José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

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Communiqué FERUS / LPO PACA

6 août 2012

José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

La LPO PACA et FERUS sont scandalisés par les récentes déclarations de José Bové incitant les éleveurs français à tirer sur les loups. Il est pour nous inconcevable que l’on puisse, d’une part, mener des actions contre l’agriculture intensive, la standardisation des produits de la terre ou la mondialisation et d’autre part, prôner un discours démagogique vantant les mérites d’une nature aseptisée, nettoyée de ses prédateurs.

Cette déclaration est d’autant plus choquante pour nous que les associations de protection de la nature en général mènent des combats communs avec José Bové contre l’agriculture intensive ou l’exploitation des gaz de schistes, par exemple. Ces propos sont donc particulièrement heurtants et montrent à quel point la protection de la nature est toujours la variable d’ajustement de la protection de l’environnement dans notre pays et même au sein du réseau écologiste.

Nous ne sous-estimons pas les situations difficiles que rencontrent certains éleveurs dans leur métier de tous les jours ; mais si le loup peut poser ponctuellement des difficultés, il n’est en rien responsable des problèmes de la filière élevage qui sont bien antérieurs à sa présence dans notre pays.

Nous rappelons que le loup est une espèce entièrement protégée en France, inscrite à la Directive Européenne Habitats et protégée par la convention de Berne. Il a recolonisé notre pays de manière naturelle, à partir de populations sauvages italiennes.

Nous demandons avec insistance à Europe Ecologie Les Verts de désavouer publiquement José Bové sur ce sujet et de l’inciter à limiter ses interventions aux domaines de compétences auxquels il nous a habitués jusqu’à présent.

Nos associations se réservent le droit de porter plainte pour incitation à destruction d’espèce protégée.

66 commentaires sur “José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature”

Jean-Marc ou Dollo , qu’importe , un forum doit permettre l’expression et la contradiction dans la courtoisie de l’échange (si cela est possible) . Chose que les sites anti-prédateurs évidemment ne pratiquent pas .
De toute façon si Dollo revient c’est qu’il en a eu l’autorisation de ses maîtres de l’ultra pastoralisme .
Bienvenue à JM dans l’échange contradictoire et courtois .

A Karine (et à ceux que cela intéresse).

Ce qui m’intéresse ICI, dans cette histoire d’Aigle Royal, c’est ce que vous avez écrit:

« Aujourd’hui, le propriétaire du troupeau que je vais reprendre se sert de son troupeau uniquement pour un but de sauvegarde de l’aigle royal. Si les milieux se ferment, les proies ne seront plus là (lapins, lièvres), et l’aigle sera menacé, ce qui est un peu le cas aujourd’hui à cause de la déprise agricole justement. »

C’est certes très sympathique de la part de cet éleveur, mais je crois que l’Aigle n’a nullement besoin de l’entretien des estives ou des alpages et du pastoralisme en général.

On constate qu’en même temps que la fermeture de l’espace par la repousse naturelle sur ces estives ou alpages (pour cause de déprise agricole) les effectifs de la population d’aigles royaux augmente.
Si l’Aigle a besoin du pastoralisme, cela devrait être l’inverse.
L’augmentation est importante et incontestable, même si l’on tient compte des effets de l’augmentation du nombre d’ornithologues observateurs.

Avez-vous lu ce qu’écrit la LPO à ce sujet?

Donc il n’a pas besoin du pastoralisme.
Il est bien plus tranquille pour chasser et trouver des proies dans les milieux ouverts NATURELS, ceux qui sont créés par les avalanches et qui sont d’ailleurs bien plus fréquentés par ses proies que les estives et les alpages.

L’Aigle mangeur d’agneaux était une plaisanterie.
Je voulais juste dire que l’Aigle Royal est capable physiquement de tuer (et même d’emporter) un jeune agneau en pleine forme, alors que le Vautour fauve en est incapable et pourtant…le fait selon certains éleveurs…
Oui, l’Aigle ne mange pas d’agneaux, ce qui tend à prouver qu’il ne chasse pas sur les estives, où l’on n’observe, comme comportement significatif, que son erratisme juvénile.

