5 ours seront lâchés : CAP-Ours salue la décision de Nelly Olin

img-130306La ministre de l’Ecologie, Nelly Olin, vient d’annoncer le plan de renforcement des populations d’ours pyrénéens. Il concerne 4 femelles et un mâle qui seront relâchés sur 4 communes en Haute-Garonne (Arbas, Burgalays et Luchon) et dans les Hautes-Pyrénées (Bagnères de Bigorre).

COMMUNIQUE DE PRESSE
13 mars 2006
CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours

Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

Les associations réunies au sein du collectif CAP-Ours saluent la décision de la ministre de l’Ecologie et du gouvernement de procéder au renforcement de la population d’ours des Pyrénées. Cette décision va dans le bon sens et est une étape importante, essentielle même, pour tendre vers une population viable d’ours dans les Pyrénées.

Les associations prennent acte du fait que le nombre d’ours réintroduits va permettre une dynamique de la reproduction même si le total des animaux bientôt présents dans les Pyrénées ne suffira pas au rétablissement d’une population en bon état de conservation sur l’ensemble de la chaîne. En effet, la réintroduction de cinq ours est en dessous du seuil nécessaire fixé par l’ONCFS pour la restauration d’une vraie population d’ours sur tout le massif pyrénéen.

Les associations rappellent que toutes les enquêtes d’opinion ont montré qu’une large majorité de Français et de Pyrénéens est favorable à la présence d’ours dans les Pyrénées et à ce renforcement. Elles souhaitent que les différents utilisateurs de la montagne mettent tout en oeuvre pour une bonne cohabitation entre ours et activités humaines. Elles soulignent notamment qu’un effort particulier a déjà été fait de toutes parts, y compris par les associations, pour que la cohabitation entre l’ours et l’élevage soit facilitée grâce au gardiennage des troupeaux. Les associations souhaitent que l’Etat intensifie les mesures concrètes nécessaires pour une cohabitation certaine, ainsi que la conciliation de tous les enjeux dans l’esprit du développement durable

Pour leur part, les associations continueront à œuvrer pour la présence de l’ours sur le long terme sans exclusive et en recherchant l’intérêt de tous les Pyrénéens. Elles s’efforceront d’intensifier leur communication en direction des groupes de population concernés pour éviter que se reproduisent les enchaînements de faits qui ont coûté la vie à plusieurs ours dans un passé récent. Elles seront vigilantes pour un examen concerté des coupes forestières, des équipements en zone de présence de l’ours et une préservation de zones refuges sur des parties restreintes de son domaine vital.

S’agissant du Béarn, qui est une terre d’ours où les milieux naturels sont particulièrement favorables, elles regrettent profondément qu’aucun renforcement n’ait été décidé dans cette zone. Nous dénonçons de nouveau la stratégie, basée sur l’instrumentalisation de l’ours, d’un groupe d’élus réunis au sein de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), présidé par le député Jean Lassalle, pourtant largement alimenté par l’argent de l’Etat depuis des années sous prétexte de protéger l’ours, et qui a abouti à la quasi disparition de l’espèce dans sa zone d’influence puisqu’il n’y a plus que quatre mâles et aucune femelle en Béarn. Les associations de CAP-Ours rappellent que les habitants du Béarn sont eux aussi très largement favorables à l’ours, que des élus y ont courageusement pris position en faveur d’un lâcher d’ours. Elles demandent par conséquent aux pouvoirs publics de tout faire pour que la réintroduction de femelles dans le Béarn soit maintenue à l’ordre du jour et mise en pratique au plus tôt.

Les associations demandent également que la gestion du dossier ours soit immédiatement retirée à l’IPHB et que l’Etat mette en place dans ce département une structure de concertation, sous l’autorité du Préfet, comme dans les autres départements pyrénéens, afin de traiter de la gestion de l’ours, du pastoralisme, de la forêt avec l’ensemble des partenaires.

Les associations membres de CAP-Ours

Association pour la Cohabitation Pastorale (ACP), Action Nature, Association Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne du département Pyrénées-Orientales (APAM 66), Associations Départementales Pyrénéennes des Accompagnateurs en Montagne des départements Ariège et Haute Garonne (ADPAM Ariège et ADPAM Haute Garonne), Les Amis du Pic du Gar, Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, Les Amis de l’Ours en Pyrénées Centrales (AMOPYC), Association des Naturalistes Ariègeois (ANA), Association Nature Comminges (ANC), Association de Promotion des Initiatives des Habitants de Mijanès (APIHM), Collectif Ax 24 mars, Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), Connaissance de l’ours, FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), L’œil aux aguets, Mille Traces, Nature Midi-Pyrénées (NMP), Nature Midi-Pyrénées comité local Hautes-Pyrénées, Pays de l’Ours-ADET (Association pour le Développement Durable des Pyrénées centrales), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest-Béarn (SEPANSO), Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, Société Protectrice des Animaux (SPA), Union Midi-Pyrénées Nature et Environnement (Uminate), Union Midi-Pyrénées Nature et Environnement – Hautes Pyrénées (Uminate 65), WWF France.

L’ensemble des associations nationales de protection de la nature et l’ensemble des associations pyrénéennes regroupées dans CAP-Ours ont décidé d’agir de concert pour la conservation de l’ours brun (Ursus arctos) dans les Pyrénées. Ces organisations représentent plusieurs dizaines de milliers d’adhérents. Créée en l’an 2000, la Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours est composée d’associations de bergers, d’éleveurs, de comités d’habitants, de professionnels du tourisme ainsi que des associations de développement économique durable, de protection et d’éducation à la nature…

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