Pastoralisme et ours : un autre regard, par Alain Reynes

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Brebis en vallée d’Aspe © Sabine Matraire

Article paru dans La Gazette des grands prédateurs n° 42 (décembre 2011).

La mortalité du bétail est un des sujets les plus tabous qui soit chez les éleveurs. Admettre que l’on perd des bêtes, c’est reconnaître ses lacunes et prendre le risque de passer pour un mauvais éleveur. Aussi n’est-il pas rare d’entendre un éleveur affirmer qu’il n’en perd aucune, ou si peu… sauf celles tuées par l’ours ! En effet, celles-là sont non seulement reconnues, mais aussi revendiquées, médiatisées, et même souvent largement exagérées.

C’est à croire que l’ours est la seule cause de mortalité de brebis dans les Pyrénées…

Chaque année, de mai à octobre, la litanie des bêtes qu’il a prétendument égorgées se propage tel l’écho, de cabane en vallée, de journal en radio.

Bien sûr, il faut bien déclarer les dégâts pour être indemnisé. L’ours étant réputé être « le meilleur maquignon » (entendez par là, celui qui paie le meilleur prix), mieux vaut essayer de les lui imputer plutôt qu’à toute autre cause non indemnisée.

Mais l’argent n’est pas tout. A l’inverse de toutes les autres causes de mortalité, perdre des bêtes du fait de l’ours n’atteint pas la fierté de l’éleveur. Il ne cherche donc pas à le cacher, comme il le fait pour les autres. Qui sait en effet que le plus grand prédateur des brebis en montagne n’est ni l’ours, ni même le chien, mais l’asticot !? Une brebis blessée non soignée n’a en effet que quelques jours à vivre si les mouches envahissent les plaies et y pondent leurs œufs.

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