José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

Photo © Jocelyne Thomas
Actus de Ferus Actus en France Actus loup Toute l'actualité
Photo © Jocelyne Thomas

Communiqué FERUS / LPO PACA

6 août 2012

José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature

La LPO PACA et FERUS sont scandalisés par les récentes déclarations de José Bové incitant les éleveurs français à tirer sur les loups. Il est pour nous inconcevable que l’on puisse, d’une part, mener des actions contre l’agriculture intensive, la standardisation des produits de la terre ou la mondialisation et d’autre part, prôner un discours démagogique vantant les mérites d’une nature aseptisée, nettoyée de ses prédateurs.

Cette déclaration est d’autant plus choquante pour nous que les associations de protection de la nature en général mènent des combats communs avec José Bové contre l’agriculture intensive ou l’exploitation des gaz de schistes, par exemple. Ces propos sont donc particulièrement heurtants et montrent à quel point la protection de la nature est toujours la variable d’ajustement de la protection de l’environnement dans notre pays et même au sein du réseau écologiste.

Nous ne sous-estimons pas les situations difficiles que rencontrent certains éleveurs dans leur métier de tous les jours ; mais si le loup peut poser ponctuellement des difficultés, il n’est en rien responsable des problèmes de la filière élevage qui sont bien antérieurs à sa présence dans notre pays.

Nous rappelons que le loup est une espèce entièrement protégée en France, inscrite à la Directive Européenne Habitats et protégée par la convention de Berne. Il a recolonisé notre pays de manière naturelle, à partir de populations sauvages italiennes.

Nous demandons avec insistance à Europe Ecologie Les Verts de désavouer publiquement José Bové sur ce sujet et de l’inciter à limiter ses interventions aux domaines de compétences auxquels il nous a habitués jusqu’à présent.

Nos associations se réservent le droit de porter plainte pour incitation à destruction d’espèce protégée.

66 commentaires sur “José Bové : un loup dans la bergerie des protecteurs de la nature”

Pourquoi ne portez vous pas plainte comme l’a déjà fait l’ASPAS pour incitation à la destruction d’une espèce protégée?

@LEBAILLY
De quels fondements parlez vous ? la position de J.Bové est tout à fait discutable au contraire et même confuse pour l’électorat écologiste .
-Si c’est le J.Bové ancien éleveur du Larzac et tête pensante des intérêts d’un syndicalisme agricole qui parle , alors cela peut se comprendre . C’est une prise de position dans l’intérêt d’un corporatisme , rien de très nouveau , la confédération paysanne rejoint la FNSEA sur le dos de la nature . Cela écorne un peu le mythe de l’écologie du retour à la terre des années 70 .
-Dans le cas d’un représentant de l’écologie avec un mandat électorale , c’est au contraire tout à fait scandaleux dans le fond comme dans la manière . C’est en tout cas en totale opposition avec les positions d’EELV . Ce n’est pas très respectueux d’un électorat que d’agir ainsi . On attend encore la réaction d’EELV .
A croire que la défense du Larzac jadis contre le camp militaire , n’était à la base pour certains que la défense d’intérêts particuliers .

Bonjour, Ugatza. Bonjour, tous.
Fournir des preuves de ce que j’avance?
Le loup, espèce « invasive »… Bien sûr, les guillemets étaient plus ou moins sous-entendus. Je voulais dire par là que, localement et pour certains acteurs ruraux, le loup est une nouveauté assez envahissante, et intrusive. Il faut quand même reconnaitre que 40% de proies domestiques pour le loup en moyenne pendant l’été,cela laisse des traces dans les troupeaux concernés, d’autant qu’il y a quand même pas mal d' »overkilling »…Dans le Var, vers Canjuers (secteur que je connais bien), certains élevages sont vraiment menacés, indemnisations ou pas, et malgré les précautions. Il y a maintenant plus de cinquante patous sur le territoire d’une seule meute. Leurs crottes ont été étudiées: ils ne mangent pas que des croquettes, et la pression qu’ils exercent sur la faune sauvage s’avère plus destructrice que celle des loups…
Surpopulation lupine? Je n’ai jamais dit cela, de toute manière l’expansion de l’espèce est amorcée mais non achevée. Qui plus est, c’est une notion un peu absurde, chaque meute préservant son vaste territoire. L’Espagne a de l’avance sur nous, avec ses quelque 2000 loups. Mais, par exemple, le quota réservé à la chasse était de 130 loups en 2010 pour les provinces de Castille-Léon… je ne suis vraiment pas pressé de voir nos loups « régulés » par les chasseurs, mais je sais que cela viendra.
Ce n’est pas le loup qui menace l’élevage ovin. il est tout à fait exact que les causes du déclin sont nombreuses, et anciennes. Le loup vient localement compliquer encore la situation.
Le pastoralisme n’embellirait pas la montagne, il l’abîme… Là, je proteste vraiment. Ceux qui parcourent et aiment la montagne me rejoindront. Quand le milieu se ferme, quand la broussaille envahit les alpages, quand les chemins s’effacent, ce n’est positif ni pour la biodiversité, ni pour la qualité environnementale… n’en déplaise aux théoriciens urbains à la Rousseau d’une « nature sauvage bonne par définition ». Excusez-moi, je ne voulais pas être polémique.

