Pour la première fois, les associations boycottent une réunion sur l'ours

Photo Sabine Matraire

Communiqué des associations CAP-Ours, 5 juin 2019

Les associations ne cautionneront pas la feuille de « fausse-route » ours – Pastoralisme de l’Etat et en appellent à François de Rugy  avant de lancer des procédures juridiques

Pour la première fois depuis 19 ans, les associations environnementales ne participeront pas à une réunion sur l’ours organisée par l’Etat.
Aucune association représentant la coordination Cap Ours n’assistera à la présentation de ce que nous considérons comme une feuille de « fausse-route » sur l’ours et l’élevage jeudi 6 juin 2019 à la Préfecture de Toulouse.

Nous entendons ainsi protester contre le mépris de l’Administration envers les associations, mais aussi, ce qui est plus grave, envers les procédures et le statut de protection de l’ours brun.

Alors que la feuille de route est censée être présentée jeudi, plusieurs mesures, toutes néfastes à la conservation de l’ours et à la cohabitation avec les activités humaines, sont déjà annoncées, et certaines sont même déjà appliquées. Cette réunion n’a dès lors plus aucun sens …

Qu’on en juge :

  • Effarouchement des ours :
    • déjà quatre arrêtés, appliqués ou en cours de consultation publique.
    • Publication d’une offre d’emploi pour recruter des « effaroucheurs » (Pôle emploi – Ariège) avant-même le début de la consultation publique préalable à la décision !
    • un ours (Goiat) a déjà été effarouché sur simple décision politique, en dévoyant le protocole « ours à problèmes »
  • Information aux éleveurs et bergers de la localisation précise des ours par SMS : pas encore annoncée officiellement, mais déjà appliquée, alors que cette mesure est aussi inutile que dangereuse pour les ours
  • Amalgame entre le loup et l’ours pour le système d’indemnisation alors que ce sont des espèces dont la biologie induit des dommages au bétail qui ne sont pas comparables.

Et qui sait si le pire ne reste pas à venir … ?
Qui sait ce que peut encore imaginer une administration en total désarroi, dont la nouvelle doctrine, après avoir échoué à convaincre les éleveurs de protéger leurs troupeaux est de « taper sur les ours », comme si cela pouvait constituer une politique de cohabitation …

Disons-le clairement : aucune des mesures déjà annoncées n’est de nature à améliorer la cohabitation entre l’élevage et l’ours. Elles ne feront que l’empirer, en plus de mettre en péril la vie des ours présents dans les Pyrénées. Certaines de ces mesures sont même en contradiction avec le « Plan d’actions ours brun 2018-2028. »

Cette population est pourtant censée bénéficier d’un statut de protection renforcée de par son classement « en danger critique d’extinction » par les instances de protection de la nature internationales.

Face à ce mépris, des structures comme des procédures et de la réglementation en vigueur, constatant que la concertation et la consultation n’étaient que de pure forme, au point d’en être bafouées, nous n’assisterons pas à la présentation de la feuille de « fausse-route » dont nous contestons l’esprit comme les mesures déjà annoncées et appliquées.

Avant d’entamer les actions et procédures qui s’imposent, nous demandons un rendez-vous d’urgence au Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, afin de lui demander de lancer le « second acte du quinquennat » du Président de la République, censé être plus écologique, sur d’autres bases que la mise en danger d’une espèce protégée et menacée, emblématique du patrimoine écologique national.

RAPPEL : signez la pétition contre l’effarouchement des ours et participez à la consultation publique ==>> ICI.

 

Les associations membres de CAP Ours

Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours-Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

Les commentaires sont fermés.