeaux continue d’augmenter ; ils ne sont là que pour faire plaisir au lobby de l’agriculture.

Si le nombre de loups et la répartition géographique augmentent, la population lupine reste très majoritairement confinée au massif alpin. Aucune meute (et donc aucune reproduction) n’est constatée en dehors des Alpes cette année encore alors que des loups sont en dispersion depuis plus de 20 ans dans le massif Central, les Pyrénées ou encore les Vosges (dans les Vosges, une reproduction a été constatée en 2013 pour la première fois ; depuis, plus rien…).

A ce jour, 14 loups ont été décomptés du plafond de loups pouvant être abattus en 2018 (détails ICI) .

Cette hausse du nombre de tirs de loups intervient alors que le ministre de l’Écologie vient de présenter son plan pour la biodiversité….

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