Bonjour Jean-Yves
1°) Si UN troupeau (et donc Un élevage) peut être éliminé par les loups, c’est qu’il n’est pas gardé: les loups ont donc largement le temps de revenir.
2°) Les bêtes perdues à cause des loups sont payées par l’Etat au-dessus de leur valeur sur le marché de la viande, habituellement acceptée les éleveurs sans qu’ils invoquent des considérations éthiques et affectives sur leur travail.
3°) Un patou NE REMPLACE PAS la présence d’un éleveur au côté du troupeau. Si des partous sont laissés SEULS, ils peuvent s’en prendre à la faune sauvage RESIDUELLE, car le pâturage élimine l’herbe qui sert de nourriture aux herbivores sauvages (marmottes, chamois, chevreuils, lièvres, etc).
Donc ce chantage est un peu vain.
Ils peuvent également s’en prendre au troupeau lui-même (rien n’est définitif, même chez un chien élevé dans un troupeau) et même à des randonneurs. Dans ce cas, il est civilement responsable devant les tribunaux.
4°) Vous n’avez pas du cliquer sur les liens que j’ai donnés et qui montrent des photos de la montagne « embellie » par le pastoralisme.
Herbe rase, immenses zones couvertes de crottes et empestant l’urine, piétinement intense balafrant les versants de lignes de sol dénudé du haut jusqu’en bas, par dizaines ou centaines.
Repousse d’une végétation liée à l’azote des déjections ou adventices du dénudement du sol. Le Cirse laineux (chardon), le genêt, la fougère, ou les orties ne sont pour moi ni belles ni laides: simplement elles banalisent la flore (elles n’ont RIEN à faire là et ne peuvent en aucuns cas constituer un embellissement, un entretien) et prennent la place des plantes qui y AVAIENT leur niche écologique.
D’ailleurs « l’entretien » dont vous parlez passe très souvent par l’écobuage, c’est à dire l’incendie, très apprécié par la petite faune qui ne peut fuir. Mais que vous devez juger nuire à la « beauté » du tableau.
Il ne faut pas oublier non plus le développement intense du réseau routier: presque toutes les estives sont « desservies » par des pistes qui vont jusqu’aux installations pastorales (bordes, cabanes, cayolars, etc).
Non seulement ces routes ENLAIDISSENT incontestablement la montagne, mais elles facilitent l’invasion automobile (promeneurs en bagnole, pique-niqueurs parapentistes, etc).
On retrouve des déchets, il y a du bruit et de la pollution et les versants s’effondrent sur la route en de multiples endroits, aggravant l’érosion année après années.
Je ne parle même pas des sources souillées, de l’influence du « dénudement » du sol sur la qualité et surtout le cycle de l’eau.
Les éleveurs éliminent la forêt pour étendre leurs pâturages, entretiennent cette situation par le feu et les tondeuses ovines et prétendent que le pastoralisme PREVIENT les avalanches, alors que c’est exactement l’Inverse: RIEN n’arrête mieux les avalanches (et donc protège les terrains situés en contrebas) qu’une forêt (facile à comprendre quand on connait l’étagement de la végétation en montagne).
http://lamaisondalzaz.wordpress.com/2010/03/01/les-facteurs-ecologiques-abiotiques/etagement-de-la-vegetation-en-montagne/
Voilà: désolé d’avoir été moi aussi un peu polémique sur un sujet qui,; croyez-le n’a rien de consensuel. J’ai régulièrement l’occasion de rencontre des randonneurs en zone pastorale et je suis frappé par leur capacité croissante à lire les paysages.

je conseille même aux amateurs de gigots d’acheter ceux provenant de Nouvelle-Zélande, très bon, très bon marché, ils n’encouragent pas les mauvaises pratiques de nos éleveurs. Et qu’on ne me dise pas que les méthodes d’élevage sont plus saines ici, j’habite dans les Pyrénées et je vois bien les degas provoqués par les moutons, leurs traitements des pattes, leurs antibiotiques, leurs insecticides interdits en France et importés d’Espagne, etc; sans parler des « aménagements » de la montagne qui permettent à des tas d’irrespectueux de fréquenter une montagne qu’ile ne méritent pas!