Ai-je été plus clair? 🙂

Je ne sais si cela peut vous aider voici ce que dit LPO du moins pour le Vautour fauve :

Le vautour fauve (Gyps fulvus) : un magnifique planeur

Avec ses 2,80 mètres d’envergure, c’est l’un des plus grands rapaces de France. Lorsqu’il plane majestueusement dans le ciel de nos montagnes, le vautour fauve se reconnaît à sa grande taille, à ses ailes longues et larges dont les plumes forment comme les doigts d’une gigantesque main. Du haut d’une falaise, il attend des « thermiques », courants d’air chaud ascendants, qui l’entraînent à des altitudes de plus de 2 000 mètres. Il niche en colonies, dans des falaises abruptes ou de grands rochers escarpés. Ce rapace est un allier du pastoralisme car il se nourrit exclusivement de cadavres d’animaux qu’il fait ainsi disparaître naturellement et gratuitement.

Sources : LPO

Merci à Paul pour son message.

Oui, justement, concernant l’augmentation des effectifs d’aigles je vous ai expliqué les raisons (protection de l’espèce notamment, et accélération puis stabilisation aujourd’hui). En fait, le fait que les populations d’aigles augmentent depuis les années 60 ne veut pas dire que cette évolution va se poursuivre par la suite. Aujourd’hui, petit à petit, les sites potentiels de nidification (lieux ou il y a eu un nid auparavant, ou lieu très favorables) commencent à être occupés, il faut voir d’où on part aussi, très très peu de couples dans les années 60, donc évidemment l’augmentation est flagrante.

Et c’est là que le pastoralisme intervient, en offrant des zones de chasse. Un effectif qui augmente ne veut en aucun cas dire que l’espèce est hors de danger, aujourd’hui ces augmentations se sont justement stabilisées, le territoire de l’aigle dépend de la nourriture. Et la déprise agricole ne veut pas dire qu’il n’y a pas de zones agricoles (milieux ouverts) pour accueillir ces nouveaux couples, il y a simplement aujourd’hui la nécessité de préserver ces zones agricoles justement.

Je peux très bien lire le site de la LPO.
Et je peux lire aussi sur le site de l:
« Parmi les principaux facteurs de dégradation de ses habitats, il faut citer l’intensification de l’agriculture, ou au contraire, la déprise agricole qui conduit à la fermeture des milieux. »

Le pire c’est que je suis d’accord avec vous concernant les estives qui sont souvent de gros troupeaux qui détériorent tout, et le fait qu’il privilégie des milieux ouverts naturels, j’ai aucun problème avec ça.
Mais je le répète, il n’y a pas d’avalanches sur le massif central… et c’est un autre pastoralisme dont je parle, plus respectueux, plus petit troupeau, etc.

Dans le livre « l’aigle royal dans le massif central » que j’ai devant moi, liste de priorités pour le futur pour la sauvegarde de l’aigle. Plusieurs priorités (maitrise réseau électrique, intoxication, etc). Dont, je cite :
« Un soutien à l’agriculture en zone de montagne : à toutes les opérations de maintien ou de revitalisation de l’élevage extensif, est indispensable pour perpétuer les territoires de chasse les plus favorables aux aigles du Massif central. Ce sont les femmes et hommes, isolés (…), qui garantissent la survie, voire le développement des effectifs de ce rapace ».

Ugatza, vrai que les avalanches sur le Larzac contribuent fortement à l’ouverture des milieux, terrain de chasse de l’Aigle royal. Je relève cela par malice, c’est pas méchant hein !

Après, comme il est probable que le Larzac était globalement plutôt boisé* il y a + de 6000 ans (et même à -500 ans si l’on en croit la carte http://www.cndp.fr/svt/foret/Evolution/Evolution.html ) vrai que, en termes de territoire de chasse, l’Aigle royal ne doit sa présence en 2012 sur le (sud) Larzac qu’à l’ouverture des milieux, artificielle via l’élevage et l’agriculture en général. Bon on pourrait même dire ouverture naturelle plutôt qu’artificielle si on inclut l’Homme dans l’écosystème local !

