Ste-Baume (Var) : le loup est arrivé en basse Provence !

le massif de la Sainte-Baume (photo Mathieu Krammer)

le massif de la Sainte-Baume (photo Mathieu Krammer)

Rappelons en préambule que si l’arrivée du loup dans de nouveaux secteurs est encourageante, ça ne « compense » ni le braconnage ni les tirs imbéciles autorisés par l’Etat sur les meutes installées et notamment sur les animaux dominants (comme la louve abattue ce week-end en Haute-Savoie qui portait des fœtus). On peut avoir un essaimage de loups isolés dans le Massif Central, les Pyrénées, la Montagne Noire, la Sainte Baume, demain le Jura, les grandes forêts de l’Est… Mais si l’on flingue (légalement ou pas) les « émetteurs » de loups, les sources de colonisation, on risque d’attendre longtemps la constitution de populations viables connectées. Il va y avoir « du loup » progressivement presque partout en France mais nous ne voulons pas du folklore, une bête par ci, une bête par là. Nous voulons des populations lupines en état satisfaisant. Lorsque les meutes connectées seront nombreuses, nous serons moins stricts sur des » interventions ponctuelles raisonnables ».

Un loup a été identifié cet hiver dans le massif de la Sainte-Baume, au sud-ouest du département du Var.

Deux échantillons de crottes ont été récoltés en février 2009 sur la commune de Mazaugues (Var). Après analyses génétiques, elles ont permis d’identifier un loup mâle, jamais relevé jusque là.

Depuis 2008, des attaques suspectes ont eu lieu sur des troupeaux dans le massif, ce qui laissait déjà supposer la présence possible du grand canidé. C’est désormais confirmé.

Reste à savoir désormais si cet individu va s’implanter durablement ou s’il ne s’agissait que d’un loup de passage.

Il s’agit de la première mention certifiée de présence du loup en Basse Provence, alors qu’elle est avérée, de manière temporaire ou permanente, à quelques centaines de kilomètres de là, dans de nombreux massifs de Haute Provence (massif du Cheiron-06, plateau de Canjuers-83, montagne de Lure-04, Mont Ventoux-84).

Pour les non initiés, la présence du loup dans le sud du Var pourrait surprendre. En effet, à tort, on associe plus volontiers le loup aux alpages alpins qu’aux forêts méditerranéennes. En fait, le loup a très peu d’exigence en terme d’habitats, du moment qu’il trouve des zones tranquilles de repos et des proies. Ne trouve-t-on pas des meutes de loups dans des plaines céréalières, des landes ouvertes ou de vastes plantations de pins en Espagne ?

Le massif de la Sainte-Baume, qui comprend la chaîne proprement dite ainsi que les plateaux calcaires attenants au sud et à l’est, représentent une vaste zone naturelle de près de 40 000 ha, entre 300 et 1148 mètres d’altitude. Bien que parcouru toute l’année (randonneurs, VTT, chasseurs, spéléologues…), ce massif reste très sauvage, du fait de sa faible fragmentation (très peu de routes, quelques villages) et de son importante surface forestière. Du point de vue des proies potentielles du loup, le sanglier est très abondant comme partout dans le Var. Le chevreuil est également bien présent en Sainte-Baume. Si le cerf est encore absent, le chamois est en cours d’introduction par les chasseurs.

Pour toutes ces raisons, le massif de la Sainte-Baume convient admirablement bien à l’espèce.

La présence d’un loup en Sainte-Baume met en lumière son possible retour, à court ou moyen terme, dans d’autres massifs provençaux favorables, comme dans le Lubéron, la Sainte-Victoire ou les Maures. A nous de l’anticiper et de faire en sorte qu’il se passe de la meilleure façon, en informant la population locale sur la réalité du loup, animal ni mythique ni maléfique…

13 commentaires pour Ste-Baume (Var) : le loup est arrivé en basse Provence !

  • ?

    Bonjour , je m’excuse ,mais dans l’article vous indiquez que le massif de la St-Beaume fait 400 000ha ! Ca fait un rectangle de 40 kms par 100 kms ! C’est si grand que ça ?Merci.