Bonsoir,Ugatza.
Bon, là, on commence à squatter le sujet, avec notre débat sur le pastoralisme. Pas trop grave, le débat vieillissait et s’épuisait.
Ce que vous décrivez est le surpâturage. Il a par endroits dégradé la montagne dans les périodes de surexploitation (surtout du XVIIème au XIXème siècle). Aujourd’hui, c’est un phénomène rare en France, et pour cause. Il n’y a pas eu aussi peu de bétail sur nos alpages depuis… la période gauloise, (certains historiens parlent de l’âge du Bronze final). C’est pourtant vrai que l’on trouve actuellement de vastes zones boueuses sentant l’urine… mais mieux vaudrait ne pas insister là dessus. Elles sont dues aux parcs mobiles dans lesquels le troupeau est regroupé la nuit, dans les zones à loup, par mesure de protection… Depuis des millénaires, les écosystèmes montagnards sont façonnés par le pastoralisme, qui n’est donc pas un phénomène nouveau et ravageur pour la flore et la petite faune. C’est vrai que les routes carrossables se sont (trop) développées en montagne comme partout ailleurs. Mais les pâturages ont cessé depuis belle lurette de s’étendre. Comme depuis toujours, il y a de l’écobuage et du défrichage pour détruire les genêts et autres plantes envahissantes, mais de moins en moins. Et pour revenir aux patous et aux loups, les patous sont effectivement parfois une nuisance. Mais ils sont arrivés après le loup, et à cause du loup. Là encore, mieux vaudrait ne pas trop insister… Et pour le remboursement des têtes de bétail tuées par le loup, c’est effectivement une compensation matérielle, certainement pas une affaire juteuse pour les bergers. Toutes les bêtes perdues ne sont pas retrouvées et indemnisées (avez-vous déjà essayé de retrouver et réunir un troupeau affolé, poursuivi et dispersé de nuit par montagne et forêt?). Il faut soigner les blessés, souvent les euthanasier; les brebis avortent, les bêtes stressées perdent du poids, etc… Et il n’est pas amusant pour un berger de collecter les cadavres et les brebis blessées. C’est un métier-passion, pas un métier de fainéants. Prétendre qu’il n’y a pas une dimension éthique est affective face à son troupeau attaqué, c’est vraiment mépriser les bergers par ignorance crasse de la réalité humaine. Et cet éloignement de la réalité du terrain n’est sûrement pas la meilleure approche pour défendre la cause des loups.

Le pastoralisme modèle la montagne et il en résulte une sélection des espèces végétales qui peuvent y pousser …. le meilleur moyen de défricher une parcelle est de lâcher des ovins dedans ! Sélectionnant les espèces végétales, la faune à commencer par les insectes se trouve également limitée.
Donc la pastoralisme ne favorise pas la biodiversité, il l’appauvrit … maintenant, il est certain que c’est préférable au « gazon anglais » d’une piste de ski. Que voulez-vous, je préfère une grippe au choléra, mais je n’en suis pas moins malade !

Quand à savoir si le pastoralisme embellit la montagne … pour ma part, j’ai toujours préféré pouvoir me perdre dans une foret sauvage que dans un paysage artificiel entretenu par l’homme, mais tous les goûts sont dans la nature. L’argument du « pastoralisme entretenant les paysages naturel » est certainement le plus idiot qui soit, parce que si ce paysage doit être entretenu, il est tout sauf naturel !
Il est certain aussi que l’attrait touristique des Vosges correspond à cette image d’Épinal et que le touriste dont on parle ne fréquente pas un milieux sauvage … et rapporte beaucoup de fric !

Nous en revenons donc au constat de base : un modèle périmé hérité du 18e siècle qui constitue une aberration écologique, défendu bec et ongles par un groupe de soixante-huitards attardés ayant développé une vision de l’agriculture dans les couloirs de la Sorbonne et qui ne correspond plus du tout aux défis de nos sociétés … mais qui sont prêts à bousiller le bien d’autrui pour parvenir à leurs fins et probablement à braconner le loup !

bonjour à tous

Tout à fait d’accord avec ugatza! Le pastoralisme au secours de la biodiversité en montagne! AH la blague! J’en ai moi même fait l’expérience dans certains coins des Pyrénées(routes d’accès aux estives défigurant le paysage, forêts transformées en « terrains de golf » écobuages anéantissant la faune etc… Ce genre d’idées fallacieuses, très en vogue dans les milieux post-soixante-huitards et abondamment relayées par une frange de l’écologie politique depuis plus de 30 ans nous amènent aux propos de bové aujourd’hui…Un paysan ou un agriculteur reste et restera intrinsèquement un anti-nature. Normal il est dans son rôle, il se bât au quotidien contre elle pour la maîtriser.Qu’il soit céréalier dans la Beauce ou éleveur dans le Larzac ne change rien à la donne.Seulement pour une partie bien pensante des écolos-gauchistes le clivage de la lutte des classes était bien trop tentant. Et depuis on s’est accordé sur le méchant(le céréalier) par opposition au bon (l’éleveur de montagne) ah la carte postale était trop belle, Seulement voilà, avec le retour des grands prédateurs les cartes se brouillent et certains tombent le masque. Voilà comment une écologie simpliste se retrouve en pleine contradiction avec elle même.
Il y aura toujours des éleveurs en montagne et des agro- industriels en plaine. La vraie question est de savoir quelle place on veut accorder à la nature et dans quelle proportion. Autrement dit sommes nous prêts à laisser des territoires substanciels uniquement à la nature, en affecter d’autres à des activités de cohabitations mais ou l’homme restera maître du jeux et en abandonner certains à une artificialisation totale. Un débat non tranché laissera une guéguerre permanente entre les intérêts contradictoires des uns et des autres et une issue de toute façon fatale à la faune face au rouleau compresseur de la démographie…Ceci vaut pour l’ours, le loup mais aussi pour toute la biodiversité sur cette planète.