Faut-il continuer de garder ces milieux ouverts pour contribuer à la présence de l’Aigle royal ? Ou les laisser se refermer et probablement dire bye-bye à nombre de couples ? Ou la question du choix de l’artificialisation de la gestion « pour » la biodiversité (laquelle…? adaptée ? pas adaptée ? un zoo ?), contre le choix de ne rien faire (réserve intégrale)… en attendant l’éventuel retour d’un brouteur digne de ce nom… au moins pour les orchidées !

Bruno
* dans la littérature on trouve qu’il y a + de 6000 ans les causses méridionnaux hébergeaient des brouteurs qui maintenaient des milieux ouverts, favorables notamment à certaines espèces d’orchidées, mais difficile de trouver si l’Aigle royal était présent ?!!!?

Le vautour n’est pas le seul allié du pastoralisme en débarassant la montagne de cadavres d’animaux . Un carcasse en forêt est consommée par une multitude de petits carnivores et par l’ours . C’est sûr qu’avec les vautours et dans des endroits dégagés le « travail » est encore plus rapide .
l’ours est un charognard et fait aussi une grosse consommation , en Slovénie notamment on se débarrasse parfois du bétail mort de cette façon .

Bon, parlons peu, parlons bien :

1) Il paraitrait qu’il n’y a pas ou peu d’avalanches dans le Massif Central.
Faux :
http://forums.infoclimat.fr/topic/13983-grosses-avalanches-dans-le-massif-du-sancy-auvergne/

http://meteo19.forumactif.com/t429-neige-et-avalanches-massif-du-sancy-11-03-06

http://www.flickr.com/photos/emmanuel-lattes/4404818554/

http://yannick.michelat.free.fr/AvalancheValdEnfer.htm

J’ai aussi fait le tour des sites de stations de ski du Massif Central. Ce n’est bien sûr pas la saison, et les sites ne donnent pas d’informations concernant la neige, mais tous semblent pouvoir indiquer des risques d’avalanche en hiver : la rubrique existe.

2) Le site de la LPO indique bien (et j’en conviens volontiers) que la fermeture des milieux est un facteur défavorable pour l’Aigle qui chasse à découvert. Mais il indique bien AUSSI que l’Aigle est une espèce très sensible au dérangement et évite la proximité des activités humaines pour installer son aire. Or, on a vu que le pastoralisme était une cause de développement du réseau routier en montagne.

3) La population d’aigles royaux du Massif Central est nettement plus faible (32 couples) que celles des Alpes et des Pyrénées. Elle est concentrée dans le Sud du Massif et elle est … en augmentation, alors que la déprise agricole continue dans cette région.
http://rapaces.lpo.fr/aigle-royal/groupe-detude-des-rapaces-du-sud-du-massif-central

CITATION:

« Population Massif Central
En 2010, sur les 7 départements indiqués ci-dessus, 31 sites sont occupés par un couple territorial et 5 autres sont en voie de l’être (cantonnement en cours de paires d’oiseaux immatures et/ou subadultes sur des sites favorables). L’existence sur ce total, de 4 couples territoriaux, exclusivement forestiers pour la nidification, indique qu’existent vraisemblablement quelques couples supplémentaires, non encore localisés et suivis.
(…)
L’accroissement numérique des observations d’Aigles erratiques sur le Languedoc et tout le Massif central, ainsi que la poursuite actuelle del’expansion du nombre de couples sédentaires, suivant un schéma concentrique autour du noyau initial, conduit l’espèce à recoloniser, tant les basses collines méditerranéennes que les hautes terres de l’étage montagnard, ainsi qu’à s’adapter à des milieux plus fortement aménagés par l’homme.
La probabilité de voir l’Aigle Royal nidifier dans de nouveaux départements (Cantal, Haute-Loire, Tarn) est forte pour la décennie à venir. »

Paradoxal, non ? 🙂

Si la population d’Aigle « remonte » en même temps que la déprise agricole augmente, et si c’est bien de l’Aigle qu’on se préoccupe, alors il n’y a pas lieu de s’inquiéter… pour l’Aigle. Il doit nécessairement y avoir des facteurs positifs (diminution du dérangement près des aires, meilleure protection?) qui compensent l’effet défavorable de la déprise agricole.
En cherchant des infos sur le site de la LPO, voilà ce que j’ai trouvé :
Ecobuage
http://rapaces.lpo.fr/aigle-royal/les-feux-pastoraux-causes-possibles-echec-de-la-reproduction-de-l-aigle-royal-et-autres-

Bref, il y a à creuser.