  • Sandrine Ferus

    Merci à la vigilance des internautes et merci d’avoir signalé cette erreur de frappe, ce n’est pas 400 000 mais bien 40 000 hectares.

    La chaîne de la Sainte-Baume au sens strict (à savoir la barre calcaire d’une quinzaine de km de long et ses deux versants) est plus restreinte en effet, de l’ordre de quelques milliers d’hectares.

    Mais le massif de la Sainte-Baume au sens large, englobant le vaste plateau de Siou-Blanc au sud (jusqu’aux Monts Toulonnais), le plateau d’Agnis jusqu’à la montagne de la Loube à l’est, la plaine de Nans-les-Pins au nord fait – en effet – de l’ordre de 400 km² soit 40 000 hectares (à partir des chiffres de l’Atlas des Paysages du Var de la DIREN

  • lola

    bonjour,

    doit-on se méfier lorsque l’on fait ballader son chien en journée ?

  • Jeannot la sacoche

    Bien sur qu’il faut vous mefier , que votre chien ne morde pas le facteur ,qui passe en vélo .Le facteur ,c’est pas la baballe au chienchien à sa mémère ! Chuis facteur, et ras le c .. ,de tous ces klébards ,qui nous bouffent les pantalons !

  • malardo

    Vous citez le Lubéron dans votre article. Aujourd’hui j’ai vu dans le petit Lubéron , à l’entrée de la forêt de cèdres, près de Bonnieux, sur la crête, un panneau expliquant aux promeneurs comment se conduire pour éviter tout problème avec les chiens de protection des troupeaux de brebis (le dessin montre des patous), qui sont là pour les protèger « des lynx, des chiens et des loups ». Visiblement l’arrivée du loup dans la zone est anticipée, ou connue !

    Y a t-il des lynx dans le Lubéron ? Ou bien est ce aussi une anticipation ?

  • Mathieu Krammer - Ferus

    Bonjour malardo

    A ce jour, il n’y a ni loup ni lynx dans le Lubéron. Pour ces deux espèces, il existe bien quelques observations visuelles invérifiées mais rien d’autres.

    Concernant les panneaux que vous voyez, il doit s’agir de petits écriteaux sur fond vert. On les trouve dans toutes les zones où des troupeaux sont protégés par des patous, pour informer les randonneurs. Mais ils ne veulent absolument pas dire qu’il y a loup et/ou lynx.

    Actuellement, on peut les trouver en Provence car beaucoup de troupeaux qui passent l’été dans les Alpes y viennent en hiver. Bien qu’il n’y ait pas de grands prédateurs, les patous restent avec les troupeaux, d’où l’information au public.

  • david

    « Lorsque les meutes connectées seront nombreuses, nous serons moins stricts sur des » interventions ponctuelles raisonnables ».ferus

    Mais qui etes vous pour vouloir décider de ce qui est bien ou mal par votre seul jugement, sans prendre compte l’avis des autres utilisateurs de la nature, et surtout ce qui en vivent et dont la présence du loup peut faire basculer un équilibre financier parfois plus que précaire.

    n’attendez aucun respect ni comprehension avec ce genre d’attitude

    David

  • Gilles

    Bonjour,

    J’habite dans le massif de la sainte-baume et je ne doutais pas depuis longtemps la venue de ce prédateur. Pour répondre à David, les personnes comme moi qui aime la nature pour ce qu’elle est ne pensent pas forcément aux conséquences sur les habitants et surtout si je comprend bien ici aux éleveurs. Il faut à mon avis que ces deux entités travaillent ensemble pour permettre à la nature de reprendre ses droits et de trouver un équilibre. Le Loup fait peur et rien que d’annoncer à mon entourage sa présence, une crainte ancestrale s’installe. En tout cas depuis une dizaine d’années, je vois disparaitre une multitude d’insectes, d’oiseaux et de milieux. Le Loup pour moi est une espèce qui reprend ses droits. On se plaignait il y a encore 5 ans des dégâts causés par les Cochongliers (exemple ici —> http://mairie.pagespro-orange.fr/ca…)) maintenant qu’une espèce peut équilibrer naturellement tout ça, on se plaint encore. La nature n’appartient à personne et quoi que l’on fasse elle reprendra ses droits c’est juste une question de temps qui n’est pas de l’ordre d’une vie humaine mais de plusieurs générations. Alors si l’homme continue de vouloir tout maitriser, il finira par ne rien maitriser.(Ca à déjà bien commencé !!)