Entièrement d’accord avec Ugatza. Cette prise de position tout à fait « naturelle » de J.Bové (depuis quand les élus EELV s’intéressent-ils à la « nature » !?) aura eu au moins le mérite de faire sortir quelques vérités sur le véritable rôle du pastoralisme tel qu’il est pratiqué en France. Il faut lever les tabous et dénoncer cette vaste supercherie qui consiste à présenter (y compris par beaucoup de naturalistes ou d’écologues)l’élevage ovin comme indispensable à « l’entretien » de la montagne et donc à la biodiversité (voir les exemples donnés par Ugatza). Par ailleurs, si les grands prédateurs sont onnis de la plupart des éleveurs, il ne faut pas oublier que les autres herbivores le sont aussi (en tant que concurrents) même si cela reste plus discret. La grande faune herbivore pourrait pourtant jouer un rôle très positif si on lui laissait un peu de place ! Ce que le monde rural en général (il y a heureusement des exceptions), et les éleveurs en particulier, rejette avant tout, c’est le « sauvage ». La montagne (la nature) doit être occupée et gérée par l’homme et … partout !! Tous les arguments rationnels et scientifiques n’y changeront rien ! Mais si cette approche découlant de toute l’histoire de la conquête de la nature par la « civilisation » pouvait se concevoir encore jusqu’au 20 ème siècle, il est temps aujourd’hui de dénoncer ouvertement cette volonté d’hégémonie qui ne se justifie plus, tant sur le plan économique que sur le plan éthique. Comme le préconisait déjà Robert Hainard, la civilsation doit, pour son bien, rendre à la nature sauvage quelques territoires !!!

Bonsoir
A Clément: je suis ravi que vous soyez d’accord avec moi sur l’influence réelle du pastoralisme sur la montagne et la biodiversité.
Cependant, je ne crois pas que les positions rétrogrades et obscurantistes de José Bové soient le choix de « la lutte des classes », ou même une position « de gauche ».
José Bové appartient à un mouvement qui se situe « à gauche » mais ne se réclame PAS DU TOUT de la lutte des classes, qui n’est pas « n’importe quoi ».
Il ne veut pas changer le système qui crée les problèmes graves (800 suicides par an?) que connaissent les petits paysans et POUR CETTE RAISON il offre un bouc émissaire, le Loup, à la frustration de ses ex-collègues.
A noter, seuls des militants d’EELV, à titre personnel, ont réagi et pas le mouvement lui-même.

Je crois que (tout) a été dit!En revanche, lui, on ne l’a pas beaucoup entendu pendant la campagne électorale, n’est-ce-pas? Avec de tels propos, il aurait comblé les électeurs de CPNT!!!

Bonjour,

Non, le patou n’est pas arrivé à cause du Loup, mais à cause des moutons.
Moutons qui ont pris une bonne part de la place des proies naturelles du Loup, chassées par les moutons.
Il ne faudrait pas renverser les rôles.

Par ailleurs, je note que:

1) Vous vous placez toujours dans le cadre de patous laissés SEULS (donc ni nourris ni contrôlés par leur PROPRIETAIRE) puisque pouvant se rabattre sur ce qui reste de la faune sauvage sur les estives ou attaquer les randonneurs non expérimentés. Or, c’est illégal. L’éleveur propriétaire d’un ou plusieurs patous est civilement responsable de tous les dommages qu’ils peuvent causer. Et il a l’obligation en particulier l’obligation légale de nourrir, de soigner et de ne pas laisser divaguer son chien.
Le patou est une aide, pas un remplaçant. La présence permanente de l’éleveur est nécessaire pour surveiller non seulement le troupeau, mais aussi le ou les patous.

2) Vous n’avez pas lu mes documents. Alors je vais être plus précis. Vous faites du surpastoralisme un phénomène exceptionnel. Je vais parler de la région que je connnais le mieux: le Pays Basque du Nord. J’affirme que ce que j’ai décrit et montré sur des photos prises en des endroits différents peut être vu SANS INTERRUPTION depuis la Rhune (à l’extrême Ouest) jusqu’à la Soule (à l’extrême Est), c’est à dire sur des milliers de km2.
Plus à l’Est, je l’ai vu en Béarn (surtout en vallées d’Aspe, Ossau et Barétous), Lavedan, Bigorre et Ariège plus ponctuellement: bonne pioche à chaque fois?
Depuis que Claude Dendaletche a écrit ces lignes (voir mon lien) la situation s’est dégradée encore.

3)L’écobuage continue parce qu’il est indispensable pour éliminer la végétation épineuse et pas nutritive pour les moutons, celle qui pousse et repousse après leurs passages répétés.

4) Vous semblez croire que la situation est stable depuis des millénaires. C’est faux. Il y a une dynamique lente , notamment celle de l’érosion et de la dégradation du cycle de l’eau, et une dynamique rapide de la destruction de la biodiversité, que j’observe depuis des années. Ces dynamiques s’accélèrent du fait des routes liées au pastoralisme et des progrès technologiques (armes à feu), comme on le voit pour l’Ours.

5) La situation que vous décrivez, celle du regroupement des bêtes et de la recherche de bêtes disparues est celle où l’éleveur ARRIVE APRES LES FAITS.C’est à dire celle où il ne garde pas son troupeau. Il est alors assez paradoxal de prétendre que le métier d’éleveur « c’est un métier-passion, pas un métier de fainéants ».
A ce propos, les éleveurs ont maintenant des routes, des cabanes dont le confort n’a rien à envier à celui d’un refuge et ne doivent pas traire leurs troupeaux matin et soir, puisque leurs brebis sont taries. Les brebis qui font le lait pour le fromage restent en plaine ou en vallée près des installations mécaniques de traites et mangent du foin ET des « granulés ».