4) Si des éleveurs « se dévouent » pour l’Aigle, je trouve ça intéressant, mais pourquoi pas alors pour l’Ours, le Lynx et le Loup ? 😉

J’oubliais Bruno… 🙂
Le Larzac est en effet relativement plat, mais assez peu étendu.
L’avenir de l’Aigle Royal dépend du pastoralisme dans le Larzac?

> L’avenir de l’Aigle Royal dépend du pastoralisme dans le Larzac?

OUI

C’est dingue quand même, Karine l’a écrit noir sur blanc, extrait provenant d’un bouquin d’un gars qui s’y connait un tout petit peu, et tu poses encore la question. Faut vite acheter le bouquin de Bernard alors, en plus tu participeras à la préservation de l’Aigle dans la propriété dont parle Karine, cool non ? 😉

Le plus rigolo c’est que le résumé LPO sur la situation en sud Massif Central que tu as lu provient plus ou moins directement du travail de passionné, sans relâche, le plus souvent bénévole (alors qu’il est technicien au Parc National des Cévennes), de Bernard et ses copains, et que tu vas remettre en questions en ignorant ce qui est écrit.

Etant modestement technicien forestier, et ayant étudié modestement (sans être ironique) la question localement, je peux t’affirmer que la sacro-sainte déprise, si elle permet l’installation de l’Aigle royal dans un premier temps, du fait de la diminution des dérangements, va à terme et même rapidement (même sur le Larzac où la végétation pousse doucement), mener à la disparition de celui-ci.

Après, je réitère mes propos, peut-être que l’Aigle royal n’a pas sa place si on laisse faire la nature (déprise totale, fermeture globale des milieux) en sud Massif Central, et peut-être que ce n’est pas grave après tout tant pis il y en aura dans les grands massifs montagneux…

4) Si des éleveurs « se dévouent » pour l’Aigle, je trouve ça intéressant, mais pourquoi pas alors pour l’Ours, le Lynx et le Loup ? 😉

Va savoir ? Moi j’en connais un qui ne rêve que du retour du loup ou du lynx, mais il n’a pas 500 brebis, et le loup et le lynx (ou l’ours) ne sont pas présents chez lui. Et il sait très bien que ce ne sera pas facile. Ce doit être l’exception qui confirme la règle.
Va savoir ! C’est peut-être un axe de « réconciliation » possible entre l’élevage et ces espèces. Ferus connaissent-ils de tels éleveurs déjà confrontés à la présence de ces espèces et qui en sont contents ? Qu’ils en parlent alors ! Et rapidement ! Ou ces éleveurs se cachent pour ne pas se prendre en retour des sabotages des « ultra pastoraux » ?!

A la question « > L’avenir de l’Aigle Royal dépend du pastoralisme dans le Larzac? »

Bruno répond : OUI.

On a du mal se comprendre.
L’avenir de l’Aigle Royal DANS LE LARZAC, oui, sans doute ou peut-être.

Mais ailleurs?

Pour le reste, nous ne sommes pas d’accord sur la façon d’interpréter ce que nous lisons.

Que lisons nous?

1) La population (globale)d’Aigle Royal est (c’est reconnu par la LPO) globalement en expansion, même si des incertitudes existent.

2) La déprise agricole continue, y compris dans le Massif Central.

Logiquement, si le pastoralisme favorise l’Aigle Royal, ses effectifs devraient diminuer à cause de cette déprise.
Et pourtant, c’est le contraire!
Il y a de quoi s’interroger, non?
Je pense que les choses ne sont pas si simples.

C’est tout ce que je dis…mais je le dis.
Ce n’est pas la peine de s’énerver.

Pour le reste, ça fait beaucoup de « va savoir ». On sait déjà beaucoup de choses.
Il suffit d’écouter les éleveurs qui s’expriment sur le sujet.

Je me rends compte que mon propos est plutôt direct, c’est pas bien d’écrire trop rapidement…
Je me cite donc (c’est pratique) :
> Etant modestement technicien forestier, et ayant étudié modestement (sans être ironique) la question localement, je peux t’affirmer que la sacro-sainte déprise, si elle permet l’installation de l’Aigle royal dans un premier temps, du fait de la diminution des dérangements, va à terme et même rapidement (même sur le Larzac où la végétation pousse doucement), mener à la disparition de celui-ci.

