Non, le Plan ours n’est pas remis en cause !

Photo Anthony Kohler

Communiqué des associations de CAP-Ours, 10 février 2020

Suite à la rencontre d’éleveurs opposés à l’ours avec le Président de la République le 14 janvier à Pau, la Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours (Cap Ours) a été reçue le 5 février au cabinet de la Ministre de la Transition Ecologique.

Contrairement à ce qui a pu circuler récemment dans les médias, le Plan ours (2018-2028) n’est pas remis en cause, selon le cabinet de la Ministre qui a été catégorique, après discussion avec l’Elysée.

Aucun nouveau lâcher d’ours n’est prévu, comme l’avait indiqué le Préfet de massif, le 6 juin 2019, le gouvernement considérant que la dynamique actuelle de la population d’ours ne le nécessite pas. Cela n’exclut pas des renforcements si l’évolution démographique s’inversait ou en cas de destruction par l’homme. Le Plan ours prévoit des évaluations régulières en ce sens. Les associations s’étonnent et regrettent que l’Etat néglige la question génétique qui justifie à elle seule de nouveaux futurs lâchers, le nombre d’individus fondateurs restant trop faible pour assurer la diversité génétique indispensable pour obtenir une population viable, à moyen et long terme.

Par ailleurs, le Ministère récuse le terme d’ours « voraces » qui n’a aucun fondement. Il s’agit uniquement de gérer l’apparition d’éventuels ours à problèmes, grâce au protocole existant, une fois les troupeaux correctement protégés et après d’éventuels effarouchements.

Ce protocole prévoit déjà le déplacement ou la capture d’un ours en dernière extrémité s’il conservait un comportent anormalement prédateur malgré les mesures engagées (protection des troupeaux, équipement télémétrique et/ou effarouchement).

Enfin, le Ministère souhaite améliorer la gouvernance du dossier ours, non seulement avec la participation des élus mais aussi des autres parties prenantes, invitées mais souvent absentes aux réunions. Le cabinet de la Ministre travaille sur tous ces sujets avec le Préfet de massif et l’administration afin de clarifier prochainement ces points.

De son côté, CAP OURS a tenu à dénoncer les dérives du nouveau système d’indemnisation qui conduit à surévaluer artificiellement l’impact de l’ours : il amalgame les dégâts pour lesquels la responsabilité de l’ours est avérée et les indemnisations « au bénéfice du doute » pour lesquelles rien ne montre son implication. Cap Ours a insisté sur la nécessaire promotion du gardiennage et de la protection des troupeaux qui ont fait leurs preuves là où les éleveurs les mettent réellement en place, pour rendre possible la cohabitation.

Les associations membres de CAP – Ours : Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

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