    J’arrive quand même en discutant avec certains chasseurs à des résultats étonnants. Un chasseur m’a ramenée une Hulotte qui à été tirée et a empêché son camarade de chasse de l’achever ! Comme quoi l’écoute et la l’explication sur l’importance de chaque espèce animale ou végétale dans un milieux permet de faire des choses positives. Ceci est un avis personnel bien sur et je suis à l’écoute de personnes ayant d’autres expériences ou un avis contradictoire.

    Gilles

  • ?

    @ David

    David, on pourrait retourner votre question : qui êtes-vous pour pouvoir décider ce qui est bon ou mauvais pour la nature ? Quelles sont vos compétences ?

    Les utilisateurs de la nature, ce ne sont pas seulement quelques éleveurs de moutons de votre entourage qui auraient oublié que le loup existait naturellement ou quelques chasseurs un peu chauds de la gâchette, ce sont aussi des millions de gens qui ont pris conscience de la nécessité de préserver la biodiversité, loups compris.

    Il n’est pas possible de faire dépendre la survie d’une espèce animale à l’intérêt financier de quelques personnes, surtout quand il leur est possible de limiter la prédation mais qu’elle rechignent à essayer les techniques qui le permettent. N’attendez aucun respect ni compréhension avec ce genre d’attitude !

  • Samp

    Bonjour, il est triste de constater que l’homme conserve en lui des peurs primitives. La peur du loup, le petit chaperon rouge, le loup aux dents longues, la bête infernale.

    Le loup peut aider à rééquilibrer l’écosystème. Le loup mangera des chevreuils, le loup mangera des sangliers, il est peureux et il est très rare qu’il s’attaque aux troupeaux ou aux gens ou aux chiens. Les dégats causés dans les troupeaux sont plutôt le fait de chiens errants retournés à l’état sauvage et souvent affamés.

    Les bergers peuvent utiliser des patous, ils ont je pense oublié ce qu’est réellement leur travail. Rester avec leurs troupeaux durant la transhumance. Trop de facilité, trop de laisser aller, il faut bien trouver un bouc emissaire…Alors pauvres loups.

    Il en va de même pour les ours. Rappelons nous cette pauvre femelle traquée et abattue dans les pyrénées, ou écrasée par un véhicule…tout celà est bien triste et bien imbécile.

  • Yves

    Vue la mentalité de la majorité des chasseurs des environs de Marseille, je doute de la survie de ce loup.

    Cela doit faite plusieurs mois que nos amis à la gachette facile l’ont flingué.

  • Mathieu Krammer - Ferus

    Bonsoir Yves

    Il faut se méfier des apparences. Je ne pense pas qu’il y ait plus de « mauvais chasseurs » ici qu’ailleurs.

    La présence du loup en Sainte-Baume est avérée depuis février 2009. Mais rétrospectivement, une crotte récoltée le 15 septembre 2008 a été analysée et il s’agissait d’un loup. D’après 2 éleveurs du massif, les premières attaques suspectes sur leur troupeau ont même commencé à l’automne 2007.

    Ca fait donc au moins un an, peut-être deux, que le loup est en Sainte-Baume. Il a déjà vu défiler plusieurs saisons de chasse !

    Fin octobre 2009, une crotte a été récoltée. On verra ce que dira la génétique…

    A bientôt

  • COLIN

    bonsoir ,je suis ni pour ni contre la chasse il faut respecter les moments de detente de chacun mais il est vrai que malheureusement parmi eux la gachette est assez rapide poutant un soir quel fut notre surprise mon èpouse et moi sortions d une soirrèe et en centre de cadolive deux enormes sangliers se promrnaient tranquillement en fouillant dans les poubelles par ci par la alors si le loup reviens dans le massif de la ste baume ou de la ste victoire les moutons serons tranquilles car ce nest pas la nature sauvage qui manquent que se rassures ces moutons ne serons certainement pas devorès par un loup mais plutot par un chien errant a mediter ??????????????