6) Pour les indemnisations, il faut être clair.
Les bêtes remboursées le sont elles au-dessus du cours de la viande OUI ou NON? Si oui, une attaque de loups est une bonne affaire, d’ailleurs jamais refusée: même on voudrait l’étendre à de prétendues « attaques » de vautours fauves sur du bétail vivant.

7) Je n’ai jamais écrit « qu’il n’y a pas une dimension éthique est affective face à son troupeau attaqué » mais plutôt que cette dimension n’est exprimée que lorsqu’il s’agit d’attaques de prédateurs, alors que les pertes, abondantes et…non remboursées du fait de l’absence de garde ne donnent pas lieu à cet épanchement.

Pour être tout à fait clair, je n’ai JAMAIS entendu un éleveur déclarer « je n’élève pas mes bêtes pour nourrir les vautours les asticots et les fourmis » (ce qu’ils font pourtant en laissant leurs troupeaux sans garde et sans soins), alors qu’ils déclarent volontiers devant les caméras qu’ils ne font pas ce métier pour nourrir les loups et les ours.

8) Vous parlez « d’écosystème montagnards façonnés par le pastoralisme »?
Pouvez-vous en citer un?
Pouvez-vous décrire l’évolution de la biodiversité sur les territoires TRANSFORMES en estives?

Et ensuite vous nous direz enfin ce que vous pensez du caractère illégal des déclarations de José Bové: on attend toujours.

@ Mario25 :
En revanche lui (J. Bové) nous l’avons bien entendu pendant la campagne électorale en 2009 :
Avant de polémiquer, et d’assimiler les propos de José Bové à ceux des chasseurs et des politiques qui ont fait de la lutte contre le loup un combat rétrograde, il est sans doute nécessaire de lire et d’essayer de comprendre ce qu’il veut dire.

Ceux qui critiquent aujourd’hui José Bové pour ces déclarations sur le loup n’ont pas de mémoire, car ce n’est pas la première fois qu’il exprime cette opinion qui a toujours été la sienne. Celle de l’éleveur du Larzac qu’il a été de 1975 à 2009. Un point de vue qu’il faut entendre avant de crier au loup. Car, bien qu’ardent défenseur du loup et auteur d’un livre condamnant les siècles de diabolisation de cet animal magnifique, je fais partie de ceux qui veulent aussi entendre les bergers de bonne foi.
A lire ici :
http://www.politis.fr/Jose-Bove-le-loup-et-les,19178.html

A Ugatza,
Vous dites :
« Ce qui menace l’élevage, ce sont le marché de la viande (concurrence) et les enseignes de la grande distribution et les grossistes.
Devant ces forces, que font les éleveurs »
Les éleveurs choisissent les circuits courts et produisent directement vers les consommateurs.
vous dites :
« Herbe rase, immenses zones couvertes de crottes et empestant l’urine, piétinement intense balafrant les versants de lignes de sol dénudé du haut jusqu’en bas, par dizaines ou centaines. »
Pouvez-vous citer vos sources.
J’étais, il y a quelques jours, sur une estive et je n’ai pas vu ce que vous dites.

A Clément, et à Ugatza.

Contrairement à ce que vous dites, il n’y a pas de pro-nature, il n’y a que des anti-natures et vous en faites forcement partie comme tout le monde et que vous le vouliez ou non !

Le fait d’utiliser l’informatique ici, vous participez automatiquement à la destruction de Dame Nature. Le saviez-vous ?

Après, il faut faire prendre ses responsabilités et choisir le mieux disant et là, c’est plus compliqué que vous ne le croyez. Vous ne détenez pas seul LA Vérité.
Vous voulez mettre des personnes dans des cases pour ensuite les stigmatiser (trop facile).

Je suis désolé pour vous, mais par vos propos, je suis contraint, à mon tour, à vous mettre également dans cette case celle « des idéologues sectaires aux opinions dogmatiques ».

Le fait d’exister génère une pollution, une dégradation de l’environnement.
Le fait de marcher, également car vous détruisez par vos pas plein de choses.
Le fait de respirer, également et ainsi de suite.

Si on prenait aux mots tous vos propos, nous aurions comme seule solution finale de se tirer une balle dans le caisson, ou de se jeter du haut d’une crête en haute montagne.

Iriez-vous le 21 décembre prochain au sommet de Bugar…. dans l’Aude, sait-on jamais, des fois que Dame Nature décidait de vous récupérer.
Mdr !
Vous avez une belle vision de la vie : plus de crottes, plus de déjection, plus de …
Bref plus de vie.

Bon courage !

Heureusement que pour combattre les « idéologues sectaires aux opinions dogmatiques », il y a des pédagogues fédérateurs aux opinions humbles, comme vous.
Sinon, on serait super mal…

Je ne suis pas pédagogue et encore moins fédérateur.
J’ai des opinions et je les exprime librement. Si elles vous dérangent, alors c’est qu’elles ont une certaine légitimité.