Je parle évidemment en termes disons tendanciels : si déprise importante. Précisément sur le territoire dont parle Karine (sud Larzac) et du fait d’un pâturage local pas toujours maîtrisé (fermes de type « prime à la vache » en ranching, soit 50 mères race Aubrac pour 1000 ha de « pâture »), le milieu se referme sérieusement, sauf à débroussailler le buis, les épineux, les chênes et érables qui s’installent chacun leur tour (merci Natura 2000). Et donc petit à petit l’Aigle royal, le couple dont il est question et c’est pareil pour les autres couples du coin dont le territoire de chasse se trouve sur les ou ces causses, ne trouveront plus leur bonheur.

Pour l’heure ces lieux sont pâturés, bien ou mal c’est selon, et les milieux ouverts perdurent, plus ou moins. Tant mieux pour l’Aigle royal entre autres. Tant pis pour la forêt ancienne qui localement n’existe plus, c’est un autre sujet (déjà qu’on est dans un autre sujet 😉 )

Après, une fois de plus, globalement, pour le Massif Central, je m’en remets simplement aux propos de Bernard Ricau…

A+

Autre chose, Bruno.

1) Puisqu’on en est tous les deux à se poser des questions, à émettre des hypothèses ou des scénarios possibles….
Nous sommes loin, malgré la déprise agricole de la fermeture des milieux et du retour à la couverture forestière du Paléolithique.
Vous en conviendrez, j’espère.
On pourrait donc aussi « prévoir » que l’Aigle profite de la reforestation spontanée des estives qui diminue le dérangement, comme vous le dites, pour nicher de nouveau dans les grands arbres et ainsi se rapprocher de nouveaux paysages ouverts, autrefois trop éloignés des falaises des aires actuelles.

2) Pourquoi se focaliser sur l’Aigle Royal?

Dans le PN des Cévennes il y a d’autres espèces »sensibles » qui pourraient tirer profit d’une plus grande étendue forestière : le Grand Tétras par exemple.
Cette reforestation profiterait sans doute aussi aux proies de l’Aigle.
Je n’ai jamais observé le lièvre variable ou le lièvre commun qu’en lisière de forêt. D’autres espèces se nourrissent également en lisière ou à découvert tout en ayant besoin du couvert forestier comme refuge (chevreuil, par exemple).
L’Aigle ne dépend pas exclusivement des marmottes et sait très bien s’adapter: il y avait des Aigles dans les Pyrénées avant que le Dr Couturier ne les y réintroduise….en 1948.

Et puis pensons aussi à d’autres espèces dont le retour pourrait être favorisé: la Gélinotte des bois par exemple, avant même le Loup, le Lynx ou l’Ours.
Qu’en pensez-vous?

Je vais arrêter de débattre là je pense avoir donné assez d’explications, quand je vois toute l’énergie que vous déployez dans divers forums et commentaires, je crois que je vais me fatiguer bien avant vous (et pourtant je sais que c’est remarquable de se battre pour ses convictions, mais on a pas les mêmes, simplement). J’ai tendance à me baser sur le savoir des spécialistes de l’espèce.
J’ai expliqué en quoi la population d’aigles augmentait, et pourquoi mettre cela en lien avec la déprise agricole est une déduction bien trop rapide et fausse pour les raisons que j’ai précisées et re-précisées. Ce lien, c’est vous qui le faite, au final. Vous prenez deux citations, et vous en faite une déduction.

De plus, déprise agricole ne veut pas dire 0 agriculteurs et 0 zones de chasse, logique donc que les aigles se soient installés indépendamment de cela petit à petit depuis leur protection sur les pâtures non occupées (par des couples) auparavant. Et beaucoup de zones de chasse (pâtures) étaient inoccupées puisque les effectifs étaient très faibles.

