Autorisation de tir de loup : FERUS interpelle Nicolas Sarkozy

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Photo Olivier Paris

Le 27 août dernier, Nicolas Sarkozy rendait visite aux éleveurs des Alpes-de-Haute-Provence. Pour faire plaisir aux éleveurs, il demandait au préfet de prendre sous 8 jours un arrêté de prélèvement d’un loup. Le 3 septembre, l’arrêté a été pris. Il concerne les communes de La Condamine-Châtelard, Enchastrayes, Faucon-de-Barcelonnette, Jausiers, Meyronnes et Saint-Paul-sur-Ubaye. L’autorisation est valable 1 mois.

FERUS a adressé cette lettre ouverte au président de la République et aux préfets des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes.

Lettre ouverte à Mr Sarkozy, 4 septembre 2010

Monsieur le Président,

Nous prenons note avec satisfaction de votre dernière déclaration, lors de votre visite dans une exploitation ovine des Alpes de Haute-Provence, confirmant le statut d’espèce strictement protégée du loup en France. Certains finissant par se faire des illusions à ce sujet, votre mise au point sans équivoques confirme la volonté de notre pays de respecter ses
engagements internationaux et toute idée de dérogation aux lois et conventions en vigueur.

Notre association reste farouchement opposée au principe des tirs de prélèvement qui ne résolvent rien, voire même, dans certaines situations, aggravent le problème. En effet, un tir de prélèvement peut avoir l’effet contraire de celui recherché puisque la disparition subite d’un animal dominant peut totalement déstructurer une meute et conduire à une augmentation des attaques sur les troupeaux.

D’autre part, FERUS a démontré que plus de cent loups ont été braconnés en France depuis une dizaine d’années. A part quelques paroles convenues, l’administration ne fait pratiquement rien pour lutter contre ce phénomène et assurer une réelle police de la nature. Les agents de la police de la nature (ONCFS) sont trop peu nombreux pour dissuader et
poursuivre en justice les contrevenants. Les effets d’annonce de tirs de prélèvement autorisés en catastrophe, notamment dans les Alpes de Haute Provence et les Hautes-Alpes, ne changeront rien à une situation qui ne peut
se régler à coups de fusils mais seulement dans une véritable politique ambitieuse de protection des troupeaux qui est le seul moyen efficace de résoudre cette problématique. Ce n’est pas en éliminant ça et là un loup que nous résoudrons le problème. Le loup est présent et le restera. Le seul moyen pour les éleveurs de se protéger efficacement reste de mettre en oeuvre correctement les mesures de protection qui réduisent drastiquement la prédation. Depuis 10 ans maintenant nous proposons, en appui des aides de l’Etat, des bénévoles aidant à surveiller les troupeaux et améliorer les mesures de protections dans le cadre de notre programme « Pastoraloup ».

Si le loup reste une contrainte, il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’est responsable que de 2 à 3 % de la mortalité ovine dans notre pays et que les raisons du malaise économique du monde de l’élevage ne sont absolument pas dues à la présence du prédateur dans nos alpages.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous aurez apporté à cette lettre et vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos profonds respects.


Po/le conseil d’administration – le président – J F Darmstaedter

Lettre ouverte à Mr Sarkozy :

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Lettre ouverte Saroky


Arrêté préfectoral autorisant un tir de prélèvement sur le massif du Parpaillon-Ubaye, 3 septembre 2010 :

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Arrêté loup 04

Voir aussi :

Sarkozy, le loup et l’agneau (communiqué de FERUS, 27 août 2010)

6 commentaires pour Autorisation de tir de loup : FERUS interpelle Nicolas Sarkozy

  • Jean-Pierre

    Vous dites: « Ce n’est pas en éliminant ça et là un loup que nous résoudrons le problème. » et là, excusez moi de vous le dire vous avez tort !!
    Tout d’abord, s’agit-il efectivement de résoudre LE problème ? Y a-t’il un problème d’ailleurs et si oui est-il le même pour tous les protagonistes ? Admettons qu’il y ait un problème, mais lequel ? je n’en vois qu’un de problème : la descente dans les sondages de notre cher (au sens premier?) président et donc ses chances minces de réélection. Donc pour le résoudre, LE problème, on satisfait l’éleveur de base en tirant sur le loup, on satisfait le chasseur et l’éleveur en arrêtant les renforcements de la population d’ours et en le laissant pourchasser les rescapés, on satisfait l’électeur de base en expulsant le rom… là je m’égare sans doute…mais en résolvant ainsi LES problèmes en France, ben on est élu… sans problème, cqfd. Ainsi va la vie dans notre douce France.

  • Roger

    Demande de réponse à Jean pierre
    A votre avis quel président devrions-nous élire pour protéger nos prédateurs?
    Merci de votre réponse.
    Roger

  • Jean-Pierre

    Quel président élire ????
    De prime abord, difficile de répondre tant les politiques de tous bord se retrouvent à des fins bassement clientélistes et électorales à trés court terme pour exterminer du nuisible, donc du prédateur, en prétextant le sauvetage de la « ruralité », bref en reproduisant littéralement les postures de CPNT.
    Je ne vois dans le paysage politique qu’Europe Ecologie pour contrebalancer, pourvu qu’ils ne passent pas leur temps à se chipouiller comme les verts de la belle époque. Partant de là, Eva Joly pourrait représenter une alternative crédible.
    Aprés chacun dans le secret de l’isoloir fait ce qu’il veut…

  • Roger

    Europe écologie? Alors là, permettez-moi d’en douter. Ce sont les seuls qui font la sourde oreille l’orsqu’on leur pose la question sur les prédateurs.
    D’ailleurs, si vous allez sur leur site internet, vous ne trouverez rien sur la faune sauvage. Vous ne trouverez que des commentaires politico-politiques.
    Par contre, ils sont présent, pour défendre les GRANDS PREDATEURS de nos banlieues qui terrorisent les honnêtes citoyens.

  • franska

    Hélas, je pense la même chose que vous, Roger. Il doit bien y avoir des écologistes sincères, mais beaucoup sont dans le système politique. Je pense notamment à D.VOYNET, qui avait demandé, en 2007 ou 2008, à ce que les lâchers d’ours se poursuivent. L’a- t-elle fait quand elle était Ministre ? Non ! D’ailleurs, nous n’avons pas de Ministre de l’Ecologie, mais un ministre de la chasse et des bétonneurs ! Franska

  • Ugatza

    Je confirme.
    J’ai assisté à une réunion publique EE lors de la campagne des dernières régionales.
    Pas une SEULE fois , il n’a été question de faune et de milieux naturels.
    EE, c’est un « conglomérat » de vagues environnementalistes, préoccupés des conséquences sanitaires pour les hommes des activités économiques.
    Ils étaient prêts à s’allier (pour faire de l’écologie? j’en doute fort) avec BAYROU, le protecteur de Lassalle, ensemble fossoyeurs de la Vallée d’Aspe, créateurs de l’IPHB…
    Rien à attendre de ces gens-là, sinon du vent, même pas bio.
    C’est une impasse.
    Ugatza