Ours : le Président renonce à de nouveaux lâchers mais la France reste tenue de restaurer une population viable …

Sorita avant son lâcher dans les Pyrénées en octobre 2018. Photo Goulven Rigaud

Communiqué de presse des associations FERUS et Pays de l’Ours-Adet, le 15 janvier 2020

Le Président de la République a dit mardi aux opposants à l’ours pyrénéens qu’il n’envisageait pas de lâcher de nouveaux ours dans les Pyrénées.

Il a ainsi confirmé ce qui était déjà écrit dans la feuille de route « Pastoralisme et Ours » le 6 juin 2019 : « Dans les conditions actuellement connues de l’état de conservation de la population d’ours, l’Etat n’engagera pas de nouvelle réintroduction, sauf en cas de mortalité, notamment liée à une cause anthropique (braconnage ou accident). »

Le gouvernement actuel a autorisé le lâcher de deux ourses en Pyrénées Occidentales à l’automne 2018, prenant ainsi « sa part » pour éviter la disparition imminente de l’espèce dans cette partie des Pyrénées où il ne restait que 2 mâles. Il confirme aujourd’hui qu’il n’en fera pas plus, nous en prenons acte.

Mais il faudra lâcher d’autres ours dans les Pyrénées pour respecter l’obligation légale de la France de restaurer une population viable d’ours, comme l’a confirmé le Tribunal Administratif de Toulouse en condamnant l’Etat pour manquement à son obligation de protection de l’ours le 6 mars 2018.

Nous regrettons que l’Etat cède une fois de plus, même temporairement, à la frange la plus radicale et violente des représentants agricoles, et on peut s’étonner que le Chef de l’Etat ait reçu plusieurs personnes devant bientôt comparaître devant le Tribunal correctionnel de Pau suite au saccage de la Commune d’Etsaut le 29 août 2018.

Par ailleurs, nous contestons formellement le bilan des dégâts d’ours avancé par les opposants et nous appelons l’Etat a publier les vrais chiffres, y compris financiers, en distinguant les bêtes pour lesquelles on a la preuve de la responsabilité de l’ours et celles, très majoritaires, pour lesquelles aucun élément tangible ne met l’ours en cause. Chacun pourra alors constater la réalité du système d’indemnisation, a fortiori depuis les revalorisations obtenues en 2019 que les opposants « oublient » de mentionner.

L’Office Français de la Biodiversité (OFB, ex ONCFS) publiera ce printemps les résultats du suivi de la population d’ours pour l’année 2019. L’effectif recensé devrait se situer entre 40 et 50 ours pour l’ensemble des Pyrénées, ce qui en fait la population d’ours la plus menacée d’Europe. Pas de quoi donner des leçons d’environnement à la Terre entière …

Des efforts restent donc indispensables pour assurer un avenir durable à l’espèce emblématique du patrimoine pyrénéen. Les associations, soutenues par une large majorité des Français comme des Pyrénéens, y veilleront et mobiliseront tous les moyens légaux et pacifiques nécessaires pour y parvenir.

Les commentaires sont fermés.