Quel est votre avis sur les propos de certains ici quand ils disent :  » Herbe rase, immenses zones couvertes de crottes et empestant l’urine ».

Faut-il interdire les déjections des animaux des estives ?
Si oui, Faut-il interdire également toutes les déjections animales (oiseaux, rongeurs… ? si non pourquoi alors cette ségrégation ?

Je serais ravis de vous lire.

Bonjour à tous.
Le débat est bien vif ! Concernant les paysans ou bergers ou éleveurs anti-nature, je ne sais pas. Je suis mitigée. En effet, beaucoup, comme moi, pensent que la biodiversité actuelle est favorisée par le pâturage extensif. En fait, le débat est très complexe. Tout dépend de quelle biodiversité on parle. Évidemment, avant (quand ?) les grands plateaux du Larzac, il y avait la forêt. Alors oui, ces rases étendues actuelles « sauvages » pour les touristes sont façonnées par l’homme. Et cela a favorisé une autre biodiversité… une flore, une faune, qui se développent dans ce biotope de milieux ouverts.

Aujourd’hui, le propriétaire du troupeau que je vais reprendre se sert de son troupeau uniquement pour un but de sauvegarde de l’aigle royal. Si les milieux se ferment, les proies ne seront plus là (lapins, lièvres), et l’aigle sera menacé, ce qui est un peu le cas aujourd’hui à cause de la déprise agricole justement. La rotation des pâtures et la mise en défend de certaines zones permet à la flore de se développer. Ces milieux ouverts n’avaient peut-être pas la même forme mais étaient entretenus avant par des brouteurs sauvages qui sont de plus en plus rares.
Alors, oui, sans pâturage ovin, on peut dire que l’aigle ne sera plus là puisque plus de brouteurs sauvages, et cela fera place à un autre écosystème… plus ou moins riche (et encore, le buis n’apporte pas grand chose !) mais de là à dire que c’est mieux ou moins bien, je ne sais pas si on peut se le permettre, car je pense qu’on en sait strictement rien.
Je pense réellement qu’un troupeau de moutons, élevé en pâturage extensif, reste un modèle respectueux de la nature dans le sens ou l’on produit quelque chose en utilisant la terre de manière respectueuse. Je parlerai presque d’harmonie, dans le sens ou oui, l’homme fait partie de la nature et doit utiliser la terre pour vivre (vivre=besoins vitaux). Cette gestion pastorale n’est pas la plus pratiquée, mais elle existe bel et bien chez pas mal d’éleveurs.
Dire que ça fait disparaitre de la biodiversité n’a pas de sens au final, on favorise certaines espèces oui, qui ont trouvé leur place avec les milieux ouverts depuis pas mal de temps. Et qui n’auraient plus de place en cas de fermeture des milieux, donc le problème s’inverse ! Des exemples, j’en ai donné, étant sur le Larzac, le buis envahie les lieux non pâturés, au détriment des espèces liées aux milieux ouverts (comme les rapaces). Voilà pourquoi je reste mitigée sur la question « anti nature » du pastoralisme, même s’il est évident en cas de sur-pâturage, il n’est pas systématique. En tous cas si je deviens éleveuse de brebis, c’est par conviction. Et comme l’a dit Fernex Michel dans le commentaire pour le lynx, si le loup vient, je serai ravie de ce beau cadeau, et je prendrai les dispositions qu’il faut pour préserver mon troupeau.

Aurais-je fait mouche? 😀
Quelle belle indignation!
Mes sources?
Il me semble les avoir données (liens).
J’invite, si ça ne suffit pas, tous les lecteurs à aller voir et sentir sur TOUTES les estives dont j’ai déjà parlé.
Ce sont des FAITS.
Le problème qui est posé est que les éleveurs se PRETENDENT jardiniers ENTRETENANT la montagne et créateurs-défenseurs de la Biodiversité, garant contre les incendies et les avalanches, alors que c’est faux et que c’est même l’inverse.
D’autre part, s’il est vrai que je me sers d’un ordinateur, je ne consomme AUCUN produit dérivé du mouton, alors que mes impôts servent (entre autres choses) à subventionner l’élevage des moutons.

Tiens donc! Voila-t-y pas que le Jean-Marc… Dollo vient poster ses lourdeurs ici… Mort de rire !! Sous le pseudo JM… t’es inquiet ?encore MDR

Jean-Marc a écrit :

Faut-il interdire les déjections des animaux des estives ?

NON, car comme vous le dites si bien (sur le site de la buvette) il y a les Bousiers, et comme vous comparez les écolos a ces charmants insectes…
Donc si les écolos n’étaient pas là et ne jouaient pas leur rôle de mangent « caca » en allouant des subventions aux éleveurs par le biais de leurs impôts, comme je vous l’ai déjà expliqué, plus d’estives, plus d’eleveurs, plus de vaches et votre Pote Lacube ne pourrait plus vendre ses tartines….