Quand nous parlons pâturage extensif, c’est évidemment pas pour parler de construire des routes. Les choses ne sont pas si simples car oui, le pâturage intensif est à condamner, mais plutôt pour les dommages sur la biodiversité que pour les dérangements. A moins que les éleveurs arrivent en hélico sur l’estive.
A savoir, un randonneur qui dérange occasionnellement une aire a un impact énorme par rapport à un éleveur qui passe régulièrement sur un même chemin dans une zone de chasse… le dérangement dont parle la LPO, c’est à proximité du nid, pas dans les zones de chasse. On parle de dérangement lorsque l’aigle, dérangé, doit quitter le nid et met ainsi en péril la vie de l’aiglon. Le dérangement sera donc beaucoup plus occasionné par un randonneur en bordure de falaises que par un éleveur en estive dans une zone de chasse.

Enfin, dans tous les cas, je tiens à dire et à redire que OUI, il existe bien un pastoralisme respectueux, qui creuse pas des autoroutes pour accéder aux pâtures, avec des petits troupeaux, bien gérés, et c’est celui là que je défends. Les spécialistes savent et disent combien ce pastoralisme est bénéfique…

Je n’écoute donc pas les éleveurs s’exprimer à ce sujet. Je me contente d’écouter les spécialistes de l’aigle.

Bonne soirée, j’arrête là !

Hum, j’avais pas vu qu’il y avait une page n°2… Pourquoi parler de l’aigle royal ? Ce n’est pas pour isoler l’aigle du reste, c’est juste parce que c’est l’espèce que je connais le mieux, et que je n’ai pas l’habitude d’affirmer des choses sur ce que je ne connais pas/mal.
Pour la forêt, ce n’est pas parce qu’il y a des milieux ouverts que la forêt n’existe pas… d’ailleurs, au titre des proies de l’aigle qui sont forestières (et profitent des milieux ouverts pour chasser), il y a aussi le renard. Preuve que la forêt existe. Il y a quand même un sacré couvert forestier présent dans le PNC (pas pour rien que le grand tétra y a été réintroduit), en plus des zones ouvertes. Et d’autres problématiques entrent en compte dans la forêt (exploitation, tourisme, etc), c’est pas tout rose non plus, l’homme est là, la nature est un business dans les parcs nationaux, à part dans des réserves intégrales… enfin dans tous les cas, oui, on peut laisser faire la forêt, la régénération se fera, en plusieurs centaines d’années. Sauf que, on est pas chez ouioui (j’aimerai bien !) et ça se passe pas comme ça, qu’on le veuille ou non. L’homme, tant qu’il sera sur Terre, aura toujours une « gestion ». Que ce soit dans les milieux ouverts, ou dans la forêt.

Pour le reste… les théories, tout ça… on peut en dire, des choses, faire des scenarii, etc… mais bon, je préfère en rester aux spécialistes qui connaissent bien mieux que moi le sujet.

Je prends aussi la perche que vous me tendez pour sortir du débat sur l’aigle royal.

Je réponds que je suis totalement d’accord avec l’intérêt de favoriser la biodiversité en forêt (et ce n’est pas parce que c’est le métier que j’ai choisi pour ma reconversion),
…en attendant :
– qu’une biodiversité, « adaptée » = pas de cirque, les termes sont bien difficiles -, s’installe à nouveau… C’est-à-dire en attendant que la forêt (ou massif forestier) présente tous les habitats d’une forêt naturelle

…et en espérant, notamment par chez nous, mais aussi plus au nord vu ce qui nous attend… probablement :
– que la forêt ne « crèvera » pas du réchauffement climatique avant ce terme.

Pour continuer un peu, deux manières assez divergentes et qui opposent nombres de spécialistes y compris scientifiques, … et non-scientifiques passionnés cela va de soi… 😉 :
– laisser faire, réserve intégrale sur une surface, disons, suffisante. En gros il faudrait, probablement, quelques centaines d’années par ici, si on prend le sud Larzac comme exemple.
– favoriser ces écosystèmes : c’est le choix du propriétaire qui a notamment écrit un article dans le bouquin de Bernard Ricau sur l’Aigle royal dans le Massif Central, et qui à part avoir la chance de trouver une aire du couple d’aigle sur sa propriété, gère justement une forêt en ce sens, depuis 30 ans, dans un but d’expérimentation de la capacité de résilience d’une forêt dégradée (par l’exploitation du bois en coupes à blancs et le surpâturage) face au changement climatique, lorsqu’on l’aide à améliorer sa biodiversité.

