Tirs de loups : les dommages collatéraux

Le louveteau erratique de Valberg

Mise à jour du 5 novembre 2019 :

D’après le sous-préfet du 06 « Il n’est pas en mauvaise santé, et a priori pas blessé » (…) « Après une période d’observation, les autorités environnementales verront s’il peut être relâché. L’animal a vocation à vivre en milieu naturel et ce n’est pas normal pour un loup d’être là ».

Nous serons là pour que cet animal puisse rejoindre le milieu naturel. Les paroles du sous-préfet sont encourageantes et nous espérons que les pouvoirs publics feront le choix de relâcher le louveteau et n’inventeront pas de fausses excuses pour le garder en captivité.

Mais le sous préfet dit aussi : « Il n’y a aucun élément pour faire le lien entre la présence du louveteau et les tirs de prélèvement effectués à proximité des troupeaux dans les alpages ces derniers mois ». Les éléments que nous avons en notre possession ne disent pas du tout ça…

Mise à jour du 4 novembre 2019 :

Le louveteau a été capturé ce samedi soir 2 novembre par l’ONCFS afin d’être soigné. Vu qu’il faut une autorisation ministérielle pour le relâcher, finira-t-il sa vie en captivité ? Si ça devait être le cas, nous veillerons à ce que cet animal soit décompté du plafond des 100 loups pouvant être abattus vu qu’il aura été retiré volontairement de son milieu naturel.

Ce louveteau errant était une issue inévitable et de tels cas se reproduiront si l’Etat français continue sa politique actuelle de tirs de loups : quatre loups ont été abattus dans le secteur, décimant en totalité ou en partie la meute de ce louveteau, en pleine période d’élevage des jeunes. Auparavant, en mai, alors que les louveteaux naissent, déjà deux loups de cette meute avaient été retrouvés morts, dont un mâle adulte (ces deux morts, naturelles ou accidentelles, n’ont pas été mentionnées par l’ONCFS à ce jour). Comment les pouvoirs publics ont-ils pu autoriser des tirs par la suite ? Comment ne pas se douter un instant qu’au moins un louveteau allait se retrouver à chercher de la nourriture auprès des humains ? Le principe de précaution aurait du être appliqué mais comme à chaque fois dans le dossier loup, il est bafoué purement et simplement. L’Etat français compte-t-il reproduire le même scénario l’année prochaine ? Car n’en doutons pas, le milieu naturel est favorable, les proies sauvages nombreuses, les loups reviendront dans la vallée. La coexistence loup / élevage ne peut passer que par les moyens de protection des troupeaux  : présence humaine, chiens de protection et filets électriques adaptés.

L’ONCFS n’a pour l’instant pas communiqué sur cette affaire. Nous enverrons officiellement dans quelques jours un courrier pour connaître l’état de l’animal et s’il peut être relâché.

Voir le reportage France 3 ==>> ICI.

Communiqué de presse du 28 octobre 2019

Depuis quelques jours, un jeune loup a été observé et photographié plusieurs fois par les habitants de la commune de Valberg (Alpes-Maritimes). Ce loup, né probablement au printemps dernier, amaigri et apparemment blessé, adopte un comportement atypique pour l’espèce en se rapprochant des humains en plein jour pour chercher de quoi se nourrir.

La cause ? Les tirs de loups autorisés par l’Etat. La famille de ce loup a été purement décimée ; 4 loups ont été abattus dans le secteur ces dernières semaines. Résultat : aucune baisse de la prédation sur les troupeaux (on ne répétera jamais assez que seuls les moyens de protection sont efficaces, à court et moyen termes) mais une meute détruite et déstructurée qui a conduit à ce louveteau erratique. Ces animaux désorientés peuvent justement s’en prendre davantage aux troupeaux qui sont une proie plus facile que les proies sauvages, surtout quand les troupeaux sont peu ou mal protégés. C’est ce que nous dénonçons depuis des années.

Cette meute ne posait pas de problème majeur. Elle a par ailleurs été détruite lors d’une phase critique, celle de l’élevage des jeunes et de l’apprentissage de la chasse aux ongulés sauvages.

Les tirs de loups et la politique absurde de la gestion de l’espèce par les pouvoirs publics ont clairement créé la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

L’animal ne présente à ce jour aucun danger pour la sécurité des personnes.

Nous rappelons aux porteurs de fusil qui souhaiteraient en faire un trophée que la destruction d’une espèce protégée est un délit puni par l’article L 415-3 du code de l’Environnement, sanctionné d’une peine de 2 ans de prison et/ou de 150 000 euros d’amende.

Nous rappelons également aux habitants de ne pas essayer d’approcher ou de nourrir l’animal pour le devenir de l’animal lui-même dont la place est dans la nature.

Si l’ONCFS venait à capturer ce louveteau pour lui prodiguer des soins, nous veillerons à ce qu’il soit relâché par la suite et qu’il ne finisse pas sa vie derrière des barreaux pour contenter les ennemis de la nature.

#stopauxtirsdeloups

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