Et puis je vais remettre ici ce que j’ai écrit sur le site de la Buvette au sujet de l’article de ce brave Monsieur Claude-Marie Vadrot (qui fait de très bob papier sur l’écologie !) ait écrit un si long laïus pour en arriver a cette conclusion :

«  Mais bon, je ne vais pas prétendre que certaines pratiques des éleveurs ne sont pas critiquables. Parce qu’effectivement, si un éleveur laisse 500 ou 1 000 brebis gambader toutes seules dans la montagne et qu’il se contente d’aller leur rendre visite de temps en temps, cela peut entraîner de gros risques. Mais, le berger, dans un système qui ne nourrit plus son homme, il est tout seul, il n’a pas de personnel. Lorsque la transhumance existait encore, que les troupeaux de la Crau montaient dans les Alpes, ou de l’Hérault vers les Cévennes, les grands troupeaux qui se déplaçaient étaient accompagnés de nombreux bergers

Donc encore une fois, si les troupeaux étaient gardés présence humaine, patous et parc de nuit…les attaques seraient diminuées d’autant…sachant pertinement que le risque zéro n’existe pas…

Allez faire un tour sur les sites en suivant les liens pour visualiser les photos … c’est écrit aussi, mais vous ne l’avez sans-doute pas lu, trop pressé de jouer pour la place du « Troll de la semaine ».

Je vous confirme que vous n’êtes pas pédagogue, mais on s’en fiche puisqu’on a pas besoin d’être formés … quand à la légitimité, vous n’avez que l’agressivité !

Le constat qui s’impose en fait est celui que le modèle pastoral qui se cache derrière des objectifs écologiques et une supposée défense de la biodiversité est particulièrement agressif pour les pâturages dès que le nombre de bêtes devient important. Le fait est que pour être rentable, ce type d’élevage doit atteindre une masse critique et qu’elle correspond à un nombre de tête d’ovin trop important. Or pour mettre ne place des mesures de protection à moindre cout , on regroupe les bête et à l’arrivée, on a des terrains complètement laminés … Je ne vois pas ce qui était compliqué à comprendre et les photos sont plutôt explicites ! Si les troupeaux sont de taille réduite, le saccage est moindre , mais le simple fait qu’ils existent limite la flore et par exerce une sélection sur la faune sauvage …

Quel est le problème posé par les crottes et l’urine des moutons?
Sont-elles « équivalentes » à celles des herbivores sauvages?
Non.
A cause de leur extrême abondance.
Cela va jusqu’à rendre presque impossible de s’asseoir PARTOUT , sans nettoyage préalable pas seulement dans les endroits correspondant aux emplacements successifs des parcs mobiles, très peu utilisés au Pays Basque.
Elles modifient la flore naturelle et la banalisent: ortie, cirse laineux (chardons), genêt, bruyère, fougères plus bas. Quand cette flore gêne les pâturage, les éleveurs y mettent le feu en automne.

D’autre part, il faut, DANS CES ZONES PASTORALES, chercher très longtemps avant de trouver la moindre crotte de mammifère sauvage. Et pour cause: qu’auraient-ils à manger après le passage des moutons?
Même les micro-mammifères sont rares et on les rencontre guère que dans les zones de karst, inaccessibles aux moutons, véritables brise-pattes de mouton.

Quant aux fientes des vautours fauves, on ne les voit guère qu’aux alentours des emplacements de curée ou sur les falaises reposoirs.

Pour comparer avec les déjections de la faune sauvage, je n’ai jamais vu une pareille abondance, même dans les endroits où les isards et les marmottes sont nombreux (Saoubiste, tour du Pic du midi d’Ossau, réserve d’Orlu, lac d’Ilhéou).
Là où il y a des isards en nombre, la flore est plus diversifiée et les moutons plus rares.
C’est sans doute pour cette raison que les isards y survivent mieux qu’ailleurs.

Pour ceux qui veulent voir des photos de la réalité de TOUTES les estives basques, je vais en rajouter demain ou ce soir , prises au Jara (Baïgorri), sur l’Artzamendi (Bidarrai, Itsasu), au col d’Orgambidexa, au col d’Arnostegi et d’autres endroits. C’est partout pareil.
Il suffira de cliquer sur ce lien.
http://nature-biodiversite.forumculture.net/t176p60-pyrenees

Mais la lecture du texte de Claude Dendaletche (naturaliste scientifique) est fort édifiante aussi, bien qu’un beu abrupte pour des non initiés.
http://nature-biodiversite.forumculture.net/t128-paturages-et-biodiversite

Je constate que pas UN éleveur n’a été capable de me citer, comme je l’ai demandé le nom d’un seul écosystème créé par le pastoralisme. Je ne suis pas étonné: il n’en existe aucun. 🙂

Quant à l’Aigle Royal et pour répondre à Karine.

1) L’Aigle Royal a été décimé par les chasseurs et les éleveurs COMME LE LOUP, parce qu’il est capable d’enlever (réellement lui) un très jeune agneau en pleine santé.

2) La déprise agricole augmente en montagne. La forêt regagne donc du terrain. Logiquement , d’après ce que vous dites, l’Aigle Royal devrait voir ses populations diminuer.
Or, C’EST L’INVERSE QUI SE PRODUIT.
Source

http://rapaces.lpo.fr/aigle-royal/suivi-de-la-population

Extrait:
« Il faut rappeler que dès le 19ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle les populations d’Aigles royaux ont été décimées. A la fin des années 1960, l’effectif de la population française était estimé à guère plus d’une soixantaine de couples. L’espèce a regagné progressivement du terrain à partir de 1972. Le graphique ci-après révèle, sur cette dernière décennie, une grande fluctuation de ses effectifs d’une année à l’autre.
(…)
La population française d’Aigles royaux est aujourd’hui estimée à 450 couples. Malgré le constat d’évolution positive de ses effectifs, elle reste confinée aux secteurs montagneux et semble éviter les zones de plaine, correspondant pourtant à ses territoires historiques de présence… »

Une explication à proposer?

Moi, j’en ai une.
Ce que vous dites sur l’ouverture des milieux et les proies de l’Aigle n’est pas faux.
Mais vous oubliez l’hiver et les avalanches qui créent, en abattant et renversant des arbres, des zones ouvertes beaucoup plus diversifiées et favorables à TOUTE la faune sauvage que les estives.
De sorte que l’Aigle ne dépend absolument pas des estives.

Merci pour votre réponse Ugatza. Concernant l’aigle, je connais un peu l’espèce (Bernard Ricau, spécialiste de l’aigle m’a tout appris, et j’ai participé à son livre « l’Aigle royal dans le massif central »).
Les principales causes de disparitions de l’aigle aujourd’hui sont les dérangements et les lignes électriques.

Donc oui, l’explication est claire… en zone de Montagne ils trouvent la tranquilité et la difficulté d’accessibilité à l’homme (de moins en moins mais bon), alors que les plaines sont de plus en plus fréquentées et urbanisées. L’historique de chasse explique cela, ils fuient les hommes et ont une très très grande sensibilité au dérangement.
Il ne faut cependant pas confondre zone de nidification et zone de chasse. La zone de nidification est dans les falaises (ou grands arbres, situations rares en France même si ça existe), les zones de chasse en milieux ouverts. Je connais mieux le massif central que les zones montagneuses mais c’est vrai pour les zones d’avalanche qui créent des zones favorables, et je suis aussi sure que vous que ces zones sont bien plus favorables que les estives mais elles restent rares sur le massif central… surtout sur le Larzac !

L’évolution favorable des effectifs de couples reproducteurs est du essentiellement à la protection de l’espèce. Le remplacement aussi des lignes électriques moyennes tensions (isolateurs), les études d’impact pour les gros projets, la directive oiseaux N2000, même si y’a encore des améliorations à avoir.
Il faut regarder enfin l’historique de l’espèce, protégée dans les années 60, le nombre de couples reproducteurs et le nombre d’aiglons à l’envol ont évolués positivement, mais les aiglons à l’envol ont évolué beaucoup plus lentement. Aujourd’hui, tout s’accélère, les couples sont mieux suivis aussi donc plus de données, et on a fait le premier baguage national juste ce printemps (vraiment un grand moment !) pour pouvoir un peu plus les suivre une fois qu’ils ont quitté le nid.
Beaucoup de facteurs sont là dans la survie d’une espèce, on ne parle jamais d’un facteur séparément. Donc la survie de l’aigle dépend de sa protection, de sa ressource en nourriture, qui dépend des milieux ouverts.

Après je suis assez ouverte pour accepter un changement, s’il y a la forêt, d’autres espèces en dépendront (il y a déjà de la forêt). Mais là c’est plus les buis que les chênes qui prennent le dessus. C’est vraiment pas simple, une fois qu’on a « géré » un espace depuis des centaines d’années, de se demander ce qui a de mieux aujourd’hui. Comme j’en suis pas capable, je me contente de protéger ce qui est là…

Concernant les proies des aigles royaux, aucune attaque d’un agneau à constater sur le larzac (3 couples d’aigles vivant près de chez moi), des analyses de pelotes ayant été faites. Par contre, si un agneau est seul au milieu d’un terrain, malade ou mal en point, il y a des risques en effet qu’il se fasse prendre, tout comme un sanglier ou un renard peut le prélever.

Voilà pour un peu d’explications ! On adore les voir planer au dessus des prés en tous cas 🙂

Le pastoralisme a certe jadis façonné la montagne mais il s’agissait d’une autre époque avec une économie radicalement différente parce que la montagne était très peuplée et que les hommes qui y vivaient en nombre , devaient exploiter chaque parcelles de terrain pour y vivre dans un système d’autarcie alimentaire qui n’existe plus actuellement .
On peut noter que le développement l’industrialisation avec le besoin accru d’énergie bois a déboisé certains massifs parce qu’il fallait beaucoup de bois pour faire tourner la sidérurgie . Ce n’est plus le cas maintenant et sur certains massifs complètement déboisés la forêt repousse .
Actuellement le pastoralisme traditionnel n’existe presque plus , parce qu’il ne correspond plus aux réalité de l’économie moderne .
Est-il rentable de continuer à subventionner des animaux laissés libres dans des estives dans des conditions de vie qui ne sont pas forcément adaptées tant pour les hommes que pour les animaux ? en tout cas on s’entête actuellement à le faire et l’équation économique logique est de laisser les troupeaux libres pour des questions de coût , au bénéfice d’éleveurs qui pratiquent souvent une autre activité .


Les commentaires sont fermés.