Non Karine vous n’avez rien expliqué.

Vous avez affirmé (sous couvert de Ricau) que la déprise agricole était défavorable à l’Aigle Royal.

Or, le paradoxe est là et bien là.

La déprise agricole augmente et se traduit bien concrètement par une reforestation (ce qui vous fait dire sous couvert de Ricau, que le maintien de paysages ouverts par le pastoralisme est favorable à l’Aigle) et pourtant globalement, la population globale d’Aigle royaux augmente aussi.

Cela devrait vous (comme Ricau, d’ailleurs) interroger et je vous trouve un peu dogmatique, surtout pour quelqu’un qui affirme qu’il n’y a pas d’avalanches dans le Massif Central.

Même Ricau ne peut faire qu’émettre une pure spéculation, basée sur une logique formelle, quand il affirme que la déprise agricole est défavorable à l’Aigle. Imaginez-vous (et lui, et tous ceux qui pensent cela)comment on pourrait le prouver matériellement?
Moi je constate que les faits ne valident pas cette théorie.
N’en déplaise aux spécialistes.

Concernant le pastoralisme extensif, nous sommes par contre d’accord.
Si pastoralisme il doit y avoir, autant qu’il fasse le moins de dégâts possible et je n’ai rien contre surtout si c’est un vrai gagne-pain.

Excusez ma méfiance, mais les gens du pastoralisme nous en ont tant fait entendre!!!
Par exemple que les partisans du Loup étaient responsables des attaques de patous sur les randonneurs et la faune sauvage!!!
Donc, j’ai été un peu sur mes gardes lorsque j’ai lu quelqu’un justifier l’entretien du caractère ouvert d’un paysage par un troupeau de moutons pour préserver une espèce sauvage, qui a jadis été exterminée parce qu’on l’accusait de s’en prendre aux animaux domestiques…dont les agneaux (comme le Gypaète).

Il est « logique » que l’Aigle Royal ait besoin de milieux ouverts pour chasser en raison de son envergure, son poids et sa technique de chasse basée sur la vitesse.
Mais il n’est pas « logique » que ses populations remontent quand la reforestation progresse.
Il faut trouver une autre ou plusieurs autres explications.

Je suis d’accord avec vous: les randonneurs, les parapentistes et autres varappeurs peuvent faire échouer la reproduction des aigles.
Moi, j’ai observé les aigles dans les Pyrénées et je connais le pastoralisme pyrénéen.

Je peux vous dire que le mal est fait: c’est l’existence des estives qui a justifié la construction d’un réseau routier très important en montagne. Ce réseau routier dans lequel s’engouffrent les touristes en voiture, avec tous les impacts afférents.
Mais ce sont les bergers les plus éloignés des routes (les derniers) dont on transporte le matériel en hélicoptère (voir ce que faisait le FIEP dans les années 70-80).

Je ne suis pas PAS DU TOUT d’accord quand vous dites (avec Bruno) que la regénération prendra des centaines d’années.
Il ne s’agit pas de revenir au couvert forestier de l’âge de pierre.

Le Grand Tétras est un habitant des forêts primaires (reliques glaciaires ou taïga), certes. Mais il peut vivre et se développer dans une forêt qui ne l’est pas. La preuve: la forêt du PN des Cévennes dans laquelle il a pourtant été réintroduit. La Gélinotte attend son tour…

Regardez donc ce qui s’est passé à Tchernobyl en moins de vingt ans sans la moindre intervention de l’Homme (sauf, celle, évidemment qui a provoqué l’évacuation humaine de la région! et le relâcher de chevaux de Prejwaljski)…

Pas d’accord non plus, pour ne tout voir qu’à travers les intérêts d’une seule espèce. Cela conduit à créer de nouveaux problèmes.

Ca ne m’empêche pas (et là je m’adresse aussi à Bruno) de trouver l’initiative apparemment sincère de ce propriétaire très sympathique.
Il faudrait tenter un relâcher d’éleveurs de cette espèce (pâturage extensif, amour de la faune sauvage) dans tous les massifs montagneux… 🙂
Transmettez lui toute ma sympathie.
Sans rancune?


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