Pyrénées : Naissances réjouissantes bien que l'inaction du gouvernement Hollande ruine toute possibilité de se réjouir durablement...

ourse suitée mai 2015 val d'aran

L’ourse suitée (ici avec 2 de ses oursons) détectée en mai 2015 dans le Val d’Aran. Photo Conseil Général d’Aran.

Très bonne nouvelle chez les ours des Pyrénées : une première femelle a été localisée « suitée » de ses 3 oursons en Val d’Aran (Espagne) le 13 mai 2015, d’après un Flash_info_du_12 juin  2015.

La démographie des ours pyrénéens est encourageante d’un côté comme de l’autre de la frontière et le nombre d’ours minimal dépasse aujourd’hui les 30 individus ! Conformément à ce qu’affirme FERUS depuis des années sur la base de données scientifiques nombreuses et bien établies*, le milieu naturel pyrénéen est très favorable au développement d’une population d’ours viable.

Malgré cela, à l’Ouest de la chaîne (Béarn et Hautes-Pyrénées Ouest), deux mâles solitaires sont sacrifiés car artificiellement laissés sans aucune femelle depuis 11 ans maintenant : le grand mâle Néré et son rejeton désormais bien adulte et bien portant, « Cannelito », dont la mère était Cannelle, tuée par une action de chasse irresponsable en 2004. Contre toute attente, l’ourson a survécu (ce qui atteste là encore de la qualité de l’habitat pyrénéen pour cette espèce).

Ces deux ours mâles, magnifiques spécimens, forment une population stérile car isolés des femelles présentes plus à l’Est de la chaîne.

Pendant ce temps, dans les Pyrénées centrales se pose et se posera avec de plus en plus d’acuité, la question du problème de consanguinité* lié à un manque de diversité génétique : le mâle Pyros est le père de presque tous les ours nés depuis son arrivée, il en arrive à se reproduire avec ses filles, petites filles et arrières-petites filles.

Face à cela, en Béarn, on pratique le gâchis en laissant en toute connaissance de cause deux mâles et leurs gènes pleins de diversité se perdre dans les méandres peu glorieux de la politique politicienne : l’État, jusqu’au plus haut niveau, bloque toute décision de lâcher plusieurs femelles dans leur secteur (Haut-Béarn). Force est de constater hélas que ce que le gouvernement Sarkozy avait verrouillé, le gouvernement Hollande le cadenasse !

La situation est de plus en plus claire : dans les Pyrénées, l’ours est sur le chemin du succès, mais pour combien de temps encore l’inaction coupable de l’État Français en terme de lâchers, va-t-elle risquer de mettre gravement en péril tout le travail déjà mené ?

Aujourd’hui, il suffit de peu pour sauver l’ours en France : l’espèce parvient à s’implanter solidement, le milieu naturel est adapté et par conséquent les naissances se succèdent… sans oublier la faiblesse et même la diminution des prédations sur les troupeaux domestiques (moins de 180 brebis par an en tout !).

Reste à trouver enfin un minimum de courage politique pour réussir la sauvegarde de l’ours dans les Pyrénées en commençant par lâcher dès cet automne plusieurs femelles en Béarn.

Ne pas le faire, c’est prendre le risque insensé de tout perdre.

Les associations dont Ferus rappellent qu’elles sont capables d’organiser, de financer et de mener à bien ces indispensables lâchers dès lors que l’État les y autorisera.

A quand l’accord du Président Hollande pour sauver l’ours en France ?

En espérant que le Président de la République française ait le courage des Présidents François Mitterrand et Jacques Chirac, pour l’avenir de l’ours dans les Pyrénées…

*l’une des dernières en date : Expertise collective du MNHN, septembre